‹ Répertoire du théâtre français (volume 5)Chapitre 80 sur 424 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

MBM DE ROSELLB.

De sa réception on m'a fait le récit : Il est plaisant.

M. DE PLINVILLB.

Toujours cela me réussit.

Je suis , sans me vanter, bon physionomiste; Et je ne pense pas que depuis que j*existe...

MB>« DE ROSELLB.

Vous prîtes cependant un laquais Fan passé : Pour vol, presque aussitôt, ma tante Ta chassé. Vous aimiez, m'a-t-on dit, sa physionomie.

oh ! Ton peut se tromper une fois en sa vie. Hais tu vois sur Belfort si je me suis trompé. Dès le premier abord sa candeur m*a frappé.

lime DE ROSELLE.

Oui, moi-même, en effet, dès la première vue, Son air modeste et franc pour hii m*a prévenue ; J'en conviens.

M. DE PLINVILLE.

' Je le crois. Il suffit de le voir.

Mme OB ROSELLE.

Mais, entre nous, pourtant, j'aurois voulu savoir...

M. DE PLINVILLE.

Savoir? quoi?

M>tfe OE ROSELLB.

M*informer...

M. DE PLINVILLE.

Si Belfort est honnête?

Me préserve le ciel d'une pareille enquête !

Loin de moi les soapoons et les certificats :

Cela répugne trop à des cœurs délicats.

Le charme de la vie est dans la confiance :

J'en ai fait, mille fois, la douce expérience;

Chaque jour je l'éprouve au sujet de Belfort.

Va, les honnêtes gens se connoissent d'abord.

Un certain... Ou plutôt, veux-tu que je te dise.

Je crois fort, et toujours ce fut là ma devise ,

Que les hommes sont tous, oui , tous, honnêtes , botis.

On dit qu'il est beaucoup de méchants , de fripons;

Je n'en crois rien : je veux qu'il s'en trouve peut-être

Un ou deux; mais ils sont aisés à reconnoître.

Et puis , j'dinke bien mieux, je le dis sans détours.

Être une fois trompé, que de craindre toujours.

Mm« DE ROSBLLK.

Eh ! qui de vous tromper pourrott être capable? Vous êtes pour cela trop bon et trop aimable. Je me sens attendrie : il semble, auprès de vous. Que je respire un air et plus calme et plus doux. Mais quelqu'un vient, je crois.

M. DE PLI N TILLE regarde.

Cest ma chère Angélique.

Mme DE ROSELLE.

Voyez, n'est-elle pas sombre, mélancolique?

M. DE PLINVILLE.

Non. Ma fille toujours a l'esprit occupé.

Elle pense à l'anglois, ou je suis bien trompé. ~

Mme DE ROSELLE.

Elle marche à pas lents.

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