SCÈNE VII
MADAME DE ROSELLE, madame DE PLINVILLE,
ANGÉLIQUE
M">e DEpi^mviLLE.
C'est un CjCBur excellent :
Mais si qn^u'un ici n'avoit pas le talent....
M»e DE ROSELLE.
Vous Faves; car à tout ma tante sait suffire.
C'est un coup d'œil! un tact!... Pour moi, je vous admire.
Mais j'aime bien mon oncle. Il est si gai !
MOM DE PLINVILLE.
Fort bien :
Mais cette gaieté-là, pourtant, n'est bonne à rien.
Mme DE ROSELLE.
£Ue est bonne pour lui, du moins.
M»e DE PLINVILLE.
Le beau mérite !
Cette indulgence enfiu , sa vertu favorite,
ia4 L'OPTIMISTE.
Fait que tout va de mal en pU dans sa maison : Trouver tout bien , ainsi , sans rime ni raison , C'est ne penser qu'à soi.
Mm« DBROSfiLLE.
Bon !
Mme OB PI.I1IVILLE.
Un tel optimisme, A parler franchement, ressemble à l'égoisme.
Mme DE R OS ELLE.
Égoîsme? Mon oncle un égoïste, ô ciel ! Il a, je vous l'avone, un heureux naturel : Mais s'iV'prend très souvent ses maux en patience. Même gaiement, a-t-il la même insouciance X^uand il s*agit des maux et des revers d'autrui? Quel est le pauvre enfin qui n*ait un père en lui? Je conçois , en efFet, que mon oncle , à la ronde Faisant autant d'heureux, croie heureux tout le monde.
( regardant Angélique avec intérêt. ) Il peut bien se tromper sur le choix des moyens D*assurer son bonheur, et le bonheur des siens : Mais son intention est toujours droite et pure ; Et je souhaiterois à tel qui le censure. Et la même franchise , et la même bonté.
Mme DE PLIN VILLE.
Eh mais! quelle chaleur! Il semble en vérité!...
Mme DE ROSBLLE.
Que du nom d'optimiste en riant on le nomme;
Mais qu'on dise que c'est un honnête, un digne homme.
Mme DE PLINVILLE.
Qui vous dit le contraire?