‹ Répertoire du théâtre françaisChapitre 216 sur 396 · ACTE II, SCÈNE VIII. 5i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII. 5i

LISETTE

Il n'y a rien de plus clair que ce que vous me dites ; un commissaire qui donne sa bourse est i terriblement amoureux.

M. GBIFFABD.

Me promets-tu de parler en ma fayeur?

Je comprends votre affaire à merveilles , tous dis-je ; vous n'aimez point votre femme.

H. GRIFFARS.

Cest une folle qui me fait enrager. •

LISETTE

Celle de votre voisin vous plaît davantage.

M. GRIFFARD.

N'est-elle pas la plus charmante personne du monde ?

LISETTE

Assurément: c'est grand dommage qu'on ne puisse troquer de femmes; qu'il y auroit de troqueurs au monde! Mais, comme cela n'est pas toût-à-fait permis, prenez garde à vous, monsieur le commissaire.

M. GBIFFARD.

Ah ! pour moi, je ne demande que l'estime de ta maîtresse.

LISWTTB.

n n'y a rien de plus honnête.

5a LES BOURGEOISES A hk MODE.

M. GRIFrABD.

Qu'elle me regarde comme le meilleur ami qu'elle puisse avoir.

n n'y a que de la délicatesse dans cette passion.

M. GRIFFARD.

Qu'elle dispose absolument de mon bien, de ma vie.

LISETTE

Vous m'attendrissez trop , monsieur.

• M. GRIFFARD.

Je sacrifierai toujours tout pour lui plaire.

LISETTE

Je vais pleurer.

M. GRIFFARD.

Qu'elle sache tout cela , Lisette.

LISETTE

Elle le saura, je vous en réponds. J'entends son mari : remettez-vous un peu; vous voilà tout hors de vous-même.

M. GRIFFARD.

Je suis trop ému, je ne veux point qu'il me voie; cache-moi dans le cabinet de ta maîtresse.

LISETTE

Dans son cabinet! vous y étoufferiez d'amour.

M. GRWFARD. .

Mais...

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