‹ Répertoire du théâtre françaisChapitre 240 sur 396 · MARIANE, LE CHEVALIER, FRONTIN · texte numérisé non relu

MARIANE, LE CHEVALIER, FRONTIN

MARIAMB.

Entrons ici, monsieur le chevalier, je ne suis point tranquille dans ma chambre ; on pourrôit nous y surprendre, et Ton m'en feroit un crime. Ici , Ton peut pebser que le hasard nous aura fait rencontrer , et que vous ne m*aurez abordée que par civilité. Que Frontin prenne £^arde seulement que personne ne nous écoute.

FRONTI».

Causez en repos, je suis en sentinelle.

LE CHEVALIER

Eh bien! charmante Mariane, quelle sera ma destinée?

HARIANE.

S'il ne tetioit qu'à moi seule de la rendre heureuse , vous n'auriez pas lieu de vous en plaindre.

Eh ! ne pouvez-vous pas faire tout mon bon-

90 LES BOURGEOISES A LA MODE, heur? Je tous adore; si vous ëtiezun peu sensible à ma tendresse...

HARIAKE.

Tenez, monsieur le chevalier, je ne sais ce que c'est que Tamour; je ne puis dire que je vous aime , mais je suis bien aise que vous m* aimiez.

LE CHEVALIER

Et consentirez-vous , sans répugnance, que je devienne votre époux?

HARIAHE.

Voilà encore une chose que je ne saurois vous dire; il me semble qu*on ne s*aime plus quand on est marié.

LE CHEVALIER

On ne s'aime plus ! qui vous a dit cela ?

MARIANE

Araminte et ma belle-mère ne disent tous les jours autre chose; elles chagrinent leurs maris ^ leurs maris les haïssent: moi, je voudrois vous aimer toujours, et il faudroit pour cela que vous m'aimassiez toute votre vie.

LE CHEVALIER

Et voi]^s croyez que le mariage pourroit faire finir ma tendresse ? Ah ! je vous jure... '

Changez de conversation, monsieur, j'eotendd quelqu'un.

Page 1