SCÈNE I
THIBAUT
Oh, que si fait!
M. THOMASSEAU.
Et que disent-ils?
THIBAUT
Tati^é, de jolies choses 1 Allez, allez ^ ils avont la lani^ue bian pendue ; et si par aventure le jeune drôle viant à grimper aussi de son côté; enfin, que sait-on , la poire est mûre, et les en* fants de Paris aimont bian le fruit , prenez-y garde.
M. THOMASSEAU.
Tu as raison, je ne puis trop me hâter de la -marier. Pour rompre le cours de cette intrigue, je m*en vais lui parler un peu, et savoir d'elle...
THIBAUT
Bon! est-ce que vous croyez les filles assez sottes pour conter à leurs pères leurs petites fre* daines ? elles ne sont , pargué , pas si mal apprises. Laissez-moi tout doucement U tirer les v.ars du nez ; je la ferai bian donner dans le panniau , et je vous dirai tout, ne vous boutez pas en peine.
M. THOMASSEAU.
Fais donc, Thibaut, et me rends un compte bieii exact. Cest aujourd'hui qu'on m'a promis d'amener ma maîtresse; je vais, en me promenant, au-devant d'elle jusqu'au bois de Bou-
logne : toi , va faire on tour aux vignes , et vois si nos vendangeurs. . .
TBIBàUT.
Allez, allez, allez, monsieur, et laissée -moi faire. Je ne sais ce <fue ça veut dire , mais il m*est avis4)ue j*ai plus d'esprit que monsieur Tlkomasseau. Oh ! pour ça, oui, j'ai meilleur jugement. Je ne suis pourtant qu'un paysan; mais il y a vingt ans que je le sers et que je me moque de li, et il ne m'en feroit, morgue, pas accroire seulement un quart d'heure.