‹ Répertoire du théâtre françaisChapitre 390 sur 396 · CLITANDRE, ANGÉUQUE, MAUGREBLEU, LÉPINE, MADAME LA ROCHE · texte numérisé non relu

CLITANDRE, ANGÉUQUE, MAUGREBLEU, LÉPINE, MADAME LA ROCHE

MAUGREBLEU, ivrC.

Qu'est-ce que c'est donc que cela , mon capitaine ? Vous vous amusez à la moutarde, pendant qu'on voue fait des recrues d'une distinction et d'une utilité...

Oh! que tu es ivre , mon pauvre gascon 1

IfàUGBElLEU.

Comme de coutume ; je ne hausse ni ne baisse : chacun a ses petits talents daos ce monde ; vous aimez le cotillon, moi j'aime la bouteille; et...

Eh ! je croîs, Dieu me pardonne, que c'est votre frère, madame, dont il y a si long^temps qu'<NB n*a eu des nouvelles; ce pauvre Chariot!

Comment, son frère?

MàVGRGBLED.

Qui est Vaàimal qui parle de Chariot ?Oh! réformez, réformez votre style, s'il vous plaît: je suis premier maréchal des lo^ de la compagnie de ce gentilhomme-là, afin que vous le sachiez.

|l»« I.A ROCHE.

Je ne me trompe point , c*est lui-même.

ANGÉLIQUE

Cet ivro^e-là seroit mon frèn»?

HAUGBEBLBU.

Qu est-ce à dire, ivrogne) et votre fipèrp, bdcore?Vous me cajolez! vous me voulez attraper. Allons, mon capitaine, ne nous «musoBB point a tes carognes-Ià.

SCÈISE XIX. 3a7

LÉPlltB.

Madflove La Roche a, |Mirbleu, faisov; c*e»t le àU de mbn parrain.

Ah! ptsmt toi^ je ie remets; tn «^âLépine, le filleul de mon pèlre, un grand fripon : oui, je te reconnois; mais pour vous antres...

M»" La aoghb.

Vous ne vous ressouvenez pas de madame La Roche ?

HÉATJGRtBLfiU.

De madame La Roche ? si fait, parbleu ; c*étoit une bonne diablesse. Ne seroit-ce point vous?

M«« LA AOCBE.

G'est'-moi-méme .

HAtGftfilitilSt.

^ Je crois, ma foi, qu'elle n*a poim Aieiïti; et -voici une vivante qui ressemble à ma sœur : mais Bon ! si fait , le diable «m'emporte , c'est etle-méme. Parlez donc , ho ! mon ca^haine , bride en main , s'il vous plaît. Pour madame La Roche, vous irez le galop, si votts pouvez; mais pour ma sœur...

AttGÉLIQUË.

J'ai bien de la confusion que mon frère...

CL'lTANiyRE.

N'ei^ rougisse point, madame; il est bonnets homme, et je me fais'hottnettr de son amitié.

3a« LES VACANCES.

MAUGREBLEU

Mais je me donne au diable si je comprends rien à tout ceci. Vous vous connoissez tous, vous vous rencontrez tous ici , vous vous entendez tous comme larrons en foire : mon capitaine qu'est-ce que cela signifie ? '

M™e LA ROCHE.

Que votre capitaine va devenir votre beaufrère.

MAUGREBLEU

Il va le devenir? Ne l'est-il point déjà? Il ne faut pas que je sache rien de cela, au moins, je vous en assure; car je suis un brutal.

M™e LA ROCHE. «^

Au contraire , vraiment , nous prétendons que tout le monde le sache, et que monsieur votre père, qui est ici, en soit informé des premiers.

MAUGREBLEU

Mon père qui .est ici ? quel peste de conte ? Eh ! qu est-ce qu'il feroit ici , .mon père ?

* LÉPIIÏE.

Ce qu'il y feroit? Il y. vient prendre possession de la terre qu'il s'est fait adjuger depuis trois semaines.

MAUGREBLEU

Gomment, possession de la terre, mon capitaine ? Ce maroufle de procureur à qui nous ve-

S^CÈN^E XIX. 329

lions donner les ëWrvières, il se rencontre que o*ei«: HWn père ? tela est , par mst foi , dr6te.

QtHiil M«idame,.c'6dt monsieur votre père

€fOH,..

Cest lui qui est depilis peu sçi^^neur du château q«e roiis voyez.

MAUGREBLEU

Gela change la' thèse, an moins; etjenepuis ^as* éâ consciéftcé , moi',- doMvet^ lés étrivièrés à mon pève.

M"** EA' RÔOKE.

Qu« veav-ii^ do*« dire?

CLrTA'ifnrtE.

J'ëtbid ic» dans le dessein de trotfhi^r s'ôn^ »cqoisitîon'; mais jévotts assuré qué , bien* lc»tl' die' feirâ l^^moimik'e dëmafrcibe...

Ob! 1^ ehosé9 9'ac<iommodërottt , je véiif feil^Acela : Tacquisition demeurera à mon père, et ma* sœur servira de pot-dc'-vin. Pourvu que je trouve aixs^ mon- pefic Compte daMs ce petit mai'ehë^fô , moi.

CLITANDRE

Vous l'y trouverez. Ma lieutenance est vacante , je vous la donne.

3Jo LES VACANCES.

MAVGREBLÇU.

fioD, tant mieux, grand merci, beau-frère : il n^est, morbleu, rien tel pour faire fortune que le canal des femmes : et combien de grands officiers seroient très subalternes , s'ils n avoient eu de jo« lies sœurs ou de jolies cousines !

M°^« LA. ROCHE

La {Tf ande affaire est à présent de faire consentir votre père.

MADGBEBLEU.

• Il consentira à tout , j'en donne sa parole ; et le filleul et moi, nous allons lui faire entendre...

CLITANDRE

Monsieur de Lépine, au moins, songez...

LAPINE

Je comprends, monsieur, je suis payé d'avance: je travaillerai utilement, sur ma parole. Allez faire ensemble un petit tour de promenade seulement, mais fort court sur-tout ; je vous suis caution qu à votre retour les affaires seront bien avancées.

CLITANDRE

Laissons nos intérêts entre leurs mains ; allons ensemble , madame.

LES VACANCES. 33i

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