CLITANDRE, ANGÉUQUE, MAUGREBLEU, LÉPINE, MADAME LA ROCHE
MAUGREBLEU, ivrC.
Qu'est-ce que c'est donc que cela , mon capitaine ? Vous vous amusez à la moutarde, pendant qu'on voue fait des recrues d'une distinction et d'une utilité...
Oh! que tu es ivre , mon pauvre gascon 1
IfàUGBElLEU.
Comme de coutume ; je ne hausse ni ne baisse : chacun a ses petits talents daos ce monde ; vous aimez le cotillon, moi j'aime la bouteille; et...
Eh ! je croîs, Dieu me pardonne, que c'est votre frère, madame, dont il y a si long^temps qu'<NB n*a eu des nouvelles; ce pauvre Chariot!
Comment, son frère?
MàVGRGBLED.
Qui est Vaàimal qui parle de Chariot ?Oh! réformez, réformez votre style, s'il vous plaît: je suis premier maréchal des lo^ de la compagnie de ce gentilhomme-là, afin que vous le sachiez.
|l»« I.A ROCHE.
Je ne me trompe point , c*est lui-même.
ANGÉLIQUE
Cet ivro^e-là seroit mon frèn»?
HAUGBEBLBU.
Qu est-ce à dire, ivrogne) et votre fipèrp, bdcore?Vous me cajolez! vous me voulez attraper. Allons, mon capitaine, ne nous «musoBB point a tes carognes-Ià.
SCÈISE XIX. 3a7
LÉPlltB.
Madflove La Roche a, |Mirbleu, faisov; c*e»t le àU de mbn parrain.
Ah! ptsmt toi^ je ie remets; tn «^âLépine, le filleul de mon pèlre, un grand fripon : oui, je te reconnois; mais pour vous antres...
M»" La aoghb.
Vous ne vous ressouvenez pas de madame La Roche ?
HÉATJGRtBLfiU.
De madame La Roche ? si fait, parbleu ; c*étoit une bonne diablesse. Ne seroit-ce point vous?
M«« LA AOCBE.
G'est'-moi-méme .
HAtGftfilitilSt.
^ Je crois, ma foi, qu'elle n*a poim Aieiïti; et -voici une vivante qui ressemble à ma sœur : mais Bon ! si fait , le diable «m'emporte , c'est etle-méme. Parlez donc , ho ! mon ca^haine , bride en main , s'il vous plaît. Pour madame La Roche, vous irez le galop, si votts pouvez; mais pour ma sœur...
AttGÉLIQUË.
J'ai bien de la confusion que mon frère...
CL'lTANiyRE.
N'ei^ rougisse point, madame; il est bonnets homme, et je me fais'hottnettr de son amitié.
3a« LES VACANCES.
MAUGREBLEU
Mais je me donne au diable si je comprends rien à tout ceci. Vous vous connoissez tous, vous vous rencontrez tous ici , vous vous entendez tous comme larrons en foire : mon capitaine qu'est-ce que cela signifie ? '
M™e LA ROCHE.
Que votre capitaine va devenir votre beaufrère.
MAUGREBLEU
Il va le devenir? Ne l'est-il point déjà? Il ne faut pas que je sache rien de cela, au moins, je vous en assure; car je suis un brutal.
M™e LA ROCHE. «^
Au contraire , vraiment , nous prétendons que tout le monde le sache, et que monsieur votre père, qui est ici, en soit informé des premiers.
MAUGREBLEU
Mon père qui .est ici ? quel peste de conte ? Eh ! qu est-ce qu'il feroit ici , .mon père ?
* LÉPIIÏE.
Ce qu'il y feroit? Il y. vient prendre possession de la terre qu'il s'est fait adjuger depuis trois semaines.
MAUGREBLEU
Gomment, possession de la terre, mon capitaine ? Ce maroufle de procureur à qui nous ve-
S^CÈN^E XIX. 329
lions donner les ëWrvières, il se rencontre que o*ei«: HWn père ? tela est , par mst foi , dr6te.
QtHiil M«idame,.c'6dt monsieur votre père
€fOH,..
Cest lui qui est depilis peu sçi^^neur du château q«e roiis voyez.
MAUGREBLEU
Gela change la' thèse, an moins; etjenepuis ^as* éâ consciéftcé , moi',- doMvet^ lés étrivièrés à mon pève.
M"** EA' RÔOKE.
Qu« veav-ii^ do*« dire?
CLrTA'ifnrtE.
J'ëtbid ic» dans le dessein de trotfhi^r s'ôn^ »cqoisitîon'; mais jévotts assuré qué , bien* lc»tl' die' feirâ l^^moimik'e dëmafrcibe...
Ob! 1^ ehosé9 9'ac<iommodërottt , je véiif feil^Acela : Tacquisition demeurera à mon père, et ma* sœur servira de pot-dc'-vin. Pourvu que je trouve aixs^ mon- pefic Compte daMs ce petit mai'ehë^fô , moi.
CLITANDRE
Vous l'y trouverez. Ma lieutenance est vacante , je vous la donne.
3Jo LES VACANCES.
MAVGREBLÇU.
fioD, tant mieux, grand merci, beau-frère : il n^est, morbleu, rien tel pour faire fortune que le canal des femmes : et combien de grands officiers seroient très subalternes , s'ils n avoient eu de jo« lies sœurs ou de jolies cousines !
M°^« LA. ROCHE
La {Tf ande affaire est à présent de faire consentir votre père.
MADGBEBLEU.
• Il consentira à tout , j'en donne sa parole ; et le filleul et moi, nous allons lui faire entendre...
CLITANDRE
Monsieur de Lépine, au moins, songez...
LAPINE
Je comprends, monsieur, je suis payé d'avance: je travaillerai utilement, sur ma parole. Allez faire ensemble un petit tour de promenade seulement, mais fort court sur-tout ; je vous suis caution qu à votre retour les affaires seront bien avancées.
CLITANDRE
Laissons nos intérêts entre leurs mains ; allons ensemble , madame.
LES VACANCES. 33i