SCÈNE I
MADAME PATIN, LISETTE
(Madame Patin entre avec beanconp de précipitation et de désordre, suivie de Lisette.)
LISETTE
Qa'est-ce donc , madame ? qu aves-vons ? Que voQs est-il arriTé ? que tous a-t-on fait ?
lime PATIN.
Une avanie... Ah! j'étouffe. Une avanie... Je ne sauroiâ parler ; un sié^.
LISETTE, lui donnant un siège.
Une avanie ? A vous , madame, une avanie? Gela est-il possible ?
M™« PATI»
Gela n* est que trop vrai, ma pauvre Lisette.
J*en mourrai. Quelle yiolence ! En pleine rue , on
vient de me manquer de respect.
LISETTE
Gomment donc , madame , manquer de respect à une dame comme vous? madame Patin, la v^uye d\in honnête partisan, qui a gagné deux millions de bien au servide du roi ? Et qui sont ces insolents-là, s'il tous plaît?
urne PATIN.
Une marquise de je ne sais comment, qui a eu Faudace de faire prendre le haut du pavé à son carrosse , et qui a fait reculer le mien de plus de vingt pas.
LISETTE
Voilà une marquise bien impertinente ! Quoi, votre personne qui est toute de clinquant, votre grand carrosse doré qui roule pour la première fois , deux gros chevaux gris-pommelés à longues queues , un cocher à barbe retroussée , six grands laquais , plus chamarrés de galons que les estaffiers d'un carrousel, tout cela n'a point imprimé de respect à votre marquise ?
jgm» PATIN.
Point du tout. Cest du fond d'un vieux carrosse , traîné par deux chevaux étiques , que cette gueuse de marquise m'a fait insulter par des laquais tout déguenillés.