ACTE III, SCÈNE IX. io
LISETTE
Et croyez-vous qu un homme de cour puisse être riche au temps où nous sommes ? Les courtisans malaisés ne s'enrichissent point ; et ceux qui sont le plus à leuf aise ne sont pas difficiles à ruiner.
LUC ILE
Va, va, Lisette, le bien n est .pas ce qui me touche le plus ; et pourvu qu'on m*aime, c*est assez.
LISETTE
Eh ! qui vous répondra qu on vous aime ? Ces jeunes seigneurs, d'aujourd'hui sont de (p'ands fripons en matière d'amour.
LUCILE
Ah ! celui-ci n est pas comme les autres. Il jure si amoureusement, et il a tant d'esprit, qu'il est impossible qu'il ne soit pas un fort honnête homme. 11 fait des vers, au moins.
LISETTE
Ah! puisqu'il fait des vers, il n'y a rien à dire.
LUCILE
J'ai ici un impromptu qu'il. a fait pour moi. Écoute, Lisette, et juge par là de sa tendresse et de sa sincérité.
LISETTE
Voyons.
io4 LE CHEVALICR A LA MODE.