ACTE III, SCÈNE X. io
LA BARONNE, arrochant les vers des mains de
Lisette.
Vous êtes bien curieuse , ma mie ; et je vous trouve bien impertinente de lire ainsi des papiers quon a perdus chez vous. Rendez-moi mes vers, je vous prie, et...
LVCILE.
Ck>mment donc, madame? qu'est-ce que cela sJ^pufie? Qui est cette folle, Lisette?
LA BARONNE
Quelle petite insolente est-ce là ?
LISETTE
Par ma foi, cela est tout-à-fait drôle.
LUCILE
Rendez-moi ce papier, madame.
LA BARONNE
Gomment donc, que je vous rende ce papier? Vous êtes une plaisante petite créature, de vouloir avoir malgré moi des vers qui m'appartiennent.
LUCILE
Des vers qui vous . appartiennent ! Je vous trouve admirable, madame, et vous êtes bien en âge qu'on fasse des vers pour vous! C'est pour moi qu'ils ont été faits, et vous ferez fort bien de me les rendre.
io6 LE CUËVAIilER à LA MODE.
LA, BAROKilB.
Qui est cette petite ndicule, ma mie?
LlSETtE.
Ah , ah 1 madame , êetyetrwotkB de tenneuBoins offensants; c'est la nièce ds madame.
LA BARONNE
Quand ce seroit madame elle-même, je la tMMftyerois f eit impertinente de «UrdJber des vers qui n ont jamais été faits que pour moi.
LI&ETTE
Oh! pour cela, entre vous le débat, s*il vous plaît.
LUCILE
Gela est bien impudent à une femme de votre âge.
LISETTE
Mademoiselle !
Là BAROtmE.
Gela est bien insolent à une petite fiUe comtne vous.
LISETTE
Ah madame !
LUGILB.
Donaes-mot mes vers, encore une fois.
LA BARONNE
Taisez -vous, petite sotte, et ne m'édiauffez
pas les oreilles.