ÉRASTE, LA FLECHE, LISETTE
LISETTE
Encore une fois, monsieur, si vous ayez quelque uonsidëration poup elle, retournez à Paris, et qu'on ne vous voie point ici.
ÉRASTE
Ma pauTre Lisette , que j e lui parle un moment , que je la voie seulement, je t*en conjure.
LISETTE
Mais vous êtes le maiti'e ; vous voilà dans le logis, il ne tient qu*à vous d'y demeurer. Je crois même que si Mariane vous y savoit, elle auroit peut-être autant d'empressement de vous voir et de vous parler que vous en témoignes vous* même.
ÉAASTE.
Ëf pourquoi donc ne veux-tu pas nous donner cette satisfaction à l'un et à l'autre?
i66 LA MAISON DE CAMPAGNE.
LISETTE
C'est que j'en sais les conséquences. Dès qae vous serez ensemble, vous ne pourrez vous résoudre à vous quitter : quelqu'un vous surprendra ; et où en serons-nous, s'il yous plaît?
LA FLÈCHE
Eh bien ! quand on nous surprendra , nous jettera>t-on par les fenêtres?
LISETTE
Non ; mais on me mettra à la porte, et on enverra M ariane dans .un couvent.
ÉRASTE
Et n'y. seroit-elle pas moins gênée que .dans la maison de son père ?
Oh ! vraiment non , elle n'y seroit pas moins gênée. Vous ne savQZ pas ce que c'est qu'un cou- ' vent pour une grande fille qui a coutume d'être dans le monde.
ÉRàSTE.
Mais ne suis-je pas bien malheureux ?yCe Ipgis est .ouvert à tout le monde, et je suis peut-étr« le seul à qui il n'est pas permis d'y venir librement.
LISETTE
Cest que vous êtes un épouseux , vous, et que monsieur Bernard ne veut point de gens qui épousent.