‹ Répertoire du théâtre françaisChapitre 98 sur 396 · ÉRASTE, LA FLECHE, LISETTE · texte numérisé non relu

ÉRASTE, LA FLECHE, LISETTE

LISETTE

Encore une fois, monsieur, si vous ayez quelque uonsidëration poup elle, retournez à Paris, et qu'on ne vous voie point ici.

ÉRASTE

Ma pauTre Lisette , que j e lui parle un moment , que je la voie seulement, je t*en conjure.

LISETTE

Mais vous êtes le maiti'e ; vous voilà dans le logis, il ne tient qu*à vous d'y demeurer. Je crois même que si Mariane vous y savoit, elle auroit peut-être autant d'empressement de vous voir et de vous parler que vous en témoignes vous* même.

ÉAASTE.

Ëf pourquoi donc ne veux-tu pas nous donner cette satisfaction à l'un et à l'autre?

i66 LA MAISON DE CAMPAGNE.

LISETTE

C'est que j'en sais les conséquences. Dès qae vous serez ensemble, vous ne pourrez vous résoudre à vous quitter : quelqu'un vous surprendra ; et où en serons-nous, s'il yous plaît?

LA FLÈCHE

Eh bien ! quand on nous surprendra , nous jettera>t-on par les fenêtres?

LISETTE

Non ; mais on me mettra à la porte, et on enverra M ariane dans .un couvent.

ÉRASTE

Et n'y. seroit-elle pas moins gênée que .dans la maison de son père ?

Oh ! vraiment non , elle n'y seroit pas moins gênée. Vous ne savQZ pas ce que c'est qu'un cou- ' vent pour une grande fille qui a coutume d'être dans le monde.

ÉRàSTE.

Mais ne suis-je pas bien malheureux ?yCe Ipgis est .ouvert à tout le monde, et je suis peut-étr« le seul à qui il n'est pas permis d'y venir librement.

LISETTE

Cest que vous êtes un épouseux , vous, et que monsieur Bernard ne veut point de gens qui épousent.

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