‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 2)Chapitre 107 sur 231 · ALTÉRATIONS SUCCESSIVES DU COLLODION · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS SUCCESSIVES DU COLLODION

l’acide azotique (1002) agit sur l’éther en le décomposant facilement et donnant naissance à des produits complexes^ travail dont la concentration de l’acide et la température de l’action mesurent l’intensité.

Par exemple, si l’acide est très-étendu et la température basse, auquel cas l’action est faible, il se forme de l’éther azotique (133, III) et de Paldéhyde (73) ; si, au contraire, l’acide azotique est concentré, il se formera de l’acide oxalique (1028), de l’acide carbonique (211), de l’acide acétique (19), de l’acide formique (703) et de l’étber acétique (132, 111) et formique (163, 111), tous produits acides ou susceptibles de le devenir facilement, et par conséquent tous produits nuisibles aux opérations photographiques (132, III).

§ 3. Les cotons-poudre du commerce retiennent tous une proportion plus ou moins forte d’acide hypoazotique fixé entre les fibres capillaires du coton et que les lavages sont impuissants à enlever.

Pendant la dissolution de ce coton, les acides se trouvent libérés et décomposent le dissolvant, quand il est comme celui du coton-poudre, facilement attaquable par les corps organiques. Il est donc remarquable que la présence même du pyroxyle dans l’éther est une première cause d’acidification, quand bien même les éthers composés qui se forment ne se détérioreraient pas facilement en s’acidifiant à leur tour.

§ 4. lodures. Au moment où, dans ces conditions, on introduit un iodure dans le collodion, le sel attaqué, Tiode (828} se dégage en co- lorant la liqueur, tandis que la quantité équivalente de la base de l’iodure se combine aux acides énoncés (§ 2), formique, acétique, oxalique, etc.

D’autre part, tandis que cette substitution s’effectue lentement, l’iode libéré dans la solution qu'il colore, se porte surle formyle (169, 111) et l’oxyde d’éthyle (166, 111), en produisant des iodures organiques ou éthers composés, éther formique (163, III), éther iodique (164, III) dont la coloration est presque nulle.

Ces faits expliquent la coloration spontanée de presque tous les collodions photographiques; car, en admettant même que le pyroxyle n’a exercé sur le collodion aucune action acidifiante, et par suite, décomposition des iodures, on vient de voir que l’état acide résulterait du contact seul de ces sels.

§ 5. Immédiatement après la préparation, le collodion photographique produit le plus souvent deux résultats distincts, tantôt l’épreuve ne se développe que faiblement sous l’action du réducteur, les ombres manquent de détail, les lumières sont fortement accusées, et si l’on prolonge l’exposition, on finit par avoir les détails, mais sans harmonie avec les noirs du négatif.

Ce résultat provient non de l’iode libre qui pourrait s’être dégagé, mais de la présence des acides formés dans le collodion et dont la neutralisation n’a pas encore eu le temps de s’effectuer aux dépens des éléments du collodion lui-même.

Page 1