CHASSIS POSITIFS ÉCONOMIQUES
§ 3. Ce châssis M se compose des éléments ordinaires des châssis négatifs (239); la glace y repose sur des coins en verre, dont la place est rigoureusement calculée et mesurée micrométriquement pour la réunion des rayons actiniques (1244) au foyer chimique (706). E est le volet qui se rabat sur la glace et qui porte un ressort F destiné à faire adhérer parfaitement celle-ci aux coins de verre, afin qiFelle soit mathématiquement au foyer.
Cette disposition assure aux épreuves une netteté absolue et qu’aucune autre disposition ne peut procurer.
§ 4. L’objectif G est double; sa longueur de foyer est combinée de telle sorte que toute image au-delà d’une station de 5 à 8 mètres est donnée avec une netteté absolue. Cet objectif est muni d’un obturateur H déformé ordinaire.
Pour faire les images, qui ont O"'. 09 de hauteur sur 0“.08 de largeur, il suffit donc de placer la chambre noire sur un pied à une distance de 7 mètres du modèle, tout est au point.
L’épreuve négative étant obtenue, il ne reste plus qu’à l’amplifier au moyen du mégascope (288, III).
279. — CHÂSSIS POSITIFS ÉCONOMIQUES ; (D. Ward, 1863). {Phot.). V, 240.
§ 1. L’appareil qui va être décrit ci-dessous, peut remplacer les châssis positifs ordinaires (240, fig. 64 à 74) et offre l’avantage de ne jamais briser les négatifs et d’être d'un prix de revient insignifiant. Le principe pour toutes les grandeurs est le même, mais on peut prendre pour exemple la grandeur 1/4.
§ 2. On se procure d’abord une glace de 0“.I5 X 0™.12, et ayant mesuré sa longueur exacte en travers et à toute tension avec une trèslarge bande de caoutchouc, on coupe cette bande et on coud deux crochets à chacune de ses extrémités. On fait la même chose avec deux autres morceaux pareils. On prend alors une seconde glace 1/4, et on la coupe en deux avec un diamant.
§ 3. Le châssis est complet, et on s’en sert ainsi : l’épreuve 1/4 négative est placée sur la glace 1/4, 15x12, ensuite le papier positif, puis un matelas de papier mou, etc. On place sur le tout, très-exactement, les deux moitiés coupées de la seconde glace 1/4, et alors on accroche chaque extrémité des bandes nie caoutchouc sur chaque côté de la glace entière 15X12 qui forme le dessous du châssis.
On place successivement une bande de caoutchouc sur chaque moitié et la troisième sur le joint (mais cela n’est pas essentiel).
Cette méthode donne une pression énergique, ne risque pas de rien briser et permet une manipulation aussi aisée que le châssis ordinaire, puisqu’il suffit de décrocher une des extrémités d’une des bandes pour rendre libre la moitié du châssis, sans que rien puisse se déranger sous celle qui reste fermée. Si Ton n’a employé que deux bandes élastiques, on enlève la 1/2 glace 1/4 pour regarder dessous.
CHOIX DES OBJECTIFS A PORTRAIT (du).
si on a mis 3 bandes, celle du milieu forme charnière, et on soulève seulement le volet 1/2 glace, qui e'st rendu libre par le décrochement de sa bande spéciale.
280. — CHOIX DES OBJECTIFS A PORTRAIT (Du) : (J. T. Taylor, 1863). (Opt.). V. 101-1 — 1012.
§ 1. Les qualités nécessaires à un bon objectif double à portrait sont :
Pi. Qu’il ait une large ouverture angulaire;
B. Qu’il soit composé de verres d’une densité uniforme et d’une couleur qui n’arrête que le moins possible les rayons actiniques (1244);
C. Que les aberrations de réfrangibilité (1) et de sphéricité (2) soient réduites au minimum, tout en restant combinées au maximum d’aplatissement du champ.
§ 2. L’ouverture angulaire doit être grande, quelle que soit l’ouverture acduelle; et plus grande est l’ouverture angulaire, toutes choses égales d’ailleurs, plus grande est la rapidité de l’objectif, car le temps de pose varié en raison inverse du carré du diamètre de l’ouverture employée. Supposons deux objectifs, l’un de 0“.06 de diamètre, l’autre de 0“‘.12, tous deux identiques comme longueur de foyer, et tous deux sans diaphragmes (502), le dernier opérera plus vite que le premier, dans la proportion de 1 à 4. Si l’épreuve demande 10" de pose, l’autre en exigera 40 pour donner une aussi bonne image.
Si tous deux ont ün diaphragme (502) d’égale grandeur, l’un n’aura pas d’avantage sur l’autre ; et si le plus petit objectif non diaphragmé a une plus grande ouverture, il sera le plus rapide des deux.
§ 3. D’autre part, supposons deux objectifs d’égale grandeur, mais dont Tun ait un foyer (706 à 711) de 0“. 12 et l’autre un de 0“.24; alors, le temps de pose dans certaines circonstances variera en raison directe du carré de la longueur focale (897 Us), et en raison inverse du carré de l’ouverture; par conséquent, le dernier objectif sera 4 fois plus lent dans son action que le premier, et pour les faire opérer tous les deux avec la même rapidité, celui qui a 0^".12 de foyer devra porter un diaphragme égal à 1 /2 diamètre de ceux fixés au centre des deux tubes.
§ 4. De même que dans la construction des microscopes (934), on doit s’arranger pour que les objectifs photographiques aient le foyer le plus court possible, pourvu qu’il soit proportionné exactement à leur diamètre, et la plus grande ouverture angulaire possible. Soit pour des actions rapides sur des sujets, comme les vues de rues, les portraits d'enfants, etc., on emploie généralement de petits objectifs.
§ 5. Une grande largeur d'ouverture angulaire n’est cependant une garantie de rapidité, qu’autant que les verres sont d’une qualité parfaite; de deux lentilles (876) achromatiques de même diamètre, l’une
CHOIX DES OBJECTIFS À PURTIIAIT (UUj.
peut être remarquable par sa lenteur^ exigeant un temps de pose 6 fois plus long que l’autre, mais si on les place côte à côte sur une feuille de papier blanc, on voit de suite que Tune est plus colorée que l’autre, et que la plus lente présente une teinte caractéristique jaune verdâtre.
11 faut, en choisissant des objectifs, rejeter très-soigneusement les verres de cette couleur.
§ 6.. Une des qualités importantes des objectifs à portrait, est, avonsnous dit, que l’aberration de réfrangibilité (1) et celle de sphéricité (2) soient réduites au minimum. Pour la réduction de l’aberration de sphéricité, chaque constructeur présente une théorie et une opinion différente, mais ils tendent tous à la séparation du foyer visuel et du foyer chimique (706).
De la comparaison des phénomènes optiques, on est amené à penser que les rayons lumineux du spectre (1347), non seulement ne peuvent aider par leur présence l’action des rayons violets et extra-violets photogéniques, mais qu'ils exercent une opposition préjudiciable, en tendant à recomposer la décomposition chimique effectuée dans les substances sensibles par les rayons chimiques agissant dans leur condition normale.
Par cette raison, les bons constructeurs ont soin d’achromatiser parfaitement en dessus ou par le haut du spectre, les couleurs pour leurs lentilles, de façon que l’aberration de sphéricité 'est en ce moment aussi bien atténuée que possible. Tous les objectifs de quelque valeur sont faits avec certaines corrections qui, permettant aux rayons jaunes et aux rayons gris lavande de converger exactement en un même point, assurent ainsi l’identité du foyer visuel et du foyer chimique (706).
§ 7. Cette concordance est un des avantages les plus précieux des bons objectifs, aussi n’est-il pas inutile d’indiquer une méthode au moyen de laquelle l’amateur puisse s’assurer que l’objectif qu’il choisit lui-même ne possède pas de double foyer.
Quand les rayons de lumière blanche (vulgairement nommés) passent à travers une lentille, ils sont réfractés (1265) dans l’ordre suivant : d’abord les bleus, puis les jaunes, et enfin les rouges. Comme nous Pavons vu, les rayons de la plus grande réfrangibilité (1266) : le violet (1497), l’indigo (819) et le bleu (171), possèdent le plus grand pouvoir actinique ou chimique, tandis qu’au contraire, le jaune est en grande partie dépourvu de cette action, mais possède la plus grande puissance lumineuse. U est donc extrêmement important qu’un objectif photographique soit réglé de façon à concentrer le jaune ou rayon lumineux, et le bleu ou rayon chimique aussi près que possible du môme point, le rayon rouge étant de très-peu d’importance pour la photographie. Si une lentille est bien achromatisée, comme dans le cas d’un vaste objectif télescopique, on ne perçoit aucune couleur en examinant avec une alidade un objet brillant, une
CHOIX DES OBJECTIFS A PORTRAIT (üu).
étoile par exemple. Mais dans les objectifs photographiques (lOH), il reste souvent à désirer qu’ils soient corrigés en dessous, c’est-à-dire que les jaunes et les bleus soient achromatisés sans tenir compte des rouges.
§ 8. Pour expliquer ces principes^ supposons qu’une flamme de gaz soit réfractée au moyen d’un objectif à portrait de 0“.ll et examinée avec l’oculaire de Ramsden; au point où l’on voit l’image la plus nette, elle est la moins colorée : mais si l’on rapproche l’objectif de soi, on voit la flamme entourée d’une frange rouge, tandis qu’en éloignant la lentille à une plus grande distance que le point, la lumière est frangée de vert, prouvant que le jaune et le bleu sont acbromatisés et que le foyer visuel et le foyer chimique coïncident.
§ 9. On peut employer une autre méthode plus simple, décrite (695, fig. 110), et remplacer ^instrument proposé par une feuille de papier imprimée placée obliquement devant la chambre noire.
§ 10. Pour éprouver l’aberration de réfrangibilité (1) d’un objectif, il n’y a pas de méthode plus simple que celle proposée il y a quelques années par Shadbolt. Découpez un disque de papier brun épais, de même diamètre que la lentille antérieure de l’objectif combiné, et, à son centre, enlevez un disque plus petit du 17® du diamètre total. Vous aurez ainsi un disque et un anneau dont les surfaces diffèrent l'une de l’autre d’une quantité très-minime. Alors, insé'rez Panneau de papier brun dont vous vous- servirez comme de diaphragme, et mettant parfaitement au point sur une feuille écrite ,' faites une épreuve qui devra être claire et fine : maintenant enlevez l’anneau de papier, et avec un peu de gomme arabique (737), de colle de pâte ou toute autre matière adhésive, attachez le disque de papier au centre de la lentille, mais en ayant bien soin de ne pas altérer le foyer, et faites une autre épreuve de la même feuille imprimée.
Si l’aberration de sphéricité est bien corrigée, la seconde épreuve sera presqu'aussi fine que la première, mais si la correction est mal faite, la seconde épreuve sera plus ou moins flou.
§ H . La noursphéricité du champ, dans les objectifs combinés pour portraits, a une grande importance; c’est la lentille postérieure de la combinaison qui affecte surtout ce résultat. Si les courbures intérieures de l’objectif sont d’un rayon semblable, la propriété d’aplatir le champ ne peut être possédée par lui autant que si la courbure intérieure du flint (691) est d’un rayon plus court que celle du Crown (437).
Dans un objectif bien fait, quand on examine cette lentille postérieure, on s’aperçoit qu’à hopposé des lentilles (876) biconvexes ordinaires, qui ont un plus grand pouvoir amplifiant au bord qu’au centre, celle-ci a une longueur focale plus grande au bord qu’au centre." L’aberration dans cette lentille est plus forte, mais elle est d’un caractère différent de celle de la lentille antérieure avec laquelle elle se combine, et toutes deux ensemble donnent une image
CHOIX DES OBJECTIFS A PORTilAIT (du).
privée de distorsion , et dont le champ est aussi plan qu’il est possible de se le procurer.
Dans les objectifs qui ne possèdent pas cette propriété à un pareil degré, le champ ne peut avoir une aussi grande planimétrie. Les bords des images faites avec cet instrument sont ordinairement plus flous que le centre, surtout si on cherche à embrasser un angle visuel (97) d’une certaine étendue.
§ 12. Ce fait provient d’une propriété appelée astigmation , par suite de laquelle un point de l’objet sur nature est rendu par une ligne sur l’image. Cela vient de l’obliquité du pinceau cylindrique des rayons, qui force l’ouverture de l’objectif à couper ce cylindre suivant une ellipse. Alors, comme le pouvoir réfringent (1216) des bords de la lentille est égal tout autour (fig. 303), il s’ensuit que les réfractions en c et d sont aussi fortes qu’en a et b; conséquemment que l’inclinaison des rayons marginaux les uns sur les autres est aussi grande dans un cas que dans l’autre, ou, pour employer une autre démonstration : Vangle au foyer formé par les rayons extrêmes du pinceau est le même horizontalement et verticalement. Mais comme la ligne base ah est plus longue que cd, il s'en suit que le foyer des rayons a b est plus loin de la lentille que c d, de sorte que pour les rayons obliques il se produit deux faux foyers. Par conséquent, au foyer le plus près, un point doit être représenté par une ligne verticale, ou plus loin par une ligne horizontale, et intermédiairement par une combinaison des deux.
Par conséquent encore, une fenêtre, au plus court foyer, sera comme fig. 304, et au plus long, comme fig. 305.
Fig. 303.
§ 13. Il est possible de calculer les courbes d’un objectif de telle façon que, même avec une grande ouverture, il ait ce que les photographes appellent une ^mnde profondeur de foyer; la manière de l’obtenir est qu’aucune partie ne soit au foyer exact, mais que les objets situés dans des plans différents soienttoustrès-prèsde lui. Un objectif de cette espèce est extrêmement désagréable et doit être rejeté. Si un objectif a un foyer net, tout objet situé à une certaine distance au-delà, soit 13 mètres, doit apparaître presque également net. Mais si le foyer est long, l’ouverture large , et un objet à 13 mètres plus
N® 9. Septembre 1863.
CHOIX DES OBJECTIFS A PORTRAIT (du).
loin, parfaitement mis au point, un autre objet au double de cette distance sera hors du foyer.
§ 14. Un bon objectif, enfin, doit être correctement centré : la manière de s’assurer de cette qualité a été, la première fois, publiée par Wollaston. Une flamme est placée à une distance de 1 à 2 mètres; l’objectif étant tenu dans la main, on regarde à travers et l’on voit 14 images de la flamme réparties dans Tordre indiqué fig. 306.
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