‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 2)Chapitre 200 sur 231 · ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE ; (F · texte numérisé non relu

ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE ; (F

Thomas, 1863) (IP art., suite). [Chim.]. V. 304, llI.

§ 12. Avant de décrire les autres opérations, parlons du c/iaw^age, parce qu’elles se font presque toutes avec le concours de la chaleur.

On chauffe le plus souvent avec une lampe à alcool (868) ou à esprit de bois (646), ou encore avec une lampe-veilleuse. On a quelquefois besoin de chauffer des grands vases, dans ce cas, il faut se servir d'un fourneau économique en terre (703), où l’on met quelques charbons de bois ou de Paris. On chauffe encore au gaz, et c’est un excellent moyen, parce qu’on peut modérer à volonté la chaleur. On peut encore faire usage des nouvelles lampes à huile de pétrole (1139), en faisant faire une cheminée en tôle sur le même modèle que la cheminée en verre; en haut, près de l’ouverture de la cheminée, on ménage sur la surface de celle-ci quelques trous, pour laisser passage aux gaz de la flamme. Sur l’ouverture elle-même, on place une petite capsule de porcelaine. Ce mode de chauffage a l’avantage d’être très-économique et de pouvoir être modéré à volonté.

§ 13. Quand on chauffe des vases contenant des liquides, il faut avoir soin de ne diriger la chaleur que sur la partie du vase que le liquide recouvre, car, à moins qu’ils ne soient en métal, on les ferait casser infailliblement.

On peut, pour modérer le feu, mettre une toile métallique sur les charbons; la toile métallique éteint la flamme, et diminue ainsi la chaleur.

Quand on veut préserver les vases de l’action immédiate du feu, on les eintoure de sable jusqu'à une certaine hauteur, dans un vase en fer, en fonte ou en terre. On dit alors que les vases sont mis dans un bain de sable.

Lorsqu’on ne veut pas dépasser une certaine température, on met les vases dans de l'eau ordinaire (qui bout à + 100“ C. sous la pression atmosphérique ordinaire), ce qui s'appelle chauffer au bainmarie (146), ou dans l’huile blanche qui bout à -[- 300“ C., ou dans une dissolution saline saturée. Il faut se rappeler qu’une dissolution

ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE

saturée des sels suivants entre en ébullition aux températures ci-

après désignées :

Chlorure de sodium (277) -f 107» C.

Nitrate de potasse (995) 114

Carbonate de potasse (209 6î5.) 140

Chlorure de calcium (267) 179

§ 44. Il faut chauffer graduellement les vases en verre ou en porcelaine, de peur qu’ils ne viennent à se rompre en se dilatant brusquement par la chaleur.

Quand on retire les vases du feu, il faut les mettre à l’abri des courants d’air froid, et, si c’est une capsule qu’on a employée, il faut la placer sur un valet ou tortil de paille.

§ 15. Les vases usités presque exclusivement pour le chauffage, dans l’analyse chimique appliquée à la photographie, sont des capsules de porcelaine (205 his) de diverses dimensions. Il faut avoir soin de les choisir aussi minces et aussi transparentes que possible. Nous nous servirons cependant aussi de petits tubes de verre fermés à un bout, ou tubes à essais, et de fioles à fond plat.

§ 46. La cristallisation (432) consiste le plus souvent à isoler un sel du liquide dans lequel il est dissous, de manière à lui faire prendre des formes géométriques définies. On donne encore le nom de cristallisation à la propriété qu’ont un grand nombre de corps de prendre ces formes géométriques, en passant de l’état liquide ou gazeux à Tétât solide.

Toutes les formes cristallines peuvent se rapporter h 6 groupes principaux, dont l’étude complète appartient à la cristallographie.

§ 17. L’expérience démontre que deux sels de même genre (on sait que le genre d’un sel est déterminé par son élément électro-négatif) peuvent cristalliser ensemble et forment un sel double, lorsque leurs cristaux appartiennent à un meme groupe cristallin.

La cristallisation répétée plusieurs fois, sert à obtenir un sel dans le plus grand état de pureté possible. Voici comment elle se pratique : on fait dissoudre le sel dans l’eau distillée ou dans un autre dissolvant neutre. On chauffe la dissolution jusqu’à ce qu’il se forme une espèce de peau à la surface du liquide. On retire le vase du feu et on le met sur un valet de paille, à l’abri des courants d’air froid. Les cristaux se déposent au fond du vase. On déverse avec précaution dans un autre vase le liquide ou les eaux-mères qui recouvrent les cristaux. Cela fait, on verse rapidement de l’eau distillée sur les cristaux, et on la déverse dans le même vase que les eaux-mères. On redissout ensuite les cristaux dans une nouvelle quantité du même dissolvant, et l’on recommence l’opération précédente, c’est-à-dire qu’on fait évaporer la dissolution, etc.

§ 48. Plus la température d’une dissolution saline tarde à s’abaisser, plus les cristaux sont grands et réguliers. Si Ton hâte la cristallisation, les cristaux sont petits et même souvent imperceptibles à l’œil nu.

BAIN d’ ARGENT ACIDE POUR PAPIER POSITIF ALBUMINÉ.

§ 19. On appelle amorphes, les corps solides qui ne peuvent pas cristalliser.

Certains sels, en cristallisant, s’unissent intimement à une certaine portion du liquide dissolvant; ce liquide prend alors également la forme solide. Quand le dissolvant employé est l’eau, on appelle ces cristaux des hydrates (779) ; quand le dissolvant est l’alcool, les cristaux s’appellent alcoolates. L’eau elle-même est alors dite de cristallisation ou de constitution. La forme des cristaux dépend souvent de la quantité d’eau de cristallisation dont ils se sont emparés.

Un sel peut cristalliser en retenant une partie du dissolvant, sans qu’il se combine avec celui-ci. Certains sels anhydres {98) sont dans ce cas. Ces sels sont ainsi appelés parce quhls ne peuvent pas former des hydrates, ou mieux, parce qu'ils ne contiennent pas d’eau de cristallisation. Cependant, quand on les chauffe, il n’est pas rare qu’ils éclatent, en laissant échapper de la vapeur d’eau. Pour expliquer ce phénomène, rappelons-nous qu’un cristal est formé de plusieurs lamelles qui viennent se juxta-poser les unes aux autres. Il n'est donc pas étonnant que ces lamelles puissent emprisonner une partie de l’eau. Cette eau, qui n'est ainsi que renfermée dans le cristal, sans en faire partie intégrante, est dite eau à’ interposition.

(Sera continué).

318. —• BAIN D'ARGENT ACIDE pour Papier positif albuminé : (T. SoTTON, 1863). (Fhot.). V. 130.

§ 1 . Il résulte d’expériences directes, que le bain de nitrate d'argent (983) employé à la sensibilisation du papier positif albuminé doit être riche en argent et légèrement acide, même quand il contient de l’ammonio-nitrate (93).

Si l’on fait une solution de nitrate d’argent (983) à 6 O/o d’eau distillée, et si l’on y ajoute de l’ammoniaque liquide (91) goutte à gouPe, jusqu’à ce que le précipité d’oxyde d’argent (1030 bis) soit redissous entièrement, si l’on fait flotter alors sur ce bain d’ammonio-nitrate du papier albuminé, on verra que toute la surface d’albumine sera entraînée du papier dans le bain.

306 BAIN DE NITRATE D'aRGENT POUR COLLODlON (ÉTUDE DU).

§ 2. De plus^ si l’on ajoute de l’albumine à une solution d’ammonio-nitrate d^’argent^ on constatera qu^’elle se mêle à la solution sans être coagulée, et que la liqueur tourne rapidement au brun ; d’où il suit évidemment que Tammonio-nitrate ne forme pas un bain convenable pour sensibiliser le papier albuminé, même quand le bain est riche en argent.

§ 3. Mais si à ce même bain d’ammonio-nitrate, on ajoute avec précaution, goutte à goutte, de Tacide nitrique (1002), jusqu’à ce que l’alcalinité (66) soit neutralisée et qu’une légère trace d’acidité se présente, il deviendra immédiatement bon, coagulera parfaitement ralbumine et produira des images fines et de la meilleure qualité.

§ 4. On peut donc conclure de ceci, que le nitrate d’argent (983) commun du commerce qui est simplement cristallisé dans la liqueurmère acide, doit produire des épreuves plus rouges et plus vigoureuses que le sel neutre trois fois recristallisé, qui est excellent pour le bain négatif.

§ 5. Mais de toute manière, l’acide nitrique ne doit pas être en excès, sans quoi le papier devient insensible (130), les noirs-rouges moins vigoureux, le papier plus spongieux et les images plates et tristes.

Un bain fort et légèrement acide, coagule l’albumine et la fixe solidement, ainsi que le chlorure d’argent (262), au papier. On doit donc le préférer.

L’acidité est quelquefois détruite par l’emploi du kaolin (800) et le bain ne peut plus donner de bonnes épreuves dans le châssis positif (.240), mais une goutte ou deux d’acide nitrique sufîisent pour remettre les choses en bon chemin.

319. — BAIN DE NITRATE D’ARGENT pour Collodion (Etude du) : (A. Webb, 1863). {Phot.}. V. 131 — 132 133 — 134 — 133 — 103,

§ 1. Un bain acidifié par l’acide acétique (19) n’est pas inférieur, dans le premier moment de sensibilité et toutes choses égales d’ailleurs, à un bain acidifié par l’acide nitrique (1002), si l’on se sert d’un collodion brômo-ioduré, ou ioduré d’une excellente qualité ; mais le premier bain est moins stable que le second et plus capricieux : il se détériore plus tôt et n’est pas aussi facilement rectifiable.

§ 2. Un bain contenant de l’acétate de soude (14) est, dans son meilleur moment, un accélérateur du collodion, soit ioduré, soit brômo-ioduré, mais il est très-capricieux et se détruit rapidement. On ignore encore comment le rectifier.

§ 3. Un bain au carbonate de soude (209 tei')y qui forme le meilleur accélérateur, est encore moins stable que ce dernier dans son état très-sensible. 11 marche surtout très-bien pour les épreuves instantanées, avec un collodion ioduré ou brômo-ioduré, pourvu que ce

BAIN DE NITRATE d'aRGENT POUR CÛLLODION (ÉTUDE DU) 307

collodion soit carrivé à son maximum de sensibilité et développé au fer (490 — 492). Ce collodion doit être fait avec les sels d’ammonium (183 quat. — 836) et de cadmium (185 — 841).

§ 4. Dans tout ce qui vient d’être dit, le collodion est supposé invariablement ioduré avec un mélange d’iodure de cadmium (841) et d’iodure d'ammonium (836), ou d’iodure de cadmium et d’iodure de potassium (848).

§ 5. Si l’on emploie pour modifier le bain d’argent, 1 goutte d’acide nitrique (1002) pour lOO^c d’eau, on en introduit une quantité beaucoup trop forte, et sans autre cause de perturbation, cette addition suffit pour 'diminuer la sensibilité. Si, de plus, on se sert d’un collodion très-sensible contenant du cadmium, les épreuves doivent être faites avec un bain presque neutre.

11 faut se souvenir, enfin, que les collodions bromo-iodurés se comportent d’une toute autre manière que les collodions iodurés.

§ 6. En résumé, on doit opérer dans les conditions suivantes ;

Prenez :

Collodion normal de bonne qualité (375). . . 100 gr.

iodurez-le avec :

lodure de cadmium (841) 2

lodure d’ammonium (836) 2.50 à 3

Et pour faire un collodion brômo-ioduré, prenez :

Collodion normal (375) 100 gr.

lodure de cadmium (841) 5.80

lodure d’ammonium (836) 2.50 à 3

Bromure d’ammonium (183 ) 1.50 à 2

Servez-vous-en avec un bain d’argent acidulé par l’acide nitrique (1002) et développez à l’acétate de fer (13). Enfin, quand le bain ne marchera plus bien, faites-en un neuf.

§ 7. L’avantage du bain acidulé par l’acide nitrique, c’est qu’on peut toujours le rectifier par un collodion brômo-ioduré. Si le bain est rectifié pour le collodion ioduré, cette précaution ne le rendra pas toujours bon pour le brômo-ioduré, surtout si la quantité debrômure est considérable ; elle pourra même être une cause de faiblesse dans l’épreuve et de retard dans la sensibilité. Si, au lieu de cela, on prend le brômo-ioduré comme régulateur ' du bain, il n’y a rien à craindre pour qu’il marche avec l’ioduré.

Etant donné un collodion quelconque, il n’est donc pas facile de savoir quelle quantité d’acide nitrique pourra être un excès, ou pourra n’être pas suffisante pour donner une bonne épreuve : et c’est une des causes de difficultés pour beaucoup d’opérateurs.

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