PERIODURE DE FORMYLE. 150, § 5, III - 171, III
178. — PORTRAITS A LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE : (Nadar, 1861). {Phot.).\. 903 — 905.
§ 1. On dispose la chambre noire à la manière ordinaire, et en face de celle-ci se place l’objet ou le modèle à reproduire. Derrière la chambre noire, et à 2“.50 de hauteur, on dispose l’appareil éclairant, formé de deux cônes de charbon mus par un régulateur Serrin (903), communiquant à une pile (1162) de 50 éléments.
PRÉPARATION DU NITRATE d'aRGENT.
§ 2. Derrière les charbons, on place un réflecteur métallique barbouillé de craie (428).
La hauteur à laquelle est placé ce réflecteur permet d’éclairer vivement le modèle sans l’incommoder. Le temps de pose varie de 60", à 63", à 83".
179. — PRÉPARATION DU NITRATE D^ARGENT des vieux bains : (Gaudin, 1862). {Phot.)
§ 1 . Pour transformer en nitrate d’argent cristallisé (983) plusieurs litres de vieux bains, il faudra séparer Pargent des sels solubles étrangers. Cette opération se fait en versant dans le liquide , qui aurs été filtré d’avance, une solution de sulfate de soude (l82, III).
Il se forme par suite un précipité de sulfate d’argent qui entraîne avec lui l’iodure d’argent tenu en dissolution dans le bain, et l’on continue jusqu’à cessation de précipité, en additionnant encore d’une nouvelle quantité de sulfate de soude.
§ 2. Il est bon de se servir d’une solution titrée de sulfate de soude cristallisé.
Cette solution, titrée à 10 O/o, se prépare en versant 1000 g?ammes de sulfate de soude dans un vase pouvant contenir 10 litres que l’on remplit d’eau, et chaque décilitre employé formant précipité donnera à peu près 100 grammes de sulfate d’argent précipité.
§ 3. Lorsque l’argent sera tout-à-fait précipité, on mettra ce magma sur un filtre^ on lavera à l’eau distillée, et la matière sera prête à être transformée en nitrate d’argent. On y parvient par l’emploi du niüate de baryte (987) qui est d’un prix minime, eu égard à la valeur de l’argent. On opère à chaud , car ce sel est peu soluble à froid. 50 gr. io nitrate de baryte suffiront pour chaque litre d’eau.
Pour transformer le précipité, il faudra y ajouter deux fois et demie autant du liquide titré à la baryte qu’on aura employé du liquide titré à la soude pour former le précipité; mais si, en se servant pour un magma résultant de l’emploi d^un litre de sulfate de soude titré, on ajoute 81 gr. de nitrate de baryte en sel, et assez d’eau pour Ormer la mesure d’un litre , on n’aura plus besoin d’employer une solution titrée au nitrate de baryte, et l’on obtiendra, après la réactign, un litre de bain d’argent à 10 O/q.
§ 4. Quand le liquide aura été transformé, on le filtrera en le levant avec de l’eau distillée. L’iodure précipité se trouvera repris par le nouveau bain presque en totalité, et l’on joindra le magma égoutté aux cendres qui, plus tard, devront subir un traitement par la voie sèche.
(V. 145, lïl).
Le nitrate d’argent que l’on obtiendra par ce traitement sera ou exempt de nitrate de baryte, ou il en contiendra. Dans les deux cas, il est bon à employer, car la présence du baryum ne produit pas une différence appréciable dans la nature du bain où il se trouve associé à l’argent.
RENFORCEMENT DES NÉGATIFS SUR COLLODION
180. RENFORCEMENT DES NÉGATIFS sur Collodion : (Blanqu art- Evrard, 1863). {Phot.)
§ 1. Après l’exposition à la chambre noire, l’image formée sur la couche de collodion sensible reste latente jusqu’à ce qu’un agent révélateur ait exercé sur le sel d’argent son action réductrice. Cependant, la couche sensible n’est pas toujours assez profondément impressionnée pour pouvoir donner l’image entière. La couche d’argent réduit n’est pas assez épaisse pour s’opposer au passage des rayons lumineux lors du tirage des positives, et l’image est pâle et sans effet. Les moyens employés ordinairement pour renforcer les négatifs portent souvent de graves atteintes à sa conservation, par suite du ramollissement de la couche de collodion, et de plus, il arrive presque toujours que les finesses disparaissent.
§ 2. Il faut donc employer un moyen dont le résultat ne soit pas aussi pernicieux. Ce moyen consiste dans la continuation du travail de la lumière sur la couche sensible, exercée par la lumière elle-même, qui achève ce qu’elle a commencé dans la chambre noire.
Quand l’image, latente jusqu’alors, a été développée, soit à l’acide gallique (721), soit au protosulfate de fer (1230), on lave avec soin à beau et on expose le cliché à la lumière. L’image se manifeste de plus en plus et prend parfois une vigueur surprenante.
§ 3. L’action de la lumière ne s’exerce que sur les parties de l’image qui ont été impressionnées d’abord, le reste de la plaque n’est nullement modifié par cette opération, sans doute parce que, dans une glace collodionnée, la surface seule est attaquée ; Tagent réducteur qui précipite l’image emporte avec lui tout l’argent qui n’a pas reçu l’impression lumineuse , le lavage à l’eau achève de l’entraîner, il ne reste donc plus sur le cliché que l’argent qui forme Limage.
§ 4. L’exposition à la lumière après développement, produit sur le métal une oxydation plus grande que celle produite par le réducteur.
Le fait de la précipitation d"une couche d’argent plus épaisse ne s’admet qu’à la condition que dans la chambre noire , la lumière ait impressionné plus de sel sensible que le réducteur n’en a pu précipiter, et que la réduction qu’il opère, quoique incomplète, soit cependant