BAIN DE NITRATE D*ARGENT
la couche d'iodure obtenue après immersion dans le bain d’argent, est blanchâtre; elle est d’un jaune franc quand la double décomposition est complètement photographique ; elle tire sur le gris quand les nitrates étrangers sont en excès dans le bain d’argent.
§ 5. Par conséquent, lorsque le bain d’argent vieillit, on voit la couche d’iodure d’argent devenir grise, de moins en moins sensible, et les épreuves pâles ; il arrive une limite où l’état moléculaire de cette couche change entièrement : au lieu de rester homogène, elle devient friable, semblable à une poussière que l’eau des lavages entraîne.
Cet effet commence souvent à se manifester sur les angles de la glace.
§ 6. Si, au lieu de diminuer le nitrate du bain, on l’augmente par trop, ce bain devient apte à dissoudre l’iodure photogénique, et la couche de collodion demeure seule transparente sur la glace et incapable, par conséquent, de produire une image.
§ 7. Par un temps très-chaud, alors que l’évaporation des liquides est rapide, il arrive que la couche de nitrate d’argent qui mouille la glace, se concentre assez pour détruire l’iodure d’argeht par places en le dissolvant. Il sera donc bon de délayer le bain d’argent, sans cependant l’affaiblir au point de produire une couche pulvérulente que rien ne peut reconstituer.
Si l’on craint de déranger l’équilibre fort instable d’un bain qui va bien, on peut laver à l’eau distillée la glace en sortant du bain d’argent, exposer au châssis, puis, avant de développer, la replonger V dans le bain, pour remettre la couche dans les conditions où l’imago doit se produire.
§ 8. Les vieux bains d’argent peuvent être utilisés en les évaporant jusqu’à un point de concentration convenable, et les employant alors à l’obtention des épreuves positives; ces bains ainsi concentrés marchent bien avec le papier albuminé, mais ne réussissent pas toujours avec le papier ordinaire; dans ce cas, les épreuves sont froides et ventes, et le virage au sel d’or produit un ton désagréable.
§ 9. M. Elliot, pour parer à cet inconvénient, a été amené à employer l’acide citrique (299).
En ajoutant au bain une certaine quantité de ce réactif, il le vit former un précipité qui bientôt cessa de se produire, même par l’addition d’une plus grande quantité d’acide. Après avoir filtré pour séparer ce précipité, il plaça des feuilles de papier sur le bain, et cellesci lui fournirent des épreuves claires et brillantes. Dans le virage à l’or (1505), ces épreuves virent à un ton pourpre riche, quand le bain est énergique. Dans le cas contraire, il est difficile de faire disparaître la couleur rouge que donne l’acide citrique libre. En saturant cet acide libre avec de l’ammoniaque aqueuse, on obtient un bain donnant des épreuves qui, sous l’influence du sel d’or, virent à un beau
BAIN lODURANT POUR PAPIER NÉGATIF.
ton noir neutre. Cette saturation donne un précipité que Ton sépare par filtrage.
§ 10. Le premier précipité est du chlorure d'argent dissous par le nitrate libre, et le second du citrate d'argent.
En un mot, pour rectifier un vieux bain d'argent pour collodion, et le rendre propre à l’impression des positives, il faut l'évaporer de manière que chaque 100 gr. soit réduit environ du dixième et ajouter de l'acide citrique dissous jusqu'à cessation de précipité; verser ensuite de l'ammoniaque (91) jusqu'à ce que le liquide ramène au bleu un papier de tournesol rougi (1045), filtrer, et enfin saturer chaque litre par deux gouttes d'acide citrique (299).
136. — BAIN DE NITRATE D'ARGENT pour Papier albuminé. {Fhot.),