CHLORURE D'ARGENT NOIRCI. {Chim.).y
§ 1 . Le chlorure d'argent (262, § 6, 8), sous l'impression de la lu-
CHLORURE d'argent NOIRCI.
mière, perd sa couleur blanche éclatante et^ passant par des teintes violacées, arrive au noir complet, et se réduit en argent métallique.
§ 2. Le mélange que peut subir ce sel, d'un grand nombre de substances impressionnables, modifie profondément sa coloration.
Mêlé au nitrate d'argent (^983), il arrive à la réduction métallique, en passant par lestons suivants : gris-bleu — teinte neutre — violetbleu — noir-bleu — noir — noir bistré — bistre — sépia colorée — sépia jaunâtre — jaune feuille morte — gris verdâtre — toujours de plus en plus elfacé, jusqu’à ce que l'oxyde d'argent soit, en dernier lieu, réduit à l'état métallique.
§ 3. Au .contact de l'albumine (44) et du papier (1038), les tons sont plus roux, la sensibilité moins grande.
11 n'est pas même jusqu'à la nature différente du chlorure alcalin dont il provient, qui n'influe sur la couleur du chlorure d'argent mélangé de nitrate et au contact du papier.
Cela ne doit pas étonner, puisque, par l'échange des bases, le bain d’argent se charge d'un azotate alcalin entraîné mécaniquement en même temps que l'azotate d'argent (983) à la surface du papier.
§ 4. Si le chlorure d'argent est en suspension dans l'eau alors qu'on l'expose à la lumière, il laisse dégager, en noircissant, de l’oxygène, et la liqueur finit par renfermer de l’acide chlorhydrique (254).
Si, au contraire, le chlorure d'argent est sec, il noircit moins vite et laisse dégager du chlore.
Ce chlorure ainsi amené à l'état de sel minimum, a surtout son action utile dans les bains virants d'hyposulfite de soude vieillis (141).
§ 5. Quand on expose à la lumière une feuille de papier imprégnée d'une couche de chlorure d’argent mélangé de nitrate libre, le chlorure placé à la surface noircit d'abord par réduction et met en liberté une certaine quantité de chlore qui, attaquant le nitrate avec lequel il est en contact, forme un nouveau chlorure qui noircit à son tour et se réduit. La même réaction se produit de nouveau, de sorte que des couches successives de chlorure noirci se forment sur le papier et donnent à l'image une plus grande intensité de coloration.
§ 6. Lorsqu'un bain d'hyposulfite a servi à fixer une épreuve et qu'il a dissous les sels d'argent non attaqués par la lumière, il renferme un hyposulfite double de soude et d'argent (794), et il ne faut pas perdre de vue que la saturation réelle de l'hyposulfite de soude par ce sel double est très-rapidement atteinte : ainsi, en plaçant en contact une solution d'hyposulfite de soude à 10 O/o et un grand excès de chlorure d'argent récemment précipité, filtrant, et abandonnant la liqueur au repos, on reconnaît qu'au bout d'un temps assez court, une forte proportion de sel double s'est déposée à l'état cristallisé, blanc et très-pur.
§ 7. Nous avons fait remarquer (44, § 12) qu'il faut se méfier de ces précipités cristallins, dans le cas où la chaleur de l’atelier ou de