COLLODION NÉGATIF : (Bingham, 1853). (Phot
§ 1. Le collodion est plus ou moins liquide, suivant la quantité de coton-poudre (716) et d'éther (657) qu'on emploie. Trop liquide, sa sensibilité est faible; trop épais, la surface n'est pas uniforme.
§ 2. Première méthode.
On verse le collodion dans un flacon de 200 gr. contenant ;
lodure d’ammonium (836) 35 gr.
Fluorure de potassium (694) 1,50
Eau distillée 4à5 gouttes.
L'iodure d'ammonium ne doit pas être tout à fait dissous, la solution se complète par le collodion. Si l'on met trop d'eau, la couche n'adhère pas à la surface de la glace.
Agitez le flacon une ou deux fois, laissez reposer. Le liquide devient limpide et jaune pâle.
Si l'éther ou le collodion ont une trace d'acide, l'iodure d'ammonium sera décomposé, et l'iode, en se dégageant, donnera une couleur rouge foncé.
"§ 3. Deuxième méthode.
Dans un flacon de 200 gr., mettez :
lodure de potassium (848).. . . ." 8 gr.
lodure d’argent (837) »... 5
COLLODION NÉGATIF
Ajoutez :
Eau quelques gouttes.
mais pas plus qu^il n^’en faut pour dissoudre Tiodure de potassium. Remplissez de collodion de densité convenable, agitez une fois ou deux, laissez reposer 2 ou 3 jours, le liquide sera transparent et devrait être presque blanc, mais sera d'ordinaire un peu jaunâtre.
§ 4. Le bain de nitrate doit contenir 20 gr. d'azotate d'argent par 100 gr. d'eau distillée. La glace y reste 30".
§ 3. On développe au moyen de la solution suivante, versée rapidement à la surface sur un support horizontal (1387 bis) :
Acide gallique (1239) 2 parties.
Acide acétique cristallisable (19) 60
Eau 500
Au bout de 2' environ, on lave avec un courant d'eau.
§ 6. La couche d’iodure d'argent non impressionnée est enlevée par l'hyposulfite ou le cyanure comme d'habitude (333, § 5). On lave à grande eau, on fait sécher, soit à la lampe, soit à l'air.
L'exposition à la chambre noire est de 3" à 4".
316. — COLLODION NÉGATIF : (De Brébisson, 1833). (P/toL). V. 716, §3.
§ 1 . Le collodion photographique se compose ainsi ;
Prenez :
Coton-poudre bien sec (409, § 3) 1 gr.
Ether sulfurique à 62» (657) 60c.c.
Alcool ordinaire à 36® (68) 15
Solution alcoolique saturée d’iodure de potassium (848) 10
Si vous craignez que le coton-poudre n'ait retenu quelques traces d'acidité, ajoutez une ou deux gouttes d'ammoniaque (91).
Comme ce collodion sera probablement trop épais, si le coton-pou-
dre se dissout entièrement.
Ajoutez :
Ether sulfurique (657) 15 c. c.
Alcool 15 c. c.
Laissez reposer 12 heures, et décantez.
En augmentant la proportion d'iodure, le collodion est plus sensible, mais plus opaque et trop granuleux.
§ 2. Les glaces seront lavées à l'eau acidulée d'acide azotique (L002), et passées au tripoli (1435), dans l'alcool (68), essuyées enfin avec un linge très-propre. Prenez, pour cela, une planchette en bois blanc, comme celle à polir ; la glace est entrée à un bout sous un rebord peu saillant, l'autre est fixé par un écrou en bois qui glisse dans une fente, pour les divers formats.
§ 3. L'extension du collodion sur la glace est expliquée (667).
COLLODION NÉGATIF
§ 4. Sensibilisez la couche, non encore durcie, dans :
Azotate d’argent (983) 10
ajoutez quelques gouttes d'acide acétique au bain, si le collodion est alcalin et l’azotate neutre.
Avec un bain neutre, on n’a pas d’épreuves, les plaques se voilent sur leur surface. Le mieux est d’employer l’azotate d’argent ordinaire cristallisé et toujours acide. On verse le bain dans une cuvette (446, § 8).
On met au bain la couche avant qu’elle soit sèche, le collodion en dessous, en se servant d’un crochet de baleine, et évitant de déchirer la couche. On relève et on abaisse jusqu’à adhérence complète du liquide. Si le collodion sensibilisé est trop humide, il peut se détacher par lambeaux ; s’il est trop sec, il perd de sa sensibilité ; si la couche ne blanchit pas promptement, augmentez peu à peu la dose des iodures.
§ 5. Egouttez par un angle, essuyez les bords au papier joseph, sans entamer la couche, et ne perdez pas de temps pour mettre au châssis, car au bout de 2' ou 3', la sensibilité est diminuée. La durée de l’exposition dépend du mode de développement qu’on veut employer et de la lumière; ordinairement 5" à 10" suffisent.
§ 6. Le développement se fait :
1® Avec l’acide gallique (721) en solution saturée dans l’eau distillée, que l’on verse sur la glace mise de niveau (1387 bis) , on obtient une image à teinte rousse ; on renouvelle la solution, et on y ajoute quelques gouttes de solution faible d’azotate d’argent :
Eau distillée 100 gr.
Azotate d’argent (983) 3à4
Dans ce cas, la pose doit être plus longue, le dessin est plus heurté et plus lent à venir.
2® Avec l’acide pyrogallique :
! Acide pyrogallique (1239) 1 gr.
„ j Eau distillée. . . . • 60 gr.
* ( Azotate d’argent (983) 1
Mélangez et versez sur la couche mise de niveau ; agitez la plaque de temps en temps pour empêcher les dépôts de se fixer.
3® Avec une dissolution saturée de protosulfate de fer (1230) pur, ou, à défaut, de celui du commerce. Comme cette solution saturée se décompose facilement, on y ajoute 8 à 10 gouttes par litre d’acide sulfurique (1380) pour conserver la limpidité.
Versez-en une quantité sufisante dans une cuvette, et ajoutez environ 1/12® d’acide acétique cristallisable (19), ou simplement pyroligneux, et quelques gouttes d’une solution faible d’argent. Mêlez bien, et plongez l’épreuve, la couche en dessus. En 10" à 20", l’image paraît; mais si la pose a été trop longue, elle reste grise et sans effet.
COLLODION NÉGATIF
Pour obtenir les positifs directs, il ne faut pas ajouter de solution d'argent.
§ 7. Remarques et accidents. — Les jaspures qui se produisent, viennent des filets de liquide restés du bain sensibilisateur.
Il est donc nécessaire de prolC»nger le séjour au bain et de laisser bien égoutter la glace verticalement à sa sortie, parce que le liquide épanché dans les feuillures du châssis peut produire aussi des taches, en remontant par l'action de la capillarité.
Un bain de protosulfate de fer qui a déjà servi, fait apparaître l'image plus facilement qu'un bain neuf. Ajoutez-y de temps en temps un peu de solution saturée et d'acide acétique. La solution suivante
est également bonne :
Eau de pluie. 60 gr.
Protosulfate de fer (1230).. .- 0.8
Acide sulfurique pur (1380) 4 gouttes.
Solution d’azotate d’argent à 15 O/q 3 gr.
Quand on a développé à l'acide pyrogallique, on lave avec soin^ l'on renforce en couvrant les épreuves d'une solution concentrée d'acide gallique additionnée de quelques gouttes d'azotate d’argent. 11 faut surveiller ce développement en tenant une feuille de papier blanc sous la glace; s'arrêter à temps, et laver.
§ 8. Pour renforcer les épreuves développées au protosulfate de fer, lavez la glace et couvrez-la de suite et complètement d'une so-
lution de :
Eau distillée 100 gr.
Azotate d’argent 4
en commençant par un angle ; au bout de 20", rejetez le liquide, et plongez encore au bain ferré sans faire voir le jour à l'épreuve ; recommencez pour donner plus de vigueur. Quand on a obtenu l’intensité voulue, on lave à grande eau et même à un courant rapide, s'il y a un dépôt granuleux à la surface.
On peut renforcer avec le bichlorure de mercure (157), après avoir développé au protosulfate de fer.
On fixe au cyanure de potassium (456) ou à l'hyposulfite (795), et surtout avec le dernier, lî faut que toute teinte laiteuse disparaisse; ou lave et on étend rapidement la solution de bichlorure n® 1 .
Quand'les ombres commencent à virer au noir (U environ), on lave et on verse la solution iodée n® 2. 11 faut que la teinte iodée soit rouge un peu foncé dans le flacon.
Les noirs alors deviennent blanc jaune, on lave, et l'épreuve est positive.
Si l'on étend de nouveau le bichlorure, les blancs deviennent jaunes, et l'on a un très-bon négatif.
Quand on emploie l'acide pyrogallique, on verse, au lieu de la solution iodée, une solution d'iodure de potassium ; les noirs sont renforcés avec une légère teinte jaune par le bichlorure de mercure.
COLLODIÜN NÉGATIF.
La solution compromet toujours un peu la solidité du collodiôn ; son action prolongée donne seule l'épreuve* positive.
§ 9. Pour fixer les images faibles, on peut employer une solution de bromure ou dlodure de potassium, ou rhyposulfite faible. On
baigne 3' à 4' dans :
Eau 30 gr.
Hyposulfite de soude (795) 1
En employant une solution au 1/10, on enlève en peu de minutes la couche laiteuse d'iodure d'argent, et le négatif devient transparent. On plonge l'épreuve dans l'eau, et on place la glace verticalement
pour égoutter et sécher.
On peut fixer aussi dans :
Eau ^ 1000 gr.
Cyanure de potassium 10
L'action de cette solution amollit l'épreuve, il faut donc suivre cette action avec soin, et s'arrêter à temps. Ce fixage est bon pour les épreuves très-complètes.
§ 10. Quand l'épreuve négative est bien égouttée, avant d’être séchée, placez-la de niveau et versez dessus :
Eau 30 gr.
Gomme arabique 2à3
Passez au linge fin, enlevez les bulles au moyen d'un fragment de buvard. Après un moment de repos, reversez dans le vase et inclinez la glace pour qu'elle égoutte et sèche à l'abri de la poussière.