COLLODION NÉGATIF AU CUFRAMMONIUM
Toxyde de cuprammonium (1031) et laisser évaporer Tammoniaque (91) en totalité ou en majeure partie; plonger ensuite la glace dans Teau aiguisée d'un peu d’acide quelconque ; la laver à Teau et étendre dessus une solution aqueuse d’iode ou d’iodurc de potassium (848). La plonger ensuite dans le bain d’argent ordinaire ; laver à l’eau et exposer à la chambre noire, comme à l’ordinaire.
On pourra certainement trouver d’autres méthodes de préparation de collodion avec ces nouveaux dissolvants ; celle-ci indique assez la nouvelle voie ouverte à la photographie ; M. Y. Monckhoven y a trouvé le mode de préparation suivant :
§ 2. Il prépare la dissolution ammoniacale de deutoxyde de cuivre en saturant l’ammoniaque concentrée (91) par l’oxyde de cuivre récemment préparé. Quand les impuretés solides sont déposées, il y dissout du coton bien blanc à raison de 10 gr. par litre. Le liquide obtenu est épais ; on l’étend d’un peu d’eau pour faciliter la dissolution du coton. On y verse une dissolution concentrée et titrée d’iodure de potassium (848), de manière qu’un litre de la dissolution d’oxyde de cuprammonium (441) renferme de 5 à 10 grammes d’iodure. C’est ce liquide que l’on verse sur la glace.
§ 3. La beauté de l’épreuve dépend de la préparation de la liqueur cupro-ammoniacale, qui doit être épaisse et couler lentement sur la glace, afin qu’après siccité elle soit très-transparente.
Versée sur la glace, elle s’étend lentement; on fait écouler le surplus et on place la glace debout contre un mur.
§ 4. Avec celte liqueur, on peut choisir deux manières d’opérer :
1® On abandonne la liqueur sur la glace, à l’évaporation spontanée quelques minutes ; la couche devient alors opaline ; on jette le liquide superflu et on plonge la glace dans un bain de nitrate d’argent additionné d’acide acétique et d’acétate d’argent récemment précipité ; la couche blanchit par la formation de l’iodurc d’argent. On l’expose à la chambre noire, et le développement se fait comme à l’ordinaire.
§ 5. 2° Si, au contraire, on laisse sécher la liqueur sur la glace, comme l’ammoniaque s’élimine par l’évaporation, il se forme du protoiodure de cuivre Cu2I dans la couche de cellulose, et de l’iode à la surface. Dans cet état, la glace est. rouge. Passée au nitrate d’argent, l’image est superficielle et disparaît au plus léger lavage. Il se forme de plus de l’argent métallique sous l’image, par la présence du protoiodi.ire de cuivre. Pour éviter ces inconvénients, on plonge la glace dans l’alcool anhydre, dans lequel on fait passer un courant de gaz ammoniac sec; l’iode libre est transformé en iodure d’ammonium, et il se forme de l’aldéhyde d’après la réaction suivante :
21 + 2Az H» + H6 02 = 2 Az 0^ .
La glace blanchit au bout de quelques secondes d’immersion : en la sortant de ce premier bain, on l’agite à l’air, pour faire évaporer l’ammoniaque, et on la plonge, encore humide, dans le nitrate d’ar-
COLLODION xNÉGATlF BROMURE.
gent. Le reste des opérations se fait comme à Tordinaire et produit des images très-pures et très-transparentes.
§ 6. La cellulose remplacera le coton-poudre en photographie^ parce que la préparation de ce dernier est difficile et sujette à des accidents inattendus, tandis que la méthode ci-dessus est très-simple, très-économique et donne, surtout avec la première méthode, des épreuves très-fines et très-rapides.
§ 7. M. Wheeler a fait de nombreuses expériences^ et a obtenu plusieurs positives avec d'es négatifs par ce procédé, mais modifié de la manière suivante :
§ 8. Il place des tournures de cuivre dans un entonnoir et les arrose avec de l'ammoniaque. Le cuivre, au contact de l’air, se transforme en oxyde, que l’ammoniaque dissout dès qu’il est formé. On passe et repasse cette solution sur les tournures de cuivre jusqu’à saturation ; on laisse reposer, pour précipiter les impuretés, puis on décante ; on met alors dans la liqueur du coton cardé, 2 parties pour 20 de dissolvant, ce qui donne une liqueur visqueuse qui peut être
employée en y ajoutant :
lodure de potassium (848) 0sr.50
Eau distillée 100
Cette solution est d’un bleu foncé, très-transparente, et coule aisément sur le verre.
Il faut l’étendre comme le collodion, laisser reposer jusqu’à ce qu’on aperçoive une trace blanchâtre couleur opale.
§ 9. On immerge alors la glace dans le bain suivant, quelques se-
condes :
Eau 100 gr.
Nitrate d’argent (983) 10
Acide acétique cristallisable (19) 5
La surface blanchit ; on l’expose d’après les méthodes ordinaires, mais un peu plus longtemps que le collodion ordinaire à l’éther.
§ 10. On développe avec une solution de :
Acide pyrogallique (1239) 0g>'.25
Eau 100
Acide acétique (19) Ià2
on lave et on fixe àl’hyposulfite de soude.
§ U. Ce procédé est économique, facile et uniforme dans la composition des produits. La couche reste humide, même par les grandes chaleurs ; seulement elle peut se détacher quand on la plonge dans le nitrate d’argent.
Ce fait est probablement dû à l’action chimique qui s’exerce entre l’ammoniaque de la solution de coton et l’acide acétique du bain, qui doit être en excès afin de dissoudre tout le cuivre.