COULEURS. [Phys
§ 1 . Couleurs, c’est la puisssance qu’ont les parties de la lumière séparées les unes des autres par réfraction (1265) ou réflexion (1264), d’exciter en nous différentes sensations, suivant leur degré de réfrangibilité et la grandeur, la figure, peut-être la vitesse de leurs molécules, lorsqu’elles viennent imprimer leur action à l’organe de la vue.
§ 2. Les couleurs des rayons séparés ne peuvent pas être regardées comme de simples modifications accidentelles de ces rayons, mais comme des propriétés qui leur sont nécessairement attachées, et qui consistent, suivant toutes les apparences, dans la vitesse et la grandeur de leurs parties ; elles doivent donc être immuables et inséparables de ces rayons, c’est-à-dire que cês couleurs ne sauraient s’altérer par aucune réfraction ou réflexion.
Or, c’est ce que l’expérience confirme d’une manière sensible, car, quelqu’effort qu’on ait fait pour séparer, par de nouvelles réfractions, un rayon coloré quelconque donné par le prisme, on n’a pu y réussir.
§ 3. Le spectre solaire (1347) n’offre, à première vue, que 5 couleurs : violet, bleu, vert, jaune et rouge. Mais, en rétrécissant l’image pour rendre les couleurs plus tranchantes et plus distinctes, on en distingue facilement 7 : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet.
§ 4. La lumière contient donc 7 espèces de rayons capables de nous faire ressentir autant d’hnpressions distinctes, sans compter toutes celles qui fournissent les nuances intermédiaires composées de leurs combinaisons en nombre infini.
§ 5. Ces couleurs prmcipales ayant un degré d’action photogénique différent, nous les passerons en revue en indiquant la teinte qu’elles produisent après avoir été projetées sur une surface photographique. (V. 171 — 819 — 856 — 1026 — 1298 — 1491 — 1497.)
Non-seulement sur un même corps sensible, les couleurs différentes ont chacune une action spéciale, mais chacune d’elles a une influence plus ou moins décisive sur le changement d’état des différents corps. C’est ainsi que le fluorure d’argent (112, § 13 — 693) s’impressionne d’abord dans le jaune presque inactinique sur le nitrate d’argent.
Letartratc d’argent (112, § 15) est modifié en même temps, et d’abord par les rayons bleus supérieurs, violets inférieurs, et par les rayons invisibles (26) extraprismatiques.
De même, parmi les autres corps sensibles, de semblables anomalies se présentent. L’action lumineuse sur les sels d’or, chlorures (1 321), commence par les rayons bleus, violets et verts, en même temps, ce qui n’arrive pas pour les sels d’argent, très-sensibles aux premiers, insensibles à peu près aux seconds.
§ 6. Les corps ont tous une couleur propre. Cette couleur est celle qui est transmise à travers leur épaisseur. On a cru longtemps que c’était celle qu’ils réfléchissaient, ce qui est l’inverse delà vérité.
Si nous revêtons un verre d’une couleur jaune, le rayon lumineux transmis sera jaune, c’est donc le jaune la couleur du corps ; si c’était