CRISTALLISATION. {Chim
§ I . L’idée générale qu’on doit attacher à ce mot est celle d’une opération par laquelle un corps, dans son passage de l’état fluide à l’état solide, affecte une forme régulière.
Les formes cristallines sont terminées par des faces planes. En général, dans un cristal, chaque face plane a, pour correspondante, une face qui lui est rigoureusement parallèle, au moins quand le cristal est isolé et régulièrement terminé sur tout son contour.
Les cristaux ont toujours des angles saillants et jamais d’angles rentrants. On n’observe jamais de ces derniers dans les cristaux isolés.
§ 2. Clivage. — Les substances cristallisées ne se cassent pas avec une facilité égale dans tous les sens ; en général, les cassures se font suivant des surfaces planes. Ces cassures peuvent être produites indéfiniment sur le même cristal, parallèlement à elles-mêmes; on peut donc diviser la matière en un nombre très-grand de lames à faces parallèles. Ce mode de cassure porte le nom de cassure lamelleuse.
§ 3. Les lapidaires profitent de cette propriété pour tailler le diamant, ou le cliver ; on appelle clivages, les faces parallèles qui s’obtiennent ainsi sur un cristal par la cassure.
Le môme cristal possède plusieurs sens de clivages, mais ces clivages ne sont pas également faciles.
§ 4. Dans les opérations photographiques, la cristallisation est peu' souvent opérée d’une manière régulière : elle est quelquefois un grand écueil dans les prépa;?ations où elle se présente malgré l’opérateur :
Ainsi la cristallisation de l’hyposulfite double d’argent et de soude, dans les bains fixateurs trop vieux et trop chargés ;
Ainsi la cristallisation des sels d’argent et de base alcaline dans le bain négatif pour collodion, trop vieux et trop chargé de la base, accident qui marque l’épreuve négative d’un réseau de points transparents. * .
Ces cristaux, insolubles dans l’eau et les réactifs acides qui servent au développement de l'image, |j.)iit, au contraire, solubles dans les réactifs alcalins, cyanure ou hyposulfite, qui servent à la fixer, et c’est alors qu’ils sont enlevés, que leur présence se décèle par un à-jour dans la couche.
Il faut remarquer que ce sel doit être insensible à la lumière, parce qu’il ne se réduit pas après exposition, ou, s’il se réduit, il reste encore soluble dans le fixateur.
Quand ce phénomène est intense, on peut s’en apercevoir en regardant la couche de collodion, à un jour jaune frisant sa surface ; les aspérités des petits cristaux sont parfaitement visibles coimne un sable fin. En cet état, la couche est impropre à donner une bonne image négative.
§ 5. La cristallisation du nitrate d’argent (983) n’est presque jamais