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ALBUMINAGE du Papier positif : (Aléo, 1860). (Phot

§ 1. Pour préparer Talbumine, on casse les œufs (1021) dans un verre gradué (1470) sans y mélanger de jaune; quand on a la quantité voulue, 1 litre par exemple, on sépare les germes, on verse le tout dans une terrine vernie, ou y ajoute 100 c. c. d"eau, et 5 gr. de chlorure de sodium (1308). On dissout ce chlorure dans le moins d^’eau possible, 1/10 au plus du volume de ralbumine; on bat en neige. Après 5' de repos, on enlève la mousse qu"on place sur un tamis de crin; on bat encore ce qui reste, jusqu'à ce que toute la mousse soit transportée sur le tamis. On laisse couler le liquide fourni par cette mousse pendant 12 heures. Il est prêt à servir.

Cette albumine doit encore être filtrée sur une éponge dans une cuvette en verre (447).

§ 2. Le papier choisi bien encollé, est coupé à la règle et à la pointe (0 1 3) pour éviter les cernes et les marbrures que produit ralbumine retenue par les petites barbes restant au papier coupé au couteau ou déchiré.

§ 3. Pour procéder à l'albuminage, il faut autant que possible choisir un temps fiais et humide, parce que la moiteur du papier facilite son extension sur l'albumine sans occasionner de bulles; le papier sèche lentement et d'une manière plus uniforme. La première feuille posée est presque toujours mauvaise, elle sert à nettoyer la surface du bain.

Il faut appliquer la feuille sur Talbumine peu à peu et régulièrement, en évitant de relever une partie déjà mouillée.

Si des bulles se présentent sous la feuille, il faut appuyer doucement avec le doigt pour les chasser par côté. Le temps de séjour sur le bain est variable, suivant l'épaisseur et l’encollage du papier. En moyenne, il est de 2' 1/2. On enlève alors la feuille par les deux angles qu'on a eu soin de relever d'avance, et on la suspend avec soin dans le sens de sa plus grande largeur pour qu'il y ait le moins de distance possible entre le haut et le bas de la feuille et éviter ainsi le séchage par zones.

§ 4. Cette opération de séchage demande les plus grands soins, car la moindre négligence peut entraîner la perte du papier qu'on aurait préparé. Les feuilles doivent être pendues par deux coins, à des cordes cirées pour éviter les peluches qui pourraient s'en détacher. A mesure que l'albumine s'écoule, elle se masse au bas de la feuille, d’où on l'enlève avec une petite barre rigide pour s'en servir encore après filtrage.

44. — ALBUMINAGE du Papier positif : (H. De La Blanchère). (Phot.)

§ 1. Préliminaires. Cette opération, des plus délicates et cependant

d'une utilité indispensable quand il s'agit d'épreuves stéréoscopiques, peut se faire de deux manières, ou à la cuvette ou au pinceau.

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La même albumine sert pour l’une et pour l’autre méthode.

Nous venons de faire comprendre que cette opération offre une certaine difficulté qui tient à la nature visqueuse de l’albumine, en sorte qu’il faut de^l’adresse et de l’habitude pour obtenir une couche d un beau brillant et exempte de bulles et de fils. Plus on diminue cette viscosité, plus on a de facilité pour étendre une couche égale. C’est pourquoi on ajoute de l’ammoniaque liquide (91).

§ 2. Utilité de l’ammoniaque. Non-seulement ce corps augmente la fluidité, mais il s’oppose à la décomposition de i’albumine (46), substance animale d’une altération très-prompte pendant les chaleurs. L’ammoniaque très-volatile s’évapore pendant le séchage du papier , et n’influe point sur les bains suivants; la seule action qu’elle pourrait avoir sur l’encollage du papier serait désastreuse, mais on l’introduit en trop petite quantité dans l’albumine pour craindre cet accident.

La présence de cet alcali se décèle seulement par une très-faible odeur ammoniacale, il vaut mieux en ajouter de temps en temps quelques gouttes qu’une quantité à la fois^ d’autant plus que le chlorure d’or en présence serait décomposé, et l’albumine prendrait une couleur jaune brune qui fait craindre et produit souvent des fonds jaunes après le fixage des épreuves.

§ 3. Chloruration de l’albumine négative. Les proportions du mélange sont celles-ci :

Prenez : albumine de 4 œufs frais; battez en neige solide, la veille; le lendemain, décantez soigneusement en évitant les germes.

Mettez dans un verre à expériences :

Eau distillée 15 c. c.

Puis :

Chlorhydrate d’ammoniaque pur (253) 6 gr.

remuez avec un agitateur; ce sel en excès ne se dissoudra qu’à moitié; joignez 25 centig. de chlorure d’or (273) ; ajoutez goutte à goutte l’ammoniaque liquide (91) jusqu’à ce que la liqueur se décolore absolument. Il faudra mettre pour cela un léger excès d’ammoniaque.

Versez dans l’albumine décantée le liquide et le sel en excès, qui alors se dissoudra; si vous devez conserver le tout plus de 3 ou 4 jours, vous ajouterez au bout de ce temps une goutte ou deux d’ammoniaque par 100 gr. de mélange environ. Filtrez dans un linge fin et humide.

§ 4. Albuminage a la cuvette. Si vous albuminez sur une cuvette, mettez-la de niveau, soulevez la feuille par deux coins sur la même diagonale^ posez le milieu, rabattez doucement et simultanément les coins, en appuyant, et relevez d’un mouvement lent et égal. Le tout a duré 30" au plus; égouttez et suspendez.

Le grand point est que la feuille ne reçoive qu’un vernis et ne soit pas imbibée» Si vous la laissez 5' sur le bain, la capillarité des pores du papier filtrera l’eau salée contenue dans l’albumine, celle-ci n’adhèrera plus à la surface, et la feuille ne sera ni brillante ni également recouverte, le liquide se séparant du vernis à la surface. Il faut

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bien se pénétrer que ces règles n"ont rien de fixe absolument; la qualité du papier^ de son encollage, le lustrage qu"il a subi et mille autres causes modifient le résultat.

Plus Talbumine vieillit, plus elle vernit le papier^ et pTus la couche est brillante ; mais plus il y a de chances pour qu'elle donne un ton jaune après le fixage de l’épreuve à l’hyposulfite de soude (795).

Si cependant on l’abandonne trop longtemps à elle-même, plusieurs semaines par exemple, en y ajoutant toujours de l’ammoniaque, elle devient tellement fluide qu’ello ne vernit presque plus ; sa constitution est altérée, et sa couleur ambrée, foncée en brun.

Plus l’albumine est employée vite, plus les œufs sont frais, plus le papier est impressionné tôt après sa dessiccation spontanée à l’air, plus on est sur (et ceci n’a pas d’exception) d’avoir des blancs éclatants après le fixage.

La formule de la liqueur pour albuminer peut se résumer ainsi

Albumine (46) 100 c.c.

Chlorhydrate d’ammoniaque (253) 6 gr.

Chlorure d’or (273) 0.25

Ammoniaque liquide . . . •. traces.

§ 5. Albuminage au pinceau. Prenez un pinceau de martre douce^ plat et large de 4 centimètres au plus, pour qu’il ne se sépare pas et qu’il forme une nappe toujours unie.

Préparez sur une table un coussin de papier doux, placez dessus la feuille à albuminer, l’envers en dessous, le grand côté en face de vous ; fixez-la à votre gauche par une punaise à chaque coin. Plongez votre pinceau dans l’albumine et couvrez promptement, en venant vers vous, la surface de la feuille avec l’albumine. Repassez sans arrêt le pinceau encore humide dans le sens de la longueur, par conséquent perpendiculairement aux premières traces. Unissez ensuite légèrement en promenant le pinceau, alors presque sec^ dans tous les sens.

Otez les punaises, passez dans l’un des angles une épingle en S (oo6)^ et suspendez à sécher.

Serrez ce papier aussitôt c^u’il est sec, une ou deux heures après, afin que la poussière ne s’y attache pas. Chaque feuille demandant 2' pour être parfaitement albuminée, on peut en faire deux en 5'. L’opération est donc rapide et de la plus grande facilité, le petit tour de main au moyen duquel on fait une surface exempte de raies et de fils s’apprend de suite. Chaque opérateur se crée une manière à lub et tout le monde arrive à réussir.

La coagulation se fera plus tard, sans feu et sans apprêt.

La dessiccation de l’albumine à la surface du papier, lui donne une grande aptitude à se rouler, et le rend difficile^ par cela môme, à étendre sans bulles à la surface du bain d’argent. On le mettra donc 24 heures en presse. Si l’on possède un laminoir (1219), on pourra le passer sous une pression modérée. Cette opération lui fait gagner, encore de la finesse, en rendant le pore plus fin et plus égal. Si un pre-

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mier albuminage ne suffit pas, on peut recommencer à poser une seconde couche.

§ 6. Bain sensibilisateur.

Azotate d’argent cristallisé (983) 15 à 20 gr.

Eau distillée 100

Ce bain s'affaiblit assez vite ; on fera bien de le peser au pèse-sel, et de le mainlenir par des additions d'azotate d'argent toujours au même taux.

Le contact de l'albumine et du nitrate d'argent n§ peut se prolonger longtemps sans que des portions d'albumine non coagulées soient emraînées par l'eau et attaquées par le nitrate; ces parfies organiques sont carbonisées et flottent en corpuscules très-légers dans le liquide, qu'elles colorent en noir ou en brun. Quand cette coloration est intense, la surface du papier en retient une teinte brune ou Jaune qui ne s'efface pas.

§ 7. Décoloration du bain d'argent. On a proposé plusieurs moyens mécaniques pour décolorer le bain d'argent : d'abord de le filtrer sur du noir animal (1005) très-pur; secondement, d'y mettre en suspension un corps inerte, inattaquable, du kaolin (860), par exemple, qui, retombant au fond du flacon, entraîne avec lui les particules flottantes d'albumine coagulée. Ces moyens sont bons, mais il était plus simple de coaguler absolument l'albumine avant son application au bain. Dans cet état, elle était complètement insoluble et ne devait produire aucun accident. Cette coagulation, très-praticable en principe, offre des difficultés dans son application, puisqu'aucun des papiers du commerce ne présente l'insoluliilité que nous demandons. En faisant passer les feuilles entre des cylindres chauffés, on rend bien l'albumine en partie insoluble, mais l'effet n'est pas complet, sans doute parce que la chaleur est assez élevée pour qu'on craigne d'altérer la couleur et la contexture du papier.

§ 8. Bain d'argent coagulateur de l'albumine. TNous avons cherché à résoudre chimiquement le problème, et nous y sommes arrivé.

Composez le bain sensibilisateur comme suit ;

Azotate d’argent cristallisé (983) 15 gr.

Alcool à 36° (68) 25

L'alcool ayant la propriété de coaguler instantanément l'albumino qu'il touche, le bain demeure limpide jusqu'au dernier moment.

11 faut cependant prendre quelques précautions : l'alcool étant trèsvolatil, s'épuise vite; il faut peser le bain neuf, et de temps en temps, y ajouter de l'alcool, plutôt en excès qu'en moins.

Il est à remarquer, en pesant le bain, que l'alcool étant moins lourd que l'eau, change la densité du mélange, et le pèse-sel (f 136), plongé dans le liquide, au lieu de marquer 15°, s'arrêtera à 10°. On conservera ce bain dans un flacon bien bouché (253).

Une manière très-ingénieuse de coaguler l'albumine par l'alcool chloruré a été proposée.

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Quel que soit le bain, la feuille étant restée en contact 5', on la relève par un angle ployé et sec, on la suspend avec une épingle en S (556), et on la laisse sécher naturellement,* en été, ceci demande une heure; en hiver, deux ou trois. On accélère le résultat en suspendant la feuille égouttée quelques instants au-dessus d"un fourneau portatif rempli de charbon enflammé (705).

§ 9. Conservation du papier albuminé sensibilisé. Au moyen des boîtes garnies de chlorure de calcium (267) et hermétiquement fermées, on peut conserver ce papier parfaitement blanc plus dhme semaine, et même quand il prend une teinte légèrement ambrée, le bain fixateur ci-après la fait disparaître, et la feuille revient à une blancheur extrême quand Tépreuve est virée.

§ 10. Exposition a la lumière. Cette opération ne demande pas de précautions particulières, un ou deux essais indiquent plus que toutes les explications que nous pourrions donner.

N La vigueur dhmpressionnement à obtenir dépend du mode de fixage et de virage que bon adopte : il y en a certains qui font beaucoup plus descendre le ton des images que d'autres. Dans le cas particulier des épreuves sur papier albuminé qui nous occupe, il vaut mieux forcer un peu le tirage, car la couche sensible étant superficielle, tend à se dépouiller facilement.

A mesure que les feuilles sortent des châssis, il est bon de couper les marges noircies qui les entourent et qui, sans cela, absorberaient au virage la majeure partie de Tor du bain. Il est également utile de laver dans beau distillée, et pendant une demi-heure, ces feuilles avant de les soumettre au virage. On enlève ainsi le nitrate d’argent (983) libre à leur surface, nitrate dont la présence est une cause de décomposition des bains d’byposulfite de soude (795).

§ 11. Bain fixateur. Le bain fixateur suivant est surtout approprié

au papier albuminé.

Prenez :

Eau filtrée 100 gr.

Hyposulfite de soude, (795) 15

. Chlorhydrate d’ammoniaque (253) 5

Quand tout est fondu^ saturez ce bain de chlorure d’argent noirci (983) à la lumière après sa formation.

Peur obtenir ce chlorure, on verse simultanément sur un filtre une dissolution d’azotate d’argent (083) et une de chlorhydrate d’ammoniaque (253). On repasse plusieurs fois le liquide (pii filtre, et suivant qu’il contient en excès de l’argent ou du sel, on y ajoute un peu de sel ou d’azotate, jusqu’à ce qu’il passe limpide et sans réaction. On étend le filtre au soleil et on remue le chlorure à sa surface avec un agitateur (34). Quand le composé est brun, on met le filtre qui le porte dans le bain préparé d’hyposulfite qui dissout le sel, et on filtre.

§ 12. Bain d’hyfosulfite trop vieux. Ce bain peut servir trèslongtemps. Chaque fois que bon veut fixer et virer une quantité d’é-

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preuves^ on mélange moitié bain ayant servie et moitié bain neuf sans chlorure d'argent noirci. Il faut prendre garde que lors des grandes chaleurs, ou quand on allume un calorifère dans le laboratoire^ l'évaporation du bain^ et par suite, la concentration dans les cuvettes, est rapide. Il conviendra donc de peser le bain neuf et le bain vieux, de prendre la moyenne des deux, et quand on aura fait un bain prêt à servir, s'assurer qu'il ne faut pas lui ajouter de l'eau pure, pour l'amener au titre qu'il ne doit pas dépasser, de la formule première; car on n'est averti que le bain est trop chargé, qu'alors qu'il n'est plus temps. Les épreuves se dégorgent à peine et virent trop vite aux tons violets. Le papier est encore blanc, mais aussitôt que les épreuves sont lavées dans l'eau, le virage passe au noir foncé, et le papier au jaune et au vert, ce qui rend les épreuves hors de service.

Dans de bonnes conditions de bain, l'épreuve se dégorge complètement et régulièrement. Le papier en transparence est blanc, l'épreuve, un instant stationnaire, vire au violet en perdant les tdns jaunes orangés qu'elle avait jusqu'alors.

§ 13. Lavage des épreuves positives albuminées. Il est indispensable, pour obtenir un bon résultat, que les épreuves sur papier albuminé ne séjournent pas en repos dans le bain. On doit les y remuer, en les retournant sans cesse les unes après les autres. Ce mouvement favorise l'action du bain sur les surfaces de chaque épreuve, le dégorgement marche vite, le virage aussi, et l'albumine n'a pas Te temps de décomposer le bain ni d'acquérir la teinte jaune que l'on redoute.

.Le môme mode de lavage doit être employé sans interruption après que les épreuves sont sorties de l'hyposulfite et mises dans l'eau de dégorgement. Une demi-heure de lavage incessant et bien fait produit beaucoup plus d'elfet qu'une nuit dans l'eau sans mouvement.

Pendant que ce lavage s'exécute, un robinet amène dans la cuvette un filet d'eau qui sort par un autre conduit, et les épreuves, après 1 heure et même 3/4 d'heure de lavage, sont parfaitement purgées d'hyposulfite. Que l'on ne croie pas que ce roulement des épreuves que l’on prend l'une après l’autre, d'une extrémité de la cuvette pour les retourner et les plonger à l'autre, que l'on ne croie pas, dis-je, que ces mouvements les détériorent ; avec un peu d'habitude qui vient vite, et d'adresse, on ne froisse même pas les angles.

Plus on met d'épreuves à la fois dans une cuvette, et plus le traitement en est facile. On calcule au moins 50 quarts de feuilles par 10 litres de bain. On peut même aller un peu au-delà sans inconvénient, pourvu que le mouvement de lavage nécessaire puisse s’exécuter sans froisser les feuilles.

On enferme le bain dans des bouteilles fermées, on le filtre chaque fois qu'on veut en prendre une- certaine quanlité, et quand il se produit un dépôt noir, on décante et on met ce dépôt aux résidus (1435). Sa présence trop abondante donnerait une tendance sulfurante au bain qui le contient.

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