DISTILLATION. {Chim
§ i . La distillation est une opération par laquelle on sépare, à l’aide du calorique, les substances volatiles des substances fixes.
Cette opération se fait dans un appareil nommé alambic.
La distillation qui importe le plus aux photographes, est celle de l’eau, dont ils emploient de grandes quantités pour les solutions diverses.
§ 2. L’alambic employé à la distillation de l’eau est composé d’une chaudière de cuivre montée dans un fourneau en briques ; elle est recouverte par un couvercle en forme de dôme terminé par un tube recourbé communiquant avec un serpentin. Celui-ci est renfermé dans une grande cuve cylindrique en métal, maintenue pleine d’eau. L’extrémité inférieure du serpentin débouche en dehors de la cuve.
§ 3. On introduit dans la chaudière l’eau que l’on veut distiller, au moyen d’une tubulure placée sur l’un des côtés du dôme. La cuve qui contient le serpentin doit être aussi remplie d’eau ; mais comme celleci, qui sert de réfrigérant, s’échauffe par suite de la condensation des vapeurs, il faut la renouveler constamment. On la fait arriver par la partie inférieure, de manière que l’eau froide se trouvant toujours en
DISTILLATION FACILE DE l"eAU.
bas, l’eau échauffée s’échappe par une ouverture placée à la partie supérieure et sur le côté. Cette eau sert avec économie à alimenter la chaudière, et est distillée à son tour.
§ 4. Souvent on doit distiller des liquides très-volatils, dont il faut refroidir la vapeur pour ne pas avoir de pertes. On emploie des appareils beaucoup plus simples, tels que des cornues (403) dont le col s’engage dans un tube plus large nommé allonge (75), soudé au tube réfrigérant.
C’est ainsi qu’on obtient l’acide acétique cristalli'sable (19) par la distillation du verdet (439).
§ 5. On peut distiller l’eau en petite quantité et très-économiquement par un appareil (513) facile à établir soi-mème partout.
La distillation fractionnée a été appliquée à l’extraction de l’éther (653) et de l’alcool (68) des vieux collodions hors de service. Nous doutons que le résultat soit très-avantageux, la volatilité des produits accessoires nuisibles (aldéhyde) étant à craindre dans chaque opération.
515. — DISTILLATION FACILE DE L’EAU au moyen d’un appareil qu’on peut trouver partout. (Chim.)
§ 1 . Ce procédé de distillation peut devenir très-utile en voyage, surtout au bord de la mer, où souvent l’eau, meme supposée potable, est chargée de sel marin et de sels calcaires très-al)ondants, notamment sur les côtes de Normandie.
Fig. ion.
L’appareil se compose de deux supports C E portant une tige perpendiculaire H K en bois. On les fait avQC un bout de planche, un bâton et du fil-de-fer tourné en spirale.
§ 2. L’un des supports II porte un grillage en fil-de-fer que l’on fait soi-mème en (pu'lques minutes, et dont la queue est tournée en spirale autour du bâton et se maintient par le frottement à la hauteur désirée.
DOSAGE DE l’aRGENT.
Le grillage supérieur S reçoit un ballon (143), si l’on en peut trouver, ou une grande fiole de pharmacien A, ou même une carafe; mais si elle a un fond très-épais, il faudrait la mettre dans un bain-marie et chauffer avec un petit fourneau, et en salant fortement de sel de cuisine l’eau du bain-marie.
§ 3. Si l’on trouve une fiole à fond moins épais, ou un ballon, on place sur le grillage inférieur U une lampe à alcool B, ou la lampe économique (868). Si l’on n’a pas le temps de faire des^ grillages, on fera un rond pour la fiole, et l’on mettra sur celui qui portera la lampe, un morceau de carton ou d’ardoise. Installation facile à trouver en tous endroits.
§ 4. Le bouchon de la fiole A est percé d’un trou dans lequel on engage un tube N courbé suivant la figure 100. Ce tube plonge en D dans une carafe, une bouteille quelconque mise dans un seau V plein d’eau que l’on place lui-même dans un baquet O, ou évier, qui permette à l’eau répandue de s’échapper. 11 va sans dire que si le photographe n’a besoin que d’une petite quantité d’eau distillée pour un bain d’argent, la carafe D devient une fiole, le vase V, un verre à boire, et le récipient O, un plat creux.
On installe un second support K pareil au premier. Sur le rond du haut P, on place son flacon laveur G (689) plein d’eau et la tête en bas, car dessous, sur le rond R, on met un entonnoir F, auquel on ajoute avec un bouchon, un bout de tube qui plonge jusqu’au fond du vase réfrigérant V.
§ 5. Allumons la lampe B, remplissons d’eau filtrée du pays la fiole ou carafe A, remplissons également notre flacon laveur G et le vase réfrigérant Y.
L'’eau A se réduit en vapeur et vient se condenser en D; l’eau du flacon laveur arrive par Fentonnoir F et le tube, froide, au fond du réfrigérant, Feau échauffée remonte, par sa légèreté, à la surface, se déverse, retombe dans le récipient O de Févier qui la conduit au dehors. On remplit au fur et à mesure le flacon laveur G, et Fon distille facilement et promptement toute Feau contenue en A.
§ 6. Cet appareil simple peut être installé sans frais dans un coin du laboratoire ; il rend surtout de grands services en province et dans les excursions au milieu des pays reculés de toute voie de communication. Malheureusement il -y en a encore beaucoup, et ce sont généralement ceux que recherche le photographe, parce qu’ils sont les plus pittoresques.
516. — DOSAGE DE L^ACIDIFICATION du Bain d’argent pour Collodion. (P/ioG). V. 983, §2, 3.
517. — DOSAGE DE EMARGENT des Bains photographiques : (Robi- QüET, 1859). [Chirn.)
§ 1. Tout photographe devant savoir sans cesse la richesse en argent de ses bains sensibilisateurs, procédera de la manière suivante,