ÉPINGLES EN S,. [Fhot
§ 1 . Pour faire sécher le papier positif, après sa sensibilisation et les lavages auxquels on est obligé de le soumettre pendant le cours des opérations photographiques, on le suspend à des cordes tendues dans le laboratoire. Cette suspension se fait au moyen d’épingles courbées en S.
Nous avons vu que lors de la sensibihsation du papier (1314) , on recommandait de faire une corne dans un coin; c’est par cette corne qu’on suspend le papier, parce que cet angle n’étant pas imbibé de liquide, offre plus de résistance étant traversé par l’épingle, et ne risque pas de se déchirer.
Fig. 103.
ÉPREUVES AMPHIPOSITIVES.
557. — ÉPREUVES AMPHIPOSITIVES : (H. De La Blanchère et Schouwaloff). {Phot.)
§ 1 . C’est au premier de ces auteurs qu’on doit le premier travail sur la singularité des épreuves qu’il a nommées amplnpositives.
Ces ‘cas, si remarquables, de positifs directs sur collodion par transparence et par réflexion, arrivent presque toujours sur des glaces voilées en partie; une certaine portion de l’image, c^uelquefois l’image tout entière, vire, sous le développement, en positive par transparence.
Ainsi, avec nn collodion au cadmium (198) très-fluide, on a obtenu un dessin très-fm sous le développement de l’acide pyrogallique (1239) ; cette image, étant trop faible pour produire de bonnes épreuves positives, avait besoin- d’ètro renforcée au nitrate d’argent; mais au moment où le mélange d’acide pyrogallicjue et de nitrate couvrit l’image, il se fit instantanément un précipité d’argent, et elle vira au posiüï par transparence, c’est-à-dire que les parties éclairées ou noires du négatif devinrent complètement transparentes.
§ 2. D’après les théories admises, ces parties seraient formées d’argent métallique réduit, précipité par l’acide pyrogallicpe et retenu par les pores du collodion, et cet argent jouirait de la propriété de s’assimiler les particules de meme matière, on réduction dans le mélange versé à sa surface; mais ici, cpe s’est-il assimilé, puisque le précipité s’est porté sur les parties voisines, et a rendu opaques les blancs, et réciproquement?
§ 3. Quand ce phénomène s’est présenté partiellement sur une plaque, il s’est toujours manifesté dans les endroits voilés par une réduction préalable (1239).
L’épreuve ampbipositive peut être produite par diiTérentes causes; ainsi, un vieux bain d’argent très-chargé d’azotate de potasse (993), qui avait longtemps servi à du collodion à base d’iodure de potassium seul (848), ayant été, par mégarde, employé avec un collodion à base de cadmium (841), a donné, pendant deux jours, des épreuves de cette nature.
§ 4. La cause paraît être dans la composition du collodion employé par cet auteur, et dans lecfuel entrent, presque toujours, des chlorures.
Or, l’exemple suivant ne peut être attribué à ce fait : une glace couverte de collodion, sec De La Dlanchère est impressionnée, on la passe au bain d’argent de retour, elle n’est pas assez égouttée, le protosulfate do fer réduit vivement la couche ruisselante, et une moirure d’argent réduit couvre en zigzag une partie de l’image (1239). Toutes les parties comprises sous la réduction furent amphipositives, toutes celles awde/iors', négatives.
Les autres épreuves faites en même temps, furent très-honnes.
Une très-ingénieuse hypothèse, pour l’explication de ces faits, a été consignée dans l’Ar^ du Photographe, p. I i8, 2® éd.
§ 3. Un autre opérateur, depuis, M. De Schouwaloff , a déclaré que.
ÉPREUVES AMPHIPOSITIVES.
par quelques modifications dans les procédés ordinaires, il arrivait à produire, à volonté, soit une image négative, soit une image amphipositive.
Le collodion dont il se sert doit être très-faiblement ioduré, la pose très-abrégée et suivie d’un premier développement à l’acide pyrogallique, extrêmement court. L’image négative, qui se laisse à peine deviner, est lavée à grande eau et parfaitement égouttée.
On verse à sa surface une solution de nitrate semblable à celle du bain, on l’y laisse séjourner, on la reverse dans un vase à part, et on fait égoutter tout l’excédant de liquide. Alors il faut placer la glace horizontalement et y projeter rapidement la solution d’acide pyrogallique habituelle.
L’image se développe amphipositive. On arrête le développement au point désiré et l’on fixe. L’image est d’un ton brun-rouge vif.
La teinte de l’image, grise par réflexion, manquerait d’effet sur un fond blanc ; on la vire au noir au moyen d’une dissolution de chlorure d’or (273); de cette manière, l’image est mi-partie positive et négative.
Le collodion doit être très-faiblement ioduré, le bain un peu vieux, et le contact avec le nitrate, après la première interruption du développement, très-prolongé ; la couche du collodion sera coulée très-unie, parce que chaque épaisseur retient un excès de nitrate qui fait tache.
§ 6. Procédé Sabattier (1860). Cet opérateur a remarqué également, que plusieurs substances versées en solution sur un négatif en voie de formation, exercent une action substitutive telle, que le développement est arrêté à leur contact, et que la combinaison qui en résulte donne naissance à un positif.
L’azotate d’argent (983), l’ammqniaque liquide (91) et l’eau de chaux (248) possèdent ce pouvoir à un haut degré.
Après avoir pris, sur une glace collodionnée, l’empreinte de quelques lignes très-noires tracées sur une feuille de papier blanc, on développe à l’acide pyrogallique (1239) acidulé, et quand les blancs du papier commencent à paraître, on lave la plaque à l’eau distillée, et on la recouvre d’une faible solution d’azotate d’-argent (983).
1' à 2' après cette opération, les blancs n’ont pas changé en apparence, mais les noirs se montrent avec une intensité d’autant plus grande, que l’acide pyrogallique est resté moins longtemps sur la glace.
§ 7. Le même résultat s’obtient, en versant l’ammoniaque liquide ou l’eau de chaux affaiblie, et il sera identique, si le bain sensibilisateur et la solution d’azotate sont parfaitement neutres.
Les opérations sont les mêmes que pour obtenir un négatif; seulement, il faut arrêter le développement à un moment déterminé d’après l’effet à obtenir. Il est nécessaire de chasser, avec un flot d’eau distillée, la solution révélatrice, et de couvrir la glace d’iine légère couche d’azotate d’argent à 4 0/q.