ÉPREUVES POSITIVES à Fonds dégradés. {Phot.). V
575. — ÉPREUVES POSITIVES à la Chambre noire (Obtention des) : (Talbot, 1841). [Phot.)
§ 1. On prend une feuille de papier calotype (1062) sensibilisé, qu’on expose à la lumière solaire jusqu’à ce que la surface brunisse un peu, ce qui demande quelques secondes; on met alors la feuille dans une solution d’iodure de potassium :
Eau distillée 500 gr.
lodure de potassium (848) 30
§ 2. En sortant du bain, la feuille de papier est trempée dans l’eau, puis séchée légèrement dans du buvard, et on la place au foyer de la chambre noire.
4' à 5' de pose suffisent, après quoi on la lave avec du gallo-nitrate (722); on chaulfe légèrement et on obtient une image positive.
§ 3. L’épreuve est fixée au bromure de potassium (191), lavée et séchée. (V. 680.)
576. — ÉPREUVES POSITIVES A LA SÉPIA, sans Argent : (Heinéken, 1859). {Phot.)
§ 1. Les épreuves au charbon ont toujours contre leur perfection, la grossièreté du grain, l’exagération des blancs et le manque de détail dans les ombres. L’auteur a pensé combattre ces défauts en substituant la sépia naturelle (1317) au charbon végétal (247). Le résultat a été satisfaisant.
On délaie dans l’eau une certaine quantité de sépia préparée en pastille pour l’aquarèlle, et l’on forme un liquide juste assez épais
pour s’écouler du vase qui le contient.
§ 2. On prend alors :
De ce mélange. . 1 partie.
Solution saturée de bichromate de potasse (160) . 4 Solution aqueuse de gomme arabique, ayant consistance d’un vernis léger 4
Mélangez et étendez avec une brosse plate sur le papier fixé sur du carton; laissez absorber pendant 2', sans que la couche sèche nulle part. Faites pénétrer le liquide dans le papier, jusqu’à ce que celui-ci présente une teinte égale, brune ou gris jaunâtre; terminez le séchage au feu.
L’exposition varie de 5' à 6', en plein soleil, et de 1 heure 3/4 au double, à la lumière diffuse.
§ 3. Quand l’épreuve sort du châssis, on la met, la face en dessous, dans une cuvette d’eau, et on l’y laisse séjourner dans l’obscurité 5 ou 6 heures. Après ce temps, et quelquefois avant, le dessin est presque tout visible.
Il est cependant certaines épreuves qui exigent un séjour prolongé de plusieurs jours dans l’eau, pour se développer entièrement. On
ÉPREUVES POSITIVES AU CHARBON
termine par un lavage au robinet, on laisse sécher sur un foulard et on passe au laminoir (457).
577. —ÉPREUVES POSITIVES AU CHÀRBON : (Fargier, 1861). {Phot.)
§ 1. Il faut que le mélange de la solution de gélatine (723) et de noir (1007) soit bien intime. On étend ce mélange sur une glace plane, et on fait sécher doucement au feu. On expose sous un négatif, dans un châssis ordinaire (228); l’épreuve est complète après 3' ou 4' au soleil.
§2. Au sortir du châssis, on recouvre la glace d’une couche épaisse de collodion (310) non ioduré, et on la plonge dans de l’eau tiède, le collodion en dessus ; bientôt celui-ci se soulève, on détache les bords, l’eau qui pénètre sous cette couche enlève la partie soluble du mélange et le noir qu’elle contient; le collodion surnage et on enlève la glace.
§ 3. Quand on a renouvelé l’eau 2 ou 3 fois, on reçoit le collodion qui porte l’image sur une feuille de papier gélatiné.
Les substances employées sont : le bichromate de potasse (160), la gélatine (723), et le carbone à l’état de noir très-divisé (210). ,
§ 4. Le mélange doit être fait dans les proportions suivantes; dans :
Eau 80 c. c.
faites dissoudre au bain-marie :
Gélatine claire. . . .' 8 gr.
Il est préférable d’employer la gélatine sans alun. Incorporez-y, en broyant dans un mortier :
Noir (210) 1 gr.
Ce noir doit être préalablement lavé au carbonate de soude, et ensuite à l’acide chlorhydrique (254) ; ajoutez quelques gouttes d’ammoniaque (91), pour décomposer l’alun que peut contenir la gélatine, et enfin faites dissoudre dans le tout :
Bichrômate de potasse. 1 gr.
passez le mélange dans un linge fin.
§ 5. Couvrez de cette préparation une glace propre, etfaites-la sécher sur une plaque métallique, à une température inférieure à-f-100®.
La glace sèche, exposez-la quelques secondes à la lumière diiïuse pour faire un fond, et mettez-la sous le négatif pendant â' au soleil; puis, dépouillez-la par le procédé indiqué ci-dessus, et laissez sécher le papier sur une planche.
578.— ÉPREUVES POSITIVES AU CHARBON, sur Albumine: (Garnier et Salmon, 1857). (Pfiot.)
§ 1. Faites dissoudre : •
Sucre blanc (1362) 30 gr.
dans :
Eau 30
ÉPREUVES POSITIVES AU CHARBON
après dissoluüon, ajoutez :
Bichromate d’ammoniaque (159) 78r-50
bien neutre, fondu dans un mortier de verre (959), en l’y écrasant avec le pilon. Dans ce mélange, jetez :
Albumine (46) 10 gr.
battue d’avance, et contenant quelques parcelles de bichromate ; passez ensuite le tout dans un linge fin.
§ 2. Etendez cette mixture sur une feuille de papier, au moyen d’une brosse de colleur, en soies de porc, de O'^.IO, de manière que la couche soit égale et ne conserve pas la trace des soies.
Chaulfez la feuille à l’envers devant le feu, puis, mettez au châssis (228), duquel l’image sort imprimée parfaitement pure en jaune-brun, dù au hichrômate insolé.
§ 3. Chauflez un peu, et étendez sur l’image, au moyen d’un blaireau, du noir d’ivoire (1007) bien divisé. Chaulfez encore et lavez à l’eau ordinaire, avec précaution, l’image en dessus. Sortez du bain la feuille qui conserve un ton blanc sale dans les lumières, mais sur laquelle l’image est très-distincte, et mettez-la dans :
Eau ordinaire •. • • • 100 parties.
Solution concentrée d’acide sulfureux 5
11 est préférable de sécher la feuille avant de la plonger dans ce liquide.
§ 4. Les blancs perdent presque entièrement leur teinte jaune ou grise, les demi-teintes laissent un peu à désirer comme modelé, les noirs manquent de brillant et d’homogénéité , surtout dans la gamme intermédiaire; mais ces résultats, quoique incomplets, méritent encouragement et appellent les perfectionnements de l’expérience.
579. — ÉPREUVES POSITIVES AU CHARBON, sur Gélatine : (De Bré-
bisson), 1859). (Phot.)
§ 1. Dans 100 gr. d’eau saturée de bichromate de potasse (160), faites dissoudre à chaud 8 à 10 gr. de gélatine blanche (723); cette solution se fait ordinairement dans une cuvette de porcelaine (449) qui, conservant longtemps la chaleur, permet de préparer plusieurs feuilles.
Le meilleur papier à employer doit avoir une texture très-fine et être satiné.
§ 2. Après avoir coupé les feuilles de la dimension voulue, faitesles flotter pendant quelques secondes seulement, sur la surface tiède du bain, et suspendez de suite pour égoutter et sécher. Elles se conservent sensibles pendant peu de jours. Quand le papier est sec, on l’expose sous un négatif, mais l’insolation doit être quatre fois moindre que pour les papiers préparés au chlorure d’argent. On retire l’épreuve dès que les ombres ont pris une couleur rougeâtre, et l’on place la feuille, l’épreuve en dessus, sur une glace où elle est fixée avec quelques points de gomme (737).
ÉPREUVES POSITIVES AU CHARBON
§ 3. On étend sur l’image, une poudre noire ou de toute autre couleur, pourvu qu’elle soit extrêmement line ; on la fait adhérer au papier en pressant à sa surface avec un tampon de coton.
On fabrique maintenant un noir très-divisé, qui présente toutes les qualités requises, et donne aux épreuves un aspect moins plombé que les charbons en poudre.
Quand ce noir est bien étendu sur le papier, on place celui-ci, le côté noirci en dessus, dans une cuvette, et on verse sur sa surface une couche d’eau bouillante, qui dissout la plus grande partie du bichromate de potasse. On jette cette eau, qu’on remplace par une autre, et on procède au dépouillement de l’épreuve.
§ 4. Ce travail se fait avec un tampon de coton ou avec un pinceau de chilions de mousseline; en le promenant sur toute l’épreuve, en découvre les points que la lumière n’a pas impressionnés ; cette opération doit être faite avec précaution, car si l’insolation a été trop forte, l’adhérence du noir sera diminuée, et les ombres fortes auront une teinte rougeâtre désagréable ; si, au contraire , l’action de la lumière a été insuffisante, la gélatine s’enlèvera par plaques, avant l’eniploi du tampon, et les demi-teintes disparaissant, le dessin sera heurté.
580. — ÉPREUVES POSITIVES AU CHARBON, sur Gélatine collodionnée :
(Poitevin, 1861). (Phot.) \
§ 1 . Une glace préparée comme ci-après, placée pendant 8' sous un négatif au soleil, reçoit une trace d’image qui se dessine en blanc. Au bout d’un instant, l’épreuve se montre de la manière la plus nette sous un certain angle de réflexion; à ce moment, on la fait apparaître au moyen d’un blaireau qu’on trempe dans une poudre impalpable de n’importe quelle couleur. On frotte l’épreuve en tous sens, la poudre adhère en cfuantité plus ou moins grande, en raison de l’action plus ou moins forte de la lumière, et tous les détails s’accusent d’une manière remarquable.
On peut monter le ton, en passant deux ou trois fois le blaireau sur les parties trop pâles.
§ 2. Après un développement suffisant, on recouvre l’épreuve d’une couche de collodion normal épais (310); on lave à l’eau ordinaire et ensuite à l’eau acidulée, pour que le collodion se sépare plus facilement du verre.
On détache cette couche sur une première feuille de papier gélatiné, à laquelle elle reste parfaitement adhérente; l’image est alors redressée.
On peut obtenir ainsi des épreuves de diverses colorations et même une épreuve de plusieurs teintes.
581. — ÉPREUVES POSITIVES AU CHARBON, sur Gomme : (Pouncy, 1859). (Phot.)
§ 1 , On mélange une solution saturée de bicbrômate de potasse
ÉPREUVES POSITIVES AU CHARBON
(160), à une solution de gomme arabique (737) ayant à peu près la consistance d’un vernis léger, en y ajoutant du charbon végétal (247), broyé finement au moyen d’une molette (1199) et à l’eau. Ce mé-
lange se fait dans les proportions suivantes ;
Solution de bichromate de potasse (160). . . 15 gr.
Solution de gomme arabique (737) 15
Charbon broyé (247) 4
On agite le tout avec une baguette de verre (34) et on passe à travers une mousseline très-fine.
§ 2. On étend le papier sur une glace, et, au moyen d’un pinceau en poil de chameau, on le couvre d’une couche uniforme et abondante du mélange qui doit pénétrer le papier pendant 2', puis, avec un pinceau très-doux, que l’on passe sur la feuille, on rend la surface unie et presque sèche.
Ces opérations doivent être faites dans l’obscurité; tout autre moyen que celui indiqué pour étendre la sofution serait infructueux.
§ 3. Le papier est ensuite exposé à la lumière, sous un négatif, pendant un temps dont la durée varie en raison de l’intensité de la lumière.
La pose pourra durer 4' à 8' au soleil, et 12' à 15' à l’ombre.
Quand l’épreuve sort du châssis (228), elle doit être placée, l’image en dessous, dans une cuvette pleine d’eau pure, en évitant, avec le plus grand soin, d’y enfermer des bulles d’air. 11 faut la laisser dans ce bain pendant 5 ou 6 heures, puis on lave avec de nouvelle eau.
§ 4. Si la pose a été trop courte et que les grandes lumières apparaissent trop vite, .ce qui peut encore arriver si la gomme arabique était trop épaisse, on y remédie en- ajoutant un peu de bichromate de potasse.
Il faut que chaque épreuve soit placée dans une cuvette séparée et lavée, pour terminer, sous un robinet d’eau bien filtrée.
582. — ÉPREUVES POSITIVES AU CHARBON, sur Gomme et Sucre : (Mabley, 1859). (Fhot.)
§ 1. On peut, avec avantage, introduire du sucre (1362), qui se décompose très-facilement par l’acide sulfurique (1380), dans la solution sensible propre à obtenir des épreuves positives au charbon. On l’ajoute à la solution de bichromate de potasse (160) et de gomme (737).
On étend le mélange sur le papier, on expose sous ùn négatif, puis, on lave l’épreuve obtenue pour enlever le bichromate non altéré.
§ 2. Le sucre a été entraîné dans ces parties, mais il est resté impressionné dans le bichromate, là où celui-ci avait été réduit. Alors, on étend l’épreuve sur l’acide sulfurique ; le sucre restant dans l’épreuve est décomposé et produit un dessin au charbon, mais le papier est détruit en même temps; si, au contraire, il a été soigneusement séché avant l’emploi de l’acide sulfurique, son tissu, au lieu d’être détruit, sera transformé en parchemin artificiel.
ÉPREUYES POSITIVES AU SÉRUM ALBUMINÉ.
583. — ÉPREUVE POSITIVE au Collodion, sur Papier : (YiOLiN, 1857). [Phot.)
§ 1. Versez doucement quelques gouttes d’eau distillée saturée de chlorhydrate d’ammoniaque (253) dans un flacon contenant :
Ether (653). . 20 c.c.
Alcool (68) 20
jusqu’à précipité floconneux; secouez fortement^ et filtrez dans un collodion normal composé de :
Ether 100 c.c.
Alcool 20
Coton-poudre (409) 2gf.50
§ 2. Etendez ce collodion sur une glace, plongez-la, jusqu’à perte d’aspect gras, dans un bain :
Chlorhydrate d’ammoniaque 2
Pendant qu’elle est dans ce bain, on fait adhérer au collodion une feuille de papier gélatiné, sur le bain tiède :
Chlorhydrate d’ammoniaque 2 gr.
Gélatine blanche (723) 4
Eau 100
Enlevez le tout du bain et laissez sécher.
§ 3. Pour employer ce papier, il faut l’enlever de la glace, ce qui
est facile, en mouillant le tout dans un bain d’eau distillée. On étanche l’excès d’eau sur du buvard, et pendant que la feuille est humide, on la place sur un bain de nitrate d’argent (983). On enlève encore au buvard l’excès de liquide et on laisse sécher.
On procède alors au tirage et au fixage comme à l’ordinaire.
Ces épreuves positives sont fort belles ; les vernis sont mutiles, les taches métallicpes du papier, sans importance, et l’image, étant séparée du papier par une couche de gélatine , présente de grandes chances de stabilité absolue.
584.— ÉPREUVES POSITIVES au Sérum albuminé : (Cliffort, 1856). {Phot.)
§ 1. L’altération des épreuves positives sur papier paraît plus sensible et plus générale depuis que les négatifs sur verre ont remplacé ceux sur papier.
Ce fait peut tenir à la faiblesse du négatif; l’exposition à la lumière n’étant plus assez longue pour opérer une réduction profonde du chlorure d’argent (262) jusque dans le tissu du papier, il résulte qu’après l’immersion des épreuves dans le bain d’hyposulfite de soude (795), il reste dans le papier un sulfure d’argent (1375) qui, peu à peu, détruit l’image.
Il faut donc opérer de préférence avec des négatifs qui offrent des contrastes et de la puissance.