IMP. SAILLARD
Travaillez, prenez de la peine,
C'est le fonds qui manque le moins.
(La Fontaine.)
amais rencouragement du vieux fabuliste ne put être mieux appliqué qu’à la matière photographique; le fonds est abondant, tellement qu’il devient un chaos : y chercher est d’autant moins facile, que pour la majeure partie des travailleurs, une grande portion de ce fonds est inconnue. Il faul être placé dans un centre de grande production intellectuelle, comme les capitales, pour arriver à réunir tous les documents produits, toutes les méthodes essayées , toutes les circonstances préconisées, utilisées, puis délaissées à mesure que marche la science.
Car la science photographique ne marche pas, elle vole, elle éblouit par la rapidité de ses progrès.
Il nous a donc semblé de la plus haute utilité de porter la lumière et Tordre dans ce désordre, de classer rigoureuse-
PRÉFACE
ment non-seulement les faits photographiques proprement dits, mais les mille emprunts que chaque jour on fait à la chimie, à la physique, au dessin, à la mécanique, à la gravure.... que sais-je? un peu à tout.
Nous avons adopté l’ordre alphabétique et des renvois aussi nombreux qu’il était nécessaire, permettant aux chercheurs de trouver, sous leurs différentes appellations, les matières qui peuvent être désignées de plusieurs manières.
Si nous avions eu besoin de justifier plus complètement l’idée-mère de cet ouvrage, nous aurions trouvé un précieux encouragement dans le grand nombre de lettres que nous a attiré l’envoi de quelques spécimens. Nous ne pouvons cependant résister au désir de citer quelques lignes vraies et bien senties de l’honorable secrétaire de la Société photographique de Marseille :
(( Depuis assez longtemps, dit-il, l’absence d’un ouvrage » de ce genre me préoccupait, j’en avais compris tellement » la nécessité que'je regrettais vivement de ne voir personne » se mettre à l’œuvre pour tenter raccomplissement d’un » travail aussi utile...
» Je suis le premier à applaudir à la création et à la pro- » pagation de ce Répertoire qui contiendra tout l’ensemble » d’une science qui n’a donné lieu jusqu’à ce jour qu’à des » traités isolés, ne s’occupant que de telle ou telle question » spéciale.
» J’ai foi dans la valeur de votre ouvrage, parce que je » connais déjà bien vos deux traités spéciaux (1), dans les- » quels j’ai découvert une foule d’indications utiles, et j’es- » père que vous doterez notre bibliographie spéciale d’une » source inépuisable de documents dont nous manquons au- » jourd’hui. L’arfy gagnera certainement, car trop de pho- - » tographes travaillent sans savoir, et souvent sans avoir les » moyens de savoir. »
(1) VArt du Photographe, 2e édit. La Monographie du Stéréoscope.
PRÉFACE
Ces lignes, trop élogieuses, sans aucun doute, de nos modestes ouvrages, étaient cependant utiles à citer, parce qu elles montrent combien à l’autre bout de la France, on sent le manque de documents, et combien nous étions dans le vrai en pensant que beaucoup de consciencieux opérateurs voudraient trouver, et ne le peuvent ; un obstacle matériel empêchant l’accomplissement de leur désir.
Aujourd’hui, nous avons essayé de franchir cet obstacle; puissions-nous avoir réussi ; nous avons entrepris ce colossal travail avec abnégation et enthousiasme, heureux si nos veilles peuvent servir au progrès de la science photographique à laquelle nous sommes voué.
Remarquons que ce n’est pas seulement en France que s’est produit le grand mouvement intellectuel photographique qui, depuis seulement 22 ans, a accumulé tant de trouvailles; c’est en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Belgique, en Amérique, etc., que nous avons dû chercher.
Partout on a créé, partout il y avait à prendre. Enumérer les auteurs, les publications dans lesquelles nous avons dû puiser, serait une tâche fastidieuse par sa longueur ; qu’il nous suffise de dire que nous avons gardé soigneusement à chaque procédé le nom de son inventeur, ce qui est de scrupuleuse justice dans un ouvrage conçu sans parti pris et au seul point de vue de l’avancement scientifique. Nous avons préféré ce mode plus simple cà une annotation bibliographique à la fin de chaque article; annotation qui eût occupé une place précieuse et plus utilement employée, nous l’espérons, et qui eût indiqué aux travailleurs, les trois-quarts du temps, des sources qu’il leur eût été impossible de se procurer. Ce qu’il leur faut, ce n’est pas un renvoi où a paru tel procédé, mais trouver le procédé là, sous la main, à l’heure utile, dégagé de ses phrases souvent prolixes, et réduit à une analyse simple et pratique, aussi claire et complète que possible.
Les figures, jointes aux articles même, évitent les renvois aux planches à la fm, et rendent plus facile la compréhension
PRÉFACE
. de la rédaction, puisque texte et figure sont simultanément sous les yeux du lecteur.
Et à ce propos, qu’il nous soit permis de payer un juste tribut de remercîments aux grandes maisons productrices de Paris qui, avec l’empressement le plus louable, ont mis à notre disposition, non-seulement les instruments nouvellement créés, mais encore ceux déjà tombés en désuétude. C’est grâce à cet aide bienveillant que notre Répertoire est devenu un musée des instruments photographiques.
L’emploi des numéros simultanés, avec l’ordre alphabétique, nous a paru un système de renvois simples et rapides qui facilitent les recherches, et complètent à chaque mot l’article où le chercheur le rencontre.
Des tables par ordre alphabétique et par ordre de matières assurent en outre la facilité de trouver sans fatigue le mot cherché.
Chaque année, le Répertoire périodique se rattachera au Répertoire alphabétique non périodique par une table de concordance, qui établira pour chaque mot, et à tous les temps de la publication, l’ensemble des endroits où une même matière a trouvé son emploi.
Nous avons travaillé pour tous, artistes et amateurs, puissions-nous servir et être utile à quelques-uns !
RÉPEMOIRE ENCYCLOPÉDIQUE
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