‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 3)Chapitre 99 sur 570 · BAIN DE NITRATE D ARGENT · texte numérisé non relu

BAIN DE NITRATE D ARGENT

chimique du collodion ioduré. En , général, on remarque une diminution de sensibilité à mesure que le collodion vieillit ; il y a cependant des exceptions contraires.

§ 2. Une couche assez épaisse pour être enlevée intacte du verre, nécessite une immersion plus prolongée dans le bain de nitrate, et une exposition plus longue h la chambre noire. Cette ténacité de la couche change plusieurs fois dans Tespace d"un jour ; elle change aussi avec la composition du flacon, où on verse Uexcédant des glaces, car ce collodion perd beaucoup d'éther et un peu d'alcool.

§ 3. Les changements successifs du bain de nitrate sont aussi trèssensibles. Supposons qu'avec un collodion d'une sensibilité et d'une

ténacité moyennes, le bain soit :

Nitrate d’argent (983) 7 gr.

Eau 100 c. c.

lodure de potassium (848) à saturation.

et la température à + 13® : la sensibilité ira croissant pendant 4 ou 5 épreuves, et ensuite les images seront voilées et noircies entièrement par l'agent réducteur.

§ 4. Cela vient de ce que le bain composé de nitrate cristallisé (983) est acide, ce qui retarde non-seulement le développement de l'i-, mage, m.ais aussi sa formation. Après quelques épreuves, l'acidité a diminué, sinon disparu, et si le bain devient alcalin (91), les plaques noircissent toutes sous l'action de' l’acide pyrogallique (1239). La plus grande sensibilité est produite par un bain aussi neutre que possible, et pour obtenir une impression très-rapide, on peut faire usage du nitrate fondu (983), dont tout l'acide nitrique (1002) libre a été expulsé par la chaleur.

§ 5. Quand le bain est acide, ce qui arrive aux bains neufs, si on ajoute un peu d'ammoniaque (91) au collodion, on augmente sa sensibilité, parce qu'on produit une surface dans les conditions de neutralité nécessaire.

§ 6. L'excès d'alcali suffisant pour détruire un négatif est extrêmement minime, une goutte d'acide nitiique (1002) est trop pour mettre en rapport un bain de 1 litre; il vaut mieux, au lieu d'acide, ajouter un peu de nitrate cristallisé (983) qui en contient toujours un peu. Si, à la fin d'une journée de travail, le bain paraît alcalin, on lui restitue sa neutralité en l'exposant le lendemain, avant de s'en' servir, aux rayons du soleil.

§ 7. On prépare le collodion de manière qu'il conserve lui-même l'équilibre nécessaire au bain, en ne l'employant ioduré que depuis peu de temps ; on peut aussi lui ajouter un peu d'iode (828) en excès, mais il faut que le bain soit neutre dans ce cas. La meilleure méthode consiste dans l'emploi d'un composé d'iode, dont la base soit telle qu'il n'y ait aucune décomposition, et qu'elle ne puisse altérer les qualités du bain sensibilisateur.

On croit que l'iodure de cadmium (841) remplit cette condition,

BAIN DE NITRATE dVrGENT.

parce que la base métallique n'ayant pas d'affinité pour l'oxygène (1033), peut se trouver en excès dans lé bain, sans causer^ comme l'ammoniaque (91), un précipité d'argent sur toute la surface de la couche sensible.

132. — BAIN DE NITRATE D'ARGENT pour Collodion négatif : (H. De La Blanchère, 1859). {Phot.)

§ 1 . Le bain d'argent pour négatifs est composé de :

Eau distillée lOOgr. ouc.c.

Azotate d’argent cristallisé (983) 7

si l'on se sert d'un collodion neutre à base de cadmium (198 — 887).

Quand l'azotate est dissous, on verse dans le flacon, goutte à goutte, de la liqueur sensibilisatrice (887) pareille à celle que contient le collodion dont on doit se servir.

11 se produit un précipité abondant de sels d'argent, on agite, et ce précipité jaunâtre se dissout en partie, à moins que la liqueur ne contienne un chlorure alcalin ou métallique, car le chlorure d'argent (262) formé n'étant pas soluble dans le bain d'azotate, il se précipite seul en blanc. En ajoutant peu à peu des gouttes de liqueur jusqu'à ce que le précipité jaune ne se dissolve plus, on sature ce bain de sels sensibles et on est certain qu'il n'en pourra plus enlever à la couche de collodion ou d'albumine; par conséquent, que celle-ci conservera toutes les qualités qu'on a cherché à lui faire acquérir.

§ 2. La manière la plus simple de plonger au bain est de mettre la

couche en dessus, en penchant la cuvette N D M d'un côté M D, appuyant la glace AB contre le bord opposé N, et laissant rapidement retomber la cuvette et la glace (fig. 20). La nappe liquide couvre d'un seul coup la couche de collodion, et si le bain est assez abondant, la glace ne peut pas être manquée.

§ 3. On laisse au bain jusqu'à ce que la couche soit mouillée. Voici ce qui a lieu :

1® Les iodures (841), bromures (185) et chlorures (236) de cadmium (198), contenus par la couche de collodion, sont convertis en iodure (837), brômure (184) et chlorure d'argent (262), par échange de base avec l'azotate d'argent du bain.

2® L'azotate d’argent est devenu de l'azotate de cadmium (989), sel réducteur et déliquescent qui aide aux opérations suivantes.

3® La couche de collodion a perdu son éther (657), dont une trèspetite quantité a été absorbée par l'eau du bain et dont le reste s'est

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