DÉVELOPPEMENT DES ÉPREUVES NÉGATIVES SUR COLLODION
par le saccharo-sulfate de fer et d'ammoniaque : (Law, 1864). (Phot.)
§ 1 . Dissolvez séparément et dans le moins d’eau bouillante pos-
sible :
Protosulfate de fer (1366) 600 gr.
Sulfate d’ammoniaque (181 bis , III) 100
Sucre candi (1362) 100
Puis mélangez les -solutions dans un bocal de porcelaine.
§ 2. Au bout de 24 heures il se sera déposé des cristaux que l’on enlèvera et que l’on mettra à sécher sur plusieurs doubles de papier buvard ou sur une brique.
§ 3. Pour faire le développateur , prenez de ces cristaux de : Saccharo-sulfate de fer et d’ammoniaque. 4 à 5 gr.
dissolvez-les dans :
Eau distillée 100
et ajoutez :
Acide acétique cristallisable (19) 4 à 5 c.c.
Cette solution se conserve parfaitement sans altération.
§ 4. Le développement sous cette liqueur, se fait lentement, mais
l'image est très-intense et n’a pas besoin d’un renforcement subséquent.
169. — DOUBLE BAIN D'ARGENT NÉGATIF : (Osborne et Simpson, 1864). (. Fhot .)
§ 1 . Le bain d’argent pour négatifs sur collodion varie dans sa composition et par suite dans sa valeur pendant tout le temps où il peut être employé. En effet, chaque fois qu'on y plonge line glace revêtue de collodion, on mêle au liquide sensibilisateur une certaine quantité d’alcool (68), d’éther (657) et de sels étrangers, tandis qu’en même temps le bain s’appauvrit en argent (131, 132).
§ 2. Tous les opérateurs savent combien est grave l’influence de ces changements sur la valeur des négatifs : or, on a trouvé un moyen très-simple et très-efficace d’éviter la plus grande partie de ces inconvénients, en employant deux bains d’argent successifs.
La glace collodionnée étant sensibilisée dans le premier bain et suffisamment égouttée, est immergée rapidement dans le second. La présence nuisible des doses variées des sels, de l’alcool et de l’éther se trouve ainsi réduite à son minimum , et le second bain imprègne la couche sensible d’une solution d’argent plus forte et plus pure.
§ 3. Avec le temps et l’usage, le second bain finit aussi par devenir un peu alcoolique : quand il est très-vieux, on s’en sert comme de premier bain, et l'on en prépare un neuf pour le second.
C’est surtout par une température élevée que l’on apprécie le mieux les avantages du deuxième bain.
170. — DOUBLE FIXAGE, par L'IODURE DE POTASSIUM, des épreuves sur papier : (Matheson, 1864). ( Phot .)
§ 1 . Après avoir constaté qu’il reste souvent du nitrate d'argent (983) libre dans les blancs des épreuves positives sur papier albuminé, il est utile de chercher un moyen de les sauvegarder de cette cause de destruction. Dans certaines qualités de papier, et surtout dans celles qui contiennent une forte proportion de chlorure, il est facile de remarquer que malgré tout le soin que l’on peut apporter dans le lavage, le virage et le fixage, on en trouve qui, en séchant, prennent une teinte jaune sombre et que le ton général de l'épreuve n’est pas satisfaisant. C’était le cas d’essayer l’emploi soit d'un bain d’hyposulfite neuf, soit d’un bain ayant déjà servi.
§ 2. Or, on a trouvé que le chlorure et le nitrate libre ne se dissolvaient pas dans l'hyposulfite, mais y formaient un composé insoluble : cela fit penser que l'iodure d’argent étant soluble dans l’hyposullite de soude, si on imprégnait l’épreuve après le virage dans une solution d’un iodure quelconque, et qu'on la fixât alors dans l’hyposulfite, l'épreuve serait parfaitement fixée.
§ 3. On fait une solution de :
Eau 1000 gr.
Iodure de potassium (848) 50
ÉCLAIRAGE DU MODÈLE
Puis, après le virage et un lavage dans un peu d’eau, on laisse les épreuves plongées pendant 5' dans le bain d’iodure jusqu’à ce qu’elles revêtent une couleur de primevère. On les lave alors dans deux ou trois eaux et on les fixe dans de l’hyposulfite neuf :
Eau 1000 gr.
Hyposulfite de soude (795) 50
Cette méthode produit un très-bon effet, car l’iodure jaunâtre disparaît au fixage, ce qui montre que l'épreuve est parfaitement fixée, et qu’elle ne subira plus de changements, même quand on la laisserait plus longtemps dans le bain fixateur.
171. — ÉCHELLE DES TEINTES PHOTOGRAPHIÉES, pour la retouche en couleur des Epreuves positives. (Dess.). Y. 181, 1Y, § 21.
172. — ÉCLAIRAGE DU MODÈLE. (Dess.). V. 532 — 347, III — 173 — 178, IY.
173. — ÉCLAIRAGE DU MODÈLE. Considérations générales et artistiques : (Warton Simpson, 1864). ( Phot .)
§ 1 . Avant de s’occuper des détails si importants de l’éclairage du modèle, il faut bien définir les termes dont on va se servir. Dans toute galerie vitrée ordinaire, on peut avoir trois sources distinctes de lumière directe : lumière de côté , lumière du dessus , lumière de devant. Par lumière de côté, il faut entendre celle que laisse entrer une ouverture pratiquée sur le côté de la pièce et à angle droit avec le plan du fond. La lumière de dessus est produite par une ouverture dans le toit ou le plafond. Enfin, la lumière de devant ou de front arrive par une ouverture directement opposée au fond, et dont le plan est à angle droit sur les côtés de la galerie.
§ 2. Il est clair que ces dénominations ne doivent pas être comprises d’une manière trop restrictive , et que la lumière de côté ne doit pas arriver seulement par une bande de verre de la hauteur juste du modèle et de 30 centimètres de large; que la lumière de dessus ne doit pas venir d'un trou de même grandeur placé juste au-dessus de la tête, et la lumière de devant d’une bande de même dimension placée juste à hauteur du front. Une telle manière de comprendre les recommandations est absurde et ne doit jamais être admise,
ÉCLAIRAGE DU MODÈLE
§ 3 . Dans tous les cas, il est nécessaire que dans une galerie photographique de quelque forme qu'elle soit, toute lumière admise. Je soit en avant du modèle, arrivant à lui sous des angles divers. Car quoique la lumière vienne toute d'en haut, ses réflexions successives sur tous les corps solides en emplissent l’espace et permettent, en employant des ouvertures convenablement disposées, de lui donner accès sous l’angle convenable et dans la direction où elle doit être utile.
Il faut que le photographe soit bien en possession de l’effet qu’il veut produire avec son éclairage, et qu’il soit capable de se rendre compte, sur nature, si son modèle est éclairé comme il faut, sans avoir besoin de recourir à une épreuve pour en juger.
Avec une forte lumière de côté ou de devant , surtout si elle ne frappe pas sur le fond, on peut obtenir l’effet d'une lumière de dessus.
Avec une vaste lumière du haut , et l’emploi réfléchi de rideaux, on peut obtenir l’effet d'une lumière de côté.
§ 4. En variant la position du modèle, la lumière de côté peut être convertie en une lumière partiellement de devant, et réciproquement, une lumière de front en une lumière partielle de côté', car les modèles différents exigent des modes d’agir divers. Le tact artistique et le jugement seuls doivent guider le photographe dans l’aménagement précis de sa lumière, de manière à tirer le meilleur parti de son atelier, eu égard au type spécial du modèle qu’il doit reproduire.
§ 5. Sans vouloir entrer dans le détail du mode d’éclairage que chaque fait spécial peut comporter, il n’est pas sans utilité de parler succinctement de quelques principes fondamentaux dont l’application est journalière. Le but du portraitiste est double : il désire assurer au portrait qu’il va faire, non-seulement une ressemblance frappante et aussi agréable que possible, mais ericore et en même temps, un aspect aussi artistique et aussi satisfaisant qu’un tableau.
Pour assurer la première condition, il faut rechercher une grande simplicité d’ombres et de lumière et leur arrangement le plus familier aux amis du modèle. Des effets de lumière inusités et inattendus sont souvent très-frappants et très-curieux dans les études artistiques et ajoutent, dans ce cas, beaucoup de poésie et de charme à une peinture, mais ils sont rarement avantageux pour la majorité des portraits, qui doivent être familiers pour être frappants.
Il faut donc étudier avec grand soin comment, avec les trois sortes de lumière que nous avons énumérées, ou par quelles combinaisons des unes et des autres, on peut arriver à la concordance la plus complète possible des deux qualités d’un portrait, la ressemblanee et Y effet artistique.
§ 6. La lumière de côté, quand elle frappe directement, n’est pas avantageuse, parce qu’elle découpe l’épreuve en deux masses, l’une de lumière blanche, l’autre d’ombres noires avec une très-petite demi-teinte.
ÉCLAIRAGE DU MODÈLE
En outre, tombant directement et éclairant un côté entier du visage, la partie de derrière aussi bien que le front, comme surfaces fuyantes se trouvent dans la demi-teinte ou l'ombre. Néanmoins la lumière de côté , tant qu’elle ne domine qu’autant qu’il faut, est bonne, parce qu’elle rappelle un des modes d’éclairage les plus habituels de la vie, familière. En effet, chacun de nous est plus souvent vu par ses amis éclairé par la lumière d’une fenêtre dans une chambre ordinaire, que de toute autre manière, aussi ce moyen ajoute-t-il souvent de l’ampleur et de la force à l’effet artistique recherché.
§ 7. La lumière de devant est mauvaise seule, parce qu’elle produit un dessin plat et mou, et par suite peu frappant et peu plaisant comme ressemblance. Quoique l’épreuve puisse être, soit par la nature du sujet, soit par la condition chimique d’une impression vigoureuse, très-fortement marquée, elle sera généralement privée de modelé et tendra à donner au visage un aspect plat et grossi. En outre, les yeux se trouvant dans la direction de la lumière, viennent trop clairs et avec la pupille contractée, ce qui aide encore à produire un effet d 'œil de poisson et une expression faible et manquant d’esprit.
Cette méthode tend en outre à trop égaliser le contraste des lumières et des ombres, en donnant au teint un effet égal et monotone, destructeur de toute grandeur, laquelle exige une certaine balance entre la lumière et l’ombre, et non l’uniformité.
§ 8. La lumière ne doit jamais frapper directement en avant de l’objet que l’on veut reproduire, c’est-à-dire venant sur la tête du spectateur et de derrière lui. Si l’objet est plat, comme les côtés d’une tour, il faut prendre garde que l’image ressemble à une masse de lumière égale ou à une tache. Si l'objet approche de la forme circulaire, comme une tour ronde ou un tronc d’arbre, la lumière se dégradera également du centre aux deux côtés également foncés, et dans ce cas, l'ensemble des deux côtés de la tour et surtout du tronc d’arbre auront un effet uniforme d’ombre, et tout l’effet pictural sera en danger de devenir perdu.
§ 9. L’effet de lumière venant d'en haut ne doit pas être recherché, parce que le résultat n'est ni naturel ni agréable ; car, en photographie surtout, cet effet ne se produit que trop souvent et n’en est pas meilleur. Le dessus de la tête couvert de cheveux noirs et luisants paraît gris ; les yeux sont enfoncés, comme caverneux ; des ombres noires se marquent sur les lèvres et le cou; les muscles d’expression, aux coins de la bouche, forment une trace noire qui rend plus renfrogné encore l’effet produit par les yeux enfoncés.
Cette ressemblance est dure et le portrait désagréable.
11 faut cependant prendre garde que, dans quelques circonstances particulières, ce mode d'éclairage peut être employé avec succès. Ainsi, une lumière d’en haut peut aider à donner de la vigueur à un visage faible, et l’éclairage de face peut rendre plus douce une figure
ÉCLAIRAGE DU MODÈLE
remplie de rugosités, à lignes creuses et à yeux enfoncés. Mais nous répéterons que ce ne sont là que des cas exceptionnels.
§ 10. Quelle que soit la forme de la galerie, il faut, pour être certain de reproduire la ressemblance la plus familière et la plus agréable comme épreuve, combiner la lumière venant de côté avec celle qui vient d’en haut. On doit éviter la lumière de face , comme empêchant les yeux de venir sur l’épreuve. On peut toujours, d’ailleurs, avoir assez de lumière en avant en combinant la lumière de côté et celle du haut.
§ H. La lumière latérale doit frapper le modèle sous un angle en avant d’environ 20°, et s’étendre au moins de 45° à 50°. Par cet arrangement, aucune lumière directe de front ou de côté ne frappe le sujet, puisque, dans chaque direction, elle est coupée au moins à 20°; les lumières de deux points formant toujours un angle de 90° entre elles.
La lumière de dessus ne doit point frapper le modèle sous un angle moindre de 45° du zénith et s’étendant de 70° à 80°, et rejoignant la lumière latérale de manière à former une somme de lumière non brisée.
§ 12. Dans tous les cas, plus on aura de lumière directe et concentrée, plus on aura une épreuve vigoureuse ; plus la lumière sera diffuse et éparpillée, plus l’image sera molle. 11 va sans dire, qu'en outre, la lumière doit être variée suivant que le modèle est pris de face, de profil ou de trois-quarts, puisque dans chacune de ces positions, le caractère de la figure change; mais en général, on peut dire que la lumière doit frapper sur le côté du visage qui est en avant, comme le nez, la joue, etc., tandis que les parties en retraite sont dans l’ombre que l’on doit rendre délicate et transparente au moyen de la lumière réfléchie. Aussi, pour être maître de cet effet, doit-on adopter des dispositions spéciales. Par exemple, un profil est meilleur quand la lumière frappe derrière la tête, ou encore vient de derrière, mais par côté et sous le même angle que nous avons recommandé pour l’éclairage latéral. On obtient ainsi plus de relief et de modelé, un effet plus animé des yeux que si le profil est éclairé par une lumière qui le frappe en avant.
§ 13. La dernière recommandation à faire est celle-ci, c’est que l'étude des ouvrages des grands maîtres est indispensable au photographe intelligent, afin qu’il comprenne l’usage des ombres et des lumières, et la direction dans laquelle il convient de les employer.
Ces mêmes règles définitives ne peuvent être données sur ce sujet délicat; aussi l’intelligence, le sentiment artistique de l’opérateur doivent le guider dans l’application des remarques que nous venons de faire et lui fournir les moyens d’en tirer le meilleur parti possible.
174. — ÉCRANS LATÉRAUX ET SUPÉRIEURS, MORUES, POUR L'É- CLAIRAGE DU MODÈLE. (Phot.). Y. 178, IY.
N° 9. Septembre 1864.
ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER AU CHROMATE