RENFORCEMENT DES NÉGATIFS SUR COLLODION, par le Bi
chlorure de platine : (M. Duchochois, 1864.). ( Chim .)
§ 1 . On obtient, en mélangeant le bichlorure de platine (158) au bichlorure de mercure (157), un liquide excellent pour renforcer les négatifs sur collodion. Ces çhlorures sont susceptibles de donner, par
RETOUCHE EN COULEUR DES ÉPREUVES POSITIVES
simple mélange, un sel défini et cristallisable. Pour obtenir ce chlorure double, il suffit dé mélanger les deux chlorures simples en proportion équivalente : mais pour l’usage photographique, on modifie un peu les proportions normales.
§ 2. Prenez :
Bichlorure de mercure (137) 5 gr.
Bichlorure de platine (158) 6
On dissout l’un et l’autre dans une petite quantité d’eau, puis on mélange les deux solutions. On ajoute alors assez d’eau pour former :
Solution 600 c.c.
Suivant que le liquide aura une action trop forte ou pas assez intense, on le modifiera au gré de chaque opérateur.
201. — RETOUCHE EN COULEUR, à l’aquarelle ou à l'huile, des Epreuves positives sur Papier : (F. Plaisant, 1864). (Dess.). Suite. 4e art. Y. 22 — 37 — 181, IY.
§ 23. Coloris de la tète. Lorsque l’opérateur qui veut retoucher sera familiarisé avec l’étude des tons que les expériences ci-dessus indiquées l'auront mis à même de faire, il faudra qu’il s’habitue à combattre les noirs dans les chairs.
Dans ces endroits, en elfet, la transparence de ces parties foncées produit un effet désagréable, que le peintre doit surtout diminuer autant que possible. Combien de fois ne voit-on pas le modèle se plaindre de ce que sa bouche paraît plus grande que nature, tout simplement parce que les commissures des lèvres n’ayant pas été assez éclairées, elles ont produit un trait noir qui semble continuer la bouche et lui donner une longueur démesurée?
Les noirs de la figure et des chairs sont plus difficiles à combattre que ceux des ajustements; car, si on les anéantit, on risque de perdre le modelé, et si on les laisse à leur valeur, on risque de s'attirer des reproches pour avoir rendu trop accusés les traits du modelé.
§ 24. Ces noirs doivent donc être combattus par le ton qui leur est opposé ; non pas avec du blanc, ce qui reviendrait à les anéantir, mais avec le ton local. Ainsi, nous nous sommes généralement bien trouvé de l’emploi du rouge de saturne en teintes légères. En général, on peut dire qu'il faut combattre le noir de l’épreuve dans les chairs, par la teinte crue que devrait avoir la partie trop noire si elle se trouvait en pleine lumière.
§ 25. Il est toujours utile, en outre, avant de tirer l’épreuve positive sur papier, de retoucher le négatif (1291, 1292 — 237, III) pour atténuer les noirs qui seraient trop intenses, reboucher les taches de rousseur, effacer, adoucir les rides : en un mot, corriger le plus qu’il sera possible, sans amoindrir le modelé ou la ressemblance.
Il sera également très-utile, lorsque le cas se présentera, d’un modèle blond, — ce qui, selon la teinte des cheveux, donne plus ou moins noir, mais toujours plus foncé que nature, — de travailler un peu le cliché afin d’avoir moins de noirtà combattre sur l’épreuve
RETOUCHE EN COULEUR DES ÉPREUVES POSITIVES
positive. Car il est assez difficile d'arriver à avoir un blond léger et doux si l’épreuve a donné noir. C’est donc au retoucheur à apprécier ce qu'il conviendra de faire préalablement, des cas analogues pouvant se présenter à chaque instant.
§ 26. On doit, autant que possible, choisir pour la peindre une épreuve ni trop foncée, ni trop claire; trop foncée elle donne beaucoup de travail pour amener les noirs à leur valeur réelle; trop claire, le modelé disparaît sous la première teinte préparatoire. Or, la première condition à demander, c’est que l’épreuve soit bien modelée, que chaque plan existe et soit accusé; ce travail est déjà assez difficile de convertir les tons sans inventer les plans.
§ 27. Le ton général ou la couleur du virage de l'épreuve importe aussi beaucoup pour la retouche en couleur. Les tons roux sont souvent lourds quand on les couvre d’une teinte quelconque. Il est préférable d’avoir une épreuve virée au noir-bleu ou au noir-vert, parce qu’au contraire ces tons, lorsqu’ils sont recouverts par le ton local que l’on y applique, lui donnent de la finesse. Si l’on objecte que ces tons sont généralement un peu froids, on répondra avec juste raison qu’il est toujours facile de réchauffer les ombres, tandis qu’il ne l'est jamais de rendre léger un ton lourd par lui-même.
§ 28. Le virage des épreuves à retoucher en couleur ne doit laisser dans le papier aucun acide qui dévorerait l’épreuve, et non-seulement enlèverait aux ombres leur vigueur, mais ne respecterait pas les demi- teintes. Le virage doit être neutre, ne contenir que peu ou pas de chlorure de chaux (268) qui ronge et désagrégé le papier, le rend spongieux, et nécessite un encollage préalablë à toute retouche.
Il vaut encore mieux avoir une épreuve d’un ton roux, qu’une épreuve virée à point, mais dont les détails sont dévorés et le papier arrivé à l’état de buvard par suite de la destruction à peu près totale de l'encollage naturel. Alors, tout travail est à peu près impossible, les teintes ne se fondant pas entre elles.
§ 29. Quoi qu’il en soit du virage, on devra, lorsque l’épreuve à retoucher sera tendue sur son carton ou sa planche, l’encoller soigneusement avec un des encollages que nous avons indiqués § 5 — 22, IY. Mais toutes les fois qu’on pourra s’en abstenir, le travail en sera plus facile, parce que le papier encollé ainsi superficiellement ne happe plus aussi bien la couleur.
§ 30. Régie générale, il convient de flatter le ton des chairs, il vaut mieux faire trop froid, ce qui peut se corriger très-facilement, que de faire trop lourd, ce qui ne se ramène que très-difficilement.
11 faut bannir, d’une manière absolue, la gouache des chairs. Ce mode de peinture en empâtement ne peut être supporté que quand toute l'épreuve est ainsi traitée; mais comme ces couleurs couvrent beaucoup, il y a grande chance de perdre ou d’altérer la ressemblance. L’aquarelle ne présente pas cet inconvénient ni ce danger à cause de la transparence qui ne permet pas de perdre la vue des dessous.
( Sera continué.)