‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 4)Chapitre 171 sur 193 · BAIN D’ARGENT POUR COLLODION · texte numérisé non relu

BAIN D’ARGENT POUR COLLODION

§ 2. Tons les opérateurs remarquent que, par un usage suivi, le bain perd peu à peu sa sensibilité, surtout pour les rayons faibles, et demande un temps de pose plus long; ce qui provient non-seulement des composés dérivés du collodion, mais de la nature du bain luimême.

Dans un bain qui a longtemps servi, l’iodure d’argent ($37) n’est pas immédiatement précipité par la dilution du liquide au moyen de l’eau : on peut souvent doubler le volume d’un vieux bain sans produire d’aspect laiteux, tandis qu’on rendrait louche un bain neuf par la plus petite addition d’eau.

Un bain bouilli depuis peu et traité, est quelquefois capable de dissoudre une quantité incroyable d’iodure, et une glace collodionnée devient, quand elle y est plongée, couverte de cristaux prismatiques d’aspect sablonneux qui remplissent bientôt toute la solution.

§ 3. On pourrait penser que l’usage de faire bouillir la solution facilite la formation de ce composé. Pour décider cette question, on a pris un vieux bain marchant très-lentement, on l’a fait bouillir longtemps, le remplissant d’eau au besoin; enfin on l’évapore soigneusement. Il cristallise en aiguilles Unes, couleur d’iodure, mais •ressemblant exactement à des cristaux de fulminate d'argent (94).

On fit alors une solution de ces cristaux, à 12 pour 100 d’eau, et quoique la plaque fût parfaitement collodionnée, on reconnut qu’elle manquait de sensibilité ; car une exposition 1 0 fois plus longue que d’ordinaire, ne produisit qu’une image faible et sans valeur.

L’argent fut alors précipité au moyen du carbonate de soude (209 ter), lavé, puis redissous, augmentant le volume de manière à réduire la force de la solution à 8 pour 0/o, qui était sa force primitive. Dans une «litre expérience, le carbonate d’argent (207) précipité fut recueilli, lavé parfaitement, placé dans un flacon de verre de 2 litres et bouilli pendant 2 ou 3 heures avec un excès de carbonate de soude. L’argent fut partiellement réduit, formant un brillant miroir à la surface du verre : en refroidissant, on trouva que le liquide clair contenait une grande quantité d’argent en solution, mais refusant de précipiter, excepté partiellement, par addition d’un chlorure.

§ 4. Il faut ne pas oublier que le fulminate d’argent (94) s’obtient en chauffant du nitrate d’argent (983) avec de l’acide nitrique (1002) et de l’alcool (68). C’est un sel très-peu stable, explôsif avec une grande violence quand il est sec, et dangereux parce que la plus petite cause suffit pour le faire détonner. Quoique humide, son exposition à la lumière solaire produit une explosion terrible. Mais en solution, il semble très-stable, résistant à l’action lumineuse plus vigoureusement que le nitrate, tandis qu’il n’est que modérément soluble.

§ 5. On reconnaît donc qu’un vieux bain contient beaucoup plus d’iodure qu’il n’est nécessaire pour prévenir toute action sur le collodion. Un litre de vieux bain peut être augmenté de 2 ou 3, même

COLLODION PRÉSERVÉ AU TANNIN

4 litres d’eau, renforcé alors en argent sans avoir besoin qu’on y ajoute d'iodure.

On doit donc conclure de tout ceci, que, un vieux bain d’argent devient hors de service par la formation d’un composé organique contenant de l’iode (828) et de l’argent (112), et que ce composé est décomposé partiellement et précipité par un carbonate alcalin, et aussi, jusqu’à un certain point, par la lumière solaire.

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