APPAREIL DE MARSH. ( Chim .). V. 23, IV, § 37, III
25. — APPLICATION DE LA PHOTOGRAPHIE A LA LANTERNE MAGIQUE POUR L’ÉDUCATION PROFESSIONNELLE : (S. Higley, 1863). (Phot.)
§ 1. Il semble étrange qu’on n’ait pas songé plus tôt à appliquer l’usage de la lanterne magique à la représentation didactique des phénomènes scientifiques les plus remarquables. Sans aucun doute, les démonstrations y auraient gagné en clarté et en facilité de compréhension, et l’esprit des auditeurs, stimulé par le charme des tableaux et des expériences, eût fait de rapides progrès dans l’intelligence des sciences ainsi rendues visibles à tous.
Quand on songe que la microscopie, l’histoire naturelle, la physiologie, la pathologie ont un inestimable agent de reproduction dans la photographie, on est surpris de n’avoir pas déjà vu d’immenses collections accomplies, car il ne faut pas oublier que, dans ces sciences où la fidélité de reproduction est si désirable, c’est la nature ellemême qui se peint avec son pinceau de lumière*, et qui frappe sa représentation d’un cachet de sincérité qui en fait la plus grande valeur. Quoique les études habituelles soient dessinées par une main fidèle et sans prévention, avec quelle délicatesse de détails mille fois plus grande la photographie ne fixe-t-elle pas les choses dont elle garde le témoignage !
§ 2. On a, il est vrai, déjà appliqué à la lanterne magique des dessins d’histoire naturelle coloriés avec le plus grand soin, et produisant le plus remarquable effet; sans aucun doute, ces dessins étaient des productions artistiques, mais quel artiste, même le meilleur, osera prétendre un moment rendre la nature même sans l’interpréter? Quel artiste pourra espérer un instant reproduire la quantité de détails que la nature, au moyen des ondes de son pinceau lumineux, va fixer sur la pellicule que le chimiste, son aide, vient de préparer à cet effet? Il n’est pas utile d’entrer dans de plus longues considérations pour faire comprendre que si la lanterne magique a pu, par ses tableaux, amuser notre enfance, elle doit aujourd’hui, par ses études sérieuses, faire avancer notre instruction dans l’âge viril. Tous ceux, en effet, qui ont l’habitude de l’étude, savent combien grande est la différence d’étudier un objet dans un livre ou de le tenir, en quelque sorte, dans la main et sous le regard.
§ 3. Nous voulons exposer brièvement ici les moyens par lesquels on réalise cette grande pensée. Disons d’abord que les négatifs peuvent être faits à la manière ordinaire ; cependant, s’ils sont choisis exprès pour la lanterne, il faut avoir présent à l’esprit que les des-
sins doivent être inscrits dans des cercles. Autant que possible, les négatifs seront faits sur la nature animée ou inanimée, mais, dans quelque cas où cela est impossible, on aura recours à un dessin correct du sujet. Ce cas arrive très-souvent dans l'étude des différentes formes de la vie océanique; car quand on sort un certain temps ces êtres de leur élément natal, ils s’affaissent et ne ressemblent plus à rien de vivant. Il faut donc les saisir dans leur sphère d’action et de vitalité, et les reproduire ensuite.
Quelquefois aussi, à cause de la rareté du sujet que l’on veut étudier, on est obligé de recourir à des gravures; mais il ne faut épargner aucune dépense pour se les procurer dans les ouvrages des meilleures autorités, et dans un excellent style de reproduction. Si c'est un dessin artistique, les négatifs devront toujours être faits d’après l’original, de manière à conserver la touche originale et caractéristique de l'artiste. Quand il faut faire la reproduction d*un objet microscopiqye, on adoptera un des nombreux arrangements qui sont fondés sur les principes connus.
§ 4. Les négatifs des objets microscopiques peuvent être produits en plaçant un microscope ordinaire (dont l’oculaire est enlevé) en face d’une chambre noire solide ou à soufflet; ayant un tirage de 0m.50 à t,n.50, ou un microscope solaire fixé à la fenêtre d'un cabinet noir, le cabinet lui-même servant de chambre noire.
S’il suffit d’employer une faible puissance, un miroir plan À (fig. 343), analogue à ceux des microscopes composés, reçoit la lumière et la réfléchit, à travers l'objectif O, sur une couche de collodion sensibilisé placé en B dans la chambre noire CD.
Fig. 343.
S’il faut, au contraire, un pouvoir plus élevé pour agir, il est alors préférable de réunir les rayons du soleil par un long miroir plan A (fig. 344), monté sur un support tournant avec crémaillère C et vis de rappel Y, constituant un mouvement parallactique qui permet de suivre le soleil dans sa marche. La lumière, ainsi réunie, est condensée sur l’objet en rayons parallèles ou convergents, au moyen d'une lentille achromatique ayant la même ouverture angulaire que l’objectif microscopique en usage (fig. 344). Dans ce cas, comme tous les objectifs microscopiques sont achromatisés pour les rayons élevés, fl
BERCEAU LAVEUR AUTOMATIQUE
est nécessaire d’adopter une méthode pour amener l’image chimique au foyer sur la couche, après que le foyer visuel a été bien déterminé sur l’écran de la glace dépolie. Cette opération s’exécute au moyen
d’un micromètre O, agissant sur une vis, fixé au bâtis de la chambre noire M; la différence entre le foyer chimique et le foyer visuel ayant été déterminée expérimentalement pour chaque objectif pour une distance donnée entre l'objet et la couche sensible.
§ 3. Quoique, le plus souvent, il y ait une différence considérable entre la position des foyers chimique et visuel d’un objectif de trèsfaible pouvoir, avec celui de haute puissance, la différence est pratiquement nulle. La vraie difficulté est de produire les négatifs d’objets microscopiques avec la dernière perfection, et cela dépend d’une certaine habileté dans les manipulations et le maniement de l’éclairage.
Ces négatifs peuvent être faits également au moyen de îa lumière artificielle comme la lumière électrique et l’hydrogène camphré, le gaz naphtalisé, les mélanges pyrotechniques spéciaux, etc., etc.
[Sera continué.)
26. — BERCEAU LAVEUR AUTOMATIQUE pour les Epreuves positives sur Papier : (C. Hanbury, 1863). [Vhot.)
§ 1. L’usage de placer un grand nombre d'épreuves dans un vase où l’on fait couler un filet d'eau n’est pas suffisant pour assurer un lavage complet, quoiqu'il soit bien préférable à l’emploi d’une cuvette où on les laisse seulement tremper. Car il est hors de doute que 1« seul moyen d'assurer la beauté et la conservation des épreuves
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consiste dans un lavage fait au moyen d’une eau claire assez abondante pour qu’il ne reste dans le papier aucune partie soluble ; mais le point difficile, c’est que ce résultat demande une grande somme de travail dans un temps relativement très-court.
§ 2. On peut employer la méthode suivante qui, sans machine, produit un bon résultat.
En sortant répreuve du bain d’hyposulfite, on la saisit par deux coins entre le pouce et l’index de chaque main, la laissant pendre dans sa longueur, puis on la passe à travers le courant d’eau d’un robinet ouvert, en la faisant glisser en long et au centre du jet. De cette manière, le bord supérieur de l’épreuve coupe le jet en deux parties, coulant sur chaque face du papier et emportant la plus grande partie de l’hyposulfite adhérant à sa surface.
On prépare alors une cuvette pleine d’eau pure, dans laquelle on place les épreuves qui ont subi l’opération précédente, ayant soin de n’en pas mettre trop à la fois, et on les y laisse séjourner jusqu’à ce que l’eau les ait bien pénétrées. 11 est nécessaire de les remuer pour obtenir ce résultat.
Quand les épreuves ont été bien remuées, pendant 10' à 15', ou plus de temps même, on les enlève en une fois et on les met sur une glace plate où on les laisse égoutter; comme elles sont mouillées, elles adhèrent fortement. Pendant ce temps, la cuvette a été bien rincée et remplie de nouveau d’eau pure, et, après avoir laissé égoutter environ 5' encore les épreuves, on les sépare une à une et on les place dans la nouvelle eau.
En renouvelant six ou huit fois ce traitement, on peut être certain que l’enlèvement de l’hyposulfite est aussi parfait que possible, et tout le travail n’a duré que deux ou trois heures.
Fig. 345.
§ 3. Cette méthode est beaucoup simplifiée par l’emploi du berceau
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laveur automatique, dont la simplicité d'installation est un des plus grands avantages. La figure 343 représente l’appareil en perspective. AB est une cuvette en gutta-percha (448) destinée à contenir les épreuves à laver; elle est divisée en deux compartiments par la séparation C. D est une garniture de bois entourant et renforçant la cuvette en gutta. E est l’extrémité d’un axe métallique attaché à la boîte D, et tournant sur deux tourillons placés sur les bords d’un solide châssis de bois F. On voit ainsi que la boîte D et la cuvette fixée dans son intérieur peuvent tourner par le poids de l'eau autour du centre E.
H est une roue dentée entre les dents de laquelle se placent un arrêt attaché à la boîte D, et un second fixé au pied F, ce qui force la roue à avancer d’un cran chaque fois que l’appareil accomplit une oscillation complète.
Fig. 346.
§ 4. La figure 316 nous montre une section longitudinale de l’appareil en action, et les lettres sont les mêmes que dans la figure 343.
I, I sont deux soupapes coniques s’ouvrant à l’intérieur des compartiments A et B . Lorsque la cuvette tourne, en même temps qu’une des
extrémités descend, la soupape qu’elle • porte est ouverte en butant au point J, dans un tuyau ouvert près des deux extrémités, et d’où s’échappe l’eau par une ouverture commune G placée au milieu de la longueur.
Ii est un contre-poids- mobile formé d’un certain nombre de balles roulant dans le tube métallique L, L.
§ 3. M représente des diaphragmes mobiles maintenus par des châssis portatifs placés dans chaque compartiment
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et sur lesquels les épreuves sont posées. La figure 347 représente les diaphragmes et les châssis à tasseaux qui les supportent.
§ 6. L’inspection de la figure 345 fait voir que quand Taxe de l’appareil est placé juste au-dessous du robinet, l’eau tombe dans le compartiment qui se trouve le plus élevé A, jusqu’à ce qu'elle s'y soit accumulée en assez grande quantité pour que son poids force cette cuvette à descendre. Quand ceci arrive, fig. 346, la soupape I s’ouvre, laissant l'eau s’échapper rapidement dans le tube de décharge inférieur J qui la conduit au dehors G, et en peu d’instants les épreuves se trouvent à sec appliquées sur les surfaces inclinées des diaphragmes M où elles s’égouttent.
§ 7. Par le même mouvement, la partie supérieure de la séparation C se trouve portée de l’autre côté du courant d’eau et, par conséquent, celle-ci s’écoule dans le compartiment B. En même temps les poids K roulent sous l’impulsion de la gravité, et viennent se placer d’eux-mêmes sous le compartiment B qui s'est vidé et auquel ils donnent un poids suffisant pour remplacer l’eau perdue jusqu’à ce que le compartiment B ait reçu assez d’eau nouvelle pour faire jouer la bascule. Alors il tourne, la soupape s'ouvre, les poids retournent d'où ils viennent et A recommence à s’emplir.
A chacun de ces mouvements, le cadran H avance d’une division et indique la quantité de lavages exécutés.
§ 8. Cet appareil ainsi chargé d’épreuves, ne demande donc aucune attention, change l’eau complètement à chaque fois, expose chaque épreuve à l’action de l’eau, et enregistre le nombre de lavages qu’il a exécutés et, par conséquent, la quantité d’eau passée sur chaque image. L’expérience prouve qu’il lave mieux en 6 fois moins de temps que la méthode ordinaire et avec une quantité proportionnellement moindre d’eau.
Les contre-poids ont pour but, de permettre de diminuer considérablement la longueur des cuvettes A et B, qui sans cela exigeraient un très-long bras de. levier pour basculer facilement. Au reste, la forme du contre-poids peut être variée à l’infini, mais une seule balle plus grosse offre l’inconvénient d’un choc bruyant et désagréable à chaque oscillation.
Ce contre-poids peut également, pour un grand appareil, être établi au-dessus au moyen de poulies de renvoi et d’arrangements analogues.
§ 9. Quand on fait construire cet appareil, il suffit de faire parcourir aux cuvettes un arc de 20°, ce qui donne 1 8 divisions pour la roue à déclic du cadran indicateur. Dans tous les cas, il serait absolument inutile de dépasser 30°. On peut mettre sur l’eau un flotteur en papier qui empêche le liquide de jaillir lors du choc de descente.
§ 10. La plus grande difficulté à vaincre dans l’arrangement de l'appareil était de séparer les épreuves. Beaucoup de substances ont été essayées. On avait essayé des feuilles de gutta cannelées, mais les
BORATE DE SOUDE.
feuilles unies sont préférables, retiennent moins l’eau et détériorent moins les épreuves : mais elles offrent le grand inconvénient que les feuilles y adhèrent trop fortement après l’ égouttement, et, se collant ensemble, forment une masse flottante qui ne se sépare plus et se lave mal.
§ 11. Chaque plaque a un support spécial, un tasseau que l’on aperçoit dans la figure 346. Pour un petit appareil, on peut employer des glaces. Dans tous les cas, l’intervalle entre chaque diaphragme ne doit pas dépasser la valeur d'une glace épaisse; les supports portent des rainures analogues à celles d’une boîte à glaces mise horizontalement, fig. 347. Mais tous les diaphragmes pleins ont l’inconvénient que quand l’air sort pour faire place à l’eau, il chasse en haut les épreuves, à cause de la position inclinée de l’appareil ; de plus, si les diaphragmes ne sont pas perforés de trous, les feuilles ont une tendance à adhérer à la surface du dessous.
§ 12. La meilleure manière serait donc d’employer des diaphragmes de zinc (1535) perforés, qui permettent aux papiers de marcher et de flotter avec l’eau qui entre sans effort et chasse l'air sans secousses. Les feuilles restent libres dans leur petit espace entre les deux surfaces et ne s’offensent sur aucun de leurs côtés. Malheureusement le zinc agit souvent sur les épreuves, il faudra donc le remplacer par des feuilles de gutta (765) ou d’étain (649) également perforées.
26 bis. — BICARBONATE DE SOUDE = Na O, 2C02+H0. (Chim.)
§ 1. Ce sel est peu soluble dans l’eau, 8 p. 100; il est cristallisé et se décompose facilement sous l’action de la chaleur. En dissolution comme à sec, la moitié de l’acide carbonique (211) se dégage et il reste un carbonate neutre.
§ 2. On le prépare en faisant passer un courant de gaz acide carbonique dans une dissolution concentrée de carbonate neutre de soude (209 ter).