‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 4)Chapitre 34 sur 193 · PARTIE PÉRIODIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE PÉRIODIQUE

DEUXIÈME ANNÉE

41. — ANALYSE CHIMIQUE appliquée à la Photographie : (Ferd. Thomas, 1863). ( Chim .). Suite. V. 304, III — 317, III — 341, III — 1, IV — 23, 1Y.

§ 40. Le gaz ammoniac (90) N H3 n’est pas en usage en photographie, mais sa dissolution aqueuse, appelée ammoniaque (91) N H3, H O est d’un emploi fréquent.

Ampère , remarquant que la dissolution aqueuse se comportait comme un oxyde métallique vis-à-vis des acides (22), imagina de considérer l’hydrate de gaz ammoniac N H3, H O comme l’oxyde d’un radical composé inconnu, qu’il appela ammonium, et de représenter ce radical par la formule N H4 et l’ammoniaque par N H4 O.

§ 41. Ainsi, d’après cette hypothèse, le carbonate d’ammoniac hydraté N H3, CO2, H O devient du carbonate d’oxyde d’ammonium N H1 O, CO2; le chlorhydrate d’ammoniac N H3 H Cl devient du chlorure d’ammonium (261) N H* Cl qui est isomère du chlorure de sodium (277) NaCl; le sulfhydrate d’ammoniac N H3, H S devient du sulfure d’ammonium (1374) N H* S. Dans tous ces sels, l’ammonium N H* agit

ERRATUM. — Tome III, page 332, ligne 13, à la suite d’hydrate de bismuth, lire : Bi 03, HO, en versant de l’eau dans le nitrate neutre de bismuth, Bi 03, 3N05 -f- iOAq, etc.

N° 3. Mars 1864.

58 ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE

comme un véritable métal. Seulement, on n’a pas pu l’isoler jusqu’à présent, parce que les moyens de décomposition que nous possédons sont trop violents, et séparent l'ammonium en ses radicaux N et H.

En procédant à l’égard de l’ammoniaque, comme Davy l’a fait pour isoler le potassium (1210), on a, suivant certains chimistes, au pôle négatif, un amalgame d’ammonium, et, selon d’autres, de l’hydrure ammoniacal de mercure (925). On le voit, la question est fort controversée et ne paraît pas près de sa solution.

§ 42. Quoiqu'il en soit, comme l’hypothèse d’ Ampère a le mérite de rattacher l’ammoniaque aux oxydes métalliques et les sels ammoniacaux aux sels métalliques, et qu’elle rend d’ailleurs parfaitement compte des faits avec une clarté que ne possède pas la théorie ancienne, nous l’adopterons ici exclusivement. Pour abréger, nous désignerons souvent, de même que les chimistes allemands, l'ammonium IN H4 par la formule Am.

§ 43. L’ammoniaque Am O est un des réactifs les plus usités dans l’analyse chimique, parce que, formant des composés volatils, elle sert à neutraliser les acides libres, dont on veut se débarrasser dans une réaction. Elle élimine des bases (145), soit purement et simplement à l’état de précipités insolubles, soit en les dissolvant et en formant avec elles de véritables sels dans lesquels l’ammoniaque Am O est un élément électro-positif , tandis que ces bases sont électro-négatives , et jouent le rôle d’acides. Ainsi, l’oxyde de nickel (981) NiO forme un sel avec l’ammoniaque dans laquelle il se dissout, en produisant un nickelate d'oxyde d’ammonium Am O, NiO. Il en est de même de l'oxyde de cuivre (439), de l’oxyde de cobalt (304), de l'oxyde d’argent (1030 bis), etc. 11 y aurait à rechercher s’il n’y a pas ici ce qu’on pourrait appeler pseudo-solution, c’est-à-dire solution apparente; d’autant plus que ces divers oxydes agissent comme colloïdes dans la dialyse (327, III). Cette question intéresse au plus haut degré l’analyse chimique; nous la traiterons dans un article spécial.

§ 44. Quand l’ammoniaque est pure d'acide carbonique (211), elle n’exerce pas cette action sur les bases alcalino-terreuses, telles que la magnésie (74, III), la baryte (6, III), etc.

Mais si elle contient des traces d'acide carbonique, en versant cette ammoniaque dans une dissolution de magnésie ou de baryte, il se précipite du carbonate de magnésie (209) ou de baryte insoluble.

On n’a pas à se préoccuper de la difficulté d’avoir ce réactif, car on le trouve partout, mais très-impur dans le commerce. En effet, il provient de la distillation de la houille, ce qui explique pourquoi il contient les acides carbonique (211), chlorhydrique (254), sulfurique (1380), phosphorique (1146), arsénique, ainsi que des sulfures, des sulfocyanures, des matières organiques, des composés goudronneux.

Les matières organiques empêchent la précipitation des oxydes métalliques par l’ammoniaque et les alcalis. L’acide tartrique (1401) possède cette propriété remarquable, aussi l’emploie- t-on quelquefois pour empêcher cette précipitation.

ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE

§ 45. Pour purifier l’ammoniaque du commerce., on la fait bouillir dans un ballon (143) de verre. On reçoit le gaz N H3 dégagé du ballon, d’abord dans un flacon-laveur contenant un peu de lait de chaux destiné à absorber l’acide carbonique (211) et les autres corps étrangers entraînés, puis dans une série de flacons remplis aux trois quarts d’eau distillée et munis de tubes de sûreté (appareil de Wolf).

On reconnaît si l'ammoniaque est pure, lorsqu'elle est incolore, qu'elle ne trouble pas l’eau de baryte, et qu’évaporée sur une lame de platine (1180) elle ne laisse aucun résidu.

§ 46. Le chlore (252) gazeux n’est pas employé en photographie, pas plus que sa dissolution aqueuse, mais un grand nombre de ses composés y trouvent un utile emploi.

§ 47. L'acide chlorhydrique (254) HCl, l’un d’eux, est, à l’état de dissolution dans l’eau, l'acide le plus fréquemment employé dans les opérations analytiques; on ne saurait donc s’en passer. Il est inutile de le fabriquer, parce qu’il est facile à se procurer dans les moindres hameaux où on le connaît sous le nom d 'esprit de sel ou d’acide muriatique. Mais cet acide, pour pouvoir servir à l’analyse chimique, doit être purifié; car il est chargé d'une masse d’impuretés. En eflet, si nous nous reportons à sa fabrication, nous reconnaîtrons qu'il ne peut en être autrement. On l’obtient en grand en traitant le sel marin par l’acide sulfurique du commerce (1372), dans des vases de fonte. 11 doit donc contenir des impuretés de ces corps, c’est-à-dire de l’arsenic provenant de l’acide sulfurique, du chlore (252), du brome (1 83) en liberté, qui sont produits par les vapeurs nitreuses S O5, NO4, ou bien de l’acida sulfureux S^O2 (45, III), car ce corps est incompatible avec le chlore et le brome, de l’acide sulfurique et du fer (671).

L’arsenic se découvre à l’aide de Y appareil de Marsh (23, 1Y, § 37).

Le chlore et le brome se dévoilent par la décoloration de la teinture d’indigo.

L'acide sulfureux S O2 se voit au moyen d’une lame de zinc (1535), qui donne naissance à de l’hydrogène (786). Celui-ci réduit l’acide sulfureux en oxygène (1033) et en soulre (1341 bis ) à Y état naissant ; le soufre se combine finalement avec l’oxygène naissant pour former de l’acide sulfhydrique (1372) SH qui noircit le papier d’acétate de plomb (12).

L'acide sulfurique se décompose par une solution de chlorure de baryum BaCl, ajoutée à une dissolution d’acide chlorhydrique (254) HCl, car il se précipite du sulfate de baryte BaO, SO3.

Le fer (671) se voit par une dissolution de prussiate jaune de potasse qui produit un précipité bleu appelé bleu de Prusse (7, 111).

Enfin, la présence du sel marin (1308) ou d'autres sels solides se découvre en évaporant quelques gouttes d’acide dans un verre de montre ou sur une lame de platine (1180).

§ 48. Pour purifier l’acide chlorhydrique, il suffit de le distiller, en laissant s’échapper les premières portions du gaz qui se dégagent.

ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE

parce qu’elles entraînent l’arsenic à l’état de chlorure d’arsenic qui est volatil.

On peut encore traiter l’acide chlorhydrique par très-peu d’acide sulfhydrique SH qui précipite l’arsenic (116), puis distiller. On refait dans les deux cas le gaz dans un appareil de Wolf.

Quand on sera en mesure de le faire, il vaudra mieux préparer cet article au moyen du sel marin (1308) qu’on a purifié par plusieurs cristallisations successives, et sur lequel on fait réagir deux équivalents d'acide sulfurique rectifié. On emploie deux équivalents au lieu d’un qu'indique la théorie, parce que, dans ce dernier cas, on aurait dans la cornue du sulfate neutre de soude (182, III) Na0,S03 qui serait très-difficile à sortir de la cornue (403), et l’on risquerait de casser celle-ci. Voici la formule de la réaction :

NaCl+2S03,H0 = HCl + Na0,S03+S3H0 (qui sert à dissoudre le sulfate de soude Na O, S O3).

§ 49. Cette préparation est facile à effectuer, aussi engageons-nous les commençants à la faire.

On a une cornue tubulée à laquelle s’adapte un ballon (143) rempli d'eau distillée jusqu'aux trois quarts. La cornue repose sur un support en fer, le ballon sur un tortil de paille. On bouche soigneusement avec du mastic de vitrier l’intervalle compris entre le col de la cornue et celui du ballon. On verse le sel marin et l’acide sulfurique dans la tubulure de la cornue, et on ferme la tubulure avec un bouchon en verre bien mastiqué. On chauffe très-modérément avec une lampe à l’huile de pétrole (1139).

L’acide chlorhydrique ordinaire est suffisamment pur pour les usages de la préparation de la soude (1339 ter) artificielle. Les fabriques de soude en produisent de si grandes quantités que, dans beaucoup de localités, comme à Marseille, par exemple, on ne se donne pas même la peine de le recueillir faute de débouchés.

§ 50. L’acide nitrique et l’acide chlorhydrique, par leur combinaison, servent à produire l 'eau régale [ 531). On prend ordinairement une partie d’acide nitrique pour deux, trois ou quatre parties d’acide chlorhydrique. L’eau régale est ainsi nommée parce qu’elle seule dissout l’or (1025), que les alchimistes appelaient le roi des métaux.

Deux théories sont en présence pour expliquer la composition de l'eau régale.

Suivant Gây-Lussac, il se produit de l’acide chlorhyponitrique, du chlore libre et de l’eau : HO, N0s + 3HCl = NCl202-f C1 + 4HO.

Suivant Gerhardt, dont l’interprétation est adoptée par M. Chancel et un grand nombre de chimistes, il y a, par double décomposition, de l'eau HO et du chlorure de nitryle N O4 Cl, lequel constitue le véritable agent chlorurant de l'eau régale :

NO5 = N040 ) H ) HO HO i + CL HO

Quoi qu’il en soit, l’eau régale est un agent de chloruration des plus

énergiques. Il sert à dissoudre l'or et le platine (1180), qui résistent à l’action de l’acide nitrique (1002); elle dissout également le sulfure de mercuffe HgS, ainsi que le bioxyde d’étain SnO2 et l’oxyde d’antimoine Sb O, toutes substances insolubles dans l’acide nitrique. L’eau régale fait toujours passer cà l’état de chlorures les substances qu'elle dissout. ( Sera continué.)

42. — APPLICATION DE LA PHOTOGRAPHIE A LA LANTERNE MAGIQUE, POUR L'ÉDUCATION PROFESSIONNELLE : (S. Higley, 1863). ( Phot .). 2“ art. V. 28, IV.

§ 6. Les épreuves positives dont on se sert, sont des images transparentes sur verre : la grandeur adoptée est de 1 1 centimètres en carré pour les vues d'une lanterne de grandeur ordinaire. On se sert, pour obtenir ces épreuves, d’un vieux collodion ne présentant plus de trame, et on expose à la lumière diffuse, le plus près possible du type producteur. Le développement se fait au fer, après l’intensification par l'acide pyrogallique (1239), on fixe au cyanure de potassium (456) et l’on vernit l'épreuve pour donner plus de transparence à la couche, puis on la monte entre deux glaces.

Le procédé à l'albumine offre également des avantages, spécialement quand on doit superposer des images.

§ 7. Toutes les fois que les vues de la lanterne magique sont préparées pour un travail sérieux, il sera préférable de les produire par impression dans la chambre noire, au moyen de négatifs de grandes dimensions, car on pourra fournir ainsi des épreuves plus grandes ou plus petites que le modèle ordinaire, et s’adaptant à tous les arrangements spéciaux qui peuvent être présentés, et, en outre, obtenir une netteté et une vérité aussi grandes qu’on peut le désirer.

Nous avons constaté que les résultats seront d’autant meilleurs qu’on pourra exposer la couche sensible à la lumière le plus près possible du type, car c'est, le moyen d’obtenir des épreuves uniformes et de diminuer fortement les déchets par manque de vigueur.

11 est tout aussi désirable que l’opérateur soit indépendant de la lumière du soleil; car, si pendant les mois d’été la quantité de vues faites s’écoule assez vite pour satisfaire aux demandes, il n’en est plus de même en hiver par une lumière affaiblie. Dans ce cas, il est difficile, et quelquefois impossible, de satisfaire les demandes des acquéreurs. Pour éviter ce désagrément, il faut produire une lumière artificielle toujours prête à employer suivant les besoins du moment.

§ 8. 11 est vrai qu’on peut employer celle des pointes de charbon (229) ou d’un filet de mercure (925) maintenu en ignition intense par l’électricité d’une forte pile de Grove, mais toutes deux, la lumière électrique ordinaire, celle mercurielle de Way, sont trop coûteuses pour une production marchande qui doit être montée économiquement.

On a souvent proposé la lumière produite par la combustion du gaz oxyhydrogène, comme applicable aux usages photographiques;

mais si elle est très-brillante et très-intense, elle manque surtout de rayons actiniques (26). Ainsi, tandis qu’on peut produire instantanément une épreuve avec la lumière électrique, on obtient à peine une image assez intense par une exposition de plus de 30" à la lumière du gaz oxyhydrogène.

Il est bien connu, d'autre part, que plus une lumière artificielle émet de rayons fluorescents (connus par leur effet particulier' sur les corps qui possèdent le caractère appelé fluorescence), plus cette lumière est riche en rayons actiniques ou photographiques. Nous allons voir plus loin combien la lumière que nous employons est préférable à toutes celles-ci pour les usages photographiques.

§ 9. Le Coût de production est, d’ailleurs, un légitime sujet de discussion, et il est certain que prenant en considération le prix de production des négatifs (que l’on peut, en quelque sorte, appeler nos plaques gravées), le prix de revient de chaque sujet connu, le prix d’annonces de toutes espèces, la valeur des positifs transparents, le public peut payer 6 fr. 25 chaque vue noire de la lanterne magique, et 10 fr. 50 chaque vue coloriée; tandis que des peintures faites pour les lanternes magiques ordinaires qui ne peuvent être comparées un seul moment pour la même masse de détails et la même vérité naturelle, se vendront le double de ce prix, et même plus, quand elles seront coloriées par des artistes qui ont quelque prétention à ce titre. D’un autre côté, il faut constater que la photographie entraîne un léger surcroît de dépense dans l’appareil, à cause de la lumière d’oxycalcium ou d'oxyhydrogène et des lentilles achromatiques nécessaires à son effet particulier.

§ 10. Comme dans la lanterne magique ordinaire, les peintures sont, en général, faites avec des touches de couleur ; on peut les faire voir en se servant de lentilles qui n’exigent pas une grande perfection optique : mais, au contraire, les photographies qui sont pleines de détails étant vues à travers des lentilles non achromatiques, une frange colorée devient apparente sur chaque ligne, et ce défaut de l’appareil optique produit un effet de brouillard qui ôte à l’épreuve toute sa valeur. Enfin, et quoiqu’on n'en ait pas encore fait usage, les épreuves photographiques de la lanterne magique peuvent être faites en vue de l’éducation; dans ce cas, il ne faut pas oublier que si elles représentent des objets d’histoire naturelle, il faudra, pour les reproduire, les disposer, non dans des boîtes, mais mieux, les placer dans des cases ouvertes comme aux musées, et les mettre auprès d’autres objets, en ayant soin de les placer de telle sorte que la lumière, sous un certain angle, puisse être reflétée à travers, au moyen d'une feuille de papier blanc placée derrière les objets transparents. On peut encore faire voir les vues dans de grands châssis couverts de glace finement dépolie; et, dans cet état, elles pourraient servir de bordure appropriée aux fenêtres d'une institution scientifique.

Si l’on veut, enfin, rendre le système de démonstration complet, il

convient que celui qui fera les épreuves photographiques pour la lanterne, consulte les désirs de l’administration ou du professeur, et fasse l’appareil de démonstration aussi homogène et aussi généralement utile que possible.

§ 11. Le service de la lumière peut être obtenu d’une lampe électrique (865-866) qui, à cause de son intensité, est très-employée pour les grandes salles de démonstrations ou de lectures. Mais pour un usage journalier, cette lampe nécessite une dépense trop forte, puisqu’elle ne peut travailler convenablement à moins d’une pile de 40 éléments Grove qui, avec la lampe, ne coûtent pas moins de 750 fr., sans la lanterne. Quelques lampes, comme celle de Serrin, coûtent à elles seules 500 fr.; mais celle de Squire est la meilleure de toutes, et c’est celle que l'on doit adopter de préférence.

§ 12. En général, la lumière du gaz oxyhydrogène produit le plus d’effet, et comme l'hydrogène pur (786), d’abord employé, est maintenant remplacé par le gaz ordinaire d'éclairage, les embarras de fabrication sont grandement diminués. Sans aucun doute, le gaz hydrogène pur donne une meilleure lumière que sa forme carburée, aussi quand on n’a pas le gaz d’éclairage à sa portée, on fait bien de produire l’hydrogène dans un générateur en plomb construit sur le principe de la lampe de JD ebereimer.

Un vase, fig. 348, est divisé en deux compartiments A, B; la partie

Fig. 348.

inférieure est remplie d’acide sulfurique (1380) et d'eau jusqu’à ce que le liquide puisse couler par le robinet D. Ce robinet est alors fermé, et le mélange acide agissant sur un cylindre o de zinc (1535)

supporté par l’extrémité d'un tube faisant communiquer la chambre inférieure B à la partie supérieure A, produit du gaz hydrogène qui se dégage, lequel, n’ayant pas d’issue, force le liquide à monter par le tube C dans la chambre supérieure A, de manière qu’ aussitôt que l’acide est enlevé du contact du zinc, la production du gaz cesse.

Le robinet D étant ouvert, le liquide descend et presse le gaz hydrogène avec une force de sortie considérable. L’acide, en redescendant dans la chambre inférieure B, se trouve de nouveau en contact avec le zinc o et de nouveau régénère le gaz; et alors, si l’appareil est bien construit, l’hydrogène est remplacé à mesure que la pression -diminue et que la consommation s’en effectue.

§ 13. On peut également bien produire le gaz hydrogène dans un appareil de Wolf et l’emmagasiner dans un gazomètre ou poche à gaz I, fig. 319, jusqu’au moment de s’en servir. On peut aussi faire passer le gaz d’éclairage dans un de ces réceptacles d’où on le chasse sous une certaine pression au moyen d’un poids.

§ 14. L’oxvgène s’obtient facilement pur, en mettant, fig. 349, dans une cornue de cuivre A un mélange de deux parties de petits cristaux de chlorate de potasse (8, 111) et une partie soigneusement pulvérisée de peroxyde de manganèse (1131).

Fig. 3i9.

Cette cornue A est fermée par un chapeau B et une soupape de caoutchouc vulcanisé, portant une tubulure et communiquant à un long tube C du flacon-laveur E.

La chaleur d’une lampe G à esprit-de-vin (868) est alors employée, et à mesure que le gaz oxygène sort par l’ouverture D du flacon-la.veur E, il est introduit par le tube flexible F dans le sac à gaz 1, fait en forme de coin, où on le conserve pour l’usage.

APPROPRIATION D’üN HANGAR QUELCONQUE.

Un robinet L lui ferme tout accès et permet dte transporter le soufflet plein, quand il est détaché de l’appareil qui a servi à le remplir.

§ 15. Le sac à oxygène, quand on en a besoin, est mis entre les tables d’une presse-châssis, fig. 350, sur le dessus de laquelle on

Fig. 350.

place un poids de 25 kilog., de manière que le gaz soit expulsé avec une force aussi grande qu’on le désire.

Les presses ordinaires ont une grandeur qui n’est pas commode, aussi on a dû en faire une spéciale qui est construite de manière à se fermer pour le voyage, fig. 351. Quand elle est ouverte, fig. 350,

Fig. 351.

les deux parties B sont maintenues solidement par des barres A et leurs clavettes. ( Sera continué.)

43. — APPROPRIATION D'UN HANGAR QUELCONQUE AUX USAGES PHOTOGRAPHIQUES. (. Phot .). Y. 53, IY.

COLLODION NÉGATIF PRÉSERVÉ AU MALT

44. - COLLODION NÉGATIF PRÉSERVÉ au Malt : (F.-T. Flassitt, 1863. (. Phot .). V. 354.

§ 1. Si l’on compare le procédé au malt (354) à celui au tannin (246, III), on trouve, en faveur du premier, plusieurs avantages : d’abord, il exige des lavages moins répétés, la glace est plus vite préparée ; secondement, la couche adhère mieux à la glace et ne tend pas à se contracter et à former des ampoules comme celles que le tannin donne le plus souvent, surtout sur les grandes surfaces ; enfin, il supporte mieux les differents modes de renforcement. Le temps de pose est le mêmè, et s’il y a quelque chose à gagner, c’est en faveur du malt. Enfin, un de ses grands avantages est de se développer au fer. Si l’on habite une ville, on peut même ne pas faire la solution de malt, en demandant chez un brasseur du mou doux , qui est tout aussi bon.

§ 2. Pour faire l'infusion de malt (909 bis), on en met à digérer :

Malt broyé. . . 65 gr.

dans :

Eau chaude 1000

jusqu’à ce que le mélange, bien remué, atteigne la température de + 60° à -|- 70°; il faut que pendant 10' à 15' la température soit maintenue à ce point. On place alors le mélange près du feu et on le laisse descendre à -f- 55°, où il acquiert un goût doux, mais non sucré. On le laisse refroidir lentement, on enlève le malt et on filtre. En mettant un petit morceau de camphre (205) dans le flacon et le serrant dans une cave fraîche ou dans un cellier, on peut le conserver bon un mois au moins.

§ 3. On peut se servir de tout bon collodion et du bain habituel pour le sensibiliser, ce qui ne change rien à la manière ordinaire de préparer la couche. En sortant la glace du bain, on la place dans une cuvette pleine d’eau, en remuant légèrement ; on change alors l'eau, ou bien l'on reporte la première glace dans une autre cuvette pendant qu'on prépare et sensibilise une seconde glace. On sort la première de l'eau, on l’égoutte un moment, et l’on verse la solution de malt à la surface jusqu’à ce qu'elle ait chassé toute l’eau qu’elle remplace : on en verse une dernière quantité neuve et on la remue sur

COLLODION PHOTOGRAPHIQUE

la glace, on la rejette et on place à sécher. Cette dernière partie de liquide qui a achevé la préparation d’une plaque sert à en commencer une autre.

§ 4. Pour développer, placez pendant quelques minutes la glace dans une cuvette pleine d’eau pour amollir la couche, et la lavez parfaitement sous un robinet : mettez alors cette glace quelques minutes dans une cuvette contenant assez de bain d’argent pour la cou-

vrir seulement :

Eau 100 gr.

Azotate d’argent (983) 5.50

Sortez-la, et la laissez égoutter comme pour du collodion humide, et versez le développement suivant :

Protosulfate de fer (1230) 2gr. à 2sr-50

Acide acétique cristallisable (19) 11.50

Eau 100

§ 5. Si ce développement ne donne pas une intensité suffisante, servez-vous d’une solution d'acide pyrogallique (1239) à 0sr.40 pour 100 d’eau; ou d’une solution saturée d’acide gallique (721) à laquelle vous ajouterez quelques gouttes du bain d’argent ci dessus (§ 4).

On obtient les plus beaux résultats en plaçant la glace la face en dessous, sur des supports, dans ce bain.

On peut aussi employer le renforcement suivant, au fer :

Nitrate d’argent (983) 2g,--50

Acide citrique (299) 2.50

Eau 100

Quelques gouttes ajoutées au développement de fer augmentent beaucoup la beauté de l’épreuve.

Pour les positives sur glace, ce procédé est supérieur à tous les autres, surtout pour les agrandissements microscopiques pour la lanterne magique (25, IV).

45. — COLLODION PHOTOGRAPHIQUE : Proportion et nature des sels qu’il doit contenir : (Ch. Heisch, 1863). ( Chim .), V. 376.

§ 1 . Un bon collodion doit contenir 3 à 4 gr. de pyroxyliue (409) par 100.

La pyroxyline, dont 4 gr. ne peuvent se dissoudre dans 100 gr. d’alcool (68) et d’éther (657) mélangés sans le rendre trop épais pour couler facilement, n’est pas apte à composer un collodion satisfaisant.

La meilleure proportion d’éther et d’alcool est une égale quantité de chaque.

On doit mélanger :

Ether (657). * . 50 gr.

Alcool (68) . .... 25

ajoutez :

Pyroxyline,

COLLODION PHOTOGRAPHIQUE

Ce qui fait le collodion simple. La quantité nécessaire d'iodure, etc., sera dissoute dans :

Alcool (68). 25 gr.

et le collodion devenu clair, ajouté à cette liqueur pour faire 100 gr. de collodion préparé.

§ 2. La nature et la proportion des iodures et bromures employés devront être réglées par l'usage auquel on destine le collodion.

Si l’on n’a à copier que des objets blancs et noirs, comme des gravures, il suffit d’un simple iodure, ou mieux, d’iodure auquel on ajoute une faible quantité de chlorure pour augmenter l’intensité des noirs.

Le bromure d’argent (184) étant plus facilement affecté quel’iodure par les lumières de couleurs différentes, et donnant aussi uue plus grande délicatesse dans les demi-teintes, un bromure doit être employé en même temps qu’un iodure, et, que ce soit pour le paysage ou pour le portrait, le collodion donnera les meilleurs résultats que l'on puisse désirer.

§ 3. Les qualités dont la réunion est le plus à souhaiter pour former un collodion parfait, sont le maximum de sensibilité à la lumière, non-seulement blanche, mais colorée, et la capacité de supporter une exposition assez longue pour donner tous les détails des ombres les plus épaisses, sans être solarisé dans les parties les plus éclairées.

§ 4. On a beaucoup différé d’avis depuis quelque temps sur la question de savoir si la présence des bromures augmente la sensibilité du collodion, et plusieurs opinions contradictoires se sont fait jour. Or, beaucoup de ces contradictions eussent été épargnées, si les expérimentateurs avaient pensé à considérer, non-seulement les proportions de bromure et d’iodure, mais le rapport qui existait entre ces deux corps et la pyroxyline du collodion.

Pour atteindre le maximum de sensibilité, le collodion doit contenir après la sensibilisation autant d'argent, qu’il soit à l’état d’iodure ou de bromure, que sa couche peut en contenir dans sa structure. Si elle en contient trop peu, les sels d'argent sont enfouis dans le pyroxyle, si elle en contient trop, le sel d’argent s'en va dans le bain et laisse des traces sur la couche.

Il est universellement admis que dans le procédé du daguerréotype (459), le bromure joint à l’iodure est beaucoup plus sensible que l’iodure seul. La raison de ce fait reconnu est due à ce qu’il faut une très-faible différence dans les proportions d’iode et de brome pour rendre la plaque daguerrienne, non-seulement moins sensible , mais absolument insensible, de telle sorte que les opérateurs étaient obligés d’apporter une stricte attention à leurs proportions, ce que la plupart des expérimentateurs sur collodion ont négligé de faire, d’où est venue la différence de leurs opinions.

§ 5 . La considération attentive de la différence si faible des proportions qui peuvent altérer si complètement l’état de la plaque da-

COLLODION PHOTOGRAPHIQUE

guerrienne, semble convaincre qu’il y existe une combinaison chimique réelle d’iodure et de bromure d’argent qui possède, à un éminent degré, les deux qualités de sensibilité et de résistance à la solarisation.

A la suite d’une longue série d’expériences, il à été reconnu que les deux corps employés dans la proportion de leurs équivalents chimiques donnaient de bons résultats, et Ton est arrivé à cette conclusion que dans tous les cas, ce mélange :

Iodure 2 équivalents.

Bromure 1 id.

était plus sensible que l’iodure seul ou tout autre mélange des deux, fait au hasard.

Ainsi, dans ces expériences, et pour rendre les faits toujours comparables entre eux, les proportions étaient celles-ci :

Pyroxyline 4 gr.

mêlés à autant d’iodure ou de brômo-iodure d’argent équivalant à 7er.60 d’argent.

§ 6. La nature de la base à laquelle l’iodure et le bromure sont combinés dans le collodion, exerce une influence remarquable sur le caractère de la couche sensible. Beaucoup de bases peuvent être employées pour faire des expériences, mais préférablement, quand on a besoin des deux corps, celles dont les iodures et plus encore les bromures sont solubles dans l’alcool et l’éther.

Les sels les plus commodes sont ceux de l’ammonium, du cadmium (198), du lithium (890), du magnésium, du potassium (1210) et du ziqc (1535). Parmi eux le potassium, le premier employé, n’est pas celui qui est maintenant le plus en usage, parce que son iodure est très-peu soluble dans l’alcool, sinon très-hydraté, et que son bromure est presque insoluble.

§ 7. Les sels de cadmium possèdent l’avantage d'être très-stables, de manière que le collodion préparé avec eux peut être conservé tout -à-fait ioduré pendant un temps indéfini, sans changements, ce qui est une grande commodité pour les personnes qui ne travaillent que par occasion.

La plus grande sensibilité peut être obtenue par l'usage des sels dont les équivalents chimiques (632) sont les plus faibles et qui, en fait, produisent dans la couche des sels d'argent au plus grand état de pureté possible.

§ 8. Ainsi, les sels de lithium (890), de magnésium et d’ammonium produisent les collodions les plus sensibles :

6,5 parties de lithium \ étant ( 55,8 parties de cadmium. 12,7 parties- de magnésium \ respectivement |

18 parties d’ammonium } égales à ( 39 parties de potassium. Les sels de lithium et de magnésium possèdent, en outre, un grand avantage, c’est que les composés formés par leur immersion dans le N® 3. Mars 1864. 6

COLLODION PHOTOGRAPHIQUE

bain d’argent sont déliquescents, de sorte qu’ils aident encore à conserver à la couche une humidité nécessaire.

Pendant un jour chaud, une plaque préparée avec du collodion au cadmium sera tellement sèche dans un temps donné , qu’elle rendra impossible de répandre à sa surface le développateur, tandis qu’une plaque préparée avec le collodion au magnésium ou au lithium sera encore humide et permettra au développateur de mouiller la surface avec la plus grande facilité*.

§ 9. Formules d’ioduration qui réussissent le mieux :

!Pyroxyline (409) 9 gr.

Ether (657) 350

Alcool (68) 200

Sol. iodu- ( Iodure d’ammonium (836) 5er-8

rante ] Bromure — (183 quciter) ‘2

A ( Alcool (68) .* 200

( Iodure de cadmium (841) 7g*-2

B J Bromure — (185) 2.7

( Alcool (68). 200

! Iodure de magnésium (846) 5sr-6

Bromure — (190) 4.8

Alcool (68) 200

( Iodure de lithium (845) 5gr-3

D | Bromure — (195) 1.7

( Alcool (68) 200

S Iodure d’ammonium (836) 7sr*7

Chlorure de chaux (268) 5.8

Alcool (68) 200

,§ 10. L’éther et l’alcool employés pour ces formules doivent être purs et anhydres. En mélangeant le collodion et la liqueur iodurante, il faut verser toujours le premier dans la seconde, parce que l’alcool étant le dissolvant réel des iodures, si leur solution est versée dans une grande quantité de collodion, le peu d’éther présent précipite souvent une partie des sels.

11 est préférable de ne jamais se servir du collodion que quand il est ioduré depuis 24 heures.

Si l’on a employé la liqueur de cadmium, il se conservera plus longtemps et pourra servir plusieurs semaines.

On peut employer la liqueur E avec des objets blancs et noirs, comme les gravures à copier, pour lesquelles il faut des noirs trèsintenses à côté de blancs parfaitement purs.

§ 11. Si l’on a besoin d’un collodion plus clair, la quantité d’iodure et de bromure sera diminuée dans la même proportion que le pyroxyle, ou bien on clarilierait le tout après l’ioduration, en ajoutant un mélange d’égales parties d’alcool et d’éther.

Si le collodion devient trop épais par l’usage, on le remet dans son état normal, par l’addition de ce même mélange. Dans les jours trèschauds de l’été, il est quelquefois utile d’augmenter la proportion d’al-

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