PARTIE PÉRIODIQUE
DEUXIÈME ANNÉE
61. — ALLIAGES D’ARGENT ET DE PLOMB ET SURTOUT MÉLANGES DES DEUX NITRATES analysés par la voie humide : (F. Thomas, 1864). ( Chim .)
§ 1 . Le procédé de Gay-Lussac, pour l’essai des matières d'argent par la voie humide, a besoin, pour être exact, d’être complété. En effet, ainsi que l’avait déjà constaté d'Arcet, il ne donne pas de résultats exacts avec les alliages de plomb et d'argent, ni avec ceux de mercure et d’argent, si faible que soit la proportion du mercure. L'illustre savant, déjà nommé, avait reconnu qu’il fallait compléter les essais, en réduisant dans un creuset (431) le chlorure obtenu, et en coupellant le bouton métallique.
§ 2. De ce côté, l’attention des essayeurs étant suffisamment éveillée, il n’y aurait rien à ajouter aux travaux de d’Arcet. Mais la grande consommation de nitrate d’argent que fait depuis quelques années la photographie, a, par suite de la concurrence, déterminé des industriels à frauder ce produit. Après s’en être tenus, pendant quelque temps, au nitrate de soude, ils se sont arrêtés à l’emploi du nitrate de plomb comme adultération. En effet, par le procédé indiqué dans la plupart des traités de chimie, et par le procédé de Gay- Lussac, il était facile de constater le manque de richesse en argent du nitrate fraudé par le nitrate de soude, tandis que l’addition du nitrate de plomb était merveilleusement propre à dérouter les gens peu au courant des réactions chimiques.
§ 3. Rappelons d’abord que les chlorures des métaux usuels sont solubles dans l’eau, excepté ceux d’argent, le protochlorure de mer- N° 4. Avril 1864. 7
86 ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUEE A LA PHOTOGRAPHIE
cure et celui de plomb. Nous ne parlons pas ici des protochlorures insolubles des métaux précieux autres que l’argent, parce qu’ils sont naturellement exclus par leur prix.
§ 4. Le nitrate de mercure n’est pas davantage employé pour frauder le nitrate d’argent, parce que son protochlorure empêche le chlorure d’argent de s’impressionner à la lumière. La falsification serait donc maladroite, parce qu’elle serait bientôt reconnue. Mais le nitrate de plomb est très-propre à cet emploi ; car il revient à trèsbas prix, et son protochlorure est, pour ainsi dire, insoluble dans l’eau. Quand on verse une dissolution de chlorure de sodium (277) dans une dissolution de nitrate de plomb (994), il se fait un trouble laiteux, et parle repos, il se forme des aiguilles de chlorure de plomb, mais en agitant vivement le mélange, le chlorure se dépose en poudre impalpable .
§ 5. Si le nitrate de plomb est combiné au nitrate d’argent, et qu’on verse la solution normale salée dans la dissolution des deux sels précédents, on aura, par l’agitation, un précipité qui ne présentera rien d’insolite pour celui qui fait les essais d’argent par la voie humide. De plus, si l’on considère que l’équivalent du protochlorure d’argent est 143,50 et celui de plomb 139 (M. Dumas), en prenant celui de l’hydrogène pour unité, on reconnaîtra que nul métal ne pourrait être aussi bien choisi que le plomb pour frauder le nitrate d’argent.
§ 6. Pour éviter les erreurs commises jusqu’à présent, il faut employer des dissolutions titrées d’ammoniaque pour dissoudre le chlorure d’argent, et mettre ainsi en évidence la nature et la quantité du chlorure de plomb, ou bien, comme l’avait proposé d’Arcet, fondre et réduire le chlorure dans un creuset, et coupeller le bouton obtenu, en corrigeant, au moyen de la table de compensation, l’erreur due à la coupellation.
62. — ANALYSE CHIMIQUE appliquée à la Photographie : ( Ferd. Thomas, 1864). (Chim.). Suite, VIIe article.
§ 51 . h' hydrogène est un gaz qui jouit d’un pouvoir réducteur considérable sur les composés de divers métaux, en ramenant ceux-ci à l’état métallique. Tantôt il agit tout seul, tantôt il lui faut le concours de la chaleur ou d’une pression plus ou moins forte. C’est à ■ M. Békétoff, chimiste russe, qu’on doit de connaître l'influence de la pression, sur l’action réductrice de l’hydrogène. En parlant du traitement préliminaire des résidus liquides d’or et d’argent (297, III), nous avons insisté sur l’utilité qu’il y avait de bien couvrir le tonneau, pour soumettre à une sorte de pression l’hydrogène naissant.
Le procédé que nous avons indiqué à la même occasion, est le seul qui permette de retirer tout l’or en même temps que l’argent. Le foie de soufre ou persulfure de potassium (H 25) ne donne, en effet,
ERRATUM. — Page 31, — IV, ligne 27. L'acide hyponitrique 2(No^) se dédouble en acide nitreux No3 qui se volatilise, et en acide nitrique (1002) No®, qui se combine avec l’ammoniaque (91) pour former un composé volatil.
ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE
que l’argent avec très-peu d’or, parce que si le sulfure d’argent est insoluble dans les sulfures alcsflins, le sulfure d’or s’y dissout en formant avec eux un sulfure double. Lorsqu’on rejette le liquide, on perd par cette méthode la plus grande partie de l’or.
§ 52. L'eau distillée ou protoxyde d'hydrogène , HO, est certainement le dissolvant le plus en usage dans la chimie, mais c’est un des corps qu’il est le plus rare de trouver à l’état de pureté ; non pas que cette pureté soit difficile à obtenir, mais parce que les photographes ne se montrent pas assez exigeants à cet égard. Cependant, s’il est des substances pour lesquelles la pureté de l’eau soit en quelque sorte du luxe, il n’en est pas de même quand il s’agit du nitrate d’argent (983) ou du chlorure d’or (273).
§ 53. L’eau peut contenir, entre autres impuretés, de l’oxygène (1033), du nitrogène (1025), de l’acide carbonique (211), de l’ammoniaque (91), du nitrate et du carbonate d’ammoniaque (206), des sulfates solubles, des chlorures solubles, des sels de chaux, des sels des métaux proprement dits, enfin des matières organiques.
La présence de l’oxygène ou du nitrogène n’est pas nuisible; nous ne nous en occuperons donc pas davantage.
§ 54. L’acide carbonique (211) se voit par l’eau de chaux, qui forme un précipité insoluble de carbonate de chaux (208) ; par l’eau de baryte qui produit un précipité insoluble de carbonate de baryte; par l’acétate de plomb tribasique (17) qui fournit un précipité de carbonate de plomb insoluble en suspension dans l’eau et rendant celleci louche.
L’ammoniaque (91), en dose un peu sensible, se voit au moyen de la teinture de tournesol (1403) rougeâtre qui redevient bleue.
§ 55. Le nitrate et le carbonate d’ammoniaque (206), comme tous les composés ammoniacaux, se voient au moyen d’un peu de chlorure de platine (276) qui forme un précipité de chloroplatinate d’ammoniaque.
Les sulfates solubles se voient au moyen du chlorure de baryum (264) ou du nitrate de baryte (987, II), qui forment un précipité insoluble de sulfate de baryte.
Les chlorures solubles se voient au moyen du nitrate d’argent (983) qui forme qn précipité cailleboteux de chlorure d’argent (262), se rassemblant promptement par l’agitation; bleuissant à la lumière blanche, insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’ammoniaque.
§ 56. Les sels solubles de chaux se voient au moyen de l'oxalate d’ammoniaque (34, III), qui produit un précipité insoluble d’oxalate de chaux.
Les sels des métaux proprement dits sont dévoilés par les sulfures alcalins qui produisent des précipités de couleur variable, suivant la nature du métal.
Enfin, l’on constate, ainsi que l’a montré le premier M. Dupasquier, la présence des matières organiques dans une eau, en y ajou-
tant un peu de chlorure d’or (273), et en faisant bouillir; la dissolution prend une teinte brune, due à la réduction du chlorure d'or, quand elle contient des matières organiques.
§ 57. Ainsi, en résumé, l’eau distillée, pour être pure, ne doit pas faire de précipité avec l’eau de chaux, l’eau de baryte, la solution d’acétate de plomb tribasique, celles de chlorure de platine, de chlorure de baryum ou de nitrate de baryte, de nitrate d’argent, d’oxalate d’ammoniaque, enfin, des sulfures alcalins. Déplus, elle ne doit pas exercer d'action sur la teinture rouge ou bleue de tournesol, ni réduire le chlorure d’or.
Dans la plupart des cas, et surtout en photographie, on peut se borner aux deux caractères suivants :
t° En mettant une goutte d’eau sur une lame de platine bien pyopre, et en évaporant à siccité sur une lampe à alcool, on ne doit pas apercevoir la moindre tache sur la lame, à l'endroit où était la goutte d'eau, si l'eau est pure.
2° L’eau ne doit pas former le moindre louche avec le nitrate d’argent.
Après avoir montré comment on peut constater la pureté ou l’impureté de l'eau distillée, nous allons indiquer les moyens de purifier l’eau ordinaire.
§ 58. En distillant l’eau, on la débarrasse déjà de l’oxygène, du nitrogène, de l’acide carbonique, de l’ammoniaque, du nitrate et du carbonate d’ammoniaque. Ces gaz et ces sels sont entraînés par les premières vapeurs qui se condensent dans le serpentin.
Si l’on se contentait de distiller l’eau, on risquerait fort de n’avoir qu’un très-mauvais produit. En effet, le chlorure de magnésium que contient l’eau, peut, pendant la distillation, se décomposer et former de l’acide chlorhydrique (254) et de la magnésie (902) :
Mg Cl+HO=.HCl + MgO.
Aussi est-il bon de mettre dans l’eau qu’on distille un lait de chaux, pour empêcher la formation de l’acide chlorhydrique. 11 se produit alors du chlorure de calcium (267) qui est fixe, c'est-à-dire indécomposable par la chaleur, et qui est entraîné par les premières vapeurs qui se condensent :
MgCl+CaO+HO = MgO + Ca Cl + HO.
§ 59. Avant de distiller l’eau, il faut y verser une dissolution de permanganate (80, 111) ou de manganate dépotasse ou de. soude, à la dose de 1 ou de 2 gr. par iOO litres d’eau, pour détruire toutes les matières organiques. En effet, sous l’influence de celles-ci, le manganate et le permanganate de potasse ou de soude sont décomposés et réduits à l’état d’hydrate de peroxyde de manganèse.
Après avoir mis dans l'eau la solution de manganate de potasse, et avoir bien agité la masse avec un long agitateur en verre (34), on y verse un lait de chaux et on distille. On met à part le premier quart qui sort du serpentin, pour alimenter de nouveau l’alambic; on re-
ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE
cueille le second et le troisième quarts dans des tourilles en grès qu’on a bien soin de boucher hermétiquement, tout de suite après leur remplissage, pour empêcher l’introduction de Facide carbonique de l’air; le quatrième quart est remis dans l’alambic, parce qu'il pourrait contènir des matières salines non volatiles, entraînées mécaniquement par les vapeurs. Telles sont les conditions pour obtenir de l’eau distillée pure. Beaucoup de fabricants croient avoir tout fait en distillant l’eau ordinaire et en laissant perdre les premiers litres. Cette eau, il faut bien le dire, ne vaut pas l’eau de pluie, parce que celle-ci ne contient pas d’impuretés dangereuses, tandis que la première contient presque toujours de l’acide chlorhydrique (254).
§ 60. Après avoir indiqué la manière d’obtenir l’eau distillée, nous allons passer en revue la composition des différentes eaux de pluie, des sources, des rivières.
Veau de 'pluie contient en dissolution toutes les substances qui existent dans l’air, et qui sont l'oxygène, le nitrogène, l’acide carbonique, le carbonate ou le nitrate d’ammoniaque, des traces d’acide nitrique libre. Ces trois derniers corps se produisent surtout pendant les orages, parce que, sous l’influence de l’électricité atmosphérique, le nitrogène et l'oxygène forment de l’acide nitrique, le nitrogène, l’hydrogène et la vapeur d’eau forment de l'ammoniaque; finalement, l'acide nitrique et l’acide carbonique se combinent avec l’ammoniaque pour faire du nitrate et du carbonate d’ammoniaque. En outrt*, l'eau de pluie, recueillie en premier lieu, contient les poussières et corpuscules organiques qui flottaient dans l’air.
Chaque fois qu’on sera en mesure de recueillir l’eau de pluie, on pourra se dispenser de se procurer de l’eau distillée, à condition de suivre exactement les indications suivantes. On attendra que la pluie ait bien lavé les toits pour recueillir l’eau. On recevra celle-ci dans une tourille, on y mettra 1 gr. au plus de permanganate de potasse pour 100 litres d’eau, et l’on remuera bien avec un agitateur en verre, pour détruire les matières organiques, puis on filtrera à travers un filtre de papier dans une tourille en grès, qu’on bouchera hermétiquement après son remplissage. Cette eau ne donne aucun précipité avec le nitrate d'argent ou le chlorure d’or, et remplace avantageusement l’eau soi-disant distillée du commerce.
§ 61. Les eaux des sources, des rivières , des fleuves contiennent des matières organiques soit végétales, soit animales, des chlorures, des sulfates, des carbonates ou des bicarbonates. Pour rendre ces eaux propres à servir pour les bains d'argent, il faut y détruire les matières organiques par le permanganate de potasse, filtrer, puis y verser peu à peu, en agitant avec un tube de verre, une solution de nitrate d’argent, jusqu’à ce qu’il n'y ait plus de précipité et filtrer. Pour le chlorure d’or, il faut seulement détruire les matières organiques par le permanganate de potasse et filtrer. Mais il ne faut se servir de ces eaux que si l’on n’a pas d’eau de pluie à sa disposition, parce qu’elles
reviennent à un prix pins élevé, à cause des résidus d’argent qu’elles occasionnent et qui constituent une perte pour le photographe, quand même il sait tirer parti de ses résidus.
Les eaux de sources que l’on considère comme les plus pures, sont celles des torrents qui descendent des montagnes granitiques.
§ 62. 11 nous reste à parler de l'action de l'eau, comme agent chimique et comme dissolvant.
L’eau distillée, au contact de l’air, attaque le cuivre (439), le plomb (1182) et d'autres métaux. Le plomb n’est pas attaqué par l’eau ordinaire qui l'oxyde seulement à la surface, parce que les carbonates, les chlorures ou les sulfates solubles qu’elle contient, empêchent la production d'un sel de plomb. L’eau distillée, au contraire, ne contenant aucun sel, jouit d’une force maximum de dissolution. Aussi peut-elle former, au contact de l’air, avec le plomb ou avec le cuivre et bien d'autres métaux, des hydrocarbonates.
L’eau, considérée comme dissolvant, est d’une telle importance, que, parmi les différentes propriétés d’un corps, on range en première ligne son degré de solubilité et d’insolubilité dans l'eau.
§ 63. Nous avons placé l'eau parmi les dissolvants neutres, parce que, dans la grande généralité des cas, elle ne modifie pas les carac-' tères distinctifs des corps qu’elle dissout. C’est pourquoi on étudie ordinairement les propriétés spécifiques des acides, des bases et des sels dans leurs combinaisons avec l’eau, c’est-à-dire dans leurs hydrates.
Cependant, dans quelques cas, l'eau devient un véritable dissolvant altérant, soit qu’elle modifie certaines propriétés des corps qu’elle dissout, soit qu’elle les décompose. Ainsi, comme l’a fait voirM. Chevreul, il existe un certain nombre de sels, tels que le nitrate de bismuth, le stéarate de potasse, etc., qui, dans leur contact avec l’eau, se séparent en deux parties, dont l’une, insoluble, se précipite, et l'autre reste en dissolution dans l'eau. L’eau est ici un véritable agent analytique.
63. — ANALYSE PAR LA VOIE HUMIDE DES ALLIAGES D'ARGENT ET DE PLOMB, et surtout des mélanges de nitrate d’argent et de nitrate de plomb : (Ferd. Thomas, 1864). ( Chim .). V. 61, IV.
64. — APPLICATION DE LA PHOTOGRAPHIE A LA LANTERNE MAGIQUE POUR L'ÉDUCATION PROFESSIONNELLE : (S. Higley, 1863). (P/toL). Suite. V. 25 —42,1V.
§ 16. Si l’on doit se servir de deux gaz sous une certaine pression, les tubes conducteurs de leurs sacs respectifs seront joints aux tuyaux wind’un jet d’oxyhydrogène (fig. 354) par lesquels ils seront conduits dans la chambre de mélange r, de laquelle les gaz combinés sont projetés sur une pelote de chaux a placée environ à 0m.005 du bec du jet.
La boule de chaux est fixée sur une tige t que l’on tourne de temps en temps pour régler la distance.
Si au contraire le mélange des gaz doit être employé sous une plus grande pression encore,, la boule de chaux reçoit un mouvement contraire de rotation au moyen d’une horloge appropriée , pour empêcher 1° que des trous se forment par la combustion de la chaux; 2° que la lumière se produise en dehors du foyer de la lentille; ou 3° que la lumière diminue d'intensité à cause de la distance augmentant entre le jet et le cylindre de chaux.
La proportion exacte d’oxygène et d’hydrogène robinets d’arrêt, jusqu’à ce qu’on obtienne le mei
§ 17. Si l’on veut seulement produire une image de 10 pieds de
diamètre, on peut employer un arran- , gement très-simple : un jet très-mince d’oxygène est expulsé du sac à gaz sous une pression modérée, à travers une flamme de gaz d’éclairage brûlot à l'extrémité d’un tube de laiton joint, par un tube flexible, au brûleur d’une lampe ou de tout autre appareil à gaz (fig. 355). Dans cette figure,* le tube n amène l’oxygène et le tube mie gaz d’éclairage en a a, et ils sont projetés en se mêlant sur le cylindre de chaux c, comme dans la figure 354, de manière qu’ils rendent incandescente la chaux qui est la principale source de lumière.
§ 18. Quand, par exemple, on ne peut pas se procurer de gaz d’éclairage et que l'embarras de faire du gaz hydrogène est une objection, on peut avoir une très-bonne lumière en forçant un jet très-fin d’oxygène à passer à travers une flamme d’alcool a. A (fig. 356) est le réservoir à alcool employé aux lampes ordinaires ; m est le tube d'oxygène. Les deux flammes mélangées sont projetées ainsi sur le cylindre de chaux c, et produisent un effet analogue aux précédents.
§ 19. Il est constaté qu’une lampe à huile d’Argand ne convient pas pour les vues photographiques, quoique la lampe à huile, employée comme on vient de le dire, augmente beaucoup de lumière et d’éclat.
Fig. 355.
Si les cylindres de chaux doivent être soumis à une exposition prolongée., la meilleure chaux est la plus dure que l’on puisse se procurer. Si l’on ne se sert que d’une pression modérée, on peut employer de la chaux plus molle.
M. Fryes a proposé de former des cylindres avec 4 parties de magnésie calcinée et 1 partie de sulfate de chaux mêlées à un peu d’eau. On place dans un moule et l’on cuit au feu. Il assure que la comparaison photométrique de la lumière fournie par cette composition, est à celle de la chaux ordinaire :: 54 : 28.
§ 20. La meilleure forme de lanterne pour les cours ou les démonstrations est celle faite en acajou (fig. 357) : plus vieille est la matière dont elle est construite, meilleur est le résultat.
a 0m.36 en carré et 0,n.90 de haut; elle est garnie de deux jets oxyhydrogènes DE (fig. 357) et de deux objectifs AB. Celui d’en bas B sert pour les vues de la lanterne. Celui de dessus A est fixé à un panneau mobile R T, de sorte que quand il faut un arrangement à double effet ( dissolving view), les deux disques lumineux sur l’écran peuvent être superposés en abaissant un peu l’objectif supérieur A au moyen de la vis S.
L'objectif supérieur A peut être remplacé par une combinaison microscopique, par un polariscope, etc,, et au bord de l’objectif inférieur B, on peut ajouter différentes pièces pour l'analyse du spectre ou autres expériences d’optique.
Pour économiser l'espace et le prix de revient, au lieu de la cheminée habituelle, on peut se servir d’une espèce de couvercle en fer en
muni de côtés plats a, de manière qu’en élevant ou abaissant le dôme suivant le besoin, la ventilation est assurée, tandis que la sortie de la lumière est empêchée par l’opacité des écrans latéraux. Une vis m fixe le dôme à la place utile.
§ 21. Au lieu d’employer l’ouverture des vues combinées ordinaires, qui emploie la totalité de la lumière produite, on peut faire des vues composées dans lesquelles les effets de lumière varient en intensité, alternativement dans une image ou dans l’autre, au moyen de robinets alternatifs F N, qui admettent plus ou moins d’oxygène et qui se manœuvrent par un petit levier L agissant sur l’ouverture des tubes.
§ 22. La partie optique consiste dans deux condenseurs qui sont formés d’un ménisque P, Z et d’une lentille convergente ; et une combinaison antérieure' o, v formée de ménisques achromatiques montés dans un tube glissant dans une garniture de drap fin, et conduits au moyen d’un pignon et d’une crémaillère.
Les lentilles sont séparées, de manière que quelquefois elles puissent donner sous un angle obtus une disposition des rayons lumineux quand on veut se servir plus près d’un écran d’un diamètre médiocre, si au contraire on peut reculer l’écran au loin, une disposition de lumière sous un angle aigu, comme il convient pour un grand écran placé à une longue distance de la lanterne : par cette même combinaison à une égale distance del’écran,onpeut avoir une image plus petite et conséquemment plus brillante, puisque la même quantité de lumière non diffusée est concentrée sur le même espace que quand les deux combinaisons sont employées.
§ 23. Quand toutes les parties sont en travail, quatre vis rondes IRSL sont introduites dans le rebord de la caisse inférieure du gazomètre M (fig. 358) ; elles vont se FlS- 358-
fixer au-dessus de la planchette D à coulisses qui forme table, et sur
ASTIGMATISME.
laquelle se place la lanterne A. La cloche H du gazomètre est susceptible de contenir assez d’oxygène pour faire un cours d’expériences d’une heure au moins.
Il est beaucoup préférable que la lanterne ne se déplace jamais et qu’elle soit placée à demeure pour faire les cours. Dans ce cas, elle est installée sur une table tournante et peut être réunie à toutes les pièces des appareils optiques.
§ 24. Comme il est embarrassant de monter chaque vue photographique dans un châssis séparé, on les place, au moment de s’en servir, dans un châssis (fig. 359) analogue à celui dit positif (240) , dont se servent les photographes. Ce châssis se ferme sur la vue comme un livre et la maintient entre une bordure de drap à des ressorts. On en prépare un pendant que l’autre est en expérience, et il suffit de 2 ou 3 châssis pour l’usage d’une lanterne.
65. — ASTIGMATISME : (J. Laurence et Schadbolt, 1863). (Phys.). Y. 280, § 12, III.
§ 1 . Le mot astigmatisme ou astigmation a été créé par Whewell, de a privatif et point , foyer , pour signifier une inégalité de
pouvoir réfringent (1216) dans un système optique quelconque. L’œil humain qui se rapproche en tant de points de nos systèmes optiques et qui est bien plus parfait qu'eux, offre cependant des propriétés astigmatiques très-curieuses.
§ 2. Il est démontré que son pouvoir réfringent peut être différent suivant les divers méridiens de son globe. On entend ici par méridien, de même qu’en astronomie, un grand cercle passant par les pôles. Dans la pratique, on peut ne s’occuper que des méridiens verticaux et longitudinaux du globe de l’œil.
On peut corriger ce défaut, qui généralement n’affecte qu’un seul des deux yeux, par l’emploi de lunettes à courbures cylindriques.
§ 3. L'astigmatisme existe dans tous les objectifs photographiques, et il est très-facile de se rendre compte expérimentalement de ce phénomène.
On colle sur un mur exposé au soleil, une petite pièce de monnaie d'argent, et l’on en reçoit l'image sur le verre dépoli d’une chambre noire munie d’un objectif simple ou double. Si l’image se trouve au centre du verre dépoli, elle sera ronde et bien définie. En avançant ou en reculant le verre dépoli, l’image restera toujours ronde, mais perdra de sa netteté. Déplaçons maintenant la chambre noire, de ma-
COLLODION NÉGATIF PRÉSERVÉ AU TANNIN
nière à recevoir l’image de la pièce de monnaie sur le bord du verre dépoli. Tout d'abord nous remarquerons que la netteté de l’image est fortement diminuée, et si nous cherchons à remettre au point, en reculant ou en avançant le verre dépoli, nous verrons l’image s’allonger dans le sens de la hauteur ou de la largeur. C’est ce phénomène qu’on appelle Y astigmatisme .
§ 4. Pour le comprendre, il faut se rappeler que le diaphragme d’un objectif n'est rond que vu de face. Aussitôt que nous regardons ce diaphragme obliquement, il devient elliptique. Or, un objet extérieur peut être regardé comme formé d’une infinité de points lumineux dont chacun nous envoie un faisceau de lumière divergente. Les points lumineux situés sur l’axe optique de l'objectif, ou près de cet axe, envoient au verre dépoli des faisceaux coniques, mais les points lumineux latéraux de l’objet voyant le diaphragme elliptique , envoient au verre dépoli des faisceaux elliptiques qui, en se réunissant, constituent des images d’ autant plus confuses que l’obliquité de ces faisceaux est plus grande.
§ 5. Le résultat de l’astigmatisme est donc d’épaissir les lignes délicates de l’objet à reproduire, par exemple, les cheveux. On le corrige en employant des objectifs diaphragmes ou des objectifs à long foyer. Dans le premier cas, on conçoit que plus le diaphragme est petit, moins les faisceaux émanant des diverses parties de la lentille se réunissent pour former un point de l'image; dans le second, que les faisceaux émanant de l’objet sont moins obliques.
§ 6. L’astigmatisme est moindre dans les objectifs simples (10H, § 8) que dans les objectifs doubles (1011, § 16). On le corrige dans l’objectif simple en employant des ménisques (876, § 6, C) fortement convexes, la plus forte convexité regardant le verre dépoli. Dans l'objectif double, il se corrige de la même façon par le dernier verre qui, pour ce motif, doit être plus grand que le premier.
66. — COLLODION NÉGATIF PRÉSERVÉ au Tannin : (Tetssère et Jac- QUEMET, 1863). (Phot.)
§ 1 . Tout collodion qui fournit de bons résultats dans le procédé
COLLODION NÉGATIF PRÉSERVÉ AU TANNIN
humide peut être employé ici. Ce qu'il faut observer c’est qu’il contienne au moins 1 p. 0/o d’iodure et 1/3 de bromure. On peut le faire
avec la formule suivante :
Ether (657) 60 c.c.
>lcool (68) 40
Coton-poudre (409; 1 gr.
Iodurè de cadmium (841) 0.75
Iodure d’ammonium (836) 0.50
Bromure d’ammonium (183 quater) 0.40
Le collodion est appliqué immédiatement sur la glace bien décapée; il faut éviter de laisser des coins découverts. Pour collodionner avec facilité, il faut soutenir la glace avec un tampon de linge légèrement humecté d’eau distillée (fig. 249).
§ 2. Le bain sensibilisateur est composé de la manière sui-
vante :
Eau distillée 100 c.c.
Nitrate d’argent cristallisé (983) 8 gr.
Acide acétique cristallisable (19) 2 c.c.
§ 3. On conduit l’ opération comme il suit : La cuvette à sensibiliser peut contenir deux glaces à la fois; un léger rebord en guttapercha (765) la partage en deux, de manière que l’une des glaces ne peut jamais glisser sur l'autre. Pendant qu’on collodionne une 2e glace, la première est sensibilisée, et quand la 2e est placée au bain d’argent, on retire la première, qui est mise de suite dans le premier bain de lavage et ainsi de suite. Ce premier travail se fait ainsi rapidement et dans de bonnes conditions.
§ 4. A mesure que les glaces sont retirées du bain sensibilisateur, elles sont déposées dans un premier bain d’eau filtrée, où elles doivent rester jusqu’à ce qu’elles soient dégraissées. Quand les 20 glaces de l’autopolygraphe (152, 111) ont été réunies dans ce bain, elles passent une à une successivement , dans deux autres bains d’eau ordinaire filtrée ; et, enfin, dans un 4e bain d'eau distillée, filtrée également. Quand toutes les glaces ont été réunies dans ce dernier bain, et qu’on va procéder à l’application de la liqueur préservatrice, on fait passer un léger filet d’eau distillée sur chaque plaque, afin de faire disparaître les dernières impuretés qui pourraient y adhérer encore.
Pour ces lavages, nous nous servons de cuvettes rectangulaires en zinc, recouvertes intérieurement d’un enduit inattaquable, de la fabrication de M. Deltenre. Le milieu de la cuvette est occupé par un rebord élevé, si bien que la cuvette forme une sorte de canal continu, sur les bords duquel reposent les 20 glaces. Ces cuvettes n’ont que 0m.60 de long, sur 0m.20 de large.
§ 5. Le préservatif est une solution de tannin composée de :
Eau distillée 100 c.c.
Tannin (1398) 3 gr.
Alcool à 40° (68) 5 c.c.
COLLODION NÉGATIF PRÉSERVÉ AU TANNiîï.
Pour sa préparation, on jette le tannin dans l'eau, la dissolution se fait, en général, très-promptement; quand elle est complète, on filtre à plusieurs reprises, trois ou quatre fois au moins; et, enfin, dans la liqueur bien claire, on introduit l’alcool (68). Celui-ci a pour but de permettre à la liqueur de pénétrer plus aisément dans la couche collodionnée; il aide aussi à conserver plus longtemps la solution de tannin, laquelle, sans cette condition, se trouble et se décompose vite. Il faut n’ajouter l’alcool que quand la solution de tannin est filtrée, car il pourrait dissoudre certaines substances résineuses, insolubles dans l’eau, que le tannin renferme toujours.
On prend alors deux verres à bec, de formes bien différentes ou numérotés, afin de ne pas les confondre; on verse dans chacun une certaine quantité de la solution de tannin.
Après que sur la première glace, retirée du dernier bain de lavage, on a passé un filet d’eau distillée, et qu’on l’a fait égoutter, on y verse à plusieurs reprises, en le recueillant chaque fois, le contenu du verre n° 1, jusqu’à ce que le liquide ait bien mordu, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il recouvre, sans les délaisser, toutes les parties de la glace; puis, quand ce lavage au tannin est bien complet, on laisse égoutter, on applique une seule fois le contenu du verre n° 2 et on recueille l’excès dans le vase n° \ .
On peut mettre la glace à sécher, le c'ollodion en dessous, appuyée par un angle sur du papier buvard. Mais d’après les dernières expériences des auteurs de ce procédé, la sensibilité de la glace est notablement augmentée, si après avoir passé le tannin, on lave la glace à un courant d’eau distillée, de manière à la débarrasser de l’excès de tannin. Il est important de ne pas toucher au collodion ou au bain d’argent avec les doigts plus ou moins humectés de tannin. Pour éviter tout accident, il est bon de sensibiliser d’abord toutes les glaces, avant de procéder à l’application du tannin.
Après 7 ou 8 heures de séchage dans des conditions ordinaires de chaleur et d’humidité, les glaces sont prêtes à servir. Elles sont placées dans la partie supérieure de l’autopolygraphe, ou dans une boîte à rainure hermétiquement fermée. La sensibilité de ces glaces se conserve fort longtemps, jusqu’à 2 ou 3 mois, cependant elle doit s’émousser à la longue.
§ 6. L’autopolygraphe (152, III) employé pour ces expériences est muni d’un objectif simple (Darlot) 1/4 de plaque. Avec le plus petit diaphragme il faut :
A la lentille de 10 c. de foyer 60T à 75" de pose.
— — 14 id 2r à 2 1/2' id.
— — 18 id 3' à 3 1/2' id.
§ 7. Le développement de l’image doit se faire le plus tôt possible, car les glaces perdent assez promptement la faculté de retenir l’image. C’est là, si nous ne nous trompons pas, le point de départ d’une théorie explicative de la formation des images photographiques, dont le principe a été émis pour la première fois par M. Vidal.
N° 4. Avril 1864.
COLLODIONS NÉGATIFS PRÉSERVÉS
Avant de commencer le développement, il faut, à deux reprises, à l’aide d’un petit pinceau, coller les bords de la plaque, avec un vernis
très-dense, formé de :
Alcool (68) 100 c.c.
Gomme laque (738) 20 gr.
Après dessiccation, on immerge chaque glace pendant quelques minutes dans l’eau, puis on l’humecte régulièrement avec le bain d’argent qui a servi à les sensibiliser. On plonge alors la glace dans une cuvette plate, contenant une quantité suffisante de la solution révéla-
trice suivante :
Eau distillée 200 c.c.
Acide pyrogallique (1239) 1 gr.
Acide acétique cristallisable (19) 10 c.c.
et l’on agite constamment pour éviter les dépôts.
Ici commence la partie délicate du procédé, du moins par l’appréciation des circonstances.
§ 8. Le développement peut présenter trois caractères distincts :
1° L’épreuve vient convenablement; les blancs se conservent bien, tous les détails sont accusés; on se borne alors à ajouter peu à peu quelques gouttes d’une solution faible de nitrate d’argent, afin que les noirs prennent l’intensité .d’un bon négatif.
2° L’image vient rapidement, elle a une tendance à se voiler ; la pose a été trop longue. On ajoute alors quelques gouttes d’acide acétique sans nitrate, ce qui retarde le développement. Vers la fin, si c’est nécessaire, on ajoute un peu d’argent, pour amener l’épreuve au ton voulu.
3° L’image est lente à venir; les grandes lumières sont seules accusées; les détails ne viennent pas; la pose a été insuffisante. Ajoutez alors au liquide de la cuvette 2 ou 3 gouttes d’une solution alcoolique concentrée d’acide pyrogallique (1 gr. pour 10 d’alcool qui sert très-bien à la préparation du renforçateur dans le procédé au collodion humide); ajoutez également une ou deux gouttes de solution faible d’argent, puis laissez agir. Si l’addition n’est pas suffisante, augmentez la dose, jusqu’à ce que les détails soient venus, puis renforcez en ajoutant de l’acide acétique (19) et de l’argent, si c’est nécessaire.
Dans cette opération, il peut arriver que le liquide devienne boueux ; il faut alors le rejeter vivement et le remplacer par une quantité nouvelle du développateur normal.
§ 9. Après toutes ces manipulations, on lave avec soin et on fixe comme à l’ordinaire à l’hyposulûte de soude (795). Après le lavage, on applique une couche de gomme arabique, et quand la glace est bien sèche, on la vernit. Le cliché est alors terminé.
67. *— COLLODIONS NÉGATIFS PRÉSERVÉS; considérations et méthodes diverses : (G. Kemp, 1863). ( Phot .)
§ 1 . Il existe deux classes de surfaces sensibles, à l’une ou l’autre
COLLODIONS NÉGATIFS PRÉSERF ÉS
desquelles on peut rapporter tous les procédés secs qui sont du domaine de la photographie :
1° On peut avoir une surface préparée de telle sorte qu’étant exposée à l’influence de la lumière, l’iodure d’argent (837) demeure dans un état inerte, jusqu’à ce qu'il soit excité par l'action du développateur : à cette classe appartient le collodion humide ordinaire et beaucoup de procédés secs.
2° On peut ajouter à cette surface une substance qui, non-seulement place l’iodure d’argent dans une condition propre à être modifié par le développateur, niais encore -commence cette action pendant l’exposition de la surface à la lumière. Le papier Talbotype (1121) et le collodion sec au tannin (126, III) appartiennent à cette seconde classe.
§ 2. Toutes les substances qui apportent une part importante à la production de l’image photographique, sont généralement, soit de formes désaggrégées, leurs molécules adhérant ensemble par une affinité chimique très-faible, soit de formes dérivatives de celles-ci. Il serait difficile de nommer une substance dans laquelle les deux propriétés soient plus remarquablement unies que dans le malt (909 bis). Nous nous servirons habituellement, par exemple, d’une certaine variété de substances, différentes évidemment par leurs apparences et leurs caractères physiques, mais toutes comprises entre les limites des formules :
C12H909 et C12Hli0li,
différant quant à leur composition élémentaire seulement par les quantités des éléments d'eau qu’elles contiennent : ainsi la dextrine (501) C12H10O10 diffère seulement de l’amidon (87) C12H909 parce qu’elle contient les éléments d’un équivalent (632) d’eau de plus.
Le sucre de canne (1362) G12 H1 1 04 1 contient, lui, les éléments de deux équivalents d’eau; le sucre de lait cristallisé (1363) C12H12012 renferme en plus les éléments des 3 équivalents d'eau.
§ 3. Ainsi le malt contient non-seulement le radical de cette série — amidon — qui est facile à transformer; mais il contient en grande abondance ce radical actuellement transformé en un certain nombre de substances dont nous venons de parler ci-dessus, et prééminemment disposées à arrêter tout démembrement ultérieur, par la seule circonstance qu'elles contiennent en elles-mêmes le corps catalytique qui, au-dessus de tous les autres, produit ces changements avec une rapidité infinie, et que, pour cette raison, on nomme diastase (505), et dont l'énergie est telle, d’ailleurs, qu’une seule partie de cette substance est capable de convertir 2000 parties d’amidon, d’abord en dextrine et bientôt en sucre de raisin (1365).
§ 4. Ces trois conditions, toutefois, sont nécessaires et paraissent être très-simples, mais représentent, en fait, une force- effective considérable dans tout changement organique produit sous l’influence
COLLODIONS NÉGATIFS PRÉSERVÉS
de : — la chaleur et Y humidité. Il n’échappera pas d’ailleurs à notre observation que deux des substances dont nous venons de parler, la dextrine et le sucre de raisin, nous sont familières comme agents employés dès les premiers temps de la photographie ; le sucre de raisin surtout, que l'on supposait être un corps accélérateur, et qui fut recommandé dans le procédé sur papier ciré (1064 et suivants). Accélérateur, certainement en un sens, car il a une merveilleuse tendance, dans un développement lent, à produire une action excessive du développateur et à être cause que l’argent se précipite non-seulement sur les points frappés par la lumière, mais sur toute la surface, détruisant ainsi la pureté des blancs et endommageant, sinon tachant le négatif.
§ 5. De même, le collodion est un dérivatif d’une substance, le coton, tout à fait analogue à l’amidon quant à sa composition, et rentrant dans la série des corps dont nous avons parlé. On peut donc supposer par analogie que le pouvoir catalytique de la diastase est capable, même dans le collodion, d’elfectuer un changement très-actif sur l’accélération des effets de l’iodure d’argent sous l’influence de la lumière.
§ 6. Procédé au malt (V. 354).
Prenez :
Malt (909 bis) lgr-85
Concassez-le dans un moulin et le broyez jusqu’à ce qu’il puisse passer aisément sous un rouleau comme celui dont on se sert pour faire de la pâtisserie. On doit préférer le malt pâle, parce que dans le malt fortement séché, une grande partie de l’amidon est convertie en dextrine, et qu’il produit une infusion très-visqueuse qui ne convient point à notre procédé. Placez le malt ainsi écrasé dans un pot de faïence ou tout autre vase convenable, et versez dessus par degrés :
Eau tiède 185 c c.
en remuant constamment, puis laissez le tout reposer dans un endroit chaud, mais non brûlant, pendant 15'; le four froid d’une cuisine répond parfaitement à ce but.
Pendant ce temps, amenez 800 c.c. d’eau distillée ou au moins d’eau de pluie, au point d’ébullition, et versez-la sur le malt, en l’humectant comme plus haut et remuant constamment. Couvrpz le vase et remettez-le au chaud, et le laissez ainsi 2 heures, pendant lesquelles le liquide aura entièrement changé de caractère et sera devenu sucré. On pourra alors le laisser refroidir pendant 1 heure, et tout le contenu du vase sera vidé sur un canevas ou un tamis de crin ordinaire. Quand le liquide aura passé à travers, on versera sur la masse pâteuse 800 c.c. d’eau distillée qui fera sortir par déplacement l’infusion encore retenue par la matière.
§ 7. il est très-important d’apporter une grande attention à la qualité de l*e<m, car une négligence à cet égard peut être, plus qu’autre chose, cause de la non-réussite de ce procédé : par exemple, si l’eau
COLLODIONS NÉGATIFS PRÉSERVÉS
contient des chlorures ou des carbonates, ce qui est le cas ordinaire et invariable de l’eau commune, les plaques, quand elles seront traitées par la liqueur préservatrice, seront nécessairement rendues insensibles par la formation des chlorure et carbonate d’argent. Cependant, la préparation suivanto de la liqueur préservatrice empêche certains sels de se former.
Restant en repos un temps assez court, le liquide trouble aura déposé un sédiment épais, duquel on pourra décanter la liqueur claire qui surnage : il n’est pas nécessaire de la filtrer, ce qui est trèslong, d'autant qu’avec les quantités ci-dessus indiquées, on obtient assez de liquide clair pour revêtir trois douzaines de plaques stéréoscopiques.
§ 8. Versez le liquide ainsi obtenu dans un flacon; ajoutez :
Acide acétique cristallisablô (19) 1 c.c.
Agitez et placez le flacon danÿun bain d’eau que vous portez à l’ébullition, maintenant cette température jusqu’à ce que le liquide du flacon bouille bien, après quoi vous laisserez refroidir. Quand il sera froid, on trouvera encore un sédiment fluide qu’il faudra, comme le premier, séparer par décantation. Ajoutez alors :
Alcool (68) 100 gr.
et la liqueur préservatrice sera prête. 11 sera bon, en beaucoup de cas, de la passer, mais ce n’est point une opération facile, car en passant dans le filtre, elle est retenue par sa consistance mielleuse et émulsive qu'on ne peut lui enlever sans dommage, et qui demanderait des procédés compliqués que l'on doit écarter de la pratique photographique.
§ 9. Les préparations suivantes sont communes à toutes les plaques préparées, savoir : la couche de collodion sera sensibilisée dans un bain de nitrate d’argent (983) et parfaitement lavée avec de l’eau distillée, ou au moins de l’eau de pluie bien pure. La liqueur préservatrice sera versée à plusieurs reprises à la surface, de manière à assurer l’action sur tous les points de son étendue, puis reversée. La plaque sera introduite alors dans une cuvette d’eau pure et y trempera pendant 10'; elle sera ensuite lavée de nouveau sous un courant d’eau et placée dans une position convenable pour égoutter, un coin sur du papier buvard.
Au bout d’une demi-heure, elle pourra être exposée à la chaleur pour être parfaitement desséchée (293, III). Le point auquel elle doit être chauffée est atteint quand la main ne peut plus supporter la chaleur. Elle est enfin serrée pour l’usage. Ces plaques, bien à l'abri de la lumière, de l’humidité et de l’air vicié, peuvent se conserver plus de 6 semaines.
Un des caractères spéciaux au procédé de conservation par le malt, c’est l’adhérence et la ténacité du collodion à la glace, ce qui a conduit à utiliser cette propriété dans le procédé au tannin qui, au contraire, rend la couche de collodion très-peu adhérente et Loi donne
COLLODIONS NÉGATIFS PRÉSERVÉS
une tendance à se soulever. Les plaques préparées de cette manière demandent une exposition variant suivant la nature du sujet et Tétât de la lumière, de 1 ' 1/2 à 2' avec un objectif simple 1 /4pour stéréoscope. > § 10. Procédé au tannin et au malt (354).
I . Après avoir préparé Tinfusion de malt comme ci-dessus, et l’avoir passée, ajoutez 1/3 du volume d’alcool (68), laissez déposer et filtrez.
II. Au moment de vous en servir, ajoutez un volume égal de solution de tannin dans l’eau, 10 gr. par 100, et filtrez de nouveau. Cette solution sert à la manière ordinaire, seulement, il est bon, avant de développer, de replonger la glace recouverte de tannin dans un bain d'acétonitrate d’argent (983).
Le temps de pose par ce procédé est d'environ T.
§11. Procédé à la tanno-glycérine.
La solution de tanno-glycérine se prépare ainsi :
! Acide tannique ou tannin (1398) 5gr-80
Eau 100
Acide acétique cristallisable 5 gouttes.
Glycérine (735). ... * llgr-65
Sol. B. Solution A 23.25
Eau 58.20
Cette dernière solution est versée et reversée à la manière ordinaire sur la glace. L’addition de Tacide acétique a pour but de combattre un léger voile qui s'observe sur certaines parties de la plaque pendant le développement; c’est un remède sûr pour ce mal. Le bain, au contraire, serait mauvais s’il donnait un voile avec le procédé humide ordinaire.
L’exposition dans les circonstances déjà mentionnées est de 10' à 20' environ.
§ 12. Procédé à la tanno-glycérine avec nitrate d’argent et acide formique.
Le procédé suivant donne des résultats très-rapides, puisque le temps de pose reste entre 15" et 20", mais il demande beaucoup de soins dans les manipulations.
On emploie la solution de tannin et de glycérine du § 1 1 , à laquelle on
ajoute :
Acide formique (703) 1 c.c.
Solution B (§ 11) 100
On mêle parfaitement, ce que, par parenthèse, l’on doit faire chaque fois que l’on s’en sert, et l’on ajoute :
Solution de nitrate d’argent 1 c. c.
Cette solution est ainsi faite :
Eau 100
Nitrate d’argent cristallisé (983) 3.88
On peut, pour l’acide formique et pour la solution de nitrate d’argent, porter la quantité à 2cc de chaque, mais il faut, dans ce cas, prendre les plus grands soins pour que le lavage à l’eau soit irréprochable.