ÉCOULEMENT DES# LIQUIDES
liquide, d sa densité (481) ou son poids spécifique, la pression exercée par le liquide sur le fond du vase est égale au produit :
sXhXd.
On démontre par le raisonnement et par l’expérience, que cette pression est indépendante de la forme du vase, qu’elle ne dépend que de la surface du fond du vase, de la hauteur et de la nature du liquide.
Par exemple, soient 2 vases qui ont tous deux 1 décimètre carré pour la surface du fond, dont l’un a partout la même forme que le fond, et dont l’autre est terminé, au contraire, par un tube trèsmince qui commence immédiatement au-dessus du fond. Supposonsles remplis du même liquide à la même hauteur; la pression exercée sur le fond des vases sera absolument identique dans les deux cas, quand bien même l'un des vases contiendrait une vingtaine de litres d’eau et que l’autre n’en contiendrait à peine que 100 décimètres cubes.
§ 4. Deuxième principe. La pression qu’exerce un liquide sur l’une des parois du vase qui le contient, est égale au poids d’une colonne du même liquide qui aurait pour base la paroi pressée et pour hauteur , la hauteur du liquide au-dessus du centre de gravité de cette paroi.
Ce principe n’est que le précédent énoncé d’une manière plus générale. Nous voulons savoir, par exemple, la pression qu’exerce de l’eau distillée sur une portion quelconque d’une paroi verticale, soit sur 1 centimètre carré de cette paroi, nous supposerons qu’au-dessus du centre de gravité de cette surface, l’eau occupe une hauteur de 1 décimètre. La pression sera égale au poids d’une colonne d’eau de 1 centimètre carré de base, et de 1 décimètre de hauteur, ou bien encore à celui de 1 0 colonnes d'eau de 1 centimètre carré de base et de 1 centimètre de hauteur, c’est-à-dire égale au poids de 10 centimètres cubes d’eau, ou enfin, à 10 grammes.
En général s étant la surface considérée, h la hauteur du liquide au-dessus du centre de gravité de cette surface, d la densité du liquide, la pression égale produit :
§ 5 . Troisième principe. Quand on pratique une ouverture sur une paroi verticale d'un vase , on remarque que le liquide se déprime près de cette ouverture , dès que le niveau du liquide s'est suffisamment abaissé.
On rend ce phénomène sensible en mettant en suspension dans le liquide un corps réduit en poudre impalpable. Ces petites particules rendent manifeste le sens du mouvement du liquide, et montrent qu’il y a convergence vers l’ouverture, des molécules liquides situées au-dessus et au-dessous de cette ouverture.
Ce principe n’est au fond qu’un corollaire des deux précédents.
§ 6. Ces lois étant établies, on concevra facilement que dans un tonneau où il y a des résidus d’or et d’argent, recouverts de liquide
ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER
ces résidus supportent une pression égale au poids d’une colonne de ce liquide, qui a pour base la surface du fond du tonneau, et pour hauteur celle du liquide. Quand le tonneau a un demi-mètre carré de surface au fond, et 1 mètre de hauteur, la pression sur le fond est au moins égale à 500 kilogrammes, car le liquide est plus dense que l'eau distillée.
Cette pression est plus que suffisante pour soulever la boue du fond du tonneau. Quand celui-ci ne porte pas d’ajutage sur l’une de ses parois verticales, la boue reste au fond; mais lorsqu’on fait couler le liquide par un ajutage, la pression précédente qui s’exerce toujours, et qui ne diminue que lentement, si l’écoulement ‘va lentement, n'étant plus contre-balancée par la résistance de la paroi, force la boue à sortir par l’ouverture de l’ajutage.
On nous objectera sans doute la densité de cette boue, en rappelant que l’or a pour densité 19, et l’argent 10 environ. Nous ferons remarquer qu'un même corps peut avoir des densités bien différentes selon son aspect physique. Ainsi, pour ne citer que quelques exemples, le platine (1480) lanciné a pour densité 22,009; le platine forgé a pour densité 20,337 ; ce qui, pour un décimètre cube de chacun, fait une différence de 1 kil.732; à l’état d’éponge ou de mou de platine, le platine a une densité bien plus faible encore, non encore déterminée.
L’argent et l’or en poudre impalpable, provenant de la décomposition d’une de leurs dissolutions par une lame de zinc ( 1 1 82) ou tout autre moyen, ont une densité excessivement faible. Ce n'est que quand les particules ainsi obtenues se sont rassemblées en quantité suffisante, qu'elles finissent par tomber au fond du vase. Leur densité est tellement faible, avant cet état, que la moindre agitation du liquide suffit pour les faire remonter dans la masse.
§ 7. Si l’on a bien compris ce qui précède, on saisira la nécessité de notre recommandation de filtrer toutes les eaux sans exception, bien entendu après s'être assuré que{tout l’or et tout l’argent sont déposés ou en suspension seulement dans le liquidé (297, 111).
87. - ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER, PAR LES NITRATES DE PLOMB ET D'ARGENT : (J. Spiller, 4864). ( Phot .)
§ 1 . Le traitement des épreuves positives qui va être exposé plus loin, est basé sur quelques expériences spéciales qu-’il est bon de rappeler préalablement. Du nitrate de soude (260, III) pur, en solution aqueuse faible et froide, est soumis à l’action d’un courant de chlore gazeux (252); très-peu est absorbé, et ce qui est enlevé est dissous comme chlore libre qui se décèle par son odeur et sa propriété de blanchir le papier de tournesol (4045).
Conservé 1 Jieure à l’obscurité, ce caractère de la solution ne s’altère pas, quoique l’on sache que par l’action de la lumière le chlore décompose l'eau pour former de l’acide chlorhydrique (254).
§ 2. La solution est alors chauffée graduellement jusqu’à l’ébullition : elle perd son odeur de chlore, devient acide, et si on l’essaie au papier de tournesol, elle le rougit sans le blanchir.