‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 4)Chapitre 78 sur 193 · AGRANDISSEMENTS · texte numérisé non relu

AGRANDISSEMENTS

lentille de devant ou de derrière de la combinaison. C’est par ce moyen seul que l’on peut obtenir le meilleur agrandissement possible comme épreuve.

§ 4. Comment on trouve le point exact où la lentille doit être placée. Il faut déterminer la longueur focale du condenseur, en trouvant la distance de son point comburant à la glace; alors, quand le tube est sorti pour l'extension de son jeu, il faut mesurer la distance du devant de la plaque de devant, dans laquelle ce tube se monte, à la lentille de devant. On déduit cette distance de la longueur focale du condenseur, et la différence donne la distance du condenseur à l’extérieur à peu près de la chambre noire, ou à la partie sur laquelle la plaque de face du tube doit être vissée.

§ 5. On peut plus facilement obtenir le même résultat en interposant le tube dans la lumière condensée, et le mouvant en avant ou en arrière, jusqu’à ce que le point focal ou comburant soit juste sur le devant de la lentille antérieure.

Alors, un aide mesure cette distance du devant de la chambre noire, et l’on fixe d'une manière permanente le tube à ce point. En faisant tout ceci, il faut prendre les plus grands soins pour que l’axe du condenseur coïncide exactement avec l’axé du tube. Tout ceci constitue le premier arrangement approximatif.

§ 6. L’ajustement subséquent consiste à amener le foyer actinique à coïncider avec le centre optique de la lentille de devant. On dévisse la coulisse du tube et on le tourne vers le soleil, le foyer lumineux devient très -visible dans l’espace noir en arrière de la chambre. Alors, on introduit un morceau de glace colorée en violet foncé entre le condenseur et l’objectif, de manière à intercepter toutes les couleurs du cône lumineux, excepté le violet, et l’on marque l'endroit où tombe le sommet du cône violet; on fait alors marcher la vis du tube jusqu'à ce que' ce foyer soit juste sur le devant du verre antérieur, puis, comme on connaît l'épaisseur de la lentille de devant, on avance le tube assez pour que le foyer des rayons bleus soit au milieu de l’épaisseur de cette lentille. Tel est l’ajustement définitif et permanent du tube par rapport au condenseur.

On marque cette position par une ligne sur la monture en cuivre afin que le tube puisse être adapté en un’ instant quand on doit s'en servir.

§ 7. Le porte-négatif est mobile au moyen d’une vis, de façon qu’on puisse l’amener au foyer sans aucun écran dans chaque côté du tube. Quand cette opération de mise au foyer est achevée, on introduit le verre violet pour avoir le foyer actinique et non pour le foyer lumineux. Ce qui fait que l’image lumineuse sur l’écran, fournie quand le verre violet est enlevé, peut n'être pas très-nette, mais l’image imprimée sur le papier sera très-nette et parfaitement fine.

§ 8. Le même mode de procéder peut être suivi pour une chambre noire ordinaire, afin de n’avoir aucun doute sur la correction du tube

ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE

quant à l’actinisme, en plaçant au-devant de l’objectif une glace colorée en violet pendant qu’on met au point.

§ 9. Aussitôt que le négatif est en place et que le foyer actinique est exactement déterminé , on fixe le papier préparé sur l’écran à l’endroit convenable. Pour conserver le papier parfaitement plat et uni, on promène par derrière une éponge humide, et alors qu’il s'est entièrement étendu et pour qu’il demeure uni et sans ondulations, on passe autour du bord, environ sur 0m.055 du même côté où l’on a promené l’éponge, une épaisse solution de gomme arabique (737); on attache le papier ainsi préparé sur un morceau de glace unie ou sur un carton à dessin de dimension un peu plus petite que le papier et on laisse sécher.

Quand il est sec, toutes les ondulations et inégalités doivent avoir disparu, le papier est uni et plan, prêt à recevoir l'image en supposant, bien entendu, qu’il a été préalablement sensibilisé sur le bain d'argent.

§ 10. Si cette opération a été omise ou négligée,la solution argentique peut être très-expéditivement étendue à la surface et égalisée avec un tampon ou touffe de coton floche jusqu’à ce que la couche soit bien uniforme.

L'excès d’argent est ainsi enlevé et la plaque est dressée sur un angle dans un verre pour recevoir les gouttes qui descendent.

Alors qu’elle est sèche, on la place au foyer du négatif et l’on admet le soleil. Au moyen de deux vis placées en dedans de la chambre obscure, on maintient les rayons du soleil dans la même position pendant le cours de l’impressionnement. L’impression sur du papier albuminé au moyen de la chambre solaire, est une opération longue et ennuyeuse, qui demande plusieurs heures pour être complète et quelquefois un jour ou deux si les nuages couvrent le soleil. Cet inconvénient a fait abandonner ce mode pour celui de l'impressionnement par développement, qui est beaucoup plus commode, parce qu’il est presque indépendant de l'état du ciel nuageux ou non.

Parmi les nombreux procédés de cette espèce, on peut user, comme réussissant bien, celui indiqué par Blanquart-Evrard et par Bertsch.

103. — ANALYSE CHIMIQUE appliquée à la Photographie : (Ferd. Thomas, 1864). ( Chim .). Suite, IXe article. Y. 304, III — 317, III — 341,111 — 1, IV — 23, 1Y — 41, IY — 62, IY — 84, IV.

§ 73. Analyse chimique appliquée aux corps simples métalliques.

Nous commencerons l’étude des composés métalliques par ceux que forme l’ammoniaque Am (90). Cette étude, ainsi que nous le verrons, justifiera pleinement l'hypothèse d’ Ampère, que nous avons exposée succinctement à propos de l’ammoniaque Am O.

A représentant un équivalent d’un acide oxygéné quelconque, le sel neutre qu’il forme avec l’ammoniaquê sera représenté par la formule Am O, A. Ainsi, le sulfate d’ammoniaque aura pour formule :

Am O, So3.

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Il peut se faire qu’un hydracide HR, ou un métalloïde R de la famille du chlore (252) se combine avec l’ammoniaque (91) Am O. Dans ce cas, le sel résultant aura toujours pour formule Am H + HO, s’il est hydraté, et Am R, s’il est anhydre.

Si l’on broie dans un mortier en verre des sels ammoniacaux avec des alcalis ou des terres alcalines, ou même avec leurs carbonates, il se dégage une odeur pénétrante caractéristique, due au gaz ammoniac qui se sépare de sa combinaison. Si la quantité d’ammoniaque dégagée était trop faible pour affecter l’odorat, en approchant une baguette de verre trempée dans l’acide chlorhydrique (254) très-étendu d’eau, on aperçoit des vapeurs blanches de chlorure d’ammonium Am Cl. Ce caractère permet de se prononcer sur un sel ammoniacal solide.

§ 74. Les dissolutions des sels ammoniacaux précipitent en jaune par une dissolution de bichlorure de platine Pt Cl2. Ce précipité est peu soluble dans l’eau, presque insoluble dans l’alcool (68), et laisse du platine pur (1180) par la calcination.

L’acide tartrique (1401) T, en excès donne dans les dissolutions des sels ammoniacaux un précipité blanc et cristallin de bitartrate d’ammoniaque Am O, 2T, soluble dans un grand excès d’eau et dans les alcalis.

Enfin, avec le sulfate d’alumine Al2 O3, 3S03, les sels ammoniacaux forment un précipité blanc, cristallin, peu soluble, d’alun ammoniacal Am O, S O3 -f- Al2 O3, 3S03. Ce précipité ne se dépose qu’au bout d’un certain temps, par suite de ce qu’on a appelé force d’inertie moléculaire. Les molécules sont, en effet, dans un état d’équilibre indifférent, et comme soustraites à l’action de l’affinité chimique et de la pesanteur. Il faut agiter vivement la liqueur avec un agitateur (34) pour que les molécules se mettent en mouvement et que le dépôt se fasse immédiatement.

§ 75. Les sels ammoniacaux sont incolores, d’une saveur piquante. La plupart n’ont pas d’odeur sensible. Cependant ceux qui sont formés par des acides faibles, comme l’acide carbonique (211) ou l’acide sulfhydrique (1372), possèdent l’odeur de l’ammoniaque (91).

La chaleur les volatilise sans décomposition, ou les décompose. Dans ce dernier cas, un sel ammoniacal neutre perd une partie de son ammoniaque et devient acide.

L’analogie de ces sels avec les- sels de potassé est manifeste, car ils sont isomorphes avec eux; comme eux, ils sont solubles dans l’eau. Le chloro-platinate et le bitartrate d’ammoniaque sont insolubles dans l’eau, de même que les' sels correspondants de potasse. L’alun d’ammoniaque a une solubilité presque aussi faible que celle de l’alun de potasse. Si, de plus, nous constatons que l’ammoniaque joue le rôle de base énergique comme potasse, en voilà plus qu’il n’en faut pour adopter l’hypothèse de l’ammonium.

§ 76. Le chlorure d’ammonium Am Cl, appelé encore chlorhydrate

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d’ammoniaque, était autrefois connu sous le nom de Sel ammoniac. Ce sel est vendu par le commerce dans un état de pureté suffisant pour les photographes. Dans le cas très-rare où l’on aurait besoin d’un produit pur, il faudrait le purifier par deux sublimations (1355) ou deux cristallisations (432) successives.

§ 77. Le monosulfure d'ammoniun Am S ne nous servira que comme réactif dans l’analyse chimique. Pour le préparer, on fait deux parts égales d’une dissolution d’ammoniaque; on fait passer jusqu’à refus, un courant d’acide sulfhydrique dans l’une des parts, et on la mele ensuite avec la moitié de l’autre part. On doit garder ce produit dans des flacons bouchés à l’émeri, et remplis autant que possible.

On pëut doser l’ammoniaque dans l’analyse chimique au moyen du chloro-platinate ou chlorure double de platine et d’ammonium.

§ 78. Le Potassium K (1210) n’est pas employé à l’état de liberté, parce qu’il revient encore à un prix assez élevé. Le Sodium (1328), qui a avec lui les plus fortes analogies, sert à éliminer les métaux alcalino-terreux de leurs combinaisons. C’est ainsi , en effet, qu'on a préparé l’aluminium, le calcium (200), le magnésium (909), etc.

Mais . si le potassium est directement sans usages, il n’en est pas de même de ses composés. Aussi allons-nous leur consacrer une étude spéciale au point de vue exclusif de l’analyse chimique.

§ 79. Le premier de ces composés est, sans contredit, la potasse (1209) ou protoxyde de potassium KO. Elle sert à préparer divers oxydes métalliques, vu qu’elle les déplace presque tous de leurs combinaisons.

La potasse se trouve surtout :

1° Dans la potasse du commerce qui est très-impure.

2° Dans la crème de tartre ou bitartrate dépotasse KO, HO, 2T.En chauffant fortement, l'acide tartrique C8H4010, 2HO se détruit et se change en eau qui se volatilise, en acide carbonique qui se combine avec la potasse pour former du carbonate de potasse, et en charbon qui colore en noir le carbonate formé. Ce produit s’appelle flux noir . La crème de tartre est le tartre brut des tonneaux purifié par filtration et par plusieurs cristallisations successives.

3° Dans le bioxalate de potasse ou sel d'oseille KO, HO, 20. En calcinant ce sel, l’acide oxalique C2 O3, HO se change en eau qui se volatilise, en acide carbonique qui se combine avec la potasse, et en carbone qui colore en noir le carbonate de potasse formé. On a, ainsi que précédemment, du flux noir. En dissolvant dans l’eau distillée, et décantant après repos, on a, par évaporation dans une capsule d'argent, du carbonate de potasse pur. Mais pour cela, il est évident qu’il faut d’abord purifier le sel d’oseille du commerce, ce qui est, du reste, aisé à faire, car il n’y a qu’à faire cristalliser ce sel deux fois de suite.

4° Dans le nitrate de potasse KO, NO3, qui n’est que le salpêtre du commerce purifié par plusieurs cristallisations. Dans ce sel, la potasse est unie à un agent très-comburant, qui est l’acide nitrique (1002).

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Si l’on mêle donc le nitrate de potasse avec le bitartrate, et qu’on allume le mélange avec un charbon incandescent, on aura du carbonate de potasse très-pur ou du flux noir, selon qu’on aura ou non employé un excès de nitrate de potasse. La théorie de cette réaction est très-aisée à concevoir. Elle doit se faire dans un creuset (431) en terre.

5° Dans le bicarbonate de potasse du commerce, KO, 2C02, qui est cristallisable, et qu’il est par suite facile de purifier par plusieurs cristallisations. Le bicarbonate ainsi obtenu est décomposé par la chaleur en acide carbonique (211) qui se dégage, et en carbonate de potasse très-pur. Cette réaction doit se faire dans une capsule d’argent. Si l’on opérait dans une capsule de porcelaine (205 bis), on aurait de la silice, de l’alumine qui se combineraient avec la potasse.

§ 80. Dans ce qui précède, nous n’avons évidemment en vue que l’analyse chimique et la préparation des réactifs. Car pour le nettoyage des glaces en photographie, il va de soi que la potasse du commerce suffit largement.

Le carbonate de potasse, obtenu par les procédés précédents nous servira à préparer la potasse caustique (1209) à l’état de pureté. On emploie à cet effet la chaux pure CaO, et Ton a :

KO, CO2 + Ca O = KO + Ca O, CO2.

On reprend la masse par l’eau distillée , la potasse se sépare par décantation, et l’on évapore à siccité dans une capsule d’argent. La potasse ainsi obtenue s’appelle potasse à la chaux. Il est rare qu’ainsi préparée dans les laboratoires elle ait une belle apparence. On serait tenté de la croire beaucoup moins pure que celle du commerce, mais ce serait à tort, car cette dernière est souillée par de beau et de l'acide nitrique qu’on y ajoute pour la faire blanchir. La coloration de la potasse des laboratoires tient à ce qu'il se forme du peroxyde de potassium et un peu d’oxyde d’argent qui sont colorés tous deux. Mais en dissolvant dans l'eau distillée, on a après décantation de la potasse très-pure.

§ 81. On suit encore un autre procédé pour obtenir la potasse pure. On change le carbonate en sulfate de potasse, KO, SO3 qu’on peut purifier par cristallisation. On dissout ce sulfate dans l'eau distillée, et l’on y verse une dissolution de baryte pure Ba O jusqu’à cessation de tout précipité. On a du sulfate de baryte insoluble, BaO, S O3, et de l’hydrate de potasse, KO, HO qui reste en dissolution. On décante et l’on achève comme ci-dessus.

Le carbonate de potasse pur, que nous avons obtenu précédemment nous servira à préparer la plupart des sels de potassium. L’acide carbonique est, en effet, facile à expulser par un acide quelconque, parce qu’il est le plus volatil de tous. Il est du reste si faible, qu’il est incapable de produire des sels neutres avec les acides, ce qui fait que les carbonates alcalins servent aussi bien que les alcalis euxmêmes pour neutraliser un acide. ( Sera continué.)

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