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PRBUTBS POSITIVES SUR PAPIER PAR L'ANIUIIK

I (11. VoGEL, 1860.) (Phot.) Voir 8, Yl.

§ 1 . Comme tous les procédés nouveaux, celui-ci présente des difficultés ; mais par la simplicité des manipulations et par la modicité des produits employés, il l'emporte de beaucoup sur le procédé à l'argent. Les épreuves ont bien l'aspect un peu mou de toutes celles obtenues directement sur papier, mais pour la reproduction des dessins, par exemple, ce n'est pas un inconvénient. La difficulté est la détermination précise de

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Texposition : elle exige surtout un coup d'œil exercé. Cependant il y a moyen d'éluder cette difficulté, et nous Talions démontrer.

§ 2. Nous avons établi (8, VI) que l'intensité des tons de l'épreuve s'acciH)it par l'addition du chromate de potasse et de l'acide phosphorique (1146 ) dans le bain. En augmentant la dose de ce dernier produit, l'intensité est bien plus vigoureuse que celle qu'on obtient avec le chromate. Partant de là, nous avons augmenté graduellement la dose d'acide phosphorique et nous nous sommes arrêtés à la formule suivante :

Chromate rouge de potasse (245, Yl) i partie.

Solution d'acide phosphorique (dens. 1,124).. . 10 Eau 10

La sensibilité de cette liqueur décroit, au contraire, par l'addition di. l'acide phosphorique.

§ 5. On fait flotter le papier sur ce bain pendant une minute ; une plus longue immersion imbibe le papier et il se teinte même à l'envers. Pour éviter cet inconvénient, on fera bien de le sécher très-rapidement, au four s'il est possible. Le papier en lui-même joue un rôle très-important dans l'opération. Le Rives ne nous a pas donné de bons résultats, il se ramollit, boit, et paraît être moins sensible que le Sleinbach, Ce dernier nous a, au contraire, bien réussi. E. Dawson recommande de cylindrer le papier, à chaud, avant la sensibilisation. Nous avons dit que l'impression se fait sur un positif, dessin, gravure, cliché, etc. Les parties correspondantes aux endroits transparents du positif se teignent en vert à la lumière, les autres restent jaunes, et l'on obtient, en définitive, un dessin jaune sur fond vert. Ce dessin, peu visible à la lumière d'une lampe, l'est davantage au jour, et, avec un peu d'habitude, on en saisit tous les détails. C'est ce dessin jaune pâle que l'aniline transforme en noir bleu. Trop peu exposé, le fond, qui devrait rester blanc, se colore comme le trait; trop exposé, il ne se colore que très-lentement ou pas du tout. On peut juger par là que la durée de l'exposition est chose des plus importantes.

§ 4. (Juand le positif contient beaucoup de demi-tons, il faut surveiller rimpression de près. On la poursuit jusqu'à ce que les détails des parties ombrées du vêtement commencent à apparaître en jaune. Les dessins, en général, ne manquent pas de se traduire en jaune sur fond vert, après une pose très-courte, et quand on les place dans la boîte à fumigations (85, IV), le fond vert, qui aurait dû rester blanc, se colore comme le trait. Il faut donc exposer jusqu'à ce que le fond soit complètement réduit à la lumière, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il ait perdu la propriété de se colorer aux vapeurs d'aniline. La durée de l'exposition doit encore se régler d'après répaisseur et la transparence du papier. Les dessins sur Wathman exigent 1 heure par un ciel serein; des gravures sur papier fort, 2 à 3 heures, 5/4 d'heure à 1 heure au soleil. Le papier le plus rapide est le Ponce; il ne demande ordinairement que 10 à 12' d'exposition. Si celle-ci est un peu trop longue, le dessin pénètre dans la pâte et se révèle non à l'endroit, roais à l'envers, offrant par transparence une grande intensité; quelquefois i\ est visible des deux côtés, et dans certaines circonstances c'est un avantage.

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§ 5. Il existe un moyen de procéder avec une quasi-certitude quand on opère dans un jour et avec un positif dont on ne connaît pas expérimentalement les propriétés, quand on n'a aucune idée de la durée qu'il faudra donner à rimpression. Voici ce qu'il faut faire : Quand l'épreuve est visible en jaune, on coupe dans la marge du papier imprégné de chromate (245, Yl), à un endroit placé sous le dessin qu'on reproduit, une petite bande que l'on place dans la boîte aux fumigations; si elle s'y colore en 10 minutes, c'est que le dessin n'est pas encore assez exposé. On répète cette expérience quelque temps après, jusqu'à ce que Féchantillon ne se colore plus : c'est un signe que l'exposition est complète et qu'on peut sownettre l'épreuve aux vapeurs. Avec un peu d'expérience du procédé^ cet essai devient inutile. Il va de soi qu'il faut tenir compte de la teinte plus ou moins foncée des traits du dessin type : ainsi, avec une encre grise ou avec la mine de plomb, il est difficile d'éviter que le trait perce à l'envers.

§ 6. Les meilleures épreuves sont celles fournies par un positif sur collodion (1203 ter). L'exposition varie de 10' à 1 heure, selon le jour et l'épaisseur du papier. Ce sont les épreuves où l'on obtient le plus d'ombres dans les ombres, et le plus de blanc dans les clairs. Le procédé à l'aniline peut rendre ainsi d'énormes services dans les agrandissements, il suffit pour cela d'un positif agrandi d'après un cliché négatif, qu'on imprime par la méthode Willis (8, VI). Dans les dessins, Tépaisseur du papier a aussi une grande importance : s'il est mince, on Timprime avec le dessin au-dessus, et l'on obtient un positif sans interversion ; s'il est épais, cette méthode donnera une copie sans netteté : dans ce cas, le côté du papier qui porte le dessin doit être appliqué sur le papier réimbibé, mais Timage est renversée. Les épreuves qui percent le papier sont alors utiles en ce qu'elles fournissent à l'envers une image normale du sujet reproduit.

§ 7. Il est facile d'éviter les renversements d'images avec les positifs sur collodion, si l'on tient compte que le positif, devant avoir la même direction que l'original négatif, ne peut retourner celui-là et que les deux clichés offrent alors la même orientation. Des dessins sur papier inégal reproduisent la même inégalité.

Nous développons les vapeurs dans une cuvette plate ; les épreuves sont mises au fond et on la recouvre d'un couvercle en bois, sur lequel est collé un papier buvard. Ce papier est uniformément humecté avec une solution de :

Benzine (152). 30 gr.

Aniline (245, VI) 30 à 40 gouttes.

Plus il y a d'aniline, plus l'action est rapide : il faut la verser le plus également possible, sans quoi le développement ne s'effectuerait pas à certaines places.

§ 8. Si l'épreuve n'est pas surexposée, elle commence à se développer au bout de quelques minutes et son intensité va croissant d'une manièjre constante. Elle est d'abord d'une teinte olive noirâtre, sale, qui, par l'immersion dans l'eau, vire au bleu franc. Si les fumigations se prolongent,

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la teinte de Tépreuve prend un ton noir brun, plus convenable pour le portrait; elle est plus bleue si les fumigations durent très-peu. La durée de celles-ci dépend tout à fait de celle de Texposition. Si les dessins ont été trop peu exposés, ils n'auront pas besoin d'autant de vapeurs, surtout que le fond lui-même se colorerait. Surexposés, au contraire,'ils ne se développent qu'après une longue fumigation. On peut recommander, pour le portrait en particulier, une lé^i le surexposition et une fumigation un peu plus prolongée, parce qu'on recherche [dans ce genre un ton noir brun qu'on obtient par ce moyen.

§ 9. Souvent l'épreuve paraît verte dans le bain de lavage : ce n'est rien, car on peut toujours ramener le vert au bleu en ajoutant de l'ammoniaque (90) au bain de lavage. Les acides virent en vert, l'ammoniaque et les alcalis en bleu. Or, le bain acide a l'avantage de dissoudre l'oxyde de chrome (20, IV) qui 'se fixe dans l'image et lui donne sa couleur. On parvient d'ailleurs à avoir un fond blanc en plongeant l'épreuve, après le premier lavage, dans de l'acide sulfurique (1580), étendu de 100 fois son poids d'eau, lavant de nouveau et la passant rapidement dans un bain d'ammoniaque dilué au centuple, qui la fait passer au bleu. Avec la dissolution d'acide phosphorique, dont nous avons parlé, cette acidification des épreuves n'est pas nécessaire. Elles deviennent «uffisamment blanches sans cela, pourvu que l'exposition ait été bien conduite.

§ 10. Quelquefois les épreuves prennent dans l'eau un aspect tacheté, quoiqu'elles paraissent bien nettes avant le lavage ; mais ces taches disparaissent par le séchage. On les lave dans de l'eau renouvelée 8 fois, et quand le ton devient verdâtre, on ajoute à la quatrième un peu d'ammoniaque. Quant à la stabilité des épreuves, nous dirons que nous en avons sous les yeux qui se sont conservées depuis un an. Quelques-unes des nôtres se sont teintes en vert, ce qui provient d'un lavage défectueux qui n'a pas enlevé la dernière trace d'acide phosphorique. Mais il est très-facile de ramener ces épreuves au bleu au moyen de l'ammoniaque.

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