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RETOUCHE DES NÉGATIFS

§ 1 , L'examen attentif des diverses espèces de négatifs qui ont besoin d'un renforcement pour donner de bonnes épreuves sur papier, fait reconnaître que chacun d'eux exige un renforcement particulier. Parmi ces espèces, il y en a deux qui sont les plus ordinaires, et auxquelles ces remarques se rapportent exclusivement. L'une se présente, quand l'exposition de la plaque à la lumière a été trop courte ; et l'autre, quand le collodion, le bain d'argent ou le bain développateur ne sont pas dans un état convenable. Les clichés de la première sorte manquent de détails, et ceux de la seconde n'ont pas assez d'opacité. Il est naturel qu'un cliché puisse appartenir à ces deux espèces à la fois, et de cette combinaison doit résiilter une troisième catégorie. Ceci posé, voici les deux méthodes de renforcement auxquelles on peut recourir.

§ 2. 1" Observer la qualité du cliché. Il peut être trop faible, manquer de détails, ou avoir à la fois ces deux défauts.

2" Quel que soit le défaut du cliché, le laver après le développement et l'enlèvement de l'iodure d'argent (837, 287, ID) non frappé par la lumière, avec un excès d'eau de pluie.

3** Si l'image est trop faible, appliquer le renforcement ordinaire par lacide pyrogallique (1239), additionné d'acide citrique (299), et de quelques gouttes d'une solution aqueuse de nitrate d'argent (983).

§ 3. 4" Quand l'image manque de détails, appliquer d'abord une solution aqueuse de chlorure de cuivre (269), à 3 pour 100. Laver et remplacer l'eau par une solution aqueuse concentrée des sesquichlorure de fer (1320) acide. Laver de nouveau et couvrir le cliché d'une solution d'iodure de potassium (856) dans l'eau qui est saturée d'iodure d'argent (837) pur ; laver finalement.

§ 4. 5* Quand le cliché est mauvais sous les deux rapports, lui appliquer d'abord le premier traitement, puis le second.

296. — RETOUCHE DES NÉQATIFS (paysages). (Gràsshoff. 1866 .) (PhoL)

§ 1. U doit être arrivé à plus d'un photographe, qu'après avoir pris des vues, ou bien l'air était trop transparent dans le négatif, ou bien il s'y produisait des taches. Ces accidents rendent nécessaire la retouche des parties défectueuses au moyen d'une couleur opaque, par exemple, lorsqu'il s'agit de nuages à copier ou d'un ciel qui doit rester blanc. De nombreux essais ont déterminé l'auteur à adopter une simple couleur à la détrempe. Tous les véhicules où entre l'empois (541) ou la gomme (737) sont trop cassants; le jaune d'oeuf et l'huile en fournissent un beaucoup plus moelleux. En voici la préparation :

§ 2. Mettez dans un verre un jaune d'œuf ; jgoutez-y sort équivalent d'huile de lin (251 , 111), ou mieux de vernis à l'huile de lin, et mélangez-les ensemble en remuant, avec une petite spatule en bois, jusqu'à ce que les deux corps forment une masse ; on peut aussi y ajouter un peu d'eau. C'est le véhicule que l'on ajoute, au lieu de gomme, à la couleur finement broyée avec de l'eau, en pâte épaisse, jusqu'au point où la couleur étendue sur du papier

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prend un faible lustre et cesse de déteindre lorsqu'on la frotte rudement avec le doigt sec ou le revers de la main. La couleur préférable pour cet usage est le brun de Yan-Dyk sec. Elle est visible sur le cliché, propre et suffisamment opaque. Les couleurs terreuses exigent trop de liquide et elles deviennent cassantes. La terre de Sienne et la terre d'ombre anglaise le sont cependant moins. Cette couleur en défrempe, bien broyée, jouit aussi de la propriété de s'attacher parfaitement au vernis du cliché et du verre, de sécher vite et de pouvoir être étendue avec de l'eau à volonté. Au bout d'un quart d'heure on peut appliquer une nouvelle couche et en superposer ainsi autant qu'on veut, sans crainte d'endommager la couche inférieure, comme il arrive avec les couleurs à l'aquarelle, employées sur le verre : cela permet de peindre sur le côté du verre des portions de nuages, de les renforcer et de les modifier à son gré, jusqu'à ce qu'on obtienne TelTet voulu, sans devoir enlever d'abord les couches déjà posées.

§ 3. Si l'on emploie le vernis à l'huile de lin, on aura, au bout de quelques jours, surtout en imprimant au soleil, une couleur extrêmement fixe. L'huile n'adhère pas au papier et n'y produit pas de taches graisseuses ; un simple lavage n'enlève pas la couleur du cliché, comme lorsqu'on se sort d'encre de Chine : cependant, si le négatif restait mouillé pendant plusieurs heures, la couleur finirait par s'effacer.

§ 4. Il n'est pas absolument nécessaire d'employer le brun de Van-Dyk : de bon noir peut également servir, de même que la terre de Sienne calcinée, la terre d'ombre, le vert de chrome, etc. Cependant le brun de Van- Dyk, avec le vernis à l'huile de lin et le jaune d'œuf, auxquels on ajoute quelques gouttes de siccatif des peintres en bâtiments, fournit encore la couleur la plus favorable. La relouche exige une main sûre et habile, et il est des parties du cliché , comme les détails de la végétation , qu'il est presque impossible de couvrir. 11 ne faut pas retoucher au-dessus de l'horizon, du côté du verre, car il est impossible de conserver aux contours leur netteté : il vaut mieux travailler du côté verni avec beaucoup de soin, dût-on y mettre trois fois plus de temps. L'usage apprendra bientôt la consistance qu'il faut donner à la couleur. Quant à sa conservation, elle est suffisamment assurée si on la place dans une fiole bouchée, où Ton puise à mesure des besoins.

§ 5. L'auteur emploie depuis longtemps cette couleur mêlée avec un peu d'encre de Chine (549) et d'indigo (819) pur, pour la retouche ordinaire des épreuves sur papier. Elle n'a pas l'inconvénient de se décolorer comme la teinte neutre, le carmin, etc. Le brun de Van-Dyk est, en un mot, la couleur la plus appropriée au travail de la retouche. (Phot. MittheiL)

PAniS. — IMP. SIMON KAÇON ET COUP., RUE d'eRFCRTII, i.

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