‹ Répertoire encyclopédique de photographieChapitre 176 sur 219 · INTENSITÉ C · texte numérisé non relu

INTENSITÉ C

mm.

HO

(Sera continué.)

312.— PIQUETAGE A JOUR DAMS LES HÉOATin. (Towler, 1866.) (Chim.) Voir 1171.-1172, 235, 111.-120, ÏV. — 238, Vï.

§ 1. M. le docteur Vogel a publié dernièrement (265, YT) une communication de laquelle il résulte, selon lui, que les piqûres du négatif sont causées par la présence du sulfate d'argent (218, III) soit dans le collodion, soit dans le bain. S'il existe dans le premier, on ne peut l'attribuer qu'à un lavage incomplet de la pyroxyline (38, III. — 315, VI); si c'est dans le second, à quelque impureté dans le nitrate ou à des sulfates solubles dans l'eau. Le bain doit être rarement la cause de cet accident, s'il faut l'attribuer au sulfate d'argent; mais supposant qu'il en est ainsi, le savant docteur préconise un remède immédiat consistant dans l'emploi du nitrate de baryte (987). Or l'application de ce remède a donné lieu à une curieuse découverte : c'est que le bain auquel on a sgouté du nitrate de baryte donne aux ombres du négatif une vigoureuse intensité.

§ 2. Cependant ce n'est pas le sulfate d'argent (218, UI) qui occasionne les piqûres ; cet accident se produit sous l'influence de deux causes : l'excès d'ioduration du coUodion et la présence dans le bain de corpuscules provenant ou de la saturation par l'iode (103, Œ) ou de la poussière. Pour obvier au premier inconvénient, nous recommanderons de restreindre la dose des iodo-bromures du collodion et de ne pas dépasser 1 gramme pour 100 centigrammes de ce liquide. La poussière et les corps étrangers sont écartés par de fréquentes fîltrations du bain, et la force de celui-ci est maintenue constante en ajoutant du nitrate (983) frais tous les deux ou trois jours.

§ 3. On se trouvera également bien de filtrer souvent le collodion, et même de faire cette opération tous les soirs pour le bain et le collodion, afin de les trouver en bon état le lendemain. Nous voudrions qu'on eût

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six filtres dans chaque laboratoire et que tous les soirs on s'en seryit : N" 1 pour le collodion ; N*" â pour le bain d'argent négatif; N** 3 pour le bain sensibilisateur du papier ; I*)*" 4 pour le développateur ; N* 5 pour le bain de virage ; N"* 6 pour le bain de fixage.

§ 4. C'est plaisir que de travailler ainsi avec des bains parfaitement limpides et propres, et Ton est bien payé, par les résultats, de la légère peine qu'on s'est donnée. On aurait tort de croire que la filtration altère le moins du monde tous ces produits; il faudrait être complètement étrange aux notions les plus élémentaires de la chimie pour le soutenir, et les faits démontrent cette assertion comme ils confirment de la manière la plus éclatante l'efficacité des conseils que nous venons de donner.

(Humphrey's JoumaL)

313. — PORTRAITS FAITS AVRG UN FOTXR TARIABUB MS L'mjBGTIF. (Dess.) Voir 305, YI, g 11.

314. — FTROXYLI. (Sur le) (L. Gooco, 1866.) (Chim.) Voir 12, 41 -**

58, ra.

§ 1 . Le résultat de la combinaison de trois équivalents d'acide hyponitrique et d'un de cellulose est appelé pyroxyle, pyroxyline, fulmicoton, etc., dénominations qui n'indiquent ni l'origine, ni la constitution de cette substance. Il paraîtra peut-être superflu aujourd'hui de traiter cette matière déjà si discutée et qui fut, dans la science, l'objet de si sérieuses études, mais les photographes et ceux qui se servent de pyroxyle du commerce savent les irrégularités et les différences qu'ils rencontrent suivant que le pyroxyle a été fabriqué de telle ou telle manière. De ce fait on doit conclure que, bien que toutes les méthodes de fabrication du coton-poudre reviennent, en dernière analyse, à la même action chimique, le résultat n'est cependant pas constant, et les plus petites différences de préparation sont suffisantes pour changer profondément la propriété du produit.

§ 2. L'alcoolène (4.111) découvert par M. Sutton a été laissé jusqu'à présent dans l'oubli, et pourtant, grâce à lui, on aurait bientôt obtenu de grands perfectionnements, surtout pour le collodion sec. L'alcoolène est réellement une découverte importante. Qui niera que le collodion avec excès d'alcool (68), comme l'emploie M. Liesegang, est préférable au collodion avec excès d'éther (657)? Le secret réside dans la qualité relative de pyroxyle. Quarfd l'alcool prédomine on a une plus grande solubilité des sels iodurants, plus d'inaltérabilité, et, en outre, le bain d'argent et les autres liquides pénètrent mieux la pellicule, le précipité métallique d'argent (112) est plus divisé, plus intime et très-uniforme, d'où résultent la finesse, la transparence et le mordant de l'image ; le bain d'argent s'insinuant profondément dans latîouche'de collodion donne plus de rapidité, car les actions chimiques se produisent d'autant mieux que les molécules des

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corps mis en présence sont plus divisées et plus proches. Si la couche de collodion, trop éthéré par suite de la nature du coton, est compacte comme une couche de vernis huileux, les réactions chimiques ont un moindre développement, et quoique Timpression de la lumière s'exerce vivement, les molécules humides d'iodure d'argent (837) renfermées dans la substance presque résineuse du coton, n'étant pas en contact parfait avec le liquide argentifère, il y a un retard dans leur décomposition ou leur vibration, conmie on voudra.

§ 3. Le pyroxyle nitrifié à basse température avec de Tacide très-concentré, quoiqu'il soit entièrement soluble dans Téther légèrement alcoolisé, ne jouit pas de la propriété sus-mentionnée, par la raison qu'il donne une pâte trop imperméable, et il faut observer que plus sa fibre est rude au toucher, plus est grande la quantité d'éther dans l'alcool qu'il demande pour former une dissolution liquide, et qui s'étende bien. Le coton préparé à une température supérieure à H- 350** exige d'autant moins d'éther que la température du mélange nitrifiant était, jusqu'à de certaines limites bien entendu, plus élevée et l'acide employé moins concentré.

§ k. Tous les fabricants de fulmi-coton savent que si les acides sont trésdilués, la cellulose ne tarde pas à se dissoudre, et si ceci n'a pas lieu, le pyroxyle obtenu est pulvérulent, rend troubles les eaux de lavage et fournit un collodion dont la couche n'a aucune consistance ou ténacité. Cependant en tenant compte de certaines conditions, on arrive à hilminer le coton avec un acide dont la concentration, eu égard aussi à la température, est presque suffisante pour dissoudre la cellulose, et le pyroxyle obtenu se trouvera dans les conditions mentionnées plus haut et servira au collodion fin et rapide.

§ 5. Voici quelques détails pratiques :

Prenez simultanément [de l'acide nitrique (1002) de 1,42 de densité, l'acide sulfurique (1380) de 1,84 et le nitrate de potasse (995). L'acide sulfurique que fournit le commerce remplit parfaitement son but. Il doit être blanc et dense et à la température de + 15**, pesant 1,84 au densimètre, ce qui veut dire approximativement marquant OO*" au pèse-adde de Baume.

L'acide nitrique (1002) doit avoir rigoureusement 1,42 de densité. On trouve facilement dans le commerce l'acide nitrique monohydraté dont la densité est 1,51 , et lacide nitrique ordinaire dit à 40**. £n les mélangeant l'un et l'autre on obtient le degré voulu.

Le nitre ou salpêtre doit être exempt, le plus possible» de chlcurure (276 bù) et anhydre.

On trouve dans le commerce cette qualité de nitre en cristaux trè&> anhydres.

Le coton doit être pur et à fibre longue.

§ 6. Prenez :

Salpêtre ou nitrate de potasse (993) réduit en poudre fine et bien sec 175 gr.

Au moment de le mêler avec l'acide il doit être à la température d'en-

P¥ROXTLE. 315

viron SS"". Mettez-le dans un vase de verre de grande capacité et Verseiz sur lui :

Acide nitrique (1002) (densité 1»42). . . . 150 c. c.

Remuez le mélange avec un agitateur (54) et ajoutez au fur et à mesure :

Acide sulfurique (1580) (densité 1,84). . . . 550 c. c.

Un thermomètre est immergé dans le bain, et en peu de temps il arrive à marquer -f- 74» : continuez à agiter jusqu'à ce que le nitre soit complètement dissous, et lorsque le thermomètre marquera + 70% ajoutez :

Coton (406) 26 gr.

lequel doit être retiré chaud d'une étuve à + 45\ Agitez tout le contenu du vase afin de faire parvenir la composition acide dans toute la masse du coton et qu'il n'y ait pas d'endroit où, de l'eau se produisant, la cellulose se dissolve, pendant la nitriiication, avec dégagement des vapeurs rutilantes.

§ 7. Le temps de contact est de 15' au bout desquelles on enlève le pyroxyle formé, on le comprime fortement entre deux glaces solides pour enlever l'excès d'acide et on le trempe, le plus rapidement possible, dans l'eau. On le rince ensuite dans une autre eau renouvelée quatre ou cinq fois, puis, afin d'enlever toutes les traces d'acide qu'il retient mécaniquement entre ses fibres. On lave ensuite pendant 12 heures dans de l'eau souvent renouvelée, comme on le fait pour les épreuves positives au sortir du bain d'hyposulfite (795). Puis on le traite par un bain alcalin composé de la manière suivante :

Eau 1 litre.

Ammoniaque liquide (91) pure 50 c. c.

Finalement on lave et on fait sécher au soleil ou à l'ètuve.

§ 8 J. Ce coton n'est pas si rude au toucher : il a la fibre fragile ; il se réduit en poudre quand on le comprime entre les doigts; il s'enflamme et brûle lentement sans laisser de résidu; il n'éclate pas quand on le frappe ; il est inodore et d'une couleur un peu jaunâtre. Dans l'alcool (68) à 98* il se gonfle et se ramollit; dans l'alcool anhydre il se dissout en produisant un liquide visqueux. Si on ajoute à ce fluide le quart de son volume d'éther (657), le pyroxyle se dissout complètement produisant un coUodion très-mucilagineux et très-trouble qui se clarifie rapidement par une ioduration alcaline. Versé sur le verre il s'étend avec beaucoup de facilité et de régularité; la couche adhère avec ténacité et est très- perméable, servant tout aussi bien pour les 1/4 de plaque que pour les 21/27, parce qu'il se prend moins vite que l'autre et qu'il a le temps de s'étendre également sur tout le plan, sans se strier ni produire des épaisseurs. Le rapport entre l'éther et l'alcool pour composer le coUodion auquel semble adapté ce pyroxyle sera le suivant :

Alcool anhydre (68) 50 c. c.

Éther à 66- (657) ., ! . 50 c. c.

Coton décrit précédemment (§7) 2«',50

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