COLLODION NÉGATIF ALBUMINÉ AU NITRATE VAB
COLTiODION NÉGATIF ALBDMINÉ AU NITRATE D*AhGENT. 529'
pour procédé leo. (E. BoiviN, 1866.) (Phot.) Voir 308, 309.— 92, ITI. — 524, V. — 2, 294, 528, VI.
§ 1 . Le coUodion est composé de la manière suivante :
Alcool à 40» (68) 40 c. c.
Nitrate d'argent cristallisé ou fondu (983) . 1 gr.
Éther (657) 60 c. c,
Goton^poudre (410) bien soluble 1 gr.
Pour faire entrer le nitrate d'argent dans le collodion, on le dissout d'abord dans une goutte d'eau distillée, on ajoute Talcool, puis l'éther, et enfin le coton-poudre. On laisse reposer 24 heures dans un endroit frais Si ce coUodion est trop épais, on peut l'allonger avec l'éther alcoolisé dans la proportion ci-dessus.
§ 2. La glace est collodionnée à la manière ordinaire, puis immergée, comme d'habitude, dans le bain d'iodure suivant :
Eau distillée 100 gr.
lodure de potassium (848) 4 à 6 gr.
Bromure de potassium (191) 1,50
Dès que la couche est complètement opaline, on la lave dans une cuvette d'eau pure pour enlever toute trace d'iode libre (828) à sa surface; puis on la met égoutter debout contre un mur.
§ 5. Mettez dans un flacon à large ouverture :
Albumine de 6 œufs (46) 250 c. c.
Eau distillée 50
Sucre de raisin (1365) 6 gr.
Dextrine (501 ) 6
lodure de potassium (S48) 1,50
lodure d'ammonium (836) 1,50
Bromure de potassium (191) 0,50
Bromure d'ammonium (183 quater). ... 0,50
Ammoniaque liquide (91) quelques gouttes.
Iode eh paillettes (828) quelque peu.
Ce mélange est fortement agité dans le flacon et mis à reposer au frais ; d'un autre côté on prépare le mucilage suivant :
Eau pure 1 verre.
Graine de lin (743) quant, suffis.
Cette macération trop épaisse est additionnée d'eau jusqu'à ce qu'elle arrive à la même fluidité que l'albumine précédente. On ajoute alors :
lodure de potassium (848) 1 gr.
Liquide mucilagineux 100
§ 4. On mélange ensemble :
Albumine préparée (§3) 2 parties.
Mucilage de graine de lin (§3) .' . 1
On décante au bout de quelques jours et on conserve en flacons bouchés.
330 GOLIiODION NÉGATIF CHLORO-IODURÉ .
La glace étant égouttée, on la recouvre successivement de deux coudies différentes de ce vernis. Une fois sèche, elle se conserve indéfiniment Toutes les opérations ci-dessus ont pu se faire à la lumière du jour, car la couche est complètement insensible, les sels d'argent qu'elle contient ayant été produits dans un milieu à excès alcalin.
§ 5. Pour sensibiliser ces glaces on les plonge une minute dans le bain suivant :
Eau distillée iOO c. c.
Nitrate d'argent cristallisé ou fondu (983). . 7 à 8 Acide acétique cristallisable (19) 8 à 10
Lavez dans Une cuvette d'eau de pluie et conservez cette eau pour le développement.
§ 6. La pose doit être calculée à raison d'une minute par G", 08 de foyer pour les objectifs à vues avec le petit diaphragme.
§ 7. Pour développer mettez la glace pendant quelques minutes dans l'eau de lavage conservée après la sensibilisation; l'immerger ensuite dans:
Acide gallique (721), dissolution à 4/1 OÔO. . 20 c. c.
Eau de pluie pure • . . 20
Acétate de soude (14) ou phosphate (1143),
dissolution 5/100 5 gr.
Pendant le développement ajoutez, s'il se fait difficilement , quelques gouttes de :
Nitrate d'argent fondu blanc, très-pur (983). 2 gr. Eau distillée 100
§ 8. Si les détails sont bien venus, renforcez légèrement avec la solution suivante :
Acide pyrogallique (1239) 1 gr.
Eau distillée 250 c. c.
Acide acétique cristallisable (19) 10 à 15
§ 9. Si l'épreuve est grise et sans vigueur renforcez avec :
Acide pyrogallique (1239). . 1 gr.
Acide citrique cristallisé (299) 1,50 à 2
Eau distillée 250
§ 10. Si l'épreuve manque de détails, ou en a d'incomplets, remettez la plaque dans l'acide gallique fort contenant très-peu de nitrate.
§ 11. On fixe avec une dissolution saturée d'hyposulfite de soude (795).
§ 12. Vernissage au vernis négatif ordinaire.
331. — GOLLODION NÉGATIF GHLORO-IODURÉ. (VoGEL, 1866.) (Phot.)
§ 1. L'addition des sels de brome (183) communique au collodion plus de sensibilité pour les Jours faibles, les demi-teintes, etc., en fournissant des contours nets ; mais le collodion aux iodures est plus sensible pour les jours intenses; il donne des contours moins nets et ne fournit pas de demi-tons.
§ 2. Partant de ce fait, M. Vogel pensa que Taddition des chlorures exerçait peut-être une action semblable à celle des bromures, et pour s'en assurer composa le coUodion suivant :
lodure de cadmium (841) 1 gr. . .
lodure de sodium (29, III) 0,4
Chlorure de cadmium (266) 0,2
Alcool (68) 0,50
Gollodion normal 0,90
Ce collodion est plus sçnsible pour les d^mi-teintes que le collodion a riodure seul, et il donne en même temps des contours bien définis.
§ 5. En comparaison de notre collodion bromo-ioduré, celui-ci fournit une épreuve un peu plus dure, ce qu'on corrige aisément, d'ailleurs, en joutant un peu plus de chlorure de cadmium. Quant à la stabilité, ce collodion ne laisse rien à désirer; aujourd'hui encore, après quatre mois, il a conservé sa belle teinte d'un jaune vineux. Cette circonstance nous ramène à la question de la permanence.
§ 4. Hardwich affirme que Taddition des sels de |brome augmente la stabilité du collodion : la formation des sels doubles, qui sont beaucoup plus stables, l'explique d'ailleurs très-bien. Cependant il se présente, dans la pratique, des cas où l'on remarque le contraire.
L'auteur a pris deux coUodions contenant la même dose d'iodure de cadmium (841) et d'iodure de sodium (29, III), l'un avec du bromure de sodium (192), et l'autre sans. Le premier rougit au bout de huit jours, l'autre au bout de six mois conservait toujours sa teinte d'un jaune limpide.
§ 5. De nouvelles expériences avec le même bromure de sodium ont produit le même résultat; et il est très-probable que le bromure employé contenait du bromate de soude que la préparation n'avait pas complètement éliminé.
§ 6. L'action des acides libres qui se rencontrent si souvent dans le collodion et dont la présence est due soit à l'oxydation causée par l'air, soit à la décomposition de l'acide nitreux contenu dans la pyroxyline (58, 111), décompose ces bromates comme les iodures. L'acide bromique agit sur les iodhydrates en reconstituant de l'iode hbre (828).
Br05 + 5fll = 5H0 + 51 + Br.
d'où provient la teinte rouge foncée qui se produit en présence des moindres quantités de bromates. (Bulletin belge de la photogr.)
332. — GOLLODION SPÉCIAL POIIR LA REPRODUCTION DIS GRAVURES. (Phot,) Voir 303, VI, §§ 9 et 10.
(Chim.) Voir 417. — 66, 111.— 70, IV. — 30, 94, 225, VI.
§ 1 . L^application des épreuves photographiques à la céramique, surtout quand elles sont obtenues au moyen du procédé Poitevin, — couche de gélatine bichromatée (723) -» nécessite l'emploi des pigments fusibles
en poudre. Les procédés suivants sont recommandables par une longue pratique ; nous croyons être utiles à nos lecteurs en leur en donnant les formules.
§ 2. Fliuc. — Le flux qui servait à glacer les sels métalliques et les oxydes sont les sels de bismuth (166) et de plomb (1182). Les premiers sont préférables parce qu'ils résistent mieux que les autres à une haute température. On prend donc :
Nitrate de bismuth (988) 10 parties en poids.
Résine (1285) 30
Essence de lavande (842) ou autre essence ne produisant aucun précipité dans le mélange. . . . , 75
Et on procède ainsi.
On introduit 30 parties de résine dans^une capsule posée sur un bain de sable : on chauffe peu à peu, et à mesure qu'elle fond, on y verse 16 parties de nitrate de bismuth par petites portions à la fois, en remuant pour incorporer les deux substances. Dès que le mélange commence à brunir et à mesure qu'il brunit, on y verse 40 parties d'essence de lavande, et on continue à remuer pour obtenir un mélange parfait des matières à leur solution. On enlève alors la capsule du bain de sable et on la laisse refroidir peu à peu, puis on ajoute les 55 parties restantes d'essence, après quoi on laisse le tout refroidir pendant quelques heures.
§ 3. Les sels et oxydes métalliques qui servent à former les matières colorantes sont les sels de platine (1180), d'argent (112), de palladium (1037), de coUodium, d'iridium (28, V), d'antimoine, d'étain (649), d'urane (1460.— 147, V), de zinc (1535), de cobalt (504), de chrome (288), de cuivre (439), de fer (671), de manganèse (914), etc., et parfois ceux d'or (1025), pour produire, dans ce dernier cas, toutes les teintes riches de la nacre, soit celles réfléchies du prisme. Quant aux matières colorantes,* voici comment on les obtient.
§ 4. Première matière, jaune. — On fait fondre dans une capsule chauffée au bain de sable :
Résine ordinaire (1285) , 30 parties.
Quand elle est à peu près en fusion on y ajoute :
Nitrate d'urane (998) , . 10 parties.
Et pendant qu'on brasse :
Essence de lavande (642) 35 à 40 parties.
Quand ce mélange est bien homogène, on retire du feu et on ajoute encore 20 à 35 parties d'essence. Cette matière colorante, mélangée à partie égale de flux de bismuth et appliquée sur l'objet au pinceau, fournit une préparation qui, après la cuisson, développe une couleur jaune brillante.
§ 5. Deuxième matière^ rouge orangé.^ On la prépare en faisant fondre :
Résine. .,. ^ ...,., . , . 15 parties.
Et ^'outant après la fusion :
Nitrate de fer (996) 15 parties.
Essence de lavande 18
Ces additions se font peu à peu et en ajoutant toujours. Quand le mélange est homogène on enlève du feu, et aussitôt qu'il est refroidi on y ajoute 20 parties d'essence. Cette matière, mélangée au flux dans la proportion de 2/5 ou 1/5 en poids, fournit une préparation qui, après la cuisson, donne des teintes rouge, orangé ou nankin, et toutes les teintes intermédiaires suivant la proportion du flux employé.
§ 6. Troisième matière^ imitation d'or.-— On la prépare en mélangeant les deux matières ci-dessus et en mettant 2 ou 5 parties d'une préparation d'urane pour une partie de celle de fer. C'est par le mélange des deux matières qu'on produit une couleur métallique qui , après la cuisson , imite les diverses teintes de l'or bruni.
§ 7. Quatrième mutière, couleurs variées du prisme. — On ajoute de l'ammoniure ou du cyanure d'or et de mercure, ou de Tiodure d'or. Ces compositions aurifères, mélangées à de l'essence de térébenthine (1415), sont broyées sur une palette de manière à former une pâte qu'on laisse sécher pour la broyer de nouveau avec l'essence de lavande.
Cela fait on ajoute :
Flux de bismuth 1» 2i 5 10 parties.
à une partie des produits aurifères. En étalant au pinceau sur la pièce en biscuit, et couvrant d'une solution d'urane, on obtient des teintes foncées ou claires plus ou moins irisées.
Toutes ces préparations se mélangent fort bien entre elles, et on peut les appliquer les unes sur les autres avec le pinceau : en cet état elles fournissent, après la cuisson, des couleurs et des teintes très-variées.
Les tons nacre de perle s'obtiennent plus aisément sur les cristaux et les verres que sur porcelaine. Pour réussir il faut mélanger le flux de bismuth à celui de plomb, et parfois ajouter du chlorure d'antimoine mélangé à la résine.
§ 8. L'essence de lavande, employée à ces préparations, peut être remplacée par toute autre essence ne produisant pas de précipité dans les matières auxquelles on la mélange. La résine ordinaire peut être aussi remplacée par la colophane (581) ou autre résine.
Quand on applique ces préparations au pinceau, il faut avoir soin de ne pas les donner en couches trop minces ou trop épaisses qui produiraient des tons pâles ou trop foncés, et, en outre, il faut éviter que les objets enduits se trouvent exposés à la poussière*
334 DÉVELOPPEMENT ET PRODUCTION DE l'ÉPREUVE PHOTOGRAPHIQDE.
334. — DÉVELOPPlMBlfT Wt PRODUGTIOM DE L'ÉPBEUfl PHOTOGRAPBIQUE. (Étude sur les aelions ohimîquei de oette opération). (Nelson Cherrill, 1866.) (CMm.) (2* art.) Voir 489, 490, 491, 492 497, 669.— 15, 16, 17, 18, IH. — 229, 295, V.--280, VI.
§ 16. Nous avons vu que très-probablement la première action da développement à Tacide gallique (721) ou à Tacide pyrogallique (1239), doit être d'absorber Tiode (828) du pôle iode de la série, et qu'ainsi le développement commence par un simple isolement des atomes d'argent (112) à l'autre extrémité de ladite série. Nous allons voir ces propositions se confirmer par quelques considérations suivantes.
1* Si nous préparons une plaque, et si, après exposition dans la chambre noire, nous enlevons tout le nitrate d'argent (983) qu'elle contient, nous trouvons que le développement à l'acide pyrogallique fait paraître quelques détails, même sans aucune trace d'argent libre, effet que ne produit pas le développateur au fer.
§ 17. 2* Toutes ou presque toutes les plaques sèches peuvent être développées par une simple solution d'acide pyrogallique, l'intensité nécessaire étant obtenue par une seconde application de la solution développatrice mêlée d'un peu de nitrate d'argent libre.
Maintenant comme les images, dans toutes ces expériences, sont produites par une apparence visible d'argent libre à la surface de la couche, et comme aussi, par hypothèse, il n'y a pas plus de nitrate d'argent libre dans la couche que dans la solution développante; il s'ensuit conune conséquence naturelle, que l'argent formant l'image doit être le résultat de la décomposition de quelques-uns des sels haloîdes (36, YI) de la couche. Or nous avons déjà démontré que si ces sels sont dans un état de polarisation (1192), l'effet de toute substance qui a de l'affinité pour l'iode sera d'absorW cet iode, et par suite de libérer Fargent au pôle opposé.
§ 18. 3* L'image produite par les causes de développement dont nous venons de parler est extrêmement faible et mince; c'est une image fantôme, ce qu'on devait naturellement supposer, car nous avons démontré combien était petite la profondeur à laquelle agit la polarisation* Par con^ séquent. quoique tout l'argent soit libéré à cette profondeur^ il nepeuttou* tefois se trouver qu'en très-petite quantité et ne peut fournir beaucoup d'intensité à l'image.
Le major Russell dit que l'on peut obtenir une intensité suffisante en noircissant cette même image au moyen de l'ammiHiiaque (90), mais cek ne combat en rien la vérité de l'assertion que l'image, quand elle est formée sans emploi de nitrate libre, est mince et manque d'intensité. G^est la raison pour laquelle tous les operateurs demandent à leur développement