CONSACRÉ AUX
COMPOSITEURS MORTS DANS LE COURANT DE L’ANNÉE 1906 PENDANT L’IMPRESSION DE CE RÉPERTOIRE
ARRÊTÉ AU 1 cr JANVIER 1907
\ W TT1V V (ANTON-STEPANOWITSCH). Né à Nijni-Nov-
X gorod en 1861, mort à Terrijoki (Finlande) en 1906. — Pianiste et compositeur. Le père d’Arensky était médecin et jouait du violoncelle; sa mère était bonne pianiste. L’enfant, dès sa petite enfance, manifesta des dons exceptionnels et une véritable passion pour la musique. A peine âgé de neuf ans, il écrivit, dit- on, un quatuor instrumental. Après avoir fait ses classes au Gymnase de Saint-Pétersbourg, il entra au Conservatoire, où il fut d’abord élève de Johansen (Danois de naissance), puis de Rimsky-Korsakow. Il y obtint, en 1882, la médaille d’or pour la composition. Nommé l’année suivante professeur de contrepoint au Conservatoire de Moscou, il quitta cette ville en 1895 pour prendre, en remplacement de Balakirew, la direction du chant à la chapelle impériale de Saint-Pétersbourg. Vers 1901, il se démit de ces fonctions pour s’adonner exclusivement à la composition. La maladie l'obligea peu après à s'expatrier et à chercher à Nice un climat plus doux. Ses derniers jours se passèrent dans un sanatorium en Finlande. « Sa mort prématurée fut une perte cruelle pour l’art musical russe, dont il était l’un des plus nobles représentants L >» « Arensky a de l’imagination, de la verve et une réelle abondance mélodique. Il y a de la valeur même dans les œuvres de sa première jeunesse, » dit M. A. Soubies 1 2.
Comme compositeur, Arensky a abordé tous les genres et y a montré une réelle originalité. Pour le théâtre on lui doit : Un Songe su r la Volga , grand opéra (Moscou, 1892); Raphaël , drame musical (Moscou, 1894); Nal et Dama janti, drame lyrique sur un sujet indien (1899); enfin Nuit d'Égypte, ballet. — Pour les voix et l’orchestre deux Cantates, dont La Fontaine de Rachtschissarai, pour le poème de Pouchkine, exécutée à Saint-Pétersbourg en 1899, à l’occasion du jubilé du grand poète3. Pour l'orchestre seul : Marche à la mémoire de Souvarow et deux Symphonies; de la musique religieuse pour la chapelle impériale; de la*musfque de chambre, parmi laquelle il faut signaler tout d’abord le beau trio avec piano op. 32, « écrit avec une rare habileté, et dont le scherzo et l'andante surtout sont exquis, » dit M. A. Pougin4. Celte œuvre obtint, en 1905, le prix Belaieff. Citons encore un quintette avec piano, deux quatuors pour cordes; un concerto et diverses pièces pour violon, de la musique vocale très appréciée, un recueil de Mille exemples pour l'étude pratique de l’harmonie, enfin un œuvre considérable de musique de piano. (Voir ci-après.)
(1) A. Pougin, Estai historique tur a Musique en Russie.
(2) La Musique en Russie.
(3) Cette oeuvre fut exécutée à Paris, au Festival russe donné aux Concerts Colonne.
(4) La Musique en Russie.