CHABRIER
(ALEXIS -EMMANUEL). Né à Ambert (Puyde-Dôme) en 1841, mort à Paris en 1894. —
« Rien, dans son enfance, ne pouvait faire présager les heureuses dispositions qu’il montra plus tard pour la musique, » dit Hugues Imbert. Chabrier ne vint à Paris qu’en 1856 pour y terminer ses éludes classiques et suivre les cours de droit. Il fut alors élève, pour le piano, d’Édouard Wolfî au lycée Saint -Louis. En 1862, selon la volonté paternelle, Chabrier entra au ministère de l'Intérieur; mais, en môme temps, entraîné par sa vocation musicale, il vécut dans un milieu artistique, acquit un grand talent de pianiste, et étudia la composition avec Semet et Aristide Hignard. En réalité, il se forma lui-môme. « Il avait l’originalité, le don de création et, refusant de s’inféoder à aucune école, ayant acquis par l’étude patiente et la fréquentation des maîtres le métier dont il s’était fait une arme propre, il laissait se développer en pleine liberté un admirable tempérament d’artiste... Cette allégresse prodigieuse qui originalise à un si haut point les œuvres de Chabrier, était la marque distinctive de son caractère... et il écrivait avec l’abondance verveuse, la gaieté énorme qu'il apportait à tout 1 ». Ses premières œuvres furent deux opérettes : V Étoile (1877) et V Éducation manquée (1879). En 1881, Lamoureux, ayant fondé la Société des Nouveaux - Concerts , s’attacha E. Chabrier en qualité de chef des chœurs. A la suite d’un voyage fait en Espagne en 1883, Chabrier écrivit sa rhapsodie pour orchestre , Espaha , qui fut exécutée aux Concerts Lamoureux avec un succès considérable. « Vivante et colorée de¬
puis le commencement jusqu’à la fin, cette musique, d’un réalisme si saisissant, produit l’effet d’un subit et merveilleux mirage. En l’écoutant, nous voyons par l’oreille2. » En 1884, on entendit, toujours aux mômes concerts, des fragments de Gwendoline (opéra en deux actes); et, en 1885, Mme Brunet -Lafleur y interprétait la Sulamite (scène pour soli, chœur et orchestre). Vers cette époque (1884-1885), Chabrier fréquentait « un cercle d’amis qui s’étaient voués exclusivement à l'étude des œuvres wagnériennes , et qui avaient pris pour titre : Le Petit-Bayreuth. On y exécutait des fragments de Parsifal , des Maîtres chanteurs, Siegfried-Idyll, arrangés pour petit orchestre avec l’adjonction de deux pianos, par Humperdinck, Camille Benoît, Wilhelmy... 3 »
L’opéra de Gwendoline fut représenté en 1886 à la Monnaie de Bruxelles. Cette partition était appréciée .dans ces termes par Ernest Reyer : « Je me trouve en présence d’une œuvre extrêmement intéressante, renfermant des pages superbes, et qui, dans ses parties les moins saillantes, porte quand même la griffe puissante d'un compositeur admirablement doué . Dire qu’une telle œuvre se pro-
(1) Alfred Bruneau, Musique d’hier et de demain.
(2) Louis de Romain, Essais de critique musicale.
(3) Hugues Imbert , Profils de Musiciens.
— Chabrier ( Notice )
duit en France , œuvre d'un poète et d’un musicien français, et qu’il n’y a pas, à Paris, un théâtre pour la représenter, c’est fort triste M »
Après Givendoline, Chabrier écrivit le Roi malgré lui (0. C., 1887). Cet ouvrage n’avait encore été représenté que trois fois lorsqu’eut lieu l’incendie du théâtre. Puis vint Rriséis, opéra inachevé... « Terrassé par l’excessive dépense cérébrale, Chabrier dut, k bout de force, interrompre sa besogne et assister, — on devine avec quel désespoir, — au naufrage de son intelligence, témoin très conscient de son infortune. » « Vous êtes bien heureux, vous pourrez travailler encore longtemps 2, » écrivait-il à son ami A. Bruneau. Et le pauvre artiste disparut après des années de souffrances morales et physiques.
Outre les œuvres mentionnées ci-dessus, il faut encore citer une fantaisie pour cor et piano, VOcle à la Musique (chœurs de femmes et solo), plusieurs compositions dans le genre bouffe pour chant et piano3, et les œuvres pour piano seul présentées ci-dessous.
- OEUVRES ORIGINALES -
AIR DE BALLET, œuv. posth. (GM-6) .