‹ Répertoire général de bio-bibliographie bretonne (volume 2)Chapitre 128 sur 439 · Les lointains (poésies). —Paris, Lemerre, 1887, in · texte numérisé non relu

Les lointains (poésies). —Paris, Lemerre, 1887, in

in p.

5. — La mort d'un ligueur, poésie, — dans la Revue illustrée deBret. et d'Anjou, du 14 juin 1887. (Ext. des Lointains).

Ecoutez cette fin de « La mort d'un ligueur î assiégé dans le vieux château par un rival huguenot, qui en veut en môme temps à son castel et à sa femme :

a Or, au bas du donjon, une porte de fer

S'ouvre en un souterrain secret. Prends-le, te dis-je ».

La Bretonne hésitait, car son cœur était fier.

Elle porta les yeux sur les champs et la mer,

Comptant sur un secours, espérant un prodige,

« Mais elle n'aperçut au lointain des forêts.

Dont les arbres montaient comme de noirs fantômes,

Que les chevaux-légers, gendarmes, argoulets,

Dont les piques lançaient de tragiques reflets....

Et de leurs rangs serrés montait le chant des psaumes.

Puis elle regarda d'Yverland à son tour ;

Elle le vit paisible à celte heure suprême, ^

Si noble, fier et grand, sur celte vieille tour,

Que, méprisant la vie, et toute à son amour,

Elle bondit vers lui, criant tout haut : « Je t'aime ! »

Le ligueur un instant resta silencieux ;

Puis, ouvrant les deux bras, il dit : « Viens, mon hermine,

Pour jamais nous allons nous unir dans les cieux ! »

Et l'éclair du bonheur illumina ses yeux

Quand il tint son trésor pressé sur sa poitrine.

Or, Tanneguy du Ker, environné des siens, ^

Se tenait comme un tigre à l'affût de sa proie ;

Il regardait le haut castel aux murs anciens ;

Puis parfois en lui-môme il disait : «c Je le3 tiens... »

Et son front traduisait une infernale joie.

Soudain, une lueur monta superbement, Illuminant les bois et les landes prochaines. Elle grandit sublime et rouge en un moment, Projetant ses éclairs des tours au firmament, Ecrasant les remparts, déracinant les chênes.

Enfin un bruit tonna, rapide et destructeur, Fendant les rocs, gonflant les flots de la mer haute, Frappant les huguenots d'une immense terreur. Du Ker tordit les poings et rugit de fureur : « Mille enfers ! crîa-t-il, c'est le château qui saute ! »

Le lendemain, à l'heure où l'aube prend i'essort, Furieux d'avoir vu son attente trompée, Errant par les débris noirs et fumant encor, Il vit, sous une croix éliucelante d'or, Des cheveux blonds auprès d'une garde d'épée.

6. — Graine de mousses, suivi de Peau neuve (nouvelles). — Paris, Hachette, 1888, in-8°, 95p. et 10 grav.

7. — Poésies dans le Parnasse breton Contemporain(iBi9 t iaS à ).

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