Féval. — Nom d'une famille originaire de Champagne
où Ton rencontre au XVIII- siècle, Philippe, notaire et procureur au siège royal de Châtillon-sur-Marne, portant « d'azur aux 3 croissants d'argent », père de Jean- Nicolas F., né en 1742, qui fut aussi notaire et procureur au même siège, puis juge au département de l'Aisne, et mourut en 1813 conseiller à la Cour Impériale d'Amiens, ayant eu de Marie-Anne-Suzanne Magnier, un fils Jean-Nicolas 11, né à Ghâtillon-sur-Marne en 1769, chef de bureau de la direction de l'enregistrement et des domaines du département d'Ille-et- Vilaine en l'an VIII, juge suppléant à la cour de justice criminelle d'Ille-et-Vilaine en 1804, juge en 1805, juge au tribunal civil de Rennes en 1811 et à la Cour prévotale
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des douanes en 1812, conseiller à la Cour royale en 1814, qui avait épousé à Rennes en Tan VIII Jeanne-Joséphine-Renée Le Baron, petite-fille d'un Potier de la Germondais, et mourut à Rennes le 7 décembre 1827, laissant trois fils : — Auguste, né à Rennes en 1803, juge auditeur à Fougères en 1826, substitut à Saint-Malo en 1828, démissionnaire en 1830,qui épousa Caroline-Marie- Clémence Potier de la Houssaye, et mourut à Saint- Malo le 25 septembre 1849, laissant deux fils et trois filles, dont Auguste F., longtemps receveur principal des douanes à Saint-Nazaire et mari de N. tensions, mort en retraite 'à Paimbœuf le 2 août 1899, ayant eu quatre fils dont Henri et René, dans l'administration des douanes, et Joseph, lieutenant des chasseurs d'Afrique, et quatre filles, dont Marie, peintre de fleurs distinguée : — Louis Edouard, né à Reunes en 1806, directeur pendant quarante ans de l'agence de la compagnie d'assurance Le Phénix à Rennes, où il est mort le 25 fé* vrier 1886, laissant de Louise Gimel (1808 1895) une fille Sophie ; — Paul, le romancier, qui suit; — et deux filles, mortes célibataires à Rennes- en 1883 et 1884.
Paul-Henry-CorentinFéval,iils de Jean-Nicolis qui précède, né à Rennes le 29 septembre 1816 et non en 18 17, comme le disent la plupart des biographies, fit ses études classiques au collège de Rennes, et passait ses vacances dans la famille de sa mère, dans un vieux castel des bonis de l'Ouït où il prit le goût des légendes bretonnes. R<çu avocat à vingt ans, il quitta le barreau peu après, à la suite, de sa première cause, pour entrer comme commis dans une maison de banque ; mais son goût pour la littérature l'entraînait dans les rédactions de journaux ; il obtint un petit emploi de correcteur au Nouvelliste, où il réussit à faire paraître quelques articles et se lit connaître de plusieurs vaudevillistes, auxquels il fournit une collaboration anonyme qui le tirade la misère, sinon de l'obscurité. Il a raconté plus tard, dans le Drame de la jeunesse, cet h 1 phase critique tle son existence, pendant laquelle il faillit mourir de faim et où il rencontra près de lui une âme compatissante et dévouée qui raviva son courage. Enfin un récit original, le Club des Phoques, inséré dans la Revue de Paris en 1841, et le roman des Chevaliers du Firmament lui donnèrent accès dans les journaux : le Commerce, la Quotidienne, la Chronique U Y Epoque: puis le succès du Loup blanc, dans le Courrier français, en 1843, attira sur Paul Fcval l'attention d'Anténor Joly, qui lui confia la rédaction des Mystères de Londres, à condition de les signer du nom anglais de Francis Trolopp. Ce roman improvisé, plein de passions et d'événements, eut une vogue qui balança celle des Mystères de Paris, d'Eugène Sue, et fut traduit dans toutes les langues de l'Europe. Le Fils du diable, paru en 1847 dans l'Epoque, et les Amours de Paris dans les Débats eurent, aussi un succès retentissant. Après la révolution de 1848, Paul Féval essaya de fonder des journaux, mais revint bien vite au roman. L'Assemblée nationale, la Revue contemporaine, la Presse, le Journal pour tous se disputèrent s^s feuilletons Au théâtre, Paul Ferai fut moins heureux ; sauf le Fd.\ lu diable, joué cent vingt fois à f Ambigu en 18 47, les M [/stères de Londres, donnés au Tliéàtrc-JIislorique en 1818, et le Bossu, que /\ Fcval signa
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avec M. Anicet Bourgeois en 1863, les autres pièces extraites de ses romans n\ urent que peu de succès. -Après avuL" voulu se consacrer aux études historiques, l'intarissable écrivain revint encore une fois, vers 1855, au roman. Madame Gil Blas dura près d'un an dans la Presse, en même temps que l'auteur publiait trois autres feuilletons dans le Siècle, le Pays et le Journal pour tous. Pendant vingt ans, Paul Féval ne cessa de produire. Membie de la Société des gens de lettres depuis 1842, il en fut é'u cinq fois président, fut nommé <>. $ en 1869 et posa en 1873 sa candidature à l'Académie française, mais la retira devant celle d'Alexandre Dumas fils. A la fin de 1876, Paul Féval, qui n'avait jamais oublié tout à faitj au milieu du torrent de la vie parisienne, la foi de son enfance, revint, complètement à Dieu, ayant perdu dans les fonds turcs les 800 mille fr. qu'il avait gagnés jusque-là. A partir de cette époque, et voulant sauver de la ruine ses huit enfants, issus de son mariage avec la fille du médecin homéopathe Panoyée, il écrivit plusieurs livres conçus dans un esprit chrétien : les Etapes d'une conversion, les Merveilles du Mont Saint-Michel, qui eurent un débit considérable, et publia des é litions soigneusement corrigées de ses œuvres de jeunesse. Mais un second désastre vint le frapper. Sa confiance amena une seconde ruine, et il perdit sa vaillante femme. Un comité se forma parmi les gens de lettres pour lui assurer une pension. Frappé de paralysie, .Paul Féval, qui avait beaucoup souffert à tous les points de vue durant ces dernières années, s^ retira chez les Frères Saint-Jean-de-Dieu, où il est mort, dans les sentiments d'une grande et sincère piété le 8 mars 1887. La ville de Rennes a donné son nom à une rue, la Pomme a mis son ploge au concours de 1892, etVAssoc. art. et litt. de Brel. a fait poser une plaque sur la maison * n° 9, rue du Chapitre, dans laquelle il est né. — On a de lui :
1. — De hereditate vel actione veniita. Du transport des créances et autres droits. De l'ajournement. De l'endossement de la lettre de change. (Thèse de licence en droit présentée le 15 novembre 1836) — Bennes, Ambr. Jausions, 1836, in-4°, 16 p.
2. — Collaboration à la France maritime d'Amédée Gréhan (Paris, Postel puis Pilout, 1837 à 1842, 4 vol. gr.in-8°, à 2 col. = 2 e édit. Paris, Dutertre, 1852 4 vol.gr. in-8°).
A. — Un duel sur l'eau, — t. I, (1837), p. 103 à 108. Cette nouvelle, au sujet de Robert Surcouf. doit ôire la première
de Paul Ferai, M. de Lovenjoul ne cite que les trois suivantes, au quatrième volume de la France maritime en 1841, mais j'ai vérifié qu'elle se trouve bien dans le premier, édité en 183 7.
B. — Le bonhomme Jacques, — t. IV, (1842), p. 228.
Cette nouvelle a été rééditée, dans les Veillées de la famille, n° 196 ci-dessous.