FR A BOULET
dans la marine, devint sous-lieutenant d'artillerie de marine en 1792 et fit en cette qualité plusieurs campagnes sur les vaisseaux de l'Etat. Aide-de-camp du général favereau, il fut nommé capitaine de 1 re classe en 1 796 et fit les campagnes d'Italie de 1 800 à 1802. Inspecteur des forges et fonderies de la marine dans les Ardennes de 1803 à 1805, chef de bataillon en 1808, il prit le commandement supérieur des forces de l'artillerie des côtes de l'Ouest, puis fut envoyé à l'armée d'Espagne en 1810. Lieutenant-colonel en 1813, il passa à l'armée d'Allemagne, eut un cheval tué sous lui à Leipzig le 18 octobre, et fut atteint d'un coup de biscaïen au bras gauche. Chef d'état major de la 20 e division en 1814, il eut encore un cheval tué sous lui à Champaubert, le 22 mars, et fut envoyé à Toulon en septembre pour commander le 2 e régiment d'artillerie. Colonel en 1821, O. & et >$<, il fut admis à la retraite en mai 1831 (notice à la Biog. des hommes du jour, par Sarrut, IV, 2 # partie, p. 366 à 368).
A. Fraboulet de Chalendar, né à Hennebônt en 1800, élève du Lycée Louis-le-Grand à Paris, s'engagea en 1815- dans l'artillerie de la garde nationale parisienne qui formait une section des fédérés, et fut blessé dans un engagement de tirailleurs entre Vanves et Montrouge. Engagé en 1816 au 14 e régiment de chasseurs, il se fit remplacer en 1817, se réengagea en 1819, se fit de nouveau remplacer en 1820 pour satisfaire à ses idées d'indépendance, étudia le droit, se vit forcé de quitter Poitiers à la suite de manifestations libérales, s'établit en 1822 à Ghàtellerault où il gifla le substitut en 1827, fut condamné pour ce fait à deux ans de prison, et à trois en cour d'appel, sortit de prison en 1831, organisa comme lieutenant la compagnie d'artillerie de la garde nationale de Ghàtellerault, et vint s'installer en 1834 à Paris où, le 25 février 1848, il demanda à l'Hôtel-de-Ville la réorganisation de l'artillerie parisienne. Nommé capitaine de la 14 e batterie aux Batignolles, il fut délégué au Comité centrai pour l'élection du 18 décembre, puis au Comité démocratique socialiste, et prit part à l'émeute du Conservatoire des arts et métiers le 13 juin, et fut atteint d'un coup de baïonnette en voulant empêcher de faire feu. Traduit devant la cour de Versailles, il bénéficia des circonstances atténuantes et ne fut condamné qu'à la détention (Notice par Pascal Rhave, Les condamnés de Versailles, 1850, p. 184 à 192).
N. Fraboulet de Kerléadec, capitaine dans la légion du Morbihan, commandée par Joseph Gadoudal , en 1817, eut deux filles : M mes de Vauroux et de Combourg, et deux fils : le général Fortuné Fraboulet de K., qui suit ; et le colonel Théodore F. de À'., mort à Metz en 1870 des blessures qu'il avait reçues à la bataille de Saint- Privat et transporté à Hennebônt en* avril 1871. L'évèque de Vannes, Mg r Bécel, monta en chaire avant l'absoute et prononça un éloge funèbre du défunt, reproduit par la Sein- reU de Vannes (1871, p. 215 à 218), d'où j'extrais pour sa biographie le passage suivant :
«... Soldat sans peur, il se fit remarquer dès son entrée dans l'armée. Il sut obéir avec intelligence et dignité, discuter avec modestie, commander avec autorité. On admira dès lors son sangfroid dans le danger, sa vivacité, son entraînement dans l'attaque, sa sagacité, sa prudence à profiter des moindres fautes de l'ennemi. A 24 ans, dans la Nièvre, au milieu de cantonnements livrés à l'anarchie, il fut l'officier aux plus soudaines et hardies conceptions ; avec quatre-vingts soldats, il tint tête à quatre mille émeutiers, les força à lui livrer des otages, et sous leurs feux fit passer par les armes l'instigateur de ces soulèvements. Ses campagnes
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d'Afrique ne firent qu'ajouter à ses gloires. A Sébastopol, simple capitaine, il entraîna son bataillon. A Saint-Privat il fut grand comme un héros antique, et l'épée ne lui tomba des mains qu'après avoir, une fois encore, cueilli des lauriers, les derniers, hélas ! de cette malheureuse guerre. . . »
Joseph-Henri-Fortuné Fraboulet de Kerléadec, frère de Théodore qui précède, né à Brest le 26 juin 1817, filleul de Joseph de Cadoudal, (colonel à la légion du Morbihan dans laquelle son père était capitaine), élève de l'école de Saint-Cyr en 1835, souslieutenant au 41 e régiment d'infanterie en 1837, lieutenant en Afrique en 1840, capitaine en 1842, trois fois cité à Tordre de l'armée d'Afrique en 1840, 41 et 45, & en 1845, chef de bataillon en 1850, lieutenant colonel en 1853, ft après la campagne d'Orient en 1856, colonel du 29 e régiment d'infanterie en 1857, en garnison à Rome de 1861 à 1866, C, & en 1863, général de brigade en 1866, commanda la l r6 brigade de la 4 e division du 1 er corps de l'armée du Rhin en 1870, se battit à Freschwiller et à Sedan où il fut blessé d'un éclat d'obus à l'épaule gauche le 2 septembre. Prisonnier de guerre le 27 septembre 1870, général de division et inspecteur général d'infanterie en 1874, il commandait la 22° division d'infanterie à Vannes en 1880, lorsqu'il, fut dénoncé pour avoir suivi la procession de la Fête-Dieu en uniforme et mis en disponibilité {Petit Breton du 6 août 1880). Il se retira au château de * Kerharscouët en Inguiniel, où il est mort en avril 1887 laissant deux fils, René qui suit et Yves mort en 1900 et une fille, M™ e Jessey de Kerouallan. — On -a de lui :
1. — Ordre aux troupes de la 44° brigade (après les grandes manœuvres). Au quartier général, à Landerneau, le 25 septembre 1879, — dans le Petit Breton du 1 er octobre.
2. — Ordre de la division, (pour ses adieux), Vannes, le 5 août 1880 ; — dans le Petit Breton du 10 août.
« Officiers, sous-officiers et soldats !
« J'avais espéré rester encore à votre tête jusqu'à la fin de ma carrière militaire. Le ministre de la guerre m'a déplacé et je n'ai pu me résoudre, après vous avoir commandé pendant quatre ans, à prendre la direction d'une autre division qui m'aurait éloigné de vous.
« Dans la retraite qui va m'atteindre, il est des choses que je chercherai à oublier; mais je me souviendrai certainement avec bonheur des beaux et bons régiments que j'ai commandés pendant mes quatre dernières années d'existence militaire.
« Au moment de partir, mon seul regret est de n'avoir pu avec vous tous porter haut et- lier le drapeau de notre France dans le bon combat. Je vous connaissais et j'avais confiance en vous ; je savais qu'au feu vos chefs vous auraient montré le chemin de la bravoure et de l'honneur ; cet exemple, vous l'auriez suivi.
« Merci du concours que tous, dans tous les services, vous m'avez prêté ; soyez toujours ce que je vous ai connus , de vrais soldats, étrangers aux luttes de la politique, protecteurs de l'ordre, soutiens de la loi et gardiens des devoirs sacrés de l'honneur militaire et de l'amour de la patrie.
« Vannes, le 5 août 1880, Le Général de division, etc. »
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3. — Allocution au punch cTadieu des officiers de Vannes, au cercle militaire de cette garnison ; — dans le Petit Breton du 7 août 1880.
Voy. sur lui une longue notice signée Kadoc au Petit Breton du 12 mai 1887.
Renè-Marie-Forluné-ThèodorèTF . de K., fils du précédent, a été nommé sous-lieutenant de réserve au 02 e régiment d'infanterie en 1889 et a épousé en 189 4 Marie de Bourdon, fille du général de ce nom.