‹ Répertoire général de bio-bibliographie bretonne (volume 2)Chapitre 411 sur 439 · Tête seule, dans le Nouveau Larousse illustré · texte numérisé non relu

Tête seule, dans le Nouveau Larousse illustré

12. — Portrait en tête des Confidences de Fréron, par Ch. "Barthélémy.

14. — J'ajouterai que M. du Ghàtellier conserve dans son magnifique musée du château de Kernuz, près Pont-1'Abbé, une miniature du XVIII e siècle, représentant le portrait de Fréron, dans un encadrement d'or, avec une mèche de ses cheveux par derrière.

Il faut mentionner enfin un portrait de sa femme, Th. Guyomar, dessiné par Cochin en 1751 et publié dans Y Art, XXXII, p. 236, et Le Bulletin des Arts, avril 1884 (Surgères, Icon. br,el>, I, 180 ; Por'talis, Les dessinateurs d' Illustrations du XVI II 6 siècle, I, 126 ; P. Eudel, Hôtel Drouot, 1883, p. 235).

Stanislas-Louis-Marie Fréron, fils du précédent et de Thérèse Guyomar, né à Paris le 20 juin 1754 (et non en 1757 comme l'ont dit plusieurs biographes, en particulier Bouillet dans son Dict. historique, ou en 1765, comme le dit la Diog. univ.), fut baptisé à St-Sulpice le 17 août et eut pour parrain le roi de Pologne, Stanislas, duc de Lorraine et de Bar, et pour marraine la princesse de Talmont (voy. Jal. Dict. crit., p. 618). Il terminait ses études au collège Louis-le-Grand quand mourut son père, et il y avait eu pour condisciples les deux Robespierre et Camille Desmoulins. Le privilège de Y Année littéraire ayant été continué à lui et à sa mère, il la publia avec l'aide de son oncle, l'abbé Royou, des abbes Geoffroy, et de plusieurs autres jusqu'en 1790. Il se lança alors dans le mouvement révolutionnaire, fonda l'Orateur du Peuple sous le nom de Martel, dénonça la trahison de Mirabeau, devint l'un des orateurs du club des Cordeliers, prit part à la journée du 10 août 1792, s'é-

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rigea membre de la Commune de Paris, et fut élu le 14 septembre 1792, député de Paris à la Convention nationale. Là, il siégea du côté des plus farouches, prit place à la Montagne, se déclara contre les Girondins, vota la mort du roi sans appel ni sursis, et fut désigné, après le 31 mai, avec Salicetti, Barras et Robespierre, comme commissaire auprès de l'armée chargée de reprendre Marseille sur les insurgés. La résistance ne fut pas longue et les représailles furent terribles. Fréron décida que la ville s'appellerait désormais Sans nom, et les destructions, les fusillades et les massacres furent pendant plusieurs mois à l'ordre du jour. A son retour, il fut proclamé par le club des Jacobins le Sauveur du Midi ; mais il porta ombrage à Robespierre qui le comprit parmi ses suspects. Aussi, au 9 thermidor, Frèron fut-il' avec Barras et Tallipn, l'un des plus acharnés contre Robespierre et Coûthon, puis il revendiqua le titre de thermidorien, quitta la Montagne, et devint l'un des chefs de la réaction et de ce qu'on appela La jeunesse dorée. Il avait failli épouser Pauline Bonaparte, mais le Corse aux cheveux plats lui avait refusé sa sœur. Le l« r prairial an III, il marcha avec Barras contre le faubourg Saint-Antoine, puis après le 13 vendémiaire, il reparut à la Montagne. C'était l'homme des exagérations. Non réélu après la dissolution de la Convention aux assemblées du Directoire, il fut envoyé, en novembre 1795, comme commissaire du Gouvernement, dans les départements du Midi ; puis se fit élire député de la Guyanne aux Cinq-Cents , mais son élection fut invalidée. Il entra alors dans l'administration des hospices, puis l'amitié des Bonaparte lui valut en 1802 la sous-préfecture d'un des arrondissements de Saint-Domingue, où il mourut à peine arrivé, les uns disent assassiné, les autres empoisonné, les autres emporté par la rigueur du climat. — On a de lui :

1. — Poésies diverses publiées dans YAlmanarh des Muses depuis 1776, en particulier:

A. ■— Le double aveu, conte ; — 1776, p. 56.

B. — Les amis de collège, conte ; — 1776, p. 151.

C. — Vers présentés à M m « la comtesse du Nord par une petite fille de huit ans ; — 1783, p. 61 .

D. — Vers pour le portrait de feu M. Genest ; — 1783, p. 210.

E. — Couplets chantés chez M. d'Estaing ; — 1785, p. 69. C'est à leur sujet que Rivarol disait de lui, assez plaisamment,

dans le Petit Almanach de ?ws grands hommes en 1788 : « Ses poésies fugitives ont un si prodigieux rapport avec celles de Voltaire, que nous ne doutons pas qu'en cetle considération, Voltaire ne se fut réconcilié avec M. Frèron père ; et que celui-ci n'eut consenti à aimer le vieillard de Ferney, en le voyant revivre dans son propre fils. »

2. — Lettres et articles divers dans l'Année littéraire, de i776 à 1790.

3. — Nombreux articles dans YOraieur du peuple, journal qu'il fonda en mai 1790, sous le nom de Martel et qu'il rédigea seul jusqu'en septembre 1792, au numéro 21 du tome Vil, in-8°.

Ces articles sont d'une violence extraordinaire et peuvent rivaliser avec ceux de Marat. Je citerai en particulier celui qui est intitulé « Le plus beau rôve qu'ait jamais fait l'orateur du peuple » et qui parut en 1791, peu après le retour de Varennes. On y prédit le 10 août 1792 et le 21 janvier 1793.

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Le journal continua avec la collaboration de Labenette h partir du tome VII ; interrompu après le numéro 21 (et non le 20, comme le dit Deschiens) du tome XIV, il fut repris le 13 novembre sous le titre suivant :

L'Orateur dupeuple, journal libre, par Martel. Tome I er , n<> 3 1 et 2.

Interrompu de nouveau après ces 2 numéros, il fut repris une dernière fois, après la mort de Robespierre, sous ce titre :

L'Orateur du peuple, par Fréron, député à la Convention nationale. 25 fructidor an II au 25 thermidor an III, 157 numéros ~en 3 vol. in-8°.

Les 3 vol. de cette dernière série sont tomes VI1-IX, comme faisant suite aux six premiers volumes, rédigés par Fréron seul, qui semblait vouloir répudier l'œuvre de son collaborateur.

C'est moins un journal, dit Hatin (Bibliog. de la presse périodique, 1886, p. 183) qu'un pamphlet périodique... Ajoutez que l'Orateur du peuple n'est rempli à toutes les pages que de dénon- 4 dations, qu'il ne parle que de complots, que de massacres projetés par les aristocrates. — Voir aussi « YHistoire de la presse, » par Hatin, t. VI et suiv. ; et la Bibliog. de Deschiens.

4. — Opinions et motions dans la Convention nationale^ septembre 1792 à 1795, d'après les Tables du Moniteur universel :

A. — Observe, en faveur des membres inculpés du conseil de surveillance de la commune de Paris, qu'ils ont remis 800.000 livres qui n'étaient pas constatées aux procès- verbaux ; — 1793, n° 43.

B. — Appuie la proposition de faire rendre compte à la municipalité de Paris des mesures qu'elle a prises contre les attroupements chez les marchands. — Id. t n° 59.

C. — En mission, transmet les dispositions qu'il prend contre Toulon; accuse Brunet et Trogoff d'avoir favorisé la trahison. — Id., n°252.

D. — Fait traduire au Comité du Salut public son collègue Despmassy,comme prévenu d'intelligence avec les rebelles;— 7^.,n°256

E. — Arrêté qu'il prend dans les Bouches- du-Rhône en faveur des pauvres, — an II, n° 51.

F. — Lettre sur une falsification de sa signature apposée au bas d'une lettre perfide sur Toulon. — Id. n 05 80 et 98.

G. — Annonce la reprise de Toulon avec ses collègues qui se proposent de signer leur première dépêche des ruines de la place.

— Id. n° 95.

H. — Annonce la prise de 14 bâtiments anglais dans Toulon.

— Id. n° 114.

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