‹ Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la révolution française (volume 2)Chapitre 192 sur 337 · I. — MANUFACTURES DES GOBELINS ET DE LA SAVONNERIE · texte numérisé non relu

I. — MANUFACTURES DES GOBELINS ET DE LA SAVONNERIE

Manufacture des Gobelîns.

2402. — Certificat délivré par MM. Clément-Louis-Marie-Anne Belle et Jean- François Peyron, peintres du Roi, inspecteurs de la manufacture des Gobelins, à Pierre Paraud, orfèvre, à l'effet d'attester qu'il a travaillé dans l'enclos de la manufacture, depuis le 30 juin 178b jusqu'au 1er octobre 1791, en qualité de maître orfèvre, en vue de son admission dans la communauté des orfèvres, avec lettre d'envoi par M. Guillaumot du certificat en question, nécessaire au sieur Paraud pour gagner maîtrise, quoique les corporations en général soient détruites par les nou velles lois, les anciens règlements concernant l'état d'orfèvre subsistant encore.

25 octobre, 12 novembre 1791.

Originaux signés (2 p.), A. N., O' 2053.

2403. — Mémoire de la peinture faite par M. Drabot, pour les réparations des

MANUFACTURE DES GOBELINS

tableaux de l'Histoire de Psyché et des Indes, ordonnées par M. Vien, premier peintre du Roi, et M. Guillaumot, directeur des Gobelins, sous l'inspection de MM. Belle et Peyron, mémoire arrêté à 504 livres, le

1" novembre 1791.

Original signé, A. JV., O' 2053.

2404. — Lettre de M. Guillaumot, intendant général des Bâtiments, directeur des Gobelins, à M. de Laporte, lui exposant qu'il a conseillé à M. Van Spaendonck, jeune, de différer la prise de possession dn logement laissé vacant par le sieur Paraud, orfèvre, eu égard à l'état de fermentation des esprits, et à la demande de ce même logement par plusieurs ouvriers, non encore logés ou logés trop à l'étroit, ajoutant qu'il s'occupe en ce moment d'une revision générale de tous les logements de la maison, et qu'il espère en trouver 2 ou 3 d'augmentation et conserver en même temps la destination du logement du sieur Paraud, en faveur d'un artiste, avec réponse de l'intendant de la Liste civile, approuvant les réflexions suggérées par les circonstances au sujet du logement, que laisse vacant le départ du sieur Paraud, et qui est réclamé par M. Van Spaendonck, jeune, et annonçant qu'il attendra pour se prononcer sur cette demande le résultat de la revision des logements.

12, 15 novembre 1791.

Original signé et minute (2 p.), A. N., O1

2405. — Lettre de l'intendant de la Liste civile à M. Vien, lui exprimant le désir de faire exécuter encore quelques pièces de la tenture de Y Histoire de Henri IV, qu'il a vue aux Gobelins, et le priant de charger M. Vincent de trouver à cet effet quelques sujets de l'histoire de ce roi, propres à être rendus en peinture, de façon à composer de 4 à 6 tableaux, entre lesquels il fera un choix.

1 5 décembre 1791.

Minute, A. N., O1 2053.

2406. — Lettre de M. Guillaumot à M. de Laporte, lui apprenant que cinq jeunes

ouvriers des Gobelins, très indociles et très inappliqués d'ailleurs, ont quitté la manufacture pour se rendre sur les frontières, avec réponse de M. de Laporte, déclarant que le départ de ces jeunes gens seconde son projet de réduire le nombre des ouvriers et qu'il est d'avis de ne point les réintégrer à leur retour dans les ateliers, y ayant plus de monde qu'il n'est nécessaire.

30 janvier, 2 février 1792.

Original signé et minute (2 p.), A. N., O1

2407. — Lettre de M. Guillaumot, directeur de la manufacture des Gobelins, à M. de Laporte, exposant que le sieur Foucault, ouvrier de l'atelier de M. Audran, étant devenu fou il y a 4 ans, a été mis à Bicêtre, en continuant à jouir de sa paye de 9 livres par semaine, mais que les ouvriers l'ont porté à 12 livres par semaine, et annonçant qu'il l'a remis sur le pied de 9 livres, avec réponse de M. de Laporte, approuvant cette mesure, qu'il trouve fort juste, n'étant pas naturel de faire bénéficier un ouvrier, qui ne peut plus rendre aucun service à la manufacture, des augmentations accordées aux ouvriers travaillant.

2 février 1792.

Original signé et minute (2 p.), A. N., O1

2408. — Lettre de la dame Moulin à M. de Laporte, sollicitant l'autorisation de se procurer aux Gobelins un petit assortiment de laine, attendu qu'elle ne pourrait en trouver à Paris d'aussi belle, et lettre de M. Guillaumot, objectant qu'il n'est point dans les usages d'en céder, d'autant plus qu'on fait venir cette marchandise de Tourcoing-en-Flandre, qu'elle renchérit à vue d'œil, de telle sorte qu'il presse beaucoup le fournisseur de compléter promptement la quantité nécessaire à la consommation de l'année courante.

23, 25 mars 1792.

Originaux signés (2 p.), A. N., O1 2Ù57a.

2409. — Lettre de l'intendant de la Liste civile à M. Vien, l'instruisant du

choix par le Roi de sujets de l'histoire de Henri IV, que doit fixer sur la toile M.Vincent, le priant d'en suivre l'exécution et de le tenir au courant des progrès, attendu que le Roi paraît y prendre un intérêt particulier et que cette tenture est très propre à faire le bien de la manufacture.

31 mars 1792.

Minute, A. N O1 2053.

2410. — Lettre de l'intendant de la Liste civile à M. Guillaumot, le prévenant que le Roi a fait choix de plusieurs sujets de l'histoire de Henri IV pour la continuation de la tenture représentant divers traits de cette histoire, sujets dont l'exécution est confiée à M. Vincent, et le priant, sitôt qu'il y en aura un de prêt, de le faire mettre sur le métier, en exprimant le désir que l'exécution de ces sujets en tapisserie soit suivie avec toute la promptitude que les circonstances permettront.

31 mars 1792.

Minute, A. N., O1 2053.

2411. — Lettre de l'intendant de la Liste civile à M. Vincent, lui annonçant qu'il vient de mettre sous les yeux du Roi les sujets par lui proposée, représentant six traits principaux de l'histoire de Henri IV, et que le Roi a fait choix des sujets indiqués dans la note jointe à sa lettre, le priant de s'en occuper avec l'activité nécessaire pour fournir à la manufacture des Gobelins des tableaux, si intéressants par eux-mêmes et si propres à lui donner par le talent de l'artiste du ressort et de l'activité.

31 mars 1792.

Minute, A. N., O1 2053.

2412. — Lettre de M. Guillaumotà M. de Laporte, l'informant des offres "d'acquisition par M. Louis Champenois, négociant, rue Sainte-Appoline, de tentures de tapisseries pour une cathédrale d'Espagne, avec un état estimatif des cinq tentures choisies par ce négociant, savoir, une très ancienne tenture d'Esther, en 7 pièces, d'après M. de Troy, très passée, une 2e tenture d'Esther, mieux conservée,

une ancienne tenture du Nouveau Testament, en 8 pièces, d'après Jouvenet, très passée, une 2e tenture du Nouveau Testament, plus fraîche, une tenture de l'Ancien Testament, en 3 pièces, d'après Antoine Coypel, lesdites tentures ayant coûté 248,853 livres 19 sols 1 denier, estimées dans leur état actuel, relativement aux manufactures marchandes, 87,015 livres, et proposées pour le prix de 114,000 livres, prixaccepté parle négociant, etdemandant s'il peut conclure l'affaire, avec réponse de M. de Laporte, approuvant le marché proposé, quoique le rabais soit considérable, mais eu égard à ce que ces tapisseries, plus ou moins passées, sont de vrais garde-magasins, et qu'il faut saisir l'occasion d'en débarrasser la manufacture.

5, 6 mai 1792.

Original signé et minutes (3 p.), A. N., O1

2413. — Lettre collective de MM. Audran, Cozette père et Cozette fils, entrepreneurs des tapisseries à la manufacture des Gobelins, à M. de Laporte, exposant que, par suite des dispositions nouvelles adoptées depuis le 1er janvier 1791, sur la demande réitérée des ouvriers, concernant la mesure des ouvrages, le payement des ouvriers et les heures de travail, leurs honoraires, basés sur la quantité d'ouvrage qui se faisait, se trouvent réduits de moitié et même davantage, déclarant avoir remis à M. Guillaumot leurs réclamations avec états à l'appui, et demandant une prompte décision, étant véritablement dans le besoin.

6 mai 1792.

Original signé, A. N., O1 2053.

2414. — Lettre de M. de Laporte à M. Guillaumot, lui soumettant la réclamation des entrepreneurs de la manufacture des Gobelins, à l'effet d'obtenir une augmentation d'honoraires, estimant que les raisons invoquées par eux ne sont pas entièrement dénuées de fondement, mais, envisageant l'augmentation énorme du prix des ouvrages, à laquelle viendrait encore s'ajouter celle des honoraires des entrepreneurs, qui ne sont plus tenus de

MANUFACTURE DES GOBELINS

faire aucune avance, et priant d'examiner sérieusement leur demande pour concilier les intérêts du Roi avec la réclamation des entrepreneurs.

6 mai 1792.

Minute, A. N., Ol 2053.

2415. — Lettre de M. Guillaumot à M. de Laporte, déclarant que la réclamation des entrepreneurs des Gobelins est fondée sur les promesses de M. d'Angiviller et sur la justice, et proposant d'allouer à chacun d'eux une indemnité calculée de façon à équilibrer leurs honoraires de 1790 et 1791, qui se sont montés pour M. Cozette père, à 4,447 livres en 1790 et à 3,099 livres en 1791, a raison de l'aunage, pour M. Audran, à 3,787 livres en 1790 et à 2,005 livres en 1791, pour M. Cozelte (ils, à 2,855 livres en 1790 et à 2,384 livres en 1791, priant M. de Laporte d'approuver le rôle des gratifications aux ouvriers montant à 2,042 livres, rendues encore plus nécessaires par la suppression de l'allocation que payaient les habitants du quartier pour être exemptés du logement des anciens gardes françaises, ajoutant que, malgré le renchérissement de l'aune de tapisserie, il faut, pour la gloire des arts, porter la fabrication au plus haut degré de perfection, et y tendre d'abord par la réduction successivedu nombre des ouvriers, ensuite parla réunion de la Savonnerie aux Gobelins, mais que cette seconde réforme nécessiterait quelques augmentations aux bâtiments des Gobelins, et que cette dépense pourra peut-être se faire sans grever la caisse de la Liste civile, au moyen de la vente de quelques tentures qui encombrent les magasins, enfin estimant qu'il faut abandonner pendant quelque temps les sujets trop graves de l'histoire et traiter des sujets plus gais.

19 mai 1792.

Original signé, A. N., O1 2053.

2416. — Lettre de M- Guillaumot (à M. Montucla) demandant une prompte décision au sujet de la réclamation des entrepreneurs des Gobelins, en insistant pour qu'elle soit favorablement accueillie,

déclarant au surplus qu'il vaudrait mieux abandonner les manufactures que de ne pas viser à la plus grande perfection, et ne croyant pas que cette perfection puisse s'obtenir par d'autres moyens que ceux qu'il a proposés.

Original, A. N., O' 2053.

2417. — Lettre de M. de Laporte à M.

Guillaumot, lui annonçant qu'après examen attentif des motifs militant en faveur d'une indemnité aux entrepreneurs de la manufacture, il consent à accorder à M. Cozette la somme de 1,345 livres, à M. Audran, celle de 1,782 livres, et à M. Cozette fils, celle de 1,471 livres, pour que leurs honoraires de cette année atteignent ceux de 1790, mais faisant remarquer par la comparaison des honoraires de MM. Audran et Cozette père, que l'atelier de M. Audran n'a livré que 33 aunes de tapisseries, tandis que celui de M. Cozette en a produit plus de 50, et demandant si les ouvrages exécutés dans le premier sont de nature à exiger plus de temps, ou si les ouvriers ne sont pas suffisamment inspectés, et encore si des sujets moins sévères que ceux qu'on exécute depuis longtemps aux Gobelins ne seraient pas propres à faciliter la vente des ouvrages.

22 mai 1792.

Minute, A. N., O1 2053.

2418. — Observations sur le mémoire relatif à la manufacture des Gobelins (attribué à l'un des entrepreneurs) et sur les réponses de M. Guillaumot, mémoire présenté à l'effet de démontrer que le nouveau mode de payement nuit à leurs intérêts: 1° constatant que M. d'Angiviller avait bien prévu l'augmentation énorme qui en résulterait, mais qu'il n'avait pu s'y refuser davantage, « les ouvriers abusant de l'empire que le peuple a pris partout »; 2° déclarant que si l'augmentation se réduisait à celle de l'atelier de M. Cozette père, où le prix de l'aune de haute lisse est de 5 à 600 livres, elle serait supportable, mais remarquant l'extrême disproportion entre le prix des ouvrages de l'aie-

lier de M. Audran et de celui de M. Cozette père, l'aune de haute lisse étant revenue pendant les 3 derniers trimestres chez M. Audran à 1,132 livres, et ajoutant que cette disproportion provient apparemment de ce que ses ouvriers « sont toujours de garde ou de club ».

24 mai 1792.

Minute, de la main de M. Montucla, A. N., O» 2053.

2419. — Pétition du sieur Langlois, ancien tapissier en basse lisse de la manufacture des Gobelins, exposant qu'il a été appelé à la manufacture d'Aubusson, pour en perfectionner les travaux, puis à celle de Beauvais pour y occuper un poste de chef, mais que sa place ayant été supprimée, il se trouve sans emploi et sans ressources avec une famille de dix enfants, et demandant sa rentrée à la manufacture des Gobelins, pétition apostillée par MM. De Lafond, Joseph Cornudet, Laumont, Guyès et Ballet, députés du département de la Creuse, qui attestent les grands services rendus à la manufacture d'Aubusson par le sieur Langlois, avec lettre d'envoi de M. Guyès, qui déclare que cet artiste intéressant est dans l'impossibilité absolue de subvenir aux besoins de sa femme et de ses dix enfants.

9 juin 1792.

Originaux signés (2 p.), A, N., O1 2053.

2420. — Lettre de M. Guillaumot à M. de Laporte, au sujet de la réintégration du sieur Langlois, reconnaissant qu'il est bien difficile de refuser à cet ancien ouvrier sa réintégration dans une maison d'où il n'était sorti qu'avec la permission de ses supérieurs pour occuper dans la manufacture d'Aubusson, puis dans celle de Beauvais une place supprimée par suite de la Révolution, mais faisant observer que cela crée un fâcheux précédent, qui sera invoqué par les ouvriers partis pour les frontières sans autorisation, et déclarant qu'il lui semble indispensable de soumettre le sieur Langlois à l'examen et à la décision de l'atelier de basse lisse où il demande à rentrer, pour savoir dans quelle classe il sera placé,

ajoutant que l'on devra garder le silence sur les recommandations qui ont favorisé sa rentrée, et la fonder uniquement sur ses charges de famille, avec réponse de M. de Laporte, portant que les inconvénients de la rentrée du sieur Langlois l'avaient déjà frappé, lorsqu'il s'y était refusé, et autorisant sa réadmission, sous les conditions indiquées par M. Guillaumot.

16 juin 1792.

Original signé, A. N., O1 2053.

2421. — Lettre de M. de Laporte à M. Guyès, député à l'Assemblée nationale, en réponse à sa lettre de recommandation pour le sieur Langlois, ancien ouvrier des Gobelins, parti en 1764, annonçant qu'il se détermine à l'y réintégrer, eu égard à sa situation malheureuse, quoique cette rentrée ne soit pas sans inconvénient, la manufacture ayant beaucoup plus d'ouvriers que ne l'exige le besoin du service, et déclarant que, si le Roi conserve la manufacture, « c'est pour ne pas laisser sans subsistance un grand nombre d'ouvriers et ne pas laisser anéantir un établissement dont les ouvrages font tant d'honneur aux arts français et à la Nation ».

18 juin 1792.

Minute, A. N., O' 2053.

2422. — Lettre de M. de Laporte à M. Guillaumot, lui soumettant une nouvelle réclamation des entrepreneurs de la manufacture, qui se plaignent de la fixation de l'indemnité pour la diminution d'ouvrage provenant du nouveau mode de fabrication, et paraissent surtout désirer un traitement fixe et indépendant de la quantité d'ouvrage fabriqué, en le priant d'examiner la question et de lui communiquer ses réflexions de façon à leur faire une réponse décisive.

30 juin 1792.

Minute, A. N., O1 2053.

2423. — Lettre de M. Guillaumot à M. de Laporte, annonçant que le sieur Langlois, ouvrier réintégré dans la manufacture, a été installé dans l'atelier de basse lisse et

M.WITACTLRE DES CORELINS

admis par les ouvriers de cet atelier dans la classe de 12 livres par semaine.

1" juillet 1792.

Original signé, A. N., O1 2053.

2424. — Lettre de M. de Laporte à M.

Guillaumot, au sujet d'un mémoire adressé par le sieur Guyot, ancien ouvrier de haute lisse, qui, à l'exemple du sieur Langlois, sollicite sa rentrée dans la manufacture, déclarant, conformément à une note sur ce mémoire, que le cas n'est pas le même, d'abord qu'il y a en haute lisse plus d'ouvriers que n'en comporte le service du Hoi, ensuite que le sieur Langlois était sorti des Gobelins pour rendre service à la manufacture d'Aubusson, avec congé et en quelque sorte mission de ses supérieurs (quoiqu'en réalité il ait été débauché par le sieur Le Menou, entrepreneur d'Aubusson), etconcluant au refus de la demande du sieur Guyot.

7 juillet 1792.

Minutes (2 p.), A. N., O1 2053.

2425. — Lettre de M. (iuillaumot à M. de Laporte, annonçant la mort du sieur Carbonel, ouvrier écharpilleur attaché à la teinturerie, et proposant, d'après l'avis de M. Belle, de ne pas le remplacer, ce qui procurera une économie de 9 livres par semaine, de plus donnant à entendre que M. Van Spaendonck, dans l'espoir d'obtenir un logement au Louvre, occupé par un officier de la maison du Roi, ou celui que laisse vacant la mort de M. Caffiéri, renoncerait à occuper aux Gobelins le logement de M. Paraud, orfèvre, avec réponse de M. de Laporte, approuvant la suppression de la place d'ouvrier écharpilleur, et déclarant que M. Van Spaendonck se fait illusion en jetant son dévolu sur le logement d'un officier de la maison du Roi, qui se trouve non aux galeries du Louvre, mais au Louvre même, ou sur celui de M. Caftiéri, déjà promis, et qu'il ferait mieux de prendre possession de celui qui lui est accordé aux Gobelins, en attendant qu'une occasion mette à portée de le traiter plus favorablement.

Original signé etminute(2 p.), A. N., O1 2053.

2426. — Pétition du sieur Pierre Roby, employé de père en fils aux Gobelins, ouvrier tapissier de l'atelier de M. Cozette père, travaillant aux figures, à l'effet d'obtenir sa réintégration dans la manufacture qu'il a quittée depuis 5 ans pour servir dans le régiment de la Martinique, pétition renvoyée par M. de Laporte à M. (iuillaumot, avec réponse de M. Guillaumot, faisant observer que si on admettait tous les ouvriers sortis des Gobelins et qui demandent à y rentrer, parce que le nouveau régime leur est beaucoup plus avantageux que l'ancien, la dépense de l'établissement n'aurait plus de bornes, surtout en ce qui concerne ceux qui ont pris un état de nature à leur faire perdre une partie de leur talent, ce qui est le cas du sieur Roby, dont la demande doit être rejetée.

20, 27 juillet 1792.

Originaux (2 p.), A. N., O1 2053.

2427. — Réponse au mémoire adressé à l'intendant de la Liste civile par les entrepreneurs de la manufacture pour se plaindre de la médiocrité de l'indemnité accordée à raison de la diminution de leurs honoraires, lesquels faisaient remarquer que cette année, par l'effet des circonstances, avait été moins fructueuse que la précédente, et demandaient que cette indemnité fût portée à un taux proportionné à l'augmentation de tous les besoins de la vie, avec proposition de M. Guillaumot de former une année moyenne d'honoraires, calculée sur les 7 dernières années depuis 1784, et d'accorder sur ces bases au sieur Cozette 4,760 livres, au sieur Audran 4,391 livres et au sieur Cozette fils 3,324 livres, ce qui nécessiterait une allocation nouvelle de 1,369 livres pour compléter les 3,600 livres déjà accordées.

26 juillet 1792.

Minute, A. N., O1 2053.

2428. — Pétition du sieur Louis de Vos, fils de Firmin de Vos, ouvriers de père en fils aux Gobelins, travaillant dans l'atelier de M. Cozette père, à l'effet d'obtenir sa rentrée dans la manufacture, d'où il n'est sorti que pour faire son service militaire,

pétition renvoyée par M. de Laporte à M. Guillaumot, qui estime que le sieur de Vos se trouve dans le cas de plusieurs autres anciens ouvriers desGobelins dont Ja réadmission a été refusée, l'exemple de M. Langlois ne pouvant être allégué par eux, puisqu'ils n'ont pas, comme lui, quitté la manufacture avec la permission de leurs supérieurs.

27, 30 juillet 1792.

Original signé, A. N„ O1 2053.

2429. — Lettre de M. Guillaumot à M. de Laporte, annonçant que le sieur Tournillon, apprenti basselissier aux Gobelins, dans la 5e année de son apprentissage, s'est engagé et est parti pour les frontières, mais ajoutant que, d'après ce qu'on lui a dit, ce n'est pas une perte pour la manufacture.

30 juillet 1792.

Original signé, A. N., O» 2053.

2430. — Lettre de M. Guillaumot àM. de Laporte, l'informant que les nommés Roussel et Fournier , ouvriers de la lre classe, l'un dans l'atelier de M. Cozette père, l'autre dans celui de M. Audran, viennent de s'engager et de partir pour les frontières, avec réponse de M. de Laporte, portant qu'il n'est nullement peiné de cetle désertion, qui concourt avec ses vues de réduire les ouvriers au nombre strictement nécessaire pour les besoins, et ajoutant qu'en ce qui concerne les sieurs de Vos et Roby, ce sont des gens qui ont abandonné la manufacture par légèreté ou pour chercher un meilleur traitement, et qui ne sont nullement dans le cas d'y rentrer.

1er, 6 août 1792.

Original signé et minute (2 p.), A. N., O1 2053.

2431. — Lettre de M. Guillaumot à M. de Laporte, annonçant que M. Van Spaendonck renonce définitivement à son logement des Gobelins, moins à cause de son éloignement qu'en raison des désagréments qu'il craint d'y éprouver de la part des ouvriers, dans l'ordre actuel des choses, et qu'il préfère attendre des cir-

constances plus favorables, pour être logé au Louvre, et demandant l'autorisation de disposer de ce logement avec les autres vacants, au profit de ceux des ouvriers de la maison qui sont dans le cas d'obtenir cette douceur.

4 août 1792.

Original signé, A. N., O1 2053.

Une note en tête de la lettre porte : « Il allait être répondu à cette lettre, lorsqu'est arrivé le funeste événement du 10 août, qui a eu les suites connues de tout le monde. »

2432. — Etat des traitements et appointements des personnes employées à la manufacture nationale des Gobelins, certifié par M. Audran.

10 août-31 octobre 1792.

Original signé, A. N., O1 883.

2433. — Etat de propositions pour traitements et appointements présenté parM. Audran, comportant la création d'une place de commis pour la comptabilité à 1,200 livres, le maintien de M. Belle, peintre de l'Académie, surinspecteur, en qualité de professeur de dessin à 2,400 livres, la suppression de la place de M. Peyron, inspecteur, la fixation des honoraires des trois entrepreneurs ou chefs d'ateliers (MM. Cozette, père et fils, et Audran) à 5,000 livres chacun, des appointements de M. Drabot, dessinateur, chargé de prendre les traits pour la haute lisse, à 2,000 livres, de ceux du concierge Delagarde au même taux, du traitement de M. Moreau, chirurgien, à 600 livres, de celui de Vavoque père, tapissier rentrayeur chargé du soin des magasins des tapisseries, et des magasins des soies et laines, à 1,200 livres, de celui du portier à 1,000 livres, à condition de conduire gratis les étrangers, avec mentions en marge pour l'adoption ou suppression de chacun des articles, ou réduction des chiffres proposés (le chirurgien notamment supprimé).

10 août 1792.

Original, A. N., 01 2053.

2434. — Mémoire des ouvriers des trois ateliers de la manufacture des Gobelins, représentés par les sieurs Desroy, Laforest et Fuzy, au ministre de l'intérieur,

MANUFACTURE DUS GOBELINS

déclarant que pour la plupart ils n'envisagent point l'événement qui les distrait d'une Liste civile supprimée pour les placer dans la main de la Nation, comme capable de porter atteinte à leur sort, mais demandant néanmoins qu'un mot du ministre les éclaire à cet égard et confirme l'espoir que leur inspire l'équité de l'Assemblée nationale.

20 août 1792.

Original signé, A. JV., O1 2053.

243"). — Invitation adressée par le ministre de l'intérieur à M. Audran, directeur de la manufacture des Gobelins, à l'effet de conférer au sujet du mémoire présenté le 20 août, au ministre, par les ouvriers de la manufacture, qui demandent, en raison de la suppression de la Liste civile, qu'il soit statué sur leur sort.

24 août 1792.

Minute, A. N., O» 2053.

2436. — Lettre des fondés de pouvoirs des trois ateliers de la manufacture des Gobelins (au ministre de l'intérieur), plaçant sous ses yeux la copie du mémoire qu'ils vont soumettre aux commissaires de leur section, et sollicitant ses bons offices auprès de la Commune et de l'Assemblée nationale, lorsqu'il s'agira d'obtenir une décision.

(24 août 1792).

Original, signé de Louis Eoliau, Laronde, Coullondon, Mangelscliot, Bouverot et Claude, A. N., O' 2053.

tive au Comité des domaines d'une lettre de M. Clavière, ministre des Contributions publiques, qui fait part à l'Assemblée des précautions qu'il a prises pour que les opérations des manufactures de Sèvres, des Gobelins et de la Savonnerie n'éprouvent aucune interruption, lesdites manufactures étant une dépendance de la Liste civile, de l'administration de laquelle il est chargé par le décret du 12 août, et qui demande l'approbation de sa conduite.

25 août 1792.

Extrait du procès- verbal, A. N., C 155, n° 300.

Ed. Archives parlementaires, t. XLVIII, p. 694.

2438. — Lettre du ministre des Contributions publiques à M. Gerdret, le chargeant, en verlu du décret du 12 août qui lui a confié l'administration des domaines et bâtiments dépendant de la Liste civile, de se rendre incessamment aux Gobelins pour y recueillir tous les éclaircissements sur les richesses que renferme cette manufacture, sur son administration actuelle, ses produits et les dépenses qu'elle entraine, afin de connaître promptement l'état actif et passif de cet établissement, avec lettre du même ministre à M. Audran, directeur de la manufacture, lui recommandant de satisfaire à toutes les demandes de M. Gerdret, de l'aider dans ses recherches et de veiller à ce que tous les artistes et ouvriers se soumettent à l'autorité conférée à M. Gerdret pour remplir la mission dont il est chargé.

Minutes (2 p.), A N., O* 2053.

2439. — Pétition présentée à l'Assemblée législative par la Commune de Paris, au nom des ouvriers tapissiers de la manufacture des Gobelins, exposant l'intérêt qu'il y a de conserver un établissement unique, jalousé par les puissances étrangères, en avisant aux moyens de payer les artistes se trouvant dans la situation la plus critique par suite de la suppression de la Liste civile, et qui n'ont jamais dérogé au patriotisme, comme le prouvent leur service dans la garde nationale, leurs dons patriotiques ainsi que la présence de 10 d'entre eux combattant aux frontières, et demandant à l'Assemblée de soumettre la question aux Comités de commerce et d'instruction publique, en les chargeant d'en faire un prompt rapport.

28 août 1792.

Copie, A. N., O' 2053.

Cf. Archives parlementaires, t. XLIX, p. 53.

2440. — Renvoi par l'Assemblée législative aux Comités d'instruction publique et de commerce de la pétition de la Commune de Paris relativement à la manufacture des Gobelins.

28 août 1792.

Extrait du procès-verbal , A . N., C 155, n° 301 . Cf. Archives parlementaires , t. XLIX, p. 53.

2441. — Envoi au ministre de l'intérieur par les ouvriers tapissiers de la manufacture des Gobelins d'une copie de la pétition présentée à l'Assemblée nationale par la Commune de Paris, à l'effet d'obtenir la continuation provisoire du traitement de 9,000 livres par mois dont ils jouissaient, sur lequel est imputé celui destiné aux apprentis, avec prière de recommander leur requête aux Comités qui doivent autoriser la continuation de ce payement et d'accélérer la décision à cet égard.

30 août 1792.

Minute, A. N„ 0> 2053.

2442. — Lettre de M. Cerdret au ministre des Contributions publiques, Lui rendant compte de ses démarches à la manufacture des Gobelins et transmettant les renseignements donnés par M. Audran avec beaucoup de clarté et de précision, desquels il résulte qu'il n'y a ni caisse ni caissier, point de fonds pour payer les ouvriers le 31, qu'il leur est dû 5 semaines et qu'il était d'usage de les payer toutes les 4 semaines, chacun des chefs recevant à cet effet de M. de Laporte une ordonnance de 3,000 livres, payable à la Caisse de la Liste civile; que les ouvriers sont au nombre de 105 à 110, y compris les apprentis; que les journées commencent à 7 heures et se terminent à 6 heures, été et hiver, et qu'on n'y travaille plus à la lumière, depuis que les ouvriers ne sont plus aux pièces; qu'ils gagnent de 32 à 9 livres par semaine, suivant leur talent; qu'on ne fabrique guère que 145 aunes de tapisserie par an, et proposant de faire payer les ouvriers le 31, sur des états certifiés par MM. Cozette et Audran, mais pensant que, pour les honoraires des chefs et supérieurs, on pourrait attendre jusqu'à la fin de septembre, ce qui compléterait leur quartier, quoiqu'à dire vrai, ils soient dans le besoin.

Original, A. IV., 0> 2053.

2443. — Note portant qu'à la date du 23 août, M. Roland a autorisé M. Cerdret à faire de ses deniers le payement provi-

soire des salaires dus aux ouvriers des Gobelins et de la Savonnerie, et que, le même jour, a été remis au même M. Cerdret une supplique des ouvriers des Gobelins.

31 août 1792.

Minute, A. N., O1 2053.

2444. — Mémoire remis par les ouvriers de la manufacture des Gobelins aux commissaires de la section du Finistère pour préparer leur rapport sur la manufacture, exposant que la dépense pour le salaire des 110 ouvriers est de 9,000 livres par mois, sans y comprendre les indemnités de logement, ce qui représente par tête 82 livres, et estimant qu'aux seules dépenses de réparations locatives près, l'établissement peut se soutenir avec une dépense annuelle de 150 à 160,000 livres au plus, somme qui suffira aux payements des ouvriers et des matières à employer, à la conduite des ateliers et au traitement raisonnable des chefs.

Août 1792.

Copie, A. N., O1 2053.

2445. — Répartition des gratifications qui sont conservées à plusieurs personnes employées aux Gobelins, à dater du 1 "janvier 1791 jusqu'au 10 août 1792, montant à 2,304 livres 2 sols 9 deniers.

Minute, A. N., O1 2053.

2446. — Répartition des indemnités de logement et d'argent attribuées aux citoyens ouvriers de la manufacture des Gobelins, désignés dans l'état, pour solde de l'année 1790, l'année entière 1791 et 7 mois 10 jours de 1792, avec les deux bordereaux de liquidation de la Liste civile.

Minutes (3 p.), A. N., O1 2053.

2447. — Répartition des sommes reçues pour les apprentissages des ouvriers de la manufacture des Gobelins, pour solde de l'année 1790, l'année entière 1791 et les 7 premiers mois et 10 jours de 1792, avec 2 bordereaux de liquidation de la Liste civile.

Minutes (3 p.), A. N., O1 2053.

MAXIFACTIBE DES GQBELINS

2448. — Pétition des ouvriers tapissiers des Gobelins au ministre de l'intérieur, exprimant le vœu de n'être point soustraits à la direction du ministère et abandonnés à d'avides spéculateurs, mais de rester dirigés par de célèbres artistes et maintenus dans la classe honorable que l'équité assigne aux Beaux-Arts ; au moment surtout où la Nation se propose de faire retracer parla manufacture et mettre dans tous les auditoires publics les tableaux touchants des grands événements qui ont fixé notre Révolution, à la place de ces vains monuments d'orgueil qui y étaient étalés avec tant d'ostentation.

1er septembre 1792.

Original, signé de MM. Mangelschot, Bouverot et Coullontion, délégués des tapissiers des Gobelins, A. N., O1 2053.

2149. — Lettre de M. Audran à M. Roland, ministre de l'intérieur, représentant qu'il y a nécessité de nommer un administrateur ou directeur provisoire, à l'effet de procéder à l'inventaire des tapisseries en magasin ou sur les métiers, des tableaux, des soies et laines, ainsi que des teintures, de dresser les états des personnes logées dans la maison, tant chefs qu'ouvriers, avec leurs traitements et appointements, en ayant soin de faire numéroter les logements, déclarant qu'il est prêt à accepter cette mission, si on l'en juge capable, et que, dans le cas contraire, si un autre que lui est désigné, il fournira tous les éclaircissements en son pouvoir.

l«r septembre 1792.

Original signé, A. N., O1 2053.

2450. — Lettre du ministre de l'intérieur à M. Audran, lut annonçant sa nomination à la place de directeur provisoire de l'administration des Gobelins, et l'invitant à se livrer avec la plus grande activité à tout ce qu'exige cette nouvelle fonction, à s'occuper tout d'abord de faire procéder à l'inventaire des tapisseries se trouvant soit en magasin, soit sur les métiers, de faire une description exacte des tableaux, de constater la nature et quantité des soies et laines, de dresser des états nominatifs des personnes logées, enfin

d'établir un ordre propre adonner le plus d'enSemble et de régularité possible aux détails concernant cet établissement, et priant de lui envoyer immédiatement l'inventaire demandé.

4 septembre 1792.

Minute, A.N., O1 2053.

2451. — Lettre de M. Gerdret à M. Boland, adressant les états des sommes qu'il a avancées pour le payement des salaires des ouvriers des Gobelins, jusqu'au 25 août, et de la Savonnerie jusqu'au 1er septembre, montant ensemble à 9,488 livres 17 sols 6 deniers, priant de lui faire parvenir l'ordonnance de remboursement, et offrant ses services pour suivre l'exécution de l'inventaire et des opérations y relatives, avec accusé de réception par le ministre, qui transmet ces états à son collègue des Contributions publiques, et lettre à M. Clavière. à ce sujet.

6, 26 septembre 1792.

Original signé et minutes (3 p.), A. N., O1

2452. — Lettre de M. Belle à M. Audran, directeur des Gobelins, rappelant que M. Pierre lui a enlevé arbitrairement la garde des tableaux de la manufacture et le professorat de l'Ecole de dessin, en faveur du sieur Peyron, et le priant d'intercéder auprès du ministre pour être rétabli dans ses places, afin d'en assurer la survivance à son fils, faveur qu'il ambitionne d'autant plus que les arts ont beaucoup eu à souffrir de la Bévolution, et qu'il n'a rien à laisser à son fils du côté de la fortune.

8 septembre 1792.

Original signé, A. N., O* 2053.

2453. — Lettre du ministre de l'intérieur à M. Audran, le priant, au sujet des sommes avancées par M. Gerdret pour le payement du salaire des ouvriers des Gobelins et de la Savonnerie, de vérifier les faits et de lui rendre compte du résultat de la vérification, ainsi que de l'usage établi relativement au payement des ouvriers de ces manufactures, avec réponse de M. Audran, renseignant sur le mode de

payement en vigueur, qui se fait sur un état de semaine réglé et arrêté par M. d'Angiviller, où les heures de travail sont fixées et où l'on décompte à chaque ouvrier les manques de travail calculés par quart, moitié ou totalité de la journée, et terminanf.au sujet des offres de service de M.Gerdret par une critique acerhe du même Gerdret, « riche marchand de toiles mousselines, administrateur du Département et amhitieux de gloire, d'ailleurs fort honnête homme, qui peut très bien convenir pour être le caissier ou le trésorier de M. Clavière, mais point du tout pour nos manufactures ».

10, 11 septembre 1792.

Minute et original signé (2 p.), A. N., O1

2454. — Lettre de M. Audran à M. Roland, ministre de l'intérieur, l'assurant de la satisfaction générale des ouvriers, et en ce qui concerne l'ordre à établir dans la maison, afin d'obtenir la plus grande assiduité aux travaux, proposant d'y loger le plus d'ouvriers possible et de supprimer tous les logements donnés par faveur, dont il joint l'état à sa lettre, et demandant l'autorisation de faire faire par des ouvriers à la journée les réparations nécessaires dans tous ces logements.

1 1 septembre 1792.

Original signé, A. N., O1 2053.

2455 — Feuilles de paye des ouvriers des sieurs Cozette, Audran et Cozette fils, pour le mois d'août 1792, et du sieur Audran, pour le mois de septembre, certifiées par MM. Cozette père, Cozette fils et Audran.

11 septembre 1792.

Originaux signés (4 p.), A. N., O1 883.

2456. — Pétition du sieur Decurel à M. Roland, ministre de l'intérieur, exposant qu'il a été, il y a 6 ans, placé à la manufacture par M. Pierre, premier peintre du Roi, que pour y entrer il a rompu une association formée avec un teinturier de Paris, et se voyant menacé de perdre sa place, dont M. Audran, directeur provisoire, se propose de le destituer, il solli-

cite son maintien dans les fonctions qu'il remplit avec toute la capacité voulue, comme en témoignent ses 6 années de service.

17 septembre 1792.

Original, A. N., O» 2053.

2457. — Inventaire des tapisseries, tant anciennes que nouvelles, de haute et basse lisse, des tableaux, soies et laines et autres objets composant le fond de la manufacture nationale des Gobelins, fait par ordre du citoyen Roland, ministre de l'intérieur, par le citoyen Audran, nommé à cet effet.

18 septembre 1792.

Copie, A. N., O1 2053.

2458. — Lettre de M. Audran à M. Roland, ministre de l'intérieur, envoyant un état de propositions pour les traitements et appointements des personnes indispensables à la manufacture, qui devront, à son avis, se payer tous les mois, sauf pour les ouvriers qui pour la plupart ne peuvent attendre un mois, demandant à cet effet qu'on lui confie au commencement de chaque mois une somme de 12,000 livres, dont il compterait sur un état de dépenses appuyé des quittances, et par exception, pour le présent mois, 15,000 livres, attendu qu'il y aura 5 semaines à solder aux ouvriers, et, quant au travail qui a produit, en 1791, 145 aunes carrées, déclarant qu'il n'en promet pas autant pour cette année, vu les pertes de temps forcées par les circonstances, mais que, la tranquillité et l'ordre rétabli, il pourra s'en faire beaucoup plus, et assurant qu'il y apportera toute son attention, avec réponse du ministre, invitant M. Audran à dresser des états détaillés et nominatifs des appointements et salaires dus à la fin de septembre aux entrepreneurs et ouvriers de la manufacture, qu'il fera passer à M. Clavière, chargé des dépenses relatives aux établissements faisant partie de la Liste civile, afin d'expédier une ordonnance de payement sur la Trésorerie nationale.

18, 26 septembre 1792.

Original signé et minute (2 p.), A. N., O1

MANUFACTURE DES GOBELINS

2459. — Lettre de M. Audran à M. Grandchamp de Fauchy, le priant de rappeler à M. Roland sa promesse de s'occuper incessamment des objets urgents à décider pour remettre l'ordre dans la manufacture, et de lui faire également observer que, dans les payements des mois d'août et de septembre, il n'y avait strictement que la solde des ouvriers.

20 septembre t792.

Original signé, A. N., O1 2053.

2460. — Lettre de M. Audran à M. Roland, ministre de l'intérieur, au sujet de l'emploi d'un terrain assez considérable dépendant de la manufacture, exposant qu'une partie est louée 300 livres à un jardinier et qu'on est venu lui en offrir 600 livres, somme qui pourrait être portée à 800 et même 1,000 livres, que ce loyer devait servir à payer le curage de la rivière, mais rentrait dans la poche des deux inspecteurs, aussi qu'il a défendu de payer le terme courant, ajoutant qu'une autre partie de ce terrain est divisée en plusieurs jardins, dont chacun des chefs de la maison a lajouissance, qu'un des plus grands va se trouver vacant par la suppression du poste de M. Peyron et occasionner des compétitions entre les ouvriers, qui prétendront en avoir chacun une portion, proposant de vendre ou louer ces terrains, et de faire en sorte que chacun de ceux qui ont des jardins en payent les loyers proportionnellement à leur grandeur, ce qui fera cesser tous murmures.

21 septembre 1792.

Original signé, A. N., O1 2053.

2461. — Lettre de M. Audran à M. Roland, ministre de l'intérieur, l'informant que, la veille au soir, dans l'assemblée de la section, la chapelle de la manufacture a été désignée au maire de Paris, parmi les locaux vacants propres à loger les fédérés qui viennent travailler au camp, le priant d'écrire au maire pour empêcher l'occupation de cette chapelle, et proposant d'en faire le magasin général des tableaux, actuellement répartis en plusieurs pièces.

Original signé, A. N., O' 2053.

2402. — Lettre du ministre de l'intérieur à M. Pétion, maire de Paris, lui représentant tous les inconvénients qui empêchent de faire servir à des logements militaires la chapelle des Gobelins, en raison des effets précieux que renferme cet établissement appartenant à la Nation, de la surveillance qu'ils exigent, ainsi que du régime à maintenir dans les ateliers, et déclarant qu'il l'a destinée à former un magasin nécessaire à la manufacture, que d'ailleurs, d'après la loi du 13 septembre, aucune maison nationale ne doit être affectée à des casernements.

21 septembre 1792.

Minute, A. N., O» 2053.

2463. — Lettre du ministre de l'intérieur à M. Delagarde, concierge de la manufacture des Gobelins, déclarant, pour l'intérêt général et le bien du service, que les logements autrefois donnés par faveur ne seront plus accordés qu'à des ouvriers attachés à la manufacture, recommandables d'ailleurs par leurs vertus civiques et morales, et l'invitant à prévenir les particuliers dénommés dans l'état joint à sa lettre, que la Nation est rentrée en possession de l'appartement occupé par chacun d'eux, qu'ils aient à le quitter dans le plus bref délai et à lui en remettre les clefs, ajoutant que M. Audran, nommé directeur provisoire de la manufacture, fera connaître ses ordres ultérieurs.

26 septembre 1792.

Minute, A. N., O1 2053.

rieur à M. Cuvillier, ex-principal commis de l'intendant des bâtiments du Roi, l'invitant à remettre au délégué du ministre tous les papiers dont il est dépositaire relativement aux manufactures des Gobelins et de la Savonnerie, et de lui communiquer les renseignements qu'il peut avoir sur la situation de ces deux établissements, pour accélérer le compte qu'on doit rendre de leur administration.

26 septembre 1792.

Minute, A. N., O1 2053.

2465. — Lettre de M. Audi an à M. Grandchamp de Fauchy, le priant de présenter le plus tôt possible au ministre le rapport de l'état des appointements, adressé le 18 courant, pour que M. Roland puisse l'arrêter, attendu qu'il se propose de demander un acompte, en remettant les états de payements à faire aux ouvriers pour le mois de septembre.

27 septembre 1792.

Minute, A. N., O1 2053.

2400. — Mémoire pour le Conseil, portant que la manufacture des Gobelins occupe cent et quelques ouvriers, qui y sont de père en (ils et sont répartis sous 3 cbefs qui se succèdent également de père en fils, que depuis le 1er janvier 1791, en vertu d'un règlement arrêté par M. d'Angiviller, les ouvriers sont payés à la journée, ce qui constitue une dépense de 9,000 livres par mois, dont les chefs doivent rendre compte, qu'on ne peut en ce moment se permettre aucune observation sur la gestion de cette maison, le point essentiel et urgent étant de subvenir aux besoins des ouvriers.

27 septembre 1792.

Original, A. N., O1 2053.

2467. — Lettre de M. Cuvillier au minisire de l'intérieur, déclarant qu'il n'a jamais eu que voix consultative dans l'administration des Gobelins et de la Savonnerie, sans prendre aucune part à l'exécution qui était confiée au citoyen Montucla, et engageant le ministre à recourir aux lumières du citoyen Guillaumot, chargé de la direction des Gobelins à la mort de M. Pierre, c'est-à-dire en avril 1789, qui s'est acquitté de sa tâche avec zèle, et, en ce qui concerne les papiers relatifs aux maisons nationales, ne pouvant signaler que la correspondance existant entre les mains des inspecteurs respectifs et les plans qu'ils possèdent, ensuite les mémoires d'ouvriers, et tout ce qui touche à la Liste civile, dont la liquidation est attribuée au ministre des Contributions publiques, qu'il a du reste avisé des payements les plus urgents à effectuer.

29 septembre 1792.

Original signé, A. IV., O1 2053.

2468. — Lettre du sieur L. Malaine, peintre aux Gobelins (au ministre de l'intérieur), présentant quelques observations au sujet de l'ordre qu'il a reçu de quitter les Gobelins, dont les logements doivent, dit-on, être réservés à ceux qui ont fait preuve de civisme durant la Révolution, déclarant qu'il a fait son service personnel dans la garde nationale, et que la mesure qui l'atteint va l'obliger à porter à l'étranger son industrie et ses talents, ce qui, en raison des peintres et graveurs qu'il occupe, occasionnera une perte de 15 à 18,000 livres, et, comme il va bientôt se trouver chargé de 4 enfants, priant qu'on le laisse attendre un temps plus favorable pour se mettre en voyage avec sa famille.

29 septembre 1792.

Original signé, A. N., O1 2053.

2469. — Mémoire des ouvrages de menuiserie faits et fournis à la manufacture royale des Gobelins, en vertu des ordres de MM. de Laporte et Guillaumot, par Leschaudelle, menuisier ordinaire de la manufacture, pendant les 6 premiers mois de l'année 1792, mémoire certifié conforme à l'original, le

11 octobre 1792.

Copie, A. N., O1 2053.

2470. — Mémoire d'un tableau commandé par M. de Laporte, intendant de la Liste civile, à M. Suvôe, peintre du Roi, et par lui exécuté pendant l'année 1791 et les 6 premiers mois de 1792. tableau destiné à être exécuté en tapisserie, aux Gobelins, de 13 pieds de long sur 10 de haut, représentant Cornélie, mère des Gracques, recevant la visite d'une dame Campanienne, etc., etc., estimé 6,000 livres.

(29 novembre 1792.) Minute, A. N., O1 2053.

Manufacture de la Savonnerie.

2471. — Pétition adressée à M. de Laporte par le sieur Denis Leclerc, ancien ouvrier de la Savonnerie, où il avait été reçu en 1763, et d'où il était sorti à deux

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