AFFAIRE BRUCK
915. — Déclarations do témoins contre la citoyenne Bruck, reçues par le citoyen Cherest, juge de paix de Tonnerre : 1° Le citoyen Pierre Laceret, fils de Pierre Laceret, voilurier, âgé de 18 ans, déclare qu'environ deux jours après qu'on a appris la mort de Marat, la citoyenne Bruck, l'aînée, demeurant au ci-devant château, qui allait entrer chez le citoyen Ester, jardinier, a dit : « Il est mort, ce gueux», que, lui ayant demandé « qui est-ce qui est mort », elle a répondu, <* c'est ce gueux de Marat, ceux qui l'ont assassiné ont bien fait, ils auront une récompense ». A quoi ledit Laceret a répliqué : « la récompense qu'ils auront, ce sera d'avoir la tête coupée », et la citoyenne Bruck a ajouté que Marat et la Convention étaient tous des gueux et la cause qu'il y avait une guerre en France ; 2° La citoyenne Marie Lenoble, veuve de Pierre Laceret, voiturier, a entendu, chez le sieur Ester, la citoyenne Bruck dire, à propos de nouvelles, que « Marat est mort, ceux qui l'ont tué ont
bien fait, c'est lui qui est cause de la Constitution et qu'il n'y a pas un Roi, si ce gueux de Marat fût mort il y a longtemps, nous en aurions mieux valu » ; 3° La citoyenne Madeleine Mantelet, femme de Pierre Guenin, manouvrier à Tonnerre, dit que, quelque temps après la mort de Marat, elle a entendu la citoyenne Bruck déclarer que « Marat était mort, que c'était un scélérat de moins, il y a dix ans qu'il aurait dû mourir, c'est lui qui est cause de la guerre ».
20 août 1793.
Copie conforme, A. N., W 410, n° 942 (pièce 97).
91 G. — Interrogatoire subi devant Mammès Mariet, juge de paix de Tonnerre, par Marie-Anne-Louise Bruck, fille de feu Joseph Bruck, inspecteur des bois, chasse et pêche du marquis de Courtanvaux, âgée de 60 ans, demeurant à Tonnerre, au cidevant château, au sujet des propos contre-révolutionnaires par elle tenus, notamment sur le compte de Marat, traité par elle de gueux, et dont elle avait approuvé l'assassinat, ce qu'elle a nié, déclarant qu'elle n'avait jamais entendu parler de Marat, ni en bien, ni en mal, et n'en avoir point parlé elle-même.
1 6 pluviôse an II.
Original signé, A. N., W 410. n° 942 (pièce 98).
917. — Interrogatoire subi devant Claude- Emmanuel Dobsent, juge du Tribunal révolutionnaire, par Marie - Anne - Louise Bruck, âgée de 67 ans, demeurant à Tonnerre, au sujet des propos par elle tenus, notamment d'avoir dit que ceux qui avaient tué Marat avaient bien fait, ce qu'elle a déclaré faux.
6 prairial an II.
Original signé, A. N., W 410, n" 942 (pièee 104).
AFFAIRE RENYÉ
918. — Dénonciation faite au Comité de surveillance de la commune de Saint- Maur par le sieur Pierre Estèphe, bûcheron, travaillant au bois de Vincennes, contre le sieur Nicolas Renyé, garçon carrier, pour avoir tenu les propos les plus inci-
m CHAPITRE I"'. — JOURNÉES HISTORIQUES DE LA RÉVOLUTION
viques, avoir dit entre autres « qu'il se t.., de Marat et de Le Pelelier, ainsi que d,e toutes les affaires que l'on faisait ».
1 2 germinal an II.
Original signé, A. N., W 425, n° 951
(pièce 27).
AFFAIRE SALLENEUVE
010. — Déclaration faite au Comité de surveillance d'Aiguepcrse par : 1° Antoine Charles, charpentier audit lieu, contre le sieur Jean- Baptiste Salleneuve, agriculteur, pour avoir tenu des propos contrerévolutionnaires, l'avant entendu dire dans la commune de Rnssière, « à une fête delà superstition », au sieur Jean-Jacques Bréchard : « Tu es du parti de Marat, je connais Marat, c'était un gueux, je l'ai vu à Paris, il n'avait pas le moyen de payer sa lasse de café, je l'ai vu faire sauter par la fenêtre, faute par lui de payer son café»; 2n Jean-Jacques Bréchard, officier municipal d'Aiguepcrse, qui enlendit le citoyen Salleneuve parler dans un groupe contre la Convention et chercher à l'avilir, que ledit Bréchard s'élant approché, dit : «N'écoutez pas cet homme, il vous trompe », que l'autre répliqua à son tour : « N'écoutez pas Bréchard, c'est un Marat », et comme son opinion était que Marat était sanguinaire, il donnait à enlendre qu'il y avait concordance entre l'opinion de Marat et celle du déclarant; 3° Jacques Degeorge, officier de santé à Àigueperse, qui entendit le citoyen Salleneuve désapprouver le parti Maratiste et blâmer les Parisiens au sujet de la journée du 31 mai, et répéter que les honnêtes gens en province en gémissaient.
9 floréal an II.
Original signé. A. N., W il 5, nn 953 ' pièce 70).
920. — Interrogatoire subi devant le citoyen Etienne Masson, juge du Tribunal révolutionnaire, par Jean-Baptiste Salleneuve, âgé de 44 ans, agriculeur à Aigueperse, au sujet des propos injurieux contre Marat et autres patriotes, qu'il aurait tenus, de même contre la Convention, en déclarant qu'il fallait la délivrer de la tyrannie des Parisiens, propos qu'il a niés, en protestant de son patriotisme et de
son énergie, qui lui avaient fait beaucoup d'ennemis à Aigueperse.
13 prairial an II.
Original signé A. N., W 415, nu 051 (pièce 80).