AFFAIRE ADAM LUX
968. — Analyse et traduction d'une lettre d'Adam Lux à sa femme, née Reuter, lui annonçant sa fin prochaine, quoiqu'il lui en coûte beaucoup, dit-il, d'abandonner sa femme et ses enfants, mais il ne saurait balancer quand le salut de la patrie en dépend, attendu que si la libellé ne triomphe pas, il est perdu et ne pourrait lui survivre, et que si elle triomphe, la nation française ne l'oubliera pas, ainsi que ses enfants, avec observations du traducteur, portant que cette lettre ne démontre qu'une tête fanatisée, prête à
mourir et cependant pleine d'énergie et de morale.
6 juin 1793.
Original en allemand et minute (2 pièces), A. N., W 293, n" 213.
969. — Charlotte Corday, par Adam Lux, député extraordinaire de Mayence.
19 juillet 1793.
Imprimé in-8 de 8 pages, A. N., W 293, n°213.
Cet écrit est le panégyrique de Charlotte Corday, qui motiva l'envoi d'Adam Lux devant le Tribunal révolutionnaire.
970. — Procès-verbal de transport du citoyen Lestage, commissaire de la section de la Butte-des-Moulins, en vertu d'ordre du Comité de sûreté générale, du23 juillet, rue des Moulins, à l'hôtel des Patriotes Hollandais, en l'appartement occupé par Adam Lux, député delà ville de Mayence, et perquisition faite en présence de la dame Harnier, maîtresse de l'hôtel, et du citoyen Feneaux, commis du Comité de sûreté générale, qui a amené la découverte :
1° dans une chiffonnière, entre deux croisées, de 7 exemplaires d'un ouvrage intitulé : Avis aux citoyens français, par Adam Lux, d'un seul exemplaire de Charlotte Corday, par Adam Lux, qui a déclaré en être l'auteur ; de plusieurs feuilles manuscrites, dont une intitulée : Aux citoyen* Pclion et Guadct, écrites de la main d'Adam Lux, en date du 6 juin 1793, d'un autre manuscrit de 4 feuillets, plus d'une lettre à l'adresse du citoyen Weis, aumônier ; 2° dans un secrétaire, en entrant à gauche, de 2 exemplaires de l'écrit intitulé : Charlotte Corday, plus d'un ouvrage imprimé en allemand, qui a paru être une Constitution.
24 juillet 1793.
Copie conforme, A. N., W 293, n° 213.
Les imprimés, de la composition d'Adam Lux. et ces manuscrits de sa main sont annexés au dossier.
97 1 . — Interrogatoire subi devant le Comité de sûreté générale par Adam Lux, âgé de 27 ans 6 mois, député extraordinaire de Mayence à la Convention nationale, à l'effet de solliciter un décret de réunion à la France, portant sur ses tentatives d'entrer en relations avec Petion et Guadet, auxquels il a parlé quelquefois,
mais qui ne lui ont jamais communiqué leurs plans, leurs vœux, ni leurs chagrins, sur son projet insensé de suicide, qu'il a confié aux mêmes citoyens, et qui ont fait tous leurs efiorts pour l'en détourner.
24 juillet 1793.
Original, signé d'Adam Lux, A. N. , W 293, n° 213.
Dans le dossier, se trouve un écrit de la main d'Adam Lux, intitulé : Mes réflexions présentées à la Convention nationale pour y être lues le lendemain de ma mort.
972. — Arrêté du Comité de sûreté générale, décidant, après avoir interrogé Adam Lux , député extraordinaire de Mayence, et pris lecture des imprimés et manuscrits trouvés dans ses papiers, que ledit Adam Lux, mis provisoirement et par mesure de sûreté générale à la Force, sera traduit devant le Tribunal extraordinaire révolutionnaire, et que les manuscrits et imprimés, trouvés chez lui, seront envoyés à l'accusateur public dudit Tribunal.
28 juillet 1793.
Original, signé de Guffroy, Drouet, Lanot, Ingrand, Legendre et Amar, A. N., W 293, n" 2t3.
973. — Interrogatoire subi devant Gabriel-Toussaint Scellier, juge du Tribunal révolutionnaire, en présence d'Anloine- Quentin Fouquier-Tinville, accusateur public, et de Robert Wolff, commis-greffier, par Adam Lux, âgé de 27 ans 8 mois, natif d'Obernbourg, électorat de Mayence, cultivateur, député extraordinaire de la Convention germanique séant à Mayence, au sujet du rôle par lui joué à Paris, de ses relations avec Pétion et Guadet et les autres membres corrompus de la Convention, de son opinion sur l'insurrection du 31 mai, de son projet de se brûler la cervelle à la barre de la Convention, le 2 juin, après avoir prononcé le discours qui se trouve joint aux pièces du procès, et des ouvrages dont il est l'auteur, notamment de Y Avis aux citoyens français et de Charlotte Corda ij.
30 août 1793.
Original signé, A. N., W 293, n° 213.
974. — Lettre du patriote Mœschenberg (à l'accusateur public du Tribunal révolu-
tionnaire), le taxant de quelque négligence à l'égard de son compatriote Adam Lux, cet écrivain téméraire, qui a eu l'audace de traiter Marat de monstre, son assassin de Brulus et ses juges de bourreaux, déclarant que c'est encourager les modérés, les aristocrates et les fédéralistes que de laisser impuni cet auteur de VAvis aux Français, qui prétend que le Tribunal révolutionnaire condamne les innocents et obéit aux conspirateurs, que lui se charge de sa poursuite, et prévenant de son intention de le dénoncer aux Cordeliers et aux Jacobins pour hâter son châtiment.
4 septembre 1793.
Original signé, A. N., W 293, n" 213.
Ed. H. Wallon, Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris, t. I, p. 223.
975. — Lettres écrites de la Force par Adam Lux , député extraordinaire de Mayence, à Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire, et au citoyen Foucault, juge du même Tribunal, rappelant que, dans deux petits écrits, il a publié ses opinions politiques, en raison desquelles il est emprisonné depuis le 2'5 juillet, protestant contre les insinuations de certains journaux (celui de la Montagne) qui veulent le faire passer pour absolument fou, demandant à être promptement jugé, afin que le Tribunal décide s'il est républicain ou contre-révolutionnaire, fou ou raisonnable, sage ou égaré, innocent ou coupable, tout lui paraissant préiérable à l'opprobre injuste et immérité d'être nourri et enfermé comme inutile, pitoyable, méprisable, et priant instamment de décider s'il y a lieu à accusation contre lui.
Originaux signés (2 pièces), A. N., W 293, n" 213.
Ed. II. WALLON, Hisloire du Tribunal révolutionnaire de Paris, t. I, p. 222.
976. — Lettre d'Adam Lux, député extraordinaire de Mayence, au président du Tribunal révolutionnaire , exposant qu'il est emprisonné depuis deux mois, et le priant de décider s'il y a lieu à accusation contre lui et d'accélérer son jugement.
20 septembre 1793.
Original signé, A. N., W 293, n" 213.