‹ Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la révolution française (volume 4)Chapitre 6 sur 97 · ORDRK DU COMITÉ CENTRAL DE METTRE SUR PIED LA FORCE ARMÉE · texte numérisé non relu

ORDRK DU COMITÉ CENTRAL DE METTRE SUR PIED LA FORCE ARMÉE

(i juin I7(j3)

INTRODUCTION Ixxxix

lionnaire, qui vient annoncer au général que le Comité de salut public le demande, est arrêté comme suspect et envoyé à la Police pour ôtre gardé.

« Le citoyen Percyra, demeurant rue Saint-Merry, au Roniiet de la Liberté, n° 413, dénonce le citoyen Cusman, membre du Comité révolutionnaire, comme un homme suspect. On arrête qu'il sera mis provisoirement en arrestation à la Mairie dans une chambre particulière. 11 a remis un pistolet de poche et un sabre.

« On dépose sur le bureau une dénonciation do la section du Panthéon-Français contre Roland.

« On vient annoncer de la part de la section des Piques que le ministre Claviére a été arrêté et mis en arrestation chez lui comme suspect.

« Arrêté que les députés de la Convention seront mis en arrestation chez eux, et que le Commandant de la garde sera chargé d'exécuter cette arrestation, sous la surveillance des membres du Comité central révolutionnaire, dans la journée de demain mardi.

2 Juin, i heures du matin.

« Arrêté que des commissaires se transporteront sur le champ au Comité de salut public pour lui demander qu'il fasse son rapportaujourd'hui, de manière que l'Assemblée décrète que les chefs de la faction ont perdu la confiance publique, qu'ils soient en conséquence mis en état d'arrestation, sauf au peuple à suivre la demande en accusation.

c< Arrêté que le Commandant fera dès le matin environner la Convention d'une; force armée respectable, de manière que les chefs de la faction puissent être arrêtés dans le jour, dans le cas où la Convention refuserait de faire droit sur la demande des citoyens de Paris. »

De cet ensemble de mesures prises à la veille de ha journée décisive, on peut rapprocher un projet d'arrêlé du Comité cenlral révolutionnaire, écrit de la main de Génois, l'un de ses membres, non daté, mais se référant évidemment à cet instant critique :

« Au nom du Comité central révolutionnaire, le Commandant général de la force

armée parisienne fora passer à toutes les sections l'ordre de battre sur le champ la

générale, de mettrg toute la force armée sur pied, attendu la résistance que les citoyens

de Paris ont éprouvée hier, en voyant des vœux légitimes méconnus et avilis par les

conspirateurs qu'elle dénonce, attendu que le peuple de Paris est bien déterminé cette

fois à ne poser les armes qu'il n'ait obtenu la justice qui est due à tous les républicains

des départements. »

(Signé) ; Gknois.

Comme le peuple de Paris était sur pied depuis (rois jours et que le faubourg- Saint-Antoine notamment commençait à trouver le temps long, le Comité cenlral révolutionnaire, considérant que les Sans-culolles sacrifiaient tout pour la Révolution, qu'ils quittaient leurs travaux et qu'en conséquence il fallait les nourrir, invita les Comités révolutionnaires à dresser équilablement la liste de tous ceux qui se trouvaient sous les armes et qui pouvaient avoir besoin de secours, ajoutant qu'il leur ferait passer les fonds nécessaires (1).

(1) V. le t. VIII lie nolie Réperloiie, n" 2795.

xc IN'TRODUCTION

Hanriot, conformément aux instructions du Comité central révolutionnaire, l'équisitionna 400 hommes de la section des Droits-de-l'Homme, ainsi que la compagnie de canonniers avec ses deux pièces de canon, qui furent distribués au Carrousel, le long desïuileries et place de la Révolution ; une batterie de 32 canons fut installée dans la cour du Palais et placée sous les ordres do Petit, commandant des canonniers de la section de Bon Conseil (1). Toutes les dispositions étaient prises, aussi llanriot pouvait-il annoncer, le soir du 1" juin, au Conseil général de la Commune, que tous les postes étaient garnis, qu'avant peu plus de 40 traîtres seraient arrêtés et que sans aucun doute les braves Sans-culottes seraient vainqueurs.

L'action définitive allait s'engager. Le Conseil général de la Commune, convoqué à neuf heures du matin, avait entendu la lecture d'une nouvelle adresse à la Convention et décidé qu'elle serait portée à l'instant par une nombreuse dépulalio». Ce fut Marchand, l'un des membres du Comité central révolutionnaire, qui demanda en ces termes l'admission de la députation : « Citoyen président, une députation des 48 sections et de tous les corps constitués du Département de Paris demande à élre admise à la barre pour présenter la dernière mesure de salut public. » Celte mesure était la mise en état d'arrestation des conlre-révolulionnaircs, des factieux de la Convention, c'est-à-dire des députés Girondins, réclamée de nouveau par le peuple de Paris en armes depuis trois jours, qui venait déclarer qu'il était las d'ajourner sans cesse l'instant de son bonheur, et adjurait la Convention de le sauver, ou il se sauverait lui-même. L'adresse en question, revêtue des signatures de Marquet, président, de Marchand, secrétaire (pour le Comité central révolutionnaire), de Louis Roux, président, et de Mettot, secrétaire-greffier adjoint (pour le Conseil général de la Commune) émane du Comité central révolutionnaire ; elle fut rédigée par Marchand, l'un de ses membres, dont la signature, on qualité de secrétaire du Comité, figure au bas de l'adresse : ce qui le prouve de la façon la plus formelle, c'est que la minute de celle adresse, de la main même de Marchand, existe dans son dossier, parmi les papiers du Comité de sûreté générale. Quoiqu'absolument conforme dans son contexte au document dont lecture fut donnée ù la Convention, il y a lieu do faire remarquer que les mots: Nous en répondons tous à leurs dépiirtenients ne figurent pas dans la version primitive et ont été ajoutés au dernier moment.

La Convention se borna purement et simplement à renvoyer la pétition au Comité de salut public, sans admettre la motion do Billaud-

(1) V. la lettre de Fortin à la section de Bon Conseil, Arch. nat.. F" 4643.

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