‹ Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la révolution française (volume 4)Chapitre 67 sur 97 · Jugement du Tribunal criminel · texte numérisé non relu

Jugement du Tribunal criminel

révolutionnaire, condamnant Marie-Anne-

Charlottc Corday à la peine de mort, et

ordonnant qu'elle sera conduite au lieu

de l'exécution, revêtue d'une chemise

rouge.

17 juillet 1793.

Original, signé de Montané, Ardouin, Roussillon et Foucault, A . ;v. , W 277, n° 82 .

Ed. ChkrOn de Villiers, Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont, p. 378 ; C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotle de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 90.

930. — Signification par deux huissiersaudienciers du Tribunal révolutionnaire au citoyen Richard, concierge de la maison de justice de la Conciergerie, du jugement condamnant Marie-Anne-Charlotle Corday à la peine de mort.

17 juillet 1793, 6 heures 1/2.

Ed. C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 93.

PROCÈS ET EXÉCUTION UE CHAHLOTTE COHDAY

tlo". — Procès-verbal d'exécution de mort de Marie-Anne-Charlolte Corday, cidevant d'Artnont, sur la place de la Hévolution, dressé par deux liuissiers-audienciers du Tribunal révolutionnaire.

17 juillet 1793, G heures 1/2 du soir.

Original signé, ^. JV., W 277, n» 82.

Ed. CllÉnON DE ViLLIEllS, Maric-Annc-CharloUe de Corday d'Armont, p. 409 ; G. Vatel, Dossiers du procès criminel de Cliarlotle de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 94 ; E. Gamparuon, Le Tribunal révolulion-.iaire de Paris, t. I, p. 81.

958. — Extrait des pièces du procès de Marie-Anne-Charlotte Corday, assassin du citoyen Marat, devant le Tribunal criminel extraordinaire (lettres de Charlotte Corday à Barbaroux et à M. Corday d'Armont, son père), d'après les originaux restés entre les mains de l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire, extrait certifié conforme par Wolrt', commis-greffier dudit

Tribunal.

20 juillet 1793.

Copie, signée de Wolff, avec sceau du Tribunal, A. N., F'' 4385', n» 3.

9")9. — Lellre du Comité de sûreté générale au citoyen Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire, accusant réception de l'interrogatoire et de l'extrait des pièces du procès de Charlotte Corday, et jugeant qu'il est inutile et qu'il serait peut-être dangereux de donner trop de publicité aux lettres de celte femme extraordinaire, qui n'a déjà inspiré que trop d'intérêt aux malveillants.

22 juillet 1793.

Copie, A. N., V 4385', n" 3.

Original, signé de Lavicoraterie, Gullroy, Ingrand, Duniont (de la Somme) et 0. Basire, A. N., W 277, n" 82.

Ed. G. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 9().

960. — Lettre de M. Desprez, conseiller à la Cour royale deCaen, à M. Louis Dubois, sous-préfet de Vitré, annonçant qu'il s'est assuré de l'existence chez Mme Delleville, veuve d'un des doyens de la Cour, du portrait de Charlotte Corday, « fait comme elle passait dans la fatale charrette pour aller il l'échafaud », et qu'il a vu dans son salon ce portrait, qui est l'œuvre d'un T. IX.

peintre de Caen, nommé Brard, qui l'a donné à M"" Delleville, avec prière de le conserver pour l'honneur de la vicliine et de son dévouement.

22 mai !835.

Original signé, A. N., AA 47, n" 1374. Ce portrait fut gravé en taille-douce par Roy et mis en vente chezQucnedey, à la fin d'août 1793.

AFFAIRE GUILLEBAUT

961. -* Jugement du Tribunal de police correctionnelle de Dijon, prenant acte des dénonciations dirigées contre le citoyen Guillebaut par: 1° Claude Vallée, membre du Comité de sûreté de Dijon, qui a entendu ledit Guillebaut dire chez le vinaigrier Forest, qu'il méprisait les femmes, mais que, depuis le trait héroïque de Charlotte Corday, qui a délivré la France du plus grand monstre, il ne pouvait se dispenser de les estimer, et qu'il donnerait volontiers 200 livres à la femme qui voudrait en faire autant sur la personne de Carra ; 2° Elisabeth Tardiveau, femme de Nicolas Forest, vinaigrier; 3° Jean Vautherot, tissier en toile ; 4° Antoine Bardou, domestique du citoyen Pilley, aubergiste, ((ui ont témoigné des mêmes faits, ordonnant la mise en état d'arrestation de Charles Guillebaut.

8 août 1793.

Extrait conforme, .*. N., W 285, n» 226.

962. — Interrogatoire subi devant Bénigne Toussaint, l'un des juges du Tribunal du district de Dijon, directeur du jury d'accusation, par Charles Guillebaut, entrepreneur à Saint-Jean-de-Losne, inculpé de propos inciviques par lui tenus chez le citoyen Forest, vinaigrier à Dijon, et détenu dans la maison d'arrêt de celte ville, lequel déclare qu'ayant bu dans la journée avec plusieurs personnes de sa connaissance, il était pris de vin, lorsqu'il se rendit chez Forest et ne se souvient ni des personnes qui s'y trouvaient, ni même de relie qui lui servit de l'eau-de-vie, et, au sujet des propos qu'on lui prèle, notamment d'avoir dit que, depuis le trait héroïque de Charlotte Corday, qui avait délivré la France du plus grand scélérat, il estimait depuis ce temps-là les femmes

qu'il avait méprisées jusqu'alors, a prolesté n'avoir jamais tenu de semblables propos, que, loin d'approuver l'assassinat de Marat, il le regarde comme un crime affi-eux, si vrai que, comme membre de la Société républicaine de Saiiit-Jean-de- Losne, il a contribué, comme les autres membres de cette Société, à faire venir le buste de cet ami du peuple, ledit (iuillebaul déclare ne point se rappeler si la femme Forest ne lui a pas demandé pourquoi il traitait de scélérat le représentant du peuple Marat, pas plus que l'offre de •JOO livres qu'il aurait faite à la femme Forest pour assassiner Carra, qui ne valait pas mieux que Marat.

11 août 1793.

Original signé, A. N., W 285, n» 126.

903. — Jugement du Tribunal du district de Dijon, considérant que le citoyen Charles Guillebaut, par ses discours, a non seulement approuvé l'assassinat de Marat et fait l'éloge de la femme Corday, qui en est l'auteur, mais qu'il a encore désiré celui de Carra et oflert une somme de 200 livres pour l'exécuter, que c'est là vrainjent un délit national, une entreprise contre -révolutionnaire, puisque, si l'on pouvait assassiner ou faire assassiner les représentants du peuple, quels qu'ils soient, la représentation nationale serait bientôt anéantie, que la connaissance de toute entreprise contre-révolutionnaire et de tous attentats contre la liberté est spécialement attribuée au Tribunal révolutionnaire, renvoyant ledit Guillebaut à l'accnsaleur public de ce Tribunal.

12 août 1793.

* Extrait signé, A. N., W 285, n° 126.

964. — Lettre du citoyen Carnol, commissaire national près le Tribunal du district de Dijon, à l'accusateur public près le Tribunal révolutionnaire à Paris, lui envoyant la procédure instruite contre le citoyen Charles Guillebaut, entrepreneur à Saint-Jean-de-Losne, avec son interrogatoire, les divers certificats délivrés en sa faveur, et annonçant qu'il donne l'ordre^ au commandant de la gendarmerie nationale de faire conduire à Paris, sous

bonne et sûre garde, l'accusé pour y être

.jugé-

14 aofit 1793.

Originaux signés (6 pièces), A. N., W 285, n" 126.

96ii. — Lettre de Gohier, ministre de la justice, à l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire, lui transmettant un mémoire du Conseil général de la commune de Saint-Jean-de-Losne, en faveur de l'un de ses membres, prévenu de propos liberticides et traduit à son Tribunal, mémoire, en date du 18 août, dans lequel on atteste son patriotisme, son zèle républicain et on le déclare incapable d'avoir tenu avec réflexion les propos qui lui sont imputés, et qu'il n'a pu laisser échapper que se trouvant en étal d'ivresse, aussi l'on se demande si le sang des vrais républicains doit être versé pour accroître l'audace de l'aristocratie, au lieu du sang impur des aristocrates, de ces monstres dont la terre de Liberté est surchargée.

29 août 1793.

Originaux signés (2 pièces), A. N., W 285, n" 126.

966. — Interrogatoire subi devant Joseph-Gabriel Scellier, juge du Tribunal révolutionnaire, par Charles Guillebaut, âgé de 4S ans, natif de Dijon, entrepreneur de bâtiments, demeurant à Saint- Jean-de-Losne, au sujet des propos qu'il aurait tenus, le 7 août 1793, à Dijon, chez, le sieur Forest, marchand vinaigrier, ot'i il avait bu de l'eau-de-vie et où il aurait dit, en présence de plusieurs personnes, qu'il avait toujours méprisé les femmes, mais que, depuis le trait héroïque de la Corday, qui avait délivré la France du plus grand scélérat, il les estimait infiniment, lequel Guillebaut a déclaré ne pas se souvenir d'avoir tenu de pareils propos, qu'il en était d'ailleurs incapable. La citoyenne Forest lui ayant demandé qui lui avait dit que Marat était un scélérat, le sieur Guillebaut lui aurait répondu qu'il l'avait vu dans le journal de Carra et que ledit Carra ne valait pas mieux que Marat, le même aurait protesté n'avoir gardé aucun souvenir de ce fait, qu'au contraire Carra était leur homme de confiance, que le club.

l'ROCÈS D'ADAM LIIX

auijiiel il appartenait, voyait journellement sa feuille, ainsi que le Monitew et le Johc- /»«/(/« «o(c, de Sablier. Le même (iuillebaut aurait, paraît-il, proposfj un assignat de 200 livres à la femme Forest, si elle voulait faire de Carra autant qu'il i^n avait été fait de Marat, lequel a nié avoir tenu ce propos et n'avoir jamais eu pareille idée, et sur ce que ou lui a observé ijue tous les gens se trouvant alors dans la maison de la veuve Forest témoignent de ces différents propos, il les a formellement niés et déclaré que s'il avait eu un assignat de 200 livres, il l'eût sans doute employé à nourrir ses six enfants, ainsi que son épouse, qui est sur le point d'accoucher du septième.

2 septembre 1793.

Original signé, A. N.yW 2S5, n" 126.

907. — Jugement du Tribunal révolutionnaire, ayant égard aux attestations de civisme délivrées au sieur Charles Guillebaut, tant par la commune et les juges de paix de Saint-Joan-de-Losne que par la Société populaire de cette ville, ordonnant sa mise en liberté hors de la Conciergerie, enjoignant néanmoins audit Guillebaut d'être, à l'avenir, plus circonspect dans sa conduite et de se présenter deux fois par semaine au corps municipal de ladite ville de Saint-Jean-de- Losne.

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