‹ Répertoire général du clergé canadien [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 55 · DIOCÈSE DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

DIOCÈSE DE QUÉBEC

Jacques Cartier, à son premier voyage au Canada, en 1534, avait certainement amené avec lui, au moins, un aumônier. Malheureusement son nom ne se trouve pas rapporté dans la relation de ce voyage. Seulement, nous lisons que le 11ème jour de juin, fête de saint Barnabé, étant au hâvre de Brest (aujourd’hui le Vieux-Fort) il entendit la messe, ‘après la messe ouïe, dit-il, nous allâmes...... ? et un peu

plus loin, il ajoute : ‘ Le dimanche 14ème jour (du même mois) fimes chanter la messe...”

Le BreTon, Dom Guillaume et Dom ANTOINE, aumônier: de Jacques Cartier à son second voyage au Canada, (1) célébrèrent la messe, au moins dans les lieux où Jacques Cartier en fait mention, par exemple à l'île aux Coudres, le 7 septembre 1535 puis au hâvre de Sainte-Croix (rivière Saint-Cherles), pendant tout l'hiver. Lorsque le Capitaine du Canada voulait dissuader Jacques Cartier d'aller à EHochelaga, l’interprète lui ayant demandé s’il avait parlé à Jésus, Caïtier lui répondit que “ses prêtres lui avaient parlé, ”

AuBry, Nicolas, prêtre de la ville de Paris, arrivait en Acadie en mai 1604, accompagnant les émigrants français qu'y conduisait Mr de Monts. Etant descendu au rivage, dans la Baie Sainte-Marie, il s’égara si bien dans le bois qu’il ne put retrouver ses compagnons, et fut ainsi seize ou dix-sept jours, n'ayant pour toute nourriture que des herbes sûres et des fruits sauvages. Ayant été aperçu au rivage, lorsqu'il faisait des signes, avec une gaule, au bout de laquelle il avait mis son chapeau, une chaloupe l’alla recueillir. (2)

FLècHé, Jessé, prêtre du diocèse de Langres, arrivait en mai 1610 à Port-Royal, où il était envoyé par Ubaldini, nonce du Pas, à Paris, 11 baptisa, le 24 juin 1610, vingt-un souriquêis, qui furent les prémices de la foi, chez ce peuple, Il reçut de ses ouailles sauvages le

(1) Registres de Saint-Malo, liste des compagnons de Cartier. MM. Michelant et Ramé ont publié cette liste à la suite du premier voyage de Cartier, 1865.

(2) Lescarbot, Hist. de la Nouvelle-France, Liv. 1v, p. 447.—Champlain, édit. 1613.

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1611-1612.] DU OLERGÉ CANADIEN. 21

surnom de Patriarche, qui est passé aux missionnaires ses successeurs. Il avait une grande réputation de science et de vertu. (1)

Braro, Pierre, jésuite, né à Grenoble, avait été professeur de théologie à Lyon, lorsqu'il partit pour Port-Royal, où il arriva avec le père Massé, le 22 mai 1611, jour de la Pentecôte, (2) Il prêcha l'évangile aux sauvages de l'Atadie, et prit part à l'établissement du fort de Saint-Sauveur en 1613, Fait prisonnier, par les Anglais, il fut condui' à la Virginie avec le père Jacques Quentin, De là, il fut ramené en France, où il mourut en 1622. Ce père a relaté son voyage et tout ce qui s’est passé sous ses yeux en Acadie. (3)

Massf, Ennemond, jésuite, né à Lyon vers 1574, était entré à l’âge de vingt ans dans la compagnie de Jésus. Ayant reçu les ordres sacrés, on le donna pour compagnon au R, P. Pierre Coton, confesseur et prédicateur du roi Hevri-le-Grand ; mais le zèle de convertir les sauvages lui fit préférer leurs grandes forêts à l’air de la cour. Il pressa avec tant d'amour, qu'enfin il fut envoyé en Acadie avec le père Biard, Ces deux pèr.3 s'embarquèrent à Dieppe et arrivèrent à Port-Royal le 22 mai 1611. Ils eurent beaucoup à souffrir dans ce nouveau monde, de la part de ceux qui les devaient protéger. Ils furent emprisonnés et calomniés par ceux-là mêmes auxquels ils rendaient tous les devoirs d'amour et de charité. S'’étant écartés de leur habitation, ils tombèrent entre les mains d’un pirate anglais qui les emmena dans son vaisseau ; ce navire, forcé d'entrer dans un port catholique, fut pris pour un écumeur de mer. Les officiers de marine en firent la visite ; une seule parole des deux prisonniers eût fait saisir le vaisseau et pendre tous les pautonniers ; non-seulement ils ne parlèrent point, mais se cachèrent si bien qu'ils ne furent jamais aperçus, Les hérétiques, voyant cette action, s'écricrent tout haut qu'ils auraient fait uu grand crime de tuer ces deux innocents, comme ils l’avaient pensé faire, quand la tempête les jetta dans ce port habité par des catholiques. Reconduit en France, le P, Massé ne soupirait qu'après les croix et les souffrances du nouveau monde, Dieu ne put résister à tant de désirs, et le père fut renvoyé au Canada, Le 19 juin 1625, il arrivait à Québec ; mais la prise de cette place en 1629 le fit de nouveau repasser en France. C’est alors qu'il promit solennellement de faire tous ses efforts pour recourir ‘en la croix de la Nouvelle-France.” Son vœu fut exaucé, et le père rentra dans son pays de bénédiction en 1633, où il travailla pendant ervore* 13 ans. fl décéda à la résidence de Saint-Joseph de Sillery le 12 mai 1646, à l'âge de 72 ans, et y fut inhumé. Le P. Massé avait un naturel vif, prompt et ardent ; 1l vécut avec l'amour de la mortification, et pratiqua dès son enfance cette vertu, en châtiant son corps, lorsque quelque petit bouillon de colère voulait échauffer son cœur, (4)

(1) Relat. du P. Biard, ch. x1.—Lescarbot, Hist. de la Nouvelle-France,

(2) Le jour de la Pentecôte tombait, en 1611, le 22 mai, et non le 22 juin, comme il a été imprimé dans la Relation du P. Biard,

(3) Relat. 1612 et 1616, (4) Relat. 1646, ch. rx,

22 RÉVERTOIRE GÉNÉRAL [1612-1615.

Du Tuer, Gilbert, frère jésuite. Ce frère laissait Dieppe le 31 décembre 1611, au plus fort de l'hiver, pour arriver heureusement à Port-Royal le 23 février 1612. La marquise de Guercheville lui avait confié 1000 écus pour aller aider les prêtres missionnaires de la Nouvelle- France. Cette confiance dont il était très-digne, lui avait attiré des déboires de la part de Siméon Imbert, commis à l’administration du navire qui le portait, (Ce même frère s'embarquait pour un second voyage sur le vaisseau du capitaine Flory, ayant pour chef d'équipage le capitaine de la Saussaye, et laissait Honfleur le 12 mars 1613, pour arriver au cup de La Hève, en Acadie, le 16 mai suivant. Il accompagnait le père Jacques Quentin, qui célébra la sainte messe en ce lieu, après y avoir dressé ne croix, y apposant les armoiries de madame la marquise de Guercheville pour marque de possession, prise en son nom. De là, se remettant en mer, ils vinrent à Port-Royal, puis à Saint- Sauveur, Un navire anglais, commandé par Samuel Argall, vint attaquer leur vaisseau, et pendant le combat le frère DuThet, qui avait eu le courage d'agir comme canonier, reçut un coup de mousquet qui le renversa, Les anglais s'étant rendus maîtres du vaisseau français mirent le blessé entre les mains de leur chirurvien, qui était catholique, et qui le fit porter à terre, où le père Biard le confessa et reçut ses derniers soupirs, vingt-quatre heures après l'accident. Il fut enterré le même jour au pied d’une grande croix que les pères y avaient dressée. (1)

QUENTIN, Jacques, jésuite. D'après une lettre du père Biard, citée par le père Uarayon, c'est Jacques et non pas Claude Quentin qui

‘arrivait en Acadie, le 16 mai 1613, sur le vaisseau de Mr de la

Saussaye, avec le frère Du het. De Port-Royal, il se rendit avec les PP. Biard et Massé à l'entrée de la rivière Pentagouët, où l'on éleva le fort Saint-Sauveur. Pris par les Anglais, ce père fut ramené en France.

JAMAY, Denis, récollet, premier comimissaire de la mission du Canada, arrivait à Tadoussac le 25 mai 1615, avec les PP. Dolbeau et Le Caron, et le frère Pacifique Du Plessis, sous la protection de Mr de

Champlain. Il visita de sua le saut Saint-Louis, et l’année suivante repassa en Wrance avec Mr de Champlain, pour l'aider à plaider la cause de la colonie. En 1620, lorsque Mr de Champlain revenait avec le titre de Lieutenant-(fénéral, et aCCOMpagné de sa jeuxe épouse Hélène Boulay, le père e Jamay, qui lui-même revenait avec le titre de supérieur et commissaire, fit chanter un Te Deum solennel à la chapelle de Québec, et profita de l’occasion pour exhorter ses auditeurs à l’obéissance envers Lee envers le roi et envers le ronrésentant du roi dans le pays. Le père Jamay mourut le 26 tévrier 1625. (2)

DorgrAU, Jean, récollet, arrivé avec le précédent, demeura à Québec, et se concerta avec Mr de Champlain pour l'érection d’une petite chapelle et d’une maison pour les religieux, près du lieu ou est actuellement l’église de la basse ville, Le 25 juin 1615, il célébru

(1) Relat. du P, Biard, ch, xxvr, {2) Noisoux, Liste Chrenologique.

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1615.] DU CLERGÉ CANADIEN. 23 dans cette chapelle la première messe, dite à Québec depuis les voyages äe Jacques Cartier, Quelques temps après, il remplaça le père LeCaron, comme supérieur des missions, Sur la fin de l'automne de la même année il était à Tadoussac, où il bâtit une cabanc, dans laquelle il offrit le saint sacrifice, puis visita les Montagnais, les Betsiamits, les Papinachois et les Esquimaux. Dans l’automne de 1617, il passa en France avec Mr de Champlain, pour tâcher d'éclairer les principaux associés sur leurs véritables intérêts, C'est pendant son séjour en France, qu'il reçut de Rome la permission de célébrer un jubilé au Canada. Il en fit l'ouverture le 29 juillet 1618. Le 3 juin 1620, il posa solennellement la première

ierre du couvent de la mission, au lieu où est aujourd'hui l’hôpitalgénéral de Québec. Après avoir mené une vie sainte dans ces grandes forêts, le père Dolbeau, attaqué de paralysie, par suite de ses longs et pénibles travaux, laissa le théâtre de ses missions en septembre 1643, pour retourner en France, Le vaisseau qui le portait ayant été pris par trois frégates ennemies, fut livré au pillage ; mais, dans la même instant, quelqu'un laissant tomber du feu dans les poudres, une explosion s’en suivit, ct tous périrent, vainqueurs et vaincus. “ ['infortuné père, dit la Relation, eut ainsi le bonheur de donner sa vie, dans un si généreux emploi, et d'avoir passé par le feu et par l'eau pour entrèr dans un repos éternel.” (1) ;

Le CARON, Joseph, récollet, natif des environs de Paris, avait été aumônier du due d'Orléans, et l'avait initié aux premiers enseignements de }a religion. Après la mort de ce prince, à qui il avait attaché sa fortune, il dit adieu au monde, et entra, en 1611, dans l’ordre des Récollets. Arrivé à Tadoussac le 25 mai 1615, avec les ‘pères Jamay et Dolbeau, il alla droit au saut Saint-Louis ; puis il monta au pays des Hurons, qu'il visita cette même année avec Mr de Champlain. Il ne revint à Québec que le 11 juillet 1616, et repassa en France, L'année suivante, il revint avec le titre de commissaire des pères récollets, et célébra le premier mariage qui se soit fait au Canada, vers le conmencement de l’année 1618. Les époux étaient Etienne Jonquest, de Normandie, et Anne Hébert, fille aînée de Louis Hébert, apothicaire et premier habitant de Québec. Le père Le Caron se rendit en 1618 à Tadoussac pour hiverner au milieu des sauvages de cette contrée, Il fit encore un voyage aux Hurons dans les années suivantes, Parti le 9 septembre 1629 pour retourner en France, ce premier apôtre des Hurous éprouva une très-grande afliction de ne pouvoir reprendre ses travaux apostoliques. Il mourut de chagrin, à Kainte-Marguerite, en France, le 29 mars 1632, (2) plein de mérites et en odeur de sainteté, Des manuscrits sur le Canada qu'il avait emportés en France, furent malheureusement brûlés en Normandie, Le père Le Caron était l'oncle de Mr Gabriel Souart, un des premiers disciples de Mr Olier qui vint à Montréal en 1657, pour y fonder Ja maison de Saint-Sulpice,

(1) Relat, 1643, ch, xu11.

(2) Mortuologe des Récollets, manuserit déposé dans les archives de l'archevéché de Québec.

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Du Pzessis, Pacifique, frère récollet, natif de Vendôme, fut d’abord apothicaire dans le monde, et continua l’exercice de cette fonction après être entré dans l’état religieux. Il fit profession en 1598, et accompagna les trois pères précédents. Simple frère laï, il concourut à l'avancement spirituel et temporel de la colonie. Il la sauva même d’une destruction complète, en détournant le coup que les sauvages voulaient faire tomber sur tous les habitants de Québec, Aux Trois-Rivières, il tint la place d’un missionuaire, instruisant les sauvages et les français, et baptisant les enfants moribonds. Il édifia tous les habitants du pays, par sa grande douceur, sa simplicité et son zèle, Il fut la première offrande que Dieu demanda à ses missions du Canada, et rendit sa belle âme à Dieu le 23 août 1619, Ses obsèques furent célébrés avec toute la solennité que les circonstances locales purent permettre. (1)

Huer, Pal, récollet, venu au Canada, en 1617, accompagnait Mr de Champlain et la famille d'Hébert. Ce père retourna en France, puis revint en 1619, On le trouve aux Trois-Rivières en 1622, où il administrait les sacrements aux Français de ce poste. (2)

PouriN, Guillaume, récollet, avait fait profession le 13 avril 1616. fl fut chargé de la mission des Trois-Rivières, après son arrivée en juin 1619, Enlevé par un parti d'Iroquois près du saut Saint-Louis, en 1622, il était déjà attaché au poteau, et les sauvages avaient commencé son supplice, lorsque les français, informés de sa captivité, le firent échanger contre quelques prisonniers iroquois. Ainsi, privé du martyre, le père poursuivit ses courses apostoliques jusque chez les Nipissiriniens. (3) Etant retourné à Chalons, pour y puiser de nouvelles forces, il y mourut le 12 mars 1634, (4)

Le BaïILLIF, George, récollet, que le conseil d'état, en France, appelle ‘“ Le Baillif de la Haye,” arrivait en juillet 1620. Ce religieux, distingué par sa naissance, remarquable par son mérite personnel,

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posséda toute l'estime de Louis XIIT, Le Duc de Montmorency avait recommandé à Champlain de ne rien entreprendre de considérable sans le concours de ce savant religieux. Le 7 septembre 1621, le père Le Baillif passa en France pour présenter à Louis XIIT la requête des habitants du Uanada, obtint le résultat désiré, et mit fin aux disputes qui divisaient deux compagnies rivales. Il ne revint plus au Canada.

GALLERAN, Guillaume, récollet, visiteur et supérieur de la mission du Canada, arrivait en juillet 1622 avec le père Irenée Le Piat. Il apportait la permission d'ouvrir un novieiat au couvent de Saint-Charles, et, deux mois après, le sieur Pierre Langoissieux, natif de Rouen et qui, pendant trois ans, avait instruit les sauvages des Trois-Rivières, entrait au noviciat, sous le nom de frère Charles. (5)

(1) Mortuologe des Récollets. Sagard, Hist. du Canada. (2) Le Clereq, Etablissement de la Foi.

(3) Le Clereq, Etablissement de la Foi.

(4) Mortuologe des Récollets.

(6) Sagard, Hist, du Canada.

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Prat, Zrenée, récollet, natif de Giens département du Var, avait fait profession le 21 juin 1612, Il partit de Dieppe, vers le milieu de mai 1622, avec le père Galleran, sur le vaisseau de Guillaume de Caën, qui, bien qu'il fût huguenot, se montra plein d’honnêteté pour ces religieux. Le 15 août 1624, il fut député en France pour obtenir de nouveaux ouvriers, et fit la traversée avec le frère Sagard et Mr de Champlain, qui reconduisait son épouse en France. Religieux d’une grande vertu et de beaucoup d'esprit, il mourut à Nevers, le 28 juin 1674, âgé de 80 ans. (1)

Vie, Mcolas, récollet, arrivé à Québec le 28 juin 1623 avec le frère Sagard, avait pendant plusieurs années sollicité la faveur de passer au Canada pour y travailler à la conversion des infidèles, IL fut immédiatement chargé de la mission des sauvages hurons, où il se rendit avec le père Le Caron. Il y avait fait deux ans de séjour, lorsque, descendant À Québec, il périt, victime de la cruauté et de l’iniquité d’un de ses guides, qui le fit noyer, en renversant son canot dans uu rapide, au nord de l’île de Montréal. Son corps ayant été retiré de l’eau fut transporté à Québec et reçut la sépulture dans la chapelle de Saint-Charles le 25 juin 1625. (2) Le nom de Sault-au-Récollet est resté attaché à la place qui fut le théâtre de ce triste évènement,

SAGARD, T'héodat-Gabriel, n'était que frère lai lorsqu'il vint au Canada avec le père Viel en 1623. Il fit avec celui-ci et le père Le Caron, le voyage au pays des Hurons, et retourna en France, l'année suivante, avec le père Piat. Il publia en 1632 son “ Grand voyage au pays des Hurons ” et en 1636 son ‘ Histoire du Canada.”

De BRÉBEUF, Jean, jésuite, né le 25 murs 1593 d’une famille noble du diocèse de Bayeux, en Normandie, vint à Québec le 19 juin 1625, avec Mr de Champlain, sur le vaisseau de Guillaume de Caën. Après avoir passé l'hiver chez les Montagnais, près Québec, pour y apprendre leur langue, il accompagna, au printemps de l’année 1626, le père de Noüe, et monta chez la nation des Hurons. Le 9 septembre 1629, après la prise de Québec, il fut obligé de retourner en France ; mais le zèle qu’il entretenait pour le salut des infidèles le fit revenir à Québec le 22 mai 1633, et dès lors, il alla continuer chez les Hurons la mission qu’il y avait fondée, Le 16 mars 1649, les Iroquois, s'étant emparé de la bourgade de Saint-Louis, où il travaillait avec le père Gabriel Lalemant, firent prisonniers ces deux pères, et leur firent subir, le même jour, le plus cruel martyre, dans le bourg de Saint-Ignace, Le père de Brébeuf a écrit deux relations sur les Hurons.

De LA Rocue-DAILLON, Jean-Joseph, récollet. Ce père, issu de l’ilustre maison des comtes pk LUDE, arriva à Québec le 19 juin 1625 avec les pères Charles Lalemant et de Brébeuf. Quelques semaines après son arrivée, il monta aux Trois-Rivières, et y fut informé de la mort tragique du père Viel, Cette nouvelle le fit retourner à Québec, où il

(1) Mortuologe des Récollets.

(2) Mortuologe des Récollets.

se livra, a@ec le père Charles Lalemant, à l'étude de la langue montagnaise. Pendant l’année 1626, il hiverna dans le pays de Ja nation neutre. (1) “ Mais, dit la Relation, les français qui étaient pour lors ici, ayant appris le mauvais traitement qu'il y avait reçu, et craignant que les choses ne passassent à l'extrémité, le retournèrent quérir et le ramenèrent au printemps de l’année 1627.” IL laissa Québec pour retourner en France, le 9 septembre 1629, avec les autres pères récollets, et y mourut

le 16 juillet 1656. (2)

LALEMANT, Charles, jésuite, né vers l’année 1587, fut l’un des trois pères qui arrivèrent à Québec le 19 juin 1625, Il traversa quatre fois la mer dans l'intérêt des missions. du Canada, et fit deux fois de tristes naufrages. Après la reddition du Canada à la France, il revint à Québec, et prit soin, en 1635, de l’église de Notre-Dame de Recouvrance. Ce fut ce père qui commença à Québec les premières écoles pour les enfants français, et qui assista Mr de Champlain à ses derniers moments. (3) Il retourna à Paris dans l’automne 1651, et y décéda le 18 novembre 1674, âgé de 87 ans. (4)

NoyroT, Philibert, jésuite, arrivait au Canada avec le père de Noïe, le 14 juillet 1626, comme procureur des missions ; mais le père Charles Lalemant le fit repasser, la même année, ‘“ pour parachever ce qu'il avait commencé, ” Ayant frété, en 162£, un navire pour le compte des pères jésuites, il revenait au Canada, en compagnie de quatre vaisseaux, équipés par la compagnie des cent associés. Ces vaisseaux furent obligés de se rendre à l'amiral Kertk. Le seul navire du père Noyrot réussit à s'échapper, et alla aborder à un port de France. Il fit la même tentative l’année suivante, et son vaisseau fit naufrage sur un rocher,

rès l’île du Cap-Breton, où le père se noya, le 24 août 1629, avec le frère

Malot. (5)

De Nous, Anne, jésuite, était fils d'un gentil-homme, seigneur de Villers, en Prairie, château et village situés à six lieues de la ville d Rheims. Dans sa jeunesse, il fut fait page de la cour; mais, au milieu des délices du monde, il sut conserver son cœur, et, à l’âge de 30 ans, il entra dans la compagnie de Jésus. Il arriva à Québec le 14 juillet 1626, fit cette même année la mission des Hurons, et retourna en France en 1629. Le 5 juillet 1632, de retour à Québec avec le père Le «eune, il se mit à l'étude de la langue montagnaise ; mais, voyant que sa mémoire ne lui permettait pas d'apprendre les langues, il se voua tout entier au service des pauvres sauvages à Notre-Dame-des-Anges, Il alla passer l'hiver de 1643 avec le père Le Jeune au fort de Richelieu (aujourd’hui Sorel). Le 30 janvier 1646, étant parti des Trois-Rivières pour se rendre à ce fort,le père, surpris par la tempête, s'égara dans les

(1) Relat,. 1641 ch, vr.

(2) Noiseux, Liste Chronologique.

(3) Relat. 1656.

(4) J. Viger, notes sur la Liste chronologique de Mr Noiseux. (6) Ducréux, Historia Canadensis,

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îles du lac Saint-Pierre, et ne fut retrouvé que le 2 février suivant, à près de quatre lieues au-dessus du Richelieu, Un soldat du fort qui, avec deux hurons, s'était mis à sa recherche, vit au cap nommé ‘“ de Massacre, ” à une lieue plus haut que Richelieu, un endroit où ce bon père s'était reposé, et, trois lieues plus haut, vis-à-vis l’île Plate et Ja terre ferme, entre deux petits ruisseaux, ils trouvèrent son corps engelé sur la terre découverte, en ayant vuidé la neige en rond ou en cercle ; son chapeau et ses raquettes étaient auprès de lui, il était penché sur le bord de la neige relevée, il avait les yeux ouverts, regardant vers le ciel lieu de sa demeure et les bras en croix sur la poitrine. (1) IL fut inhumé aux Trois-Rivières le 7 février 1646, à l’âge de 63 ans, dont il avait passé trent-trois en religion. Il est le deuxième père jésuite mort au service des missions.

De La VERs, Joseph, récollet, arriva à Québec le 7 août 1628 et partit pour retourner en France le 9 septembre 1629. (2) On ne trouve aucune trace de ce religieux dans les relations de son époque.

Vimonr, Barthélemi, jésuite, avait traversé la mer avec le capitaine Daniel, qui attaqua et emporta d'assaut le fort du grand-Cibou, île du Cap-Breton. Ayant fait naufrage sur l’île de Sable, en Acadie, le 24 août 1629, il vit périr le père Noyrot et dix personnes de 24 dont se composait l'équipage. Il hiverna sur l’île du Cap-Breton, avec le père de Vieux-Pont, pour y soigner la garnison de trente-huit hommes que le capitaine Daniel y avait laissés après sa victoire sur le capitaine Stuart. Il retourna en France l’année suivante, et ne revint à Québec que le er août 1639, comme supérieur des missions. Il y conduisit les premières religieuses de Québee. (3) Le 18 mai 1642, il célébra à à Montréol la première messe qui s’y soit dite à sa fondation. Après dix années de travaux, il partit de Québec, le 26 octobre 1659, sur le vaisseau du capitaine Poulet, et retourna en France avec Mr de Queylus. Il avait été supérieur de la mission depuis 1639 jusqu’en 1644, et, pendant qu'il était en charge, il écrivit sx volumes des relations.

De Vieux-Ponr, Alexandre-G'odefroy, jésuite, accompagnait les pères Vimont et Noyrot,. lorsqu'il fit naufrage sur l’île de Sable au Cap- Breton, le 24 août 1629. Il passa l'hiver avec le père Vimont et revourna en France avec ce même père l’année suivante,

Le JEUNE, Paul, jésuite, peut être regardé comme le père des missions des jésuites en Canada, quoiqu'il n'y soit venu qu’en 1632, après la reddition de Québec à la France. Il partit de Honfleur avec le père Anne de Noüe, et arriva à Québec le 5 juillet 1632. En peu de temps, il acquit une si parfaite connaissance de la langue montagnaise, qu'il pût écrire, en sauvage, un catéchisme pour ses néophytes, En 1634, il établit une résidence aux Trois-Rivières. C’est lui qui, en 1635,

(1) Relat. 1646, ch. rr.

(2) Noiseux, Liste Chronologique.

(3) Relat, 1639, ch. r.

fit l'oraison funèbre de Mr de Champlain. Après avoir rempli la charge de supérieur jusqu'en 1639, il travailla encore dix ans parmi les sauvages. Le 30 octobre 1649, il repassa en France, où il remplit la charge de procureur des missions étrangères. Il mourut à Paris dans l'année 1661. Le père Le Jeune a écrit huit volumes des Relations de 1632 à 1639. (1)

DANïEL, Antoine, jésuite, né vers 1595 À Dieppe, en Normandie, arrivait à Québec le 24 juin 1633. Il alla, dès l’année 1634, faire les missions huronnes, dont il apprit facilement la langue. Après quatorze années de pénibles travaux, ce bon père fut massacré et brûlé par les Iroquois, le 4 juillet 1648, dans la mission de, Saint-Joseph. La Relation de 1649 rapporte ainsi son martyre, “A peine le père achevait la messe, et les chrétiens, qui, selon leur coutume, avaient rempli l'église, après le lever du soleil, y continuaient encore leurs dévotions, qu’on crie aux armes pour repousser l'ennemi qui, à l’improviste, avait fait ses approches de nuit, Les uns courent au combat, les autres à la fuite, ce n’est partout qu’effroi et que terreur. Le père se jetant des premiers où il voit le danger le plus g grand, encourage les quelques guerriers, restés dans la place, à une généreuse défense, il les console tous de l’espérance la plus douce des saints: ‘“ Fuyez, mes frères, et portez avec vous votre foi jusqu’au dernier soupir, Pour moi, je dois mourir ici: ma vie ne m'est plus rien, nous nous reverrons dans le ciel” Une scène lamentable s’offrit à ses yeux ; femmes, enfants, vieillards gisaient pêle-mêle expirants. Tout ce qui vivait encore tombe à ses pieds et lui demande le baptême. Le père trempe un voile dans l'eau, et le secouant sur la foule à genoux, procure la vie des cieux à ceux qu’il ne pouvait arracher à la mort temporelle. Bientôt environné de tout côté, il est couvert de flèches et frappé d’un coup mortel qui le fait” tomber sur la place. Les Iroquois portent de suite son corps à l’église où ils mettent le feu, et, ainsi comme une victime de bonne odeur il fat esnsumé au pied de l'autel même. (2)

DavosT, Ambroise, arrivé à Tadoussac le 4 juin 1633, avait traversé l'océan avec le père Daniel. Il l’accompagna à la mission des Hurons dans l’année 1635. Après dix années passées dans l'exercice d’un ministère des plus pénibles en Canada, ce bon père, infirme et âgé, retournait en France, lorsqu'il mourut, le 27 septembre 1643, emporté sur la mer, d’une fièvre scorbutique qui ne l’avait pas quitté. L’océan fut son tombeau (3)

Bureux, Jacques, né en avril 1600 à Abbeville, en Picardie, entra, le 2 octobre 1620, dans la Compagnie de Jésus, à Rouen. Arrivé à Québec le 24 juin 1634, il fut de suite chargé d'aller, avec le père Le Jeune, fonder la mission des Trois-Rivières. Il visita le poste de Tadoussac, de 1644 à 1647. Pendant dix-huit ans, il s’occupa à convertir

(1) Relations, édit. 1858, notice biographique. (2) Relat. 1649, ch. r.

(3) Relat. 1643, ch. xnr.

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les Montagnais et les Algonquins. Doué d’une grâce toyte particulière, ii sut toucher les cœurs de ces pauvres sauvages et leur inspirer les sentiments de la piété. Dès l'année 1641, quelques sauvages de Ja nation des Atticamègues ou Poissons-Blances, descendus à la résidence des Trois-Rivières, s'étaient fait instruire, et avaient embrassé la foi avec une grande ferveur. Le 4 avril 1651, le père Buteux partit pour aller servir la mission de Saint-Pierre au milieu de cette tribu, située au nord des Trois-Rivières. II écrivit, la veille de son départ, au père Ragueneau. “ Mon R, Père, lui disait-il, c'est à ce coup qu'il faut espérer que nous partirons. Dieu veuille que ces résolutions soient fermes, et qu'enfin nous partions une bcane fois, et que le ciel soit le terme de notre voyage. Hwc spes reposita est in sinu meo. Je pars accompagné de mes misères, j'ai grand besoin de prières. Le cœur me dit que le temps de mon bonheur s'approche. Dominus est, quod bonum est in oculis suis faciat.” Le père était accompagné d’un jeune français et d’un jeune chrétien huron. Le 10 mai 1652, ils furent tous trois surpris par une troupe d’iroquois, qui saisirent le jeune huron, et firent feu sur ses deux compagnons. Le père Buteux tomba frappé de deux balles à la poitrine, et ces barbares, s'étant jetés sur lui, l’assommèrent à coups de hache, Son compagnon eut le même sort, et tous deux expirèrent en prononçant le saint nom de Jésus. Leurs corps dépouillés furent jetés dans la rivière Saint-Maurice. (1)

Le SueuR DE SAINT-SAUVEUR, Jean, prêtre, ancien curé de Saint- Sauveur de Thury, en Normandie, fut le premier prêtre séculierqui vint au Canada. Arrivé à Québec le 8 août 1634, il fut chapelain de l'hôteldieu de Québec, et desservit la chapelle Saint-Jean, sur le côteuu Sainte- Geneviève. Ilse retira plus tard du ministère, et mourut à l’hôtel-dieu le 29 novembre 1668, âgé de 70 ans. ‘“ Ayant servi avec assiduité et bon exemple plus de trente ans.” (2) Le nom de Saint-Sauveur lui fut donné parce qu'il avait desservit en Normandie la cure de ce nom. Un des faubourgs 42 Québec porte aujourd'hui le nom de Saint-Sauveur en souvenir de ce vénérable prêtre. (3)

PERRAULT, Julien, jésuite, se trouvait à l’île du Cap-Breton dès l’année 1634. Il écrivit, cette année même, la relation historique de cette île, (4) Mr Noiseux le fait partir pour la France en octobre 1647.

RAYMBAUT, Charles, jésuite, pendant quelques années employé en France comme procureur des missions du Canada, arriva à Québec en 1634. Il partit en 1640 pour la mission des Trois-Rivières, et, l'année suivante, il se rendit à celle des Hurons. En 1642, il monta au sault Sainte-Marie avec le père Jogues, et delà il fut envoyé, avec le père Pijart, chez les Nipissiriniens; mais une maladie lente qui le

(1) Relat. 1652, 2h. x,

(2) Hist. de ’hôte]-dieu àc Québec, p. 197.

(3) Langevin, Notes sur les archives de Notre-Dame de Beauport, p. 117. (4) Relat. 1635.

consumait, l'ahligex de revenir à Québec, où il mourut le 22 octobre 1642 âgé de 37 ans. “ Le Gouverneur qui estimait sa vertu désira qu'il fut enterré près du corps de Mr de Champlain.” (1) “ Le père Raymbaut est le premier jésuite mort au Canada. Il avait, dit la relation, un cœur plus grand que tout son corps, quoiqu'il fut d’une riche taille.’(2)

QuenTiN, Claude, jésuite. Ce père, que l'on a confondu avec Jacques, venu au Canada en 1613, arrivait pour 13 première fois à Québec, le 13 juillet 1635, sur le navire nommé le Saint-Jacques commandé par Mr le chevalier de la Roche-Jacquelin. Il fut employé aux Trois- Rivières, et, en 1638, il alla missionnaire de Miscou. Rappelé en France en 1641, pour travailler aux affaires de la mission, ce père revint à Québec, le 15 août 1643, avec les PP, Léonard Garreau, G. Druillètes et Noël Chabanel, (3) Après avoir exercé son zèle en 1645 à la mission de Sillery, il laissa le Canada, le 21 octobre 1647, pour n'y plus revenir. (4)

Nicozer, Gilles, prêtre, né à Cherbourg, était frère de Jean Nicolet, qui le premier parvint aux eaux du Mississipi. Il vint à Québec en 1635, et, pendant plusieurs années, il fut chargé de l'administration des sacremeuts dans la côte de Beaupré. Ilest un des premiers prêtres séculiers dont le nom apparaît sur les registres de Notre-Dame de Québec. Le 25 octobre 1645, il accompagna Mr le gouverneur Montmagny à l’île aux Oies, où ce dernier faisait travailler à la terre, A cette occasion, les pères jésuites lui prêtèrent une chapelle garnie pour qu'il pât célébrer les saints mystères sur les îles, (5) Il partit de Québec le 12 septembre 1657 (6) pour retourner en France,

PigarrT, Pierre, jésuite, arrivé à Québec, le 10 juillet 1635, fut de suite chargé d'aller aux missions huronnes avec le père Le Mercier. Il alla aussi résider aux Trois-Rivières, en 1637, et à Québec, l'année suivante, Après avoir desservi la mission de Sainte-Marie, en 1642 et les années suivantes, il laissa Québec le 23 août 1650, pour retourner en

France. (7)

Le MERCIER, François, jésuite, arrivé à Québec le 20 juillet 1635, fit aussitôt les missions huronnes, qu'il visita jusqu'en 1653, IL fut, à cette époque, nommé supérieur des missions jusqu'en 1656, et réélu de 1656 à 1670, Il fut le premier vicaire de Québec en 1660, et fit des missions dans la côte de Beaupré, en 1661, Les six volumes des relations qu’il publia sont très-intéressants surtout par les détails des pays de l’ouest. Il laissa Québec en septembre 1685, et alla mourir aux Antilles. (8)

(1) Relat. 1643, ch. 1.

(2) Relat. 1643, ch. xIr.

(3) Relat. 1643, ch. 7.

(4) (6) Journal des Jésuites.

(6) Noiseux, Liste Chronologique.

(7) Journal des Jésuites.

(8) J. G. Shes, History of the cutholic missions... of the United States.

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1635.] DU OLERGÉ CANADIEN. 31

Turais, Charles, jésuite, arrivé en 1635, fut de suite missionnaire sur l'île de Miscou, dans le golfe Saint-Laurent, Il y fut envoyé avec le père Dumarché pour y administrer les sacrements aux vingt-trois français, qui, cette même année, devaient jeter les fondations d'une habitation sur cette île. Dès l’année suivante, il se trouva seul, le père Dumarché ayant été obligé de repasser en France, Bientôt les souffrances devinrent son unique occupation. Le scorbut, maladie cruelle, s'était déclaré parmi ces nouveaux habitants ; le père Turgis n’en fut pas cxempt. Au milieu de ses souffrances, et parmi une si grande désolation, il se consola d'avoir pu assister tous les mourants. Il se fit porter auprès du lit de tous ces infortunés, et suecomba lui-même, le 4 mai 1637, ne laissant plus qu'un seul malade vivant qu'il avait saintement disposé à sa dernière heure. (1)

Du Maroné, Charles, jésuite, arriva à Québec, le 10 août 1635, et fut de suite le compagnon du père Turgis sur l’île de Miseou, dans le golfe Saint-Laurent, Devenu paralytique il fut obligé de retourrer en France, en 1636. (2)

Dx QUEN, Jean, jésuite, arrivé à Québec, le 17 août 1635, fut chargé de l'instruction des enfants français de la ville. En 1638, il se trouvait à la résidence de Sillery avec le père Le Jeune. Les annéessuivantes, il visita les missions de Tadoussac, et, remontant le Saguenay, il découvrit, le 20 mai 1641, le lac Saint-Jean, appelé en sauvage, Piegouagami. Le lendemain, 21 du même mois, les sauvages chrétiens élevèrent, en moins de deux heures, une petite chapelle, et le père y célébra les saints mystères, après avoir confessé tous les chrétiens, qui furent ravis de voir leur pays honoré par des mystères si adorables. Supérieur, en 1652, des missions de la Nouvelle-France, il écrivit en 1656 la relation sur le pays des Troquois, et mourut à Québec le 8 octobre 1659, âgé de 56 ans, victime du zèle qu'il avait déployé pendant une épidémie,

RicraARD, André, jésuite, était à Québec dès l’année 1635. (3) L'année suivante, il se rendit à la résidence de Kainte-Anne du Cap- Breton, avec le père d'Endemare, et, en 1643, il fit la mission de l’île de Miscou, avec le père de Lyonne. Il étudia avec beaucoup de zèle et de succès la langue des sauvages de ce pays, et il leur témoigna tant de bonne volonté, qu’ils le prirent en affection. Dans le port de Nipisiguit, il jeta les fondements d’une habitation pour y secourir les sauvages, (4) Les relations de 1646 font le récit d’un grand danger que courut ce père. “ Le premier jour de mai, y est-il dit, le pere André Richard était parti de Nipisiguit, dans une chaloupe, accompagné de deux français et d’une famille de sauvages. Le beau temps et le prompt départ des glaces avaient fait croire que toute la côte serait libre, comme en effet il trouva jusqu’à l’entrée du hâvre de Miscou, qu'il vit fermée d’un grand

(1) Lettre du P. Le Jeune 11 septembre 1639, Relat. 1647, ch. xv, (2) Relat. 1647, ch. xv.

(3) Relat, 1635, ch. 1v.

(4) Relat. 1647, ch, xv.

banc de glaces. De retourner, il n’y avait pas moyen ; la violence du vent de nord-ouest arrêtait la chaloupe et l’entourait d'une infinité de glaces, contre lesquelles il fallait continuellement combattre, La nuit survient, la dessus un danger évident de perdre la vie, Un des sauvages qui n'était pas encore baptisé, quoique suffisament instruit, demanda le baptême; le père le lui accorda; puis tous d'un commun consentement ont recours à Dieu par l'entremise de Notre-Dame, à laquelle ils font vœu de jeûner et communier en son honneur, s'ils échappent à ce danger. Joseph Nepsuget reprend la-dessus courage, allége la chaloupe, jette quelques barils de vivres sur les glaçons flottants, et, sautant sur les glaces, fait des pesées avec le mat, sous la chaloupe ; le vent s'augmente et presse si bien les glaces qu’elles semblent assez sures pour se sauver à terre ; ils y confient leurs vies, laissant le reste à l'abandon; puis, à la | faveur de la lune et de leurs avirens, qui parfois leur servent de pont, (| ils cheminent environ une lieue, et arrivent à la pointe du jour, à l'île fl de Miscou pour y remercier Dieu et sa très-sainte mère de la faveur reçue.” (1) Le père Richard fit, en 1657, une mission à Sainte-Anne de Beaupré. Il laissa ses missions du golfe en 1662, pour passer en France, jt où il conduisit un enfant sauvage qu'il avait arraché à la cruauté des

| Gaspésiens. (2) De retour au Canada en 1669, il se rendit à la résidence des Trois-Rivières, dont il devint supérieur en 1674. (3) Il décéda le 15 décembre 1696, (4)

1636, avec le père Charles Garnier, Ces deux pères avaient traversé

sur le vaisseau qui amenait Mr de Montmagny, successeur de Mr de nl Champlain, dans le gouvernement de la Nouvelle-France. A peine étaient-ils entrés dans le fort qu'on vint demander à Mr de Montmagny s’il aurait pour agréable d'être parrain d'un sauvage qui désrait le baptême, Le Gouverneur se réjouit ‘ d’avoir ce bonheur qu’à l'entrée de son gouvernement, il aidât à ouvrir les portes de l’église à une pauvre âme,” et ce fut le père Chastellain qui administra le baptême, (5) Il partit bientôt pou le pays des Hurons. Après un ministère de près de quarante-sept ans, il mourut à la résidence de Québec, le 14 août 1683. Il fut pendant trente ans le confesseur des hospitalières de Québec. (6)

| | CHASTELLAIN, Guillaume-Pierre, jésuite, arriva à Québec le 11 juin | |

| GARNIER, Charles, jésuite, né à Paris en 1605 était entré dans la [nl compagnie de Jésus en 1624. Il arriva à Québec, le 16 juin 1635, l avec le père Chastellain, et se dévoua, pendant treize ans, aux missions | | huronnes. Il arrosa de son sig le pays qu'il avait arrosé de ses sueurs. | “ Le 7 décembre 1649, dit la relation, sur les trois heures de l’aprèsmidi, les Iroquois surprirent la bourgade de la mission de Saint-Jean, \ qui renfermaient de cinq à six cents familles. Ce furent des cruautés

ii () Relat. 1646, ch. vin, de la relation des Hurons.

(2) Relat. 1662, ch. vir.

fil (3) Registres des Trois-Rivières.

(4) Noiseux, Liste Chronologique.

(5) Relat. 1636, ch. 1.

(8) Hist. de l’hôtel-dieu de Québec, p. 268, et J, Viger.

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1635-1636.] DU OLERGÉ CANADIEN. 33

inconcevables, On arrachait À une mère ses enfants pour les jeter au feu ; d’autres enfants voyaient leurs mères assommées à leurs pieds, ou gémissantes dans les flammes, sans qu'il leur fût permis, ni aux uns ni aux autres, d'en témoigner aucune compassion, (C'était un crime de répandre une larme, ces barbares voulant qu'on marchât dans la captivité, cowme ils marchaient dans leur triomphe. Une pauvre mère chrétienne qui pleurait la mo-t de son enfant, fut tuée sur la place, parce 1,1 ca avait encore de l'amour, et qu’elle ne pouvait étouffer assez t&' li: sentiments de la nature. Le père Garnier alors seul dans la mission, était occupé à instruire son peuple dans les sr as visitait. Il court à l'église ; il y trouve quelques chrétiens : ‘“ Nous sommes morts, mes frères, priez Dieu et sauvez-vous. ”” Plusieurs le pressent de fuir avec eux; mais ce véritable apôtre, toujours prêt à servir Dieu, l'église, et le prochain, est retenu par les lieus de la charité ; il s’oublie lui-même pour ne penser qu'au salut éternel des âmes qui lui sont confiées. Il exhorte les néophytes à mourir fidèles à la foi, et donne l’absolution aux chrétiens qu’il rencontre; il court dans les cabanes en flammes, pour baptiser les enfants et les cathécumènes. Ce fut dans ce saint emploie qu'il se vit accueilli de la mort. Ilfut bientôt renversé sans connaissance par les balles des ennemis, Un iroquois le croit mort, et le dépouille ; quelques instants après, revenu à lui-même, il aperçoit, à dix pas de lui, un pauvre huron, blessé à mort. Le généreux athlète, recueillant ses forces, fait un effort suprême pour se traîner jusqu’à lui ; il fait deux pas et il tombe ; reprenant courage, il se met à genoux prie Dieu avec ferveur, puis il essaie encore d'aller à lui pour le préparer à la mort; mais épuisé, il tombe pour ne plus se relever, Un barbare l'aperçoit, accourt et lui donne la mort en lui assénant deux coups de hache sur la tête, Son corps dépouillé est laissé sur la place. Deux pères jésuites de la mission voisine, informés par les pauvres hurons fugitifs du malheur qui venait d'arriver, se rendirent le lendemain matin au lieu du carnage, pour donner la sépulture à leur cher confrère. Après bien des recherches, des néophytes leur firent reconnaître le corps horriblement défiguré du saint martyr, et ils l'inhumèrent au lieu même où avait été l'église de Saint-Jean, (1)

RAGUENEAU, Paul, né en 1605 à Paris, arriva à Québec le 28 juin 1636 sur le vaisseau de Mr du Plessis-Bochart, et monta au pays des Hurons dès l’année suivante, Il écrivit la relation de ce pays pour les années 1647 et 1648. Ce père, conduisit à Québec en 1650 les misérables restes de la nation huronne qui avaient échappé aux massacres des [roquois. Cette r ” me année, il succéda au P. Lalemant comme supérieur de toutes les ruissions du Canada, et fut, en 1653, remplacé par le père Le Mercier. Après plusieurs années de travaux apostoliques chez les Hurons et les Troquois, il repassa en France le 1er septembre 1666, et mourut à Paris le 3 septembre 1680, âgé de 75 ans. Aucun missionnaire peut-être ne contribua davantage au progrès du christianisme en Canada, et ne mérita mieux le titre d'apôtre. Il a écrit les relations de 1649 et des trois années suivantes, (2)

(1) Relat. 1649, ch. ru.

(2) Relations, édit. 1858, notice biographique.

D'ENDEMARE, George, jésuite, fut missionnaire à Sainte-Anne du Cap-Breton, dès l'année 1636, avec le père André Richard. On rencontre son nom dans le registre de Sillery, en 1642, et il signa des actes de bäptême à Montréal en janvier 1648.

JoauEs, /saac, jésuite, né à Orléans vers 1598, arriva à Québec le 2 juillet 1636, et partit aussitôt pour les missions huronnes, qu'il visita jusqu’en 1641. Il descendit, cette année même, jusqu'à Québec pour conférer sur les affaires des missions. Comme il retournait, en 1642, il fut fait prisonnier, le 2 août, près des îles du lac Saint-Pierre par une bande d'environ quarante-cinq iroquois, et emmené dans leur pays avec ses deux compagnons, Guillaume (Couture, interprète, et René Groupil, jeune chirurgien, et plusieurs hurons. Ils furent soumis aux plus cruels supplices. Goupil y trouva la glorieuse mort du martyre, et Couture l'esclavage, puis la liberté. Le père Jogues passa près d'une année au milieu de cette nation féroce. Le récit qu’il fait lui-même de ses souffrances dans la relation du P. Bressani, étonne l'imagination autant qu’il excite l’admiration. (2) Au mois d'août 1643, ayant réussi à s'échapper des mains de ses gardiens, il se réfugia sur un vaisseau hollandais, Il fut conduit à Manhuite (aujourd’hui New-York) ; puis il aborda en Bretagne, et enfin, le 16 janvier 1644, à la maison des jésuites de Rennes. Ne soupirant qu'après le martyre, il demanda en grâce de retourner dans ses chères missions, et il débarqua à Québec la même année. Chargé de jeter dans le pays des Iroquois les fondements de la mission des Martyrs, ainsi appelée parcequ'elle était placée sous leur protection, il y fit alors deux voyages consécutifs, et, au dernier, parti de Montréal le 3 juillet 1646, pour aller hiverner au milieu de ces barbares, il fut à son arrivée daus le pays dépouillé de ses vêtements, chargé de coups et enfin massacré le 18 octobre 1646. Il était âgé de 48 ans, et avait travaillé pendant dix ans à la conversion des infidèles. L’héroïsme de ce grand martyr arrache des cris d’admiration aux ennemis mêmes du catholicisme. Après avoir rapporté la mort du père Jogues, le protestant Parkman ajoute : ‘ Ainsi mourut Isaac Jogues, un des exemples les plus purs de la vertu catholique que le continent occidental aît jamais vu.” (3)

Dx LA PLACE, Jacques, jésuite, arrivé le 22 mai 1637, fut envoyé la même année avec le père Nicolas Gondoin à l’île de Miscou, (4) et travailla de concert avec les pères André Richard et de Lyonne a jeter les fondements d’une petite église dans cette mission. De retour à Québec en 1641 (5) il y fut employé jusqu’au 6 septembre 1658 jour de son départ pour retourner en France. (6)

PiyaRT, Claude, jésuite, arrivé à Québec le 14 juillet 1637, (7) exerça son zèle dans les diTérentes missions des Trois-Rivières et des Hurons.

(2) Bressany, Relat, 1647, ch. rv.

(3) Parkman. The Jesuits in North America, p. 804. (4) Kelat. 1647, ch, xv.

(5) Relat. 1641, ch. xur.

(6) Journal des Jésuites.

(7) Relat, 1637, ch. xv.

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Er 1640, il prit soin de l'instruction des pauvres de l'hôtel-dieu, et des petites filles sauvages des ursulines. Il reçut en 1656, à Montréal, le dernier soupir du père Garreau. Il vivait encore le 13 mars 1668. (1)

Gonpoin, Nicolas, jésuite, partit pour l’île de Miscou en 1637, avec le père De la Place. Il trouva l'habitation des français toute désolée ; elle ne comptait plus que neuf personnes de vingt-trois qui y avaient été envoyées. La malignité du climat l’obligea bientôt de retourner en France. (2)

DuPERON, François, jésuite, arrivé à Québec le 30 juin 1638, fut un des missionnaires du pays des Hurons. (3) Il mourut au fort Saint- Louis de Chambly le 10 novembre 1665, et fut inhumé le 16 dans le caveau de la chapelle des pères jésuites à Québec. (4)

LE Moine, Simon, né le 28 octobre 1604, vint à Québec en 1638 et fut missionnaire du pays des Hurons. Il fut cinq fois choisi comme ambassadeur chez les Iroquois, et, chaque fois, le père regardait le jour de son départ comme un des plus heureux de sa vie. Il s’immolait ajnsi pour le salut de pauvres captifs français. Au dernier voyage qu'il fit au milieu de cette cruelle nation, il fut saisi et condamné à mort. Déjà les ordres étaient donnés pour lui fendre la tête ; mais il échappa à ce premier d£ager, et passa tout un hiver en captivité. Il obtint ensuite sa liberté et celle de dix-huit captifs français avoc lesquels il retourna à Montréal, le 30 août 1662. Ce père mourut au cap de la Magdelaine le 24 novembre 1665 âgé de 61 ans.

LALEMANT, Jérôme, jésuite, né vers l’année 1593, était frère de Charles et oncle de Gabriel Lalemant qui fut martyrisé en 1649. Il arriva à Québec le 26 août 1638, et monta, la même année, chez les Hurons, qu’il évangélisa jusqu'en 1645. Il passa en France en 1650, pour exposer à la compagnie des cent associés les besoins urgents de la nouvelle colonie, et revint avec Mr de Lauzon, gouverneur du Canada, Eu 1656 il fut nommé recteur du collége de la Flèche. En 1659, il obtint la permission de retourner auprès de ses chers néophytes, et arriva à Québec le 16 juin 1659 avec Mgr de Laval. Il mourut à Québec le 26 janvier 1673 âgé de 80 aus. Il passait pour un théologien habile et profad. Il écrivit trois volumes des relations.

BurauM, Jacques, jésuite, arrivé à Québec le 1er août 1639, passa deux années dans la colonie, et retourna en octobre 1641. Le nom de ce père est meruonné dans l'histoire de l’hôtel-dieu ; mais les relations n’en parlent point.

CHAuMoNoT, Pierre-Jos :0h-Marie, jésuite, né vers 1611, arriva à Québec le ler août 1632 avec les premières religieuses du Canada. Il fat dès lors un zélé mi‘sionnsire de la nation huronne accompagnant

(1) Journal des Jésuites, (2) Lolnt. 1647, ch. xv.

(3) Relat. 1688, ch, xt.

(4) Journal des Jésuites,

les pères de Brébeuf et Daniel. En 1655, il visita avec le père Dablon la nation iroquoise. Il fut, en 1655, le premier missionnaire desservant Chambly, où il avait accompagné les soldats qui devaicnt y élever un fort. Le père Chaumonot de retour à la résidence de Québec ‘€ fit bâtir la première chapelle de Lorette, par reconnaissance envers la Sainte-Vierge, de laquelle il avait reçu une insigne faveur dans l'église de Lorette, en Italie.” (1) Il mourut à Québec le 21 février 1693, à l'âge de 82 ans. Il a laissé à l’hôtel-dieu son autobiographie.

Poncer, Joseph, jésuite, né à Paris en 1608, arriva à Québec le 1er août 1639 et monta la même année à la mission des Hurons. A Montréal il baptisa le 28 juillet 1642 (2) le premier sauvage qui y fut fait chrétien. Le 20 août 1653, fait prisonnier au Cap Rouge par les Iroquois, qui y avaient massacré plusieurs français, il fut conduit au milieu de leur nation, et subit de leur part un cruel martyre. Ses mains mutilées furent en partie brûlées avec : - charbons ardents. Il obtint cependant sa délivrance, et put retour: a Québec, où il arriva le 5 novembre de la même année. Il partit pour la France le 18 septembre 1657, accompagnant Mr de Lauzon-Charny,: et mourut à la Martinique le 18 juin 1675 âgé de 65 ans. (3) La relation de 1653 donne un détail très-intéressant desi souffrances qu’endura ce généreux missionnaire de la part des iroquois.

DuperoN, Joseph-Imbert, jésuite, arriva à Tadoussac le 30 juin 1640 et fit une mission aux Trois-Rivières cette même année. En 1641 il fut employé à Sillery, et en 1042 il hiverna à Montréal. Le 6 janvier 1653 il bénit nne croix sur la cime de la montagne de Montréal, où il dit la messe, (4) Il fit ensuite les missions de Sainte-Marie, ei visita la nation des Onontagués en 1657. Il partit de Québec le 6 septembre 1658, poir retourner en France avec les pères De la Place, Fremin et Richard, (5)

M£NARD, René, né en 1614, arriva à Québec ? ‘ uillet 1640. Pendant plus de vingt ans, il fut employé comme 1 aire des Hurons et des Algonquins. Ilse perdit duns les bois, j ‘ it qu'il allait, en 1661, visiter une tribu huronne, à cinq cents lieues à : Québec. ‘“ Le dernier adieu qu'il fit aux français qui l'avaient accompagné aux Outaouais, fut en ces termes prophétiques :’’ Adieu ! mes chers enfants, je vous dis le grand adieu pour ce monde, car vous ne me reverrez plus: je prie la bonté divine que nous nous réunissions dans le ciel.” Il avait

(1) Hist. de l’hôtel-dieu de Québec, p. 286,

(2) Le registre de Montréal porte la date du 28 avril 1642. C’&:t une erreur du copiste qui rédigen les actes des quatres premières années des registres «à Montréal. Les parrain et marraine du nouveau chrétien, Mr de Maisonneuve, et De: : slle Mance n'étaient arrivés à Montréal que le 18 mai.

(3) J. G. Shea, History of the catholie missivaw... of the United States,

(4) Relat. 1643: ch. xr

(6) Journal des Jésuites.

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à faire une marche de plus de cent lieues pour se rendre du pays des Outaouais à la tribu huronne qu'il voulait visiter, Les sauvages qui l'accompagnaient perdent bientôt courage, les forces leur manquent, faute de nourriture. Ils abandonnent le père en lui disant qu'ils allaient en hâte à leur bourg avertir les anciens, comme il était en chemin, et pour faire en sorte qu'on l’envoyât chercher par de jeunes hommes robustes, Le père, espérant ce secours, demeure auprès d’un la environ quinze jours, puis, les vivres manquant, il résolut de poursuivre son chemin avec le seul compagnon qui lui restait. Faible et exténué, souffrant de la faim, de la chaleur et des fatigues d'un si pé”ible voyage, le bon vieillard ne put toujours suivre son compagnon, et, le 10 août 1 61, il s’égara si bien qu'il ne put jamais être retrouvé. Le jour de sou uecc”, dut être le 15 août, car le père avait avec lui un morceau de chair fur ée, capable de le soutenir de deux à trois jours. Un sauvage trouva, c uelques temps après, le sac du père, mais il ne voulut pas faire connaître qu'il avait trouvé son corps, de peur d’être accusé de l'avoir tué ; ce qui ne fut peut-être que trop vrai.” (1)

DABLON, aude, jésuite, était missionnaire à Tadoussac en 1642, Le 19 septembre 1655, il partit de Québec avec le père Chaumonot pour se rendre à Onontagué, pays des Iroquois supérieurs. En mai 1661, il alla avec le père Druillètes, faire une mission chez les Kilistinons, remontant le Saguenay, jusqu'au lac Saint-Jean, I! fit la mission du Saint-Esprit, au lac Supérieur, avec le père Marquet en 1668, et il établit celle du saut Sainte-Marie. Il écrivit en 1671 et 1672 deux relations, qui renferment sur les pays situés à l’ouest et au nord de Québec des détails d'une grande importance. I était à cette époque recteur du collége de Québec, et supérieur des missions de la Nouvelle- France, poste qu'il occupait en 1693. L'époque de sa mort est incertaine, Il vivait encore en 1694, (2)

FaAuts, Antoine, prêtre, arrivé à Québec le 12 août 1641, comme chapelain des religieuses ursulines, fut aussi confesseur des hospitalières de Québec. (3) Il retourna en France en 1644.

BRESSANY, Ærançois-Joseph, jésuite, né à Rome, entra dans la compagnie de Jésus, à l’âge de 15 ans. Il vint au Canada en 1642, et fut chargé d'instruire les français de Québec. Le 27 avril 1644, il partit de Québec pour une nouvelle mission, celle des Hurons, et fut surpris par les [roquois, qui le firent prisonnier à quelques distances des Trois-Rivières, entre la Rivière-du-Loup et Yamachiche. Emmené captif dans leur pays, il y endura tous les tourments du martyre, et devint la propriété d’une vieille de leur nation, qui le vendit aux Hollandais pour deux cent cinquante francs. Devenu libre le 19 août suivant, il passa en France où il arriva le 15 novembre, et se rendit à Rome, Le ‘pape Innocent X le reçut comme un apôtre, et voulut par dévotion baiser les

(1) Relat. 1663, ch. vu.

(2) Manuscrits du sault Saint-Louis, .

(3) Hist, de l’hôtel-dieu de Québec, p. 81.

cicatrices des plaies que ce missionnaire avait reçues pour Jésus-Christ. Il lui permit de célébrer la sainte messe, bien que les premières phalanges de ses doigts eussent été brûlées, jugeant que celui qui avait été mutilé pour la publication de l’évangile, ne devait pas être privé de l'honneur d'offrir le saint-sacrifice. (1) Le père Bressany vint reprendre ses travaux apostoliques en Canada dès l’année 1645. De rctour en France en 1650, il mourut à Florence, le 9 septembre 1672. Sa relation abrégée de la Nouvelle-France publiée en 1653, a été traduite de l'italien et publiée en 1852 par le père Martin.

De LYoNNE, Martin, jésuite, arriva, en 1643 et remplaça à Miscou le père Dolbeau. Il y exerça son zèle avec le père Richard, et fit une mission à Miramichi en 1646. Le 16 novembre 1651, il partit de Québec sur le vaisseau le Saint-Joseph pour passer en France. Après une traversée des plus orageuses, le vaisseau fut saisi et pillé, près de l'île de Ré, et conduit à Brouage, Le père de Lyonne se rendit de là à La Rochelle, d'où il fit connaître, le 27 décembre suivant, les évènements de son malheureux voyage. De retour au Canada, il continua l'exercice de son ministère en Acadie. Seul missionnaire dans l'habitation de Chédabouctou, où venait d’éclater uue maladie contagieuse, il se dévoua tout entier au service des malades. La contagion semblait l’épargner, lorsqu'elle agissait avec plus de violence sur les autres ; mais Dieu voulut récompenser tous ses mérites par la maladie même, comme il a souvent donné pour récompense ja gloire du martyre à ceux qui avaient fait des martyrs par leurs exhortations. Il fut frappé, mais le dernier de tous, et Dieu l’appela pour couronner ses travaux, puisqu'il n'y avait plus à acquérir de nouvelles couronnes. Averti qu'une personne était frappée de la contagion, il quitte tout, il y court, et, comme il traversait un ruisseau gelé, la glace se rompit sous ses pieds. Il tombe à l’eau, et en sort mouillé ct transi, poursuit ainsi sa route, assiste le malade, le console et le prépare à la mort; mais aussitôt la fièvre le saisit lui-même, et deux jours après, il rendit sa belle âme à Dieu le 16 janvier 1661. (2)

CrABaANEL, Noël, n6 en 1613, et entré à 17 ans dans la compagnie de Jésus, laissait la province de Toulouse pour arriver à Québec le 15 août 1643, avec les PP. Garreau ct Druillètes. Il fit avec le père Garreau en 1644 les missions huronnes. En 1649 il était à la bourgade de Saint-Jean, avec le père (Garnier, lorsque, deux jours avant la destruction de cette bourgade, il reçut l’ordre de se rendre à la résidence de Sainte-Marie. Le père partit, le 7 décembre 1649, accompagné de sept ou huit hurons chrétiens, Il avait fait six lieues de pénible marche, et se reposait au milieu de la forêt avec ses compagnons. Bientôt, pendant que ceux-ci dorment, et que le père veille et prie, il entend un bruit de pas, des cris et des gémissements ; c'était l’armée iroquoise, qui, revenant victorieuse, traînait à sa suite les captifs, pris ce jour même, dans la bourgade de Saint-Jean, Le père à ce bruit s’empresse

(1) Hist. de l’hôtel-dieu de Québec, p. 53.

(2) Relat. 1661, sh. vr.

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1643.] Zu OLERGÉ CANADIEN. 39

d'éveiller ses compagnons. Saisis de frayeur, ceux-ci prennent la fuite et abandonnent le pauvre père, qui ne pouvait les suivre. ‘ Peu importe leur avait-il dit, que je meure, cette vie est bien peu de chose, c’est le bonheur du paradis que les roquois ne me pourront ravir.” À l'aurore, le père Chabanel prit le chemin de Sainte-Marie ; mais, s'étant trouvé arrêté par une rivière qu'il fallait traverser, il se servit du canot d’un huron, Celui-ci en fit le rapport, ajoutant que le père, pour fuir plus lestement s’était déchargé de son chapeau, de ses écrits et d'une couverture, qui lui servait de manteau pour le jour et de lit pour la nuit; mais, d'après une note autographe du père Ragueneau écrite en 1652, il est certain que ce huron apostat, nommé Louis Honareenhax, donna la inort au père Chabanel en haine de la foi. C’est d'ailleurs ce qu'il avoua lui-même, lorsque, deux ans plus tard, il reçut, avec sa nombreuse famille, le juste châtiment de son crime. Pris par les iroquois les uns périrent dans les flammes, les autres par le fer, et ses jeunes enfants furent réduits à un triste esclavage. Le père Chabanel mourut done le 8 décembre 1849, âgé de 36 ans, dont il avait passé 19 en religion et six dans les missions.

DruILLÈèTES, Gabriel, jésuite, né en 1583, arriva à Québec le 15 août 1643. Envoyé chez les Alwonquins, il y perdit complètement la vue; mais il obtint sa guérison pendant qu'il célébrait les saints mystères, et il se consacra au service des missions montagnaises, algonquines, papinachoises et abénaquises. Parti de Sillery le 29 août 1646, ce père fut le premier missionnaire qui remonta la rivière Chaudière jusqu’au Kénébec, En 1652, les Abénaquis lui portaient tant d'estime qu'ils le naturalisèrent abénaquis. ‘ I] est bon, disaientils à un anglais, que vous sachiez que le père est maintenant de notre nation, que nous l’avons adopté pour notre compatriote, que nous le considérons et nous l’aimons comme le plus sage de nos capitaines, et que nous le respectons comme l’ambassadeur de Jésus, auquel nous nous voulons donner entièrement, et par conséquent quiconque l'attaque, attaque tous les Abénaquis.” (1) Il passa plusieurs années au milieu de ce peuple. Enfin, accablé d’infirmité, il revint en 1679 à Québec, où il mourut, le 8 avril 1681, à l’âge avancé de 88 ans.

GARREAU, Léonard, jésuite, arrivé à Québec le 15 août 1643, fut de suite missionnaire au pays des Hurons. Il vint en 1652 sur l'île d'Orléans avec les familles huronnes qui s’y réfugièrent, Remontant la rivière des Outaouais, avec le père Druillètes et un parti de hurons qui retournait dans les missions de l'Ouest, il tomba, le 30 août 1656, dans une ambuscade d’iroquois. Ceux-ci firent feu sur les canots, et une balle ennemie lui rompit l’épine dorsale, et le renversa sur le champ. Les sauvages le traîuèrent comme un chien dans leur fort, et pendant trois jours, étendu sur la terre, baigné dans son sang et privé de toute nourriture, il endura les souffrances du martyre, [ls le portèrent enfin à Montréal, où le père Claude Pijart, après l'avoir administré, reçut ses

(1) Relat, 1652, ch. vi.

derniers soupirs le 2 septembre suivant. Il était âgé de 36 ans. Son corps fut inhumé dans le cimetière commun, en un lieu destiné pour les

prêtres. (1)

Carrier, René, prêtre, arriva à Québec le 15 août 1643. IL était venu se donner au service des mères ursulines, (2) avec le désir de travailler le reste de ses jours au salut des sauvages du Canada ; mais il ne demeura que quatre ans dans la colonie, et partit le 21 octobre 1647

ur retourner en France. Il fut plus généralement désigné sous le nom de ‘“ Mr le Prieur de Notre-Däme de Monays,” et le 30 janvier 1644, au registre Je Sillery, il est nommé Ætienne, puis René, le 10 août 1646. (3).

VAILLANT, Guillaume, prêtre, arrivé à Québec le 22 août 1645, fut missionnaire de la côte de Beaupré jusqu'au 15 mars 1659. Il partit de Québec le 4 août de la même annnée pour retourner en: France. (4)

DARAN, Adrien, jésuite, arrivé à Québec le 6 août 1646, accompagna chez les Hurons les pères Bressany, Bonin, Gabriel Lalemant et Grelon. Il partit de Québec le 21 septembre 1650 pour retourner en France, sur le vaisseau du capitaine Terrier, Les pères De Lyonne et Bonin, étaient aussi du voyage. (5)

De Frérar, Amable, jésuite, arrivé à Québec le 20 septembre

1646, (6) passa une année à la résidence de Saint-Joseph de Sillery, et retourna en France sur le vaisseau La Notre-Dame, qui laissait le

port de Québec le 21 octobre 1647. (7)

LALEMANT, Gabriel, jésuite, né à Paris le 31 octobre 1610, entra dans la compagnie de Jésus le 24 mars 1630. Neveu des pères Charles et Jérôme Lalemant, il voulut comme eux se dévouer au service des missions du Canada, Il arriva à Québec le 20 septembre 1646, et, après avoir passé près de deux ans à la résidence de Sillery, il partit, en 1648, pour le pays des Hurons, où six mois plus tard il devait, avec le père de Brébeuf, endurer le plus cruel martyre. Saisis le 16 mars 1649 par les Iroquois, tous deux furent conduits dans la hourgade de Saint- Ignace. C’est Rà qu’ils furent mis à mort après avoir supporté avec un courage héroïque toutes les atrocités de leurs féroces ennemis. Le père Lalemant ‘% était l’homme le plus faible et le plus délicat qu'on eût pu voir ; cependant Dieu par un miracle de sa grâce, a voulu faire voir en sa personne ce que peut un instrument, quelque chétif qu’il soit, quand il le choisit pour sa gloire et pour son service, Ses tourments durèrent sans interruption jusqu’au lendemain, 17 mars ; un coup de hache et un coup d’arquebuse qu’un des ennemis lui donna par compassion lui arrachèrent la vie.” (8) Son corps, mutilé et à demi brûlé, fut enseveli

(1) Relat. 1656, ch. xvi.

(2) Relat. 1643, ch. 1.

(3) Registres de Sillery 1646,

(4,5,6 et 7) Journal des Jésuites.

(8) Lettres de la Vén. Mère Marie de l’Incarnation,

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